mercredi 6 avril 2011

Sortir de (ce) nucléaire-là

5 avril 2011 :
Les choses empirent de jour en jour au Japon. Il y a des fuites importantes d'eau devenue fortement radioactive, vers le Pacifique, et les tentatives de colmatage ont échoué. L'eau radioactive s'écoule librement vers la mer, depuis l'unité numéro 2. Les Japonais ont fait appel aux Russes, qui ont déjà eu affaire à des problème de fuites en phase liquide émanant de réacteurs de sous-marins coulés en Baltique. Dès que des ingénieurs de Toshiba avaient pris contact avec moi (mon dossier est lu au Japon) j'avais recommandé un tel contact, dont l'évidence à mes yeux s'imposait.
Les photos aériennes prises font prendre la mesure de l'ampleur du problème. Il y a dans les "piscines" toutes les charges des réacteurs, correspondant à des décennies de fonctionnement, au rythme d'un rechargement annuel (...). Le tremblement de terre a fissuré certaines de ces piscines, qui fuient, et les tentatives de colmatage, avec des moyens improvisés et dérisoires, se sont avérées inefficaces. On ne peut vider ces piscines pour le colmater, sous peine de voir la température des assemblages monter en flèche aussitôt. Ceci étant, je me rappelle que dans la rivière souterraine de Port-Miou (qui débouche à l'est de Marseille dans la calanque du même nom), où j'avais effectué des plongées, on avait tenté de bloquer la remontée de l'eau de mer avec un béton spécial, de faible densité, qui pouvait être coulé sous l'eau. J'avais été sollicité pour faire des croquis dudit barrage, in situ, accompagné de Bernard Zappoli, alors jeune étudiant à Marseille (voir le scandale du Cnes-Toulouse, avec son complice polytechnicien Alain Esterle). Zappoli, qui avait souhaité faire une plongée avec moi, était ressorti mort de peur de cette excursion en spéléo sous-marine.
Les Japonais ont commencé le lundi 4 avril à relâcher quelques 11.500 tonnes d'eau fortement contaminée, stockés dans une vaste cuve, pleine à raz bord, "en s'excusant auprès des riverains". A tout prendre, sachant qu'il faudrait tôt ou tard se débarrasser de cette eau, il aurait fallu prévoir de l'acheminer en pleine mer dans des barges, qu'il aurait été préférable de couler à grande distance, car elles seraient elles mêmes devenues radioactives. Inutile en fait d'envisager de remorquer des barges. 11.500 tonnes n'atteint même pas le tonnage du pétrole emporté par un petit pétrolier. Il aurait suffit de pomper cette eau dans un pétrolier hors d'âge, qui aurait été conduit au large par un équipage pilotant le bateau depuis une timonerie protégée par les plaques de plomb. Puis le bateau aurait été coulé, après de l'équipage ait été évacué par hélitreuillage. L'eau contaminée aurait dans un premier temps été ainsi retenue dans la coque du navire, pour être relâchée progressivement au fil de sa dégradation.
Le fait que les ingénieurs Nippons qui gèrent cette crise n'aient pas songé à cela démontre leur imprévoyance, leur incompétence et leur incapacité à faire face à cette situation. On dirait que toutes leurs "actions" sont conditionnées par l'impact que celles-ci pourraient avoir sur le public, à la fois sur leur propre population et aux yeux du monde entier. C'est l'image du Japon, pays des Hautes Technologies, qui est en danger. Amener un tanker à proximité du site, pour pomper l'eau contaminée aurait fait très mauvais effet, surtout si on annonçait par la suite que le bateau serait coulé à fond et que son équipage devrait le mener vers son dernier voyage protégé par des plaques de plombs.
La situation se présente très mal. Le service météorologique Nippon subit des pressions pour ne pas donner d'informations, si les vents s'orientent vers de grandes métropoles "pour ne pas déclencher de paniques dans la population".
Si le gouvernement a annoncé "que les réacteurs seraient démantelés", un seul coup d'oeil sur les photos prises par le petit drone (voir plus bas) suffit pour se rendre compte qu'un tel "démantèlement" est un projet irréalisable.
Source et suite
http://www.jp-petit.org/nouv_f/seisme_au_japon_2011/seisme_japon_2011.htm

ET à la fin de son article , il signale ceci:
Autre nouvelle, transmise par un mien contact. Une réunion de crise, regroupant des équipes d'AREVA et d'ITER, ainsi que des représentants de groupes étrangers, dont des Allemands, s'est tenue à Aix en Provence le 2 avril 2011. L'un des participants portait un dossier mentionnant le nom de code de celui-ci :
GODZILLA
Je n'ai pas mis les photos car je n'arrive pas à les réduire

1 commentaire:

JE RAPPELLE QU'IL Y A UNE MODÉRATION DES COMMENTAIRES. TOUS CEUX À VISÉE PUBLICITAIRE PARTENT DIRECTEMENT À LA POUBELLE !