Un petit topo extrait du numéro 57 du magazine Néosanté sur les problèmes de surpoids. Une autre vision des choses.
SURPOIDS ET
TROUBLES
ALIMENTAIRES
La vision originale
du décodage biologique
L'originalité du
décodage est de ne pas se focaliser sur les kilos à perdre, mais
d'apporter un nouveau regard sur le surpoids et sur les troubles de
l'alimentation.
Le surpoids, une
solution biologique
Ce que nous prenons
pour un problème est peut-être en réalité une solution. La
solution que notre corps a trouvée pour répondre à un besoin
biologique, besoin de se protéger, de stocker, de se remplir... Par
exemple, le besoin irrépressible de manger est-il déclenché par la
faim ? Rarement ! Plus souvent par le besoin de douceur, de plaisir,
d’amour, de se calmer... Sous cet angle, les kilos deviennent une
réponse à un besoin biologique non satisfait !
La question n’est
plus « pourquoi je grossis ? », mais « quelle est
l’utilité de ce poids que je porte en moi ? ». Répondre à
cette question est un élément essentiel du décodage biologique.
Cela permet de retrouver l’instant conflictuel, l’origine
émotionnelle de la prise de poids. Cet instant précis où mon
besoin n’a pas été satisfait et que ma biologie ressent toujours
!
Une origine
émotionnelle
Comme le cas de
cette patiente qui avait 16 kilos de trop. Elle a tout essayé :
régimes divers et variés, sport, massage... rien ne marche ! La
graisse est toujours là, sur ses fesses et ses cuisses ! Lors de la
séance, nous trouvons l’événement à l’origine de son besoin
de protéger son intimité. À 16 ans, elle est victime d’une
agression sexuelle... Elle est sans solution, impossible pour elle de
faire face à ce moment-là ! Son corps, lui, va trouver la bonne
solution et lui apporter la réponse biologique adaptée : protéger
cette partie de son corps qui a subi l’agression. Son besoin de se
protéger va
perdurer car
l’utilité va continuer. En effet, en gardant son surpoids, elle
devient moins désirable, et est donc en sécurité. En se libérant
de cela, elle a enfin pu se transformer, tant intérieurement
qu’extérieurement.
Cette écoute
thérapeutique orientée sur l’origine émotionnelle s’appuie
donc sur l’utilité du symptôme, c’est-à-dire la fonction
biologique du tissu adipeux : fonction de protection thermique et
mécanique, de réserves, de soutien de certains organes... et de sa
localisation. Dans notre exemple, les cuisses et les fesses
correspondent à la sexualité. Ainsi en s'appuyant sur la
physiologie, si, en s’appuyant sur la physiologie, le décodage a
permis de mettre en relief les conflits biologiques du surpoids,
comme par exemple le conflit d’agression, d’abandon, de manque,
de résistance, de silhouette... Il peut donc y avoir plusieurs
fonctions biologiques, plusieurs conflits et ainsi plusieurs
décodages.
Des «
profils-types »
Dans cette optique,
j’ai mis en place une grille de lecture afin de cibler les
structures inconscientes, d’affiner les décodages et d’adopter
une stratégie thérapeutique spécifique.
Voici quelques «
profils-types » que vous avez sûrement dû rencontrer :
• Les « piliers »
: il s’agit de personnes qui ne peuvent compter que sur elles, qui
doivent résister, faire face. Des personnes qui ont un rôle, une
place particulière dans la famille. Elles sont ou se considèrent
comme « les piliers de la famille », « cette femme forte sur qui
on peut s’appuyer ». Pour vivre, il faut faire face à
l’adversité, l’abandon ou la peur de l’être... On ne peut
donc compter que sur soi ! Le poids incarne la stabilité.
• Les «
donneurs-donneuses » : ces personnes sont tournées principalement
vers
les autres. Elles
s’occupent des autres plus que d’elles-mêmes. Que ne faut-il pas
faire pour appartenir, pour être accepté, pour être aimé ? Ce
besoin conduit à s’interroger sur la notion de place, de valeur,
d’estime de soi... on ne peut exister que si on est là pour les
autres ! À force de faire pour les autres, « si tu veux » ou
«comme tu veux », on se déconnecte de ses propres besoins. C’est
la perte de l’autonomie alimentaire.
• Les «
abandonné(e)s » : Pour ces personnes, la difficulté est double :
la peur des autres et en même temps le besoin des autres (ma
famille, mes collègues… la société). Il faut se protéger, se
cacher des autres, du regard des autres qui me jugent, qui
m’agressent, qui me rejettent et en même temps être vu(e), être
aimé(e), prendre plus de place pour exister, ne pas être oublié(e).
Comment faire pour se cacher et en même temps être vu ? Grossir
revient à porter une armure qui se voit à l’extérieur et qui
protège mon intérieur, c’est la solution idéale !
• Les «
stockeurs-stockeuses » : ils mettent en réserve, ils stockent,
en eux, ce qui leur manque, que cette absence soit réelle,
virtuelle ou symbolique. Il s’agit d’un besoin de remplir,
de combler un vide, du besoin d’être en contact avec ce qui n’est plus là... Le corps
va garder sous forme de chiffres et le nombre de kilos en trop sera signifiant de
l’absence. Il est possible, par exemple, comme une de mes
patientes, de garder le poids de sa mère décédée (63 kg). La
problématique tourne dans ce cas autour du deuil non fait.
• Les «
sociales-victimes » : Victimes d’agression, mais aussi victimes du
regard des autres, des
contraintes sociétales, de la dictature de la silhouette parfaite...
et même de leur propre regard ! La graisse fait alors office de
protection…
Cet échantillon des
structures de personnalité liées aux troubles alimentaires s’appuie
sur plusieurs années d’expérience, d’années de formation,
d’écoute thérapeutique mais également d’une expérience
personnelle déterminante. Ayant grandi dans une famille où la
silhouette était un dogme et l’alimentation une préoccupation
constante, deux types de troubles alimentaires ont touché mes
proches et moi-même. Le premier fut l’obésité avec son florilège
de régimes, plus inefficaces les uns que les autres, comme pour ma
sœur et plusieurs de mes nièces. Le second, l’anorexie, à
laquelle je fus confrontée ainsi que ma fille quelques années plus
tard. J’ai donc personnellement pu mesurer l’importance, la
pertinence et l’efficacité du décodage biologique, véritable
expérience intérieure que je souhaite partager avec le plus grand
nombre aujourd’hui.
Béatrice Bouro-Glisia