samedi 25 juin 2011

Le corium


Suite au commentaire que Mil a mis sur le BBB, je suis allée lire l'article qui a suscité le commentaire, qui renvoie d'ailleurs à un autre commentaire du site Agoravox.
Corium de Tchernobyl
Les risques du corium...Sachant qu'il y a de grandes chances pour que le corium ait entièrement traversé les enceintes de confinement, il faut savoir ce qu'il y a par dessous sur le plan géologique et si les nappes phréatiques, au contact desquelles le corium provoquerait une explosion (due à la vapeur dégagée par l'eau au contact du corium entre 2000 et 2800°) du bâtiment, sont profondes ou pas. J'ai fait une recherche et j'ai trouvé des infos intéressantes sur le forum « Radio protection Cirkus ». 

J'ai fait un copié-collé de différents messages :
D'abord sur les « performances » du corium, c'est hallucinant !

Il s'agit d'une simulation de "blackout station" c'est à dire de la perte totale d'alimentation électrique dans la salle de contrôle d'un réacteur à eau bouillante, effectuée par l'ORNL/OSTI/DOE, le laboratoire National Américain d'Oak Ridge en 1981. La situation évoque un accident majeur (perte totale et prolongée d'énergie) dans la centrale de l'unité 1 de la centrale de Browns Ferry, située sur la rivière Tennessee, dans l’État de l'Alabama aux USA.

Le réacteur visé par cette simulation est un BWR General Electric de 1152 MW similaire aux unités 2 et 3 touchées par l'accident de Fukushima (GE Mark1 BWR-4) mais plus récent et plus puissant.

Voici le résultat "timeline" de cette étude ; En ordonnée : l'épaisseur du radier en béton (800 cm) situé sous la piscine de suppression et en abscisse le temps en minutes après le "blackout".
Résumé de cette étude : La cuve (RPV) lâche après 7 heures et les 8m d'épaisseur du radier en béton sont complètement percés par le corium en 14 heures.

Ensuite sur la composition du corium :

Poursuivons sur le corium, maintenant que nous savons qu'il perce du béton rapidement, de quoi est-il composé ?

C'est un mélange de "choses" qui ont fondu dans la cuve d'un réacteur à la suite d'un accident de criticité (surchauffe).

Ce corium se forme quelques heures après la perte totale et prolongée d'énergie nécessaire (blackout station) pour ralentir les transferts thermiques de la puissance résiduelle d'un cœur de réacteur.

En effet, l'arrêt d'urgence (procédure "scram") ne stoppe pas complètement le réacteur ; En cas de défaut de refroidissement la puissance résiduelle ne diminue pas mais tend plutôt à augmenter. La température et la pression commencent alors à croître rapidement dans le coeur, les pastilles de combustible s'échauffent, le niveau d'eau diminue dans la cuve et découvre un peu plus les "crayons", ce qui provoque un peu plus de chaleur, etc.

C'est une réaction en chaîne qui ne peut être ralentie voire stoppée que par une reprise de l'alimentation électrique primaire, secondaire ou tertiaire dans un délai d'environ 8 heures après la coupure.

Les éléments du cœur se décomposent donc rapidement sous l'effet d'une chaleur intense et l'ensemble finit par former un magma porté à environ 2800° C qui s'auto-entretient. On a souvent comparé le corium à de la lave ou du magma, ce n'est pas tout à fait exact car le corium puise sa température de l'intérieur alors qu'une coulée de lave finit par s'éloigner pour finalement se détacher de sa source principale ; La lave se trouve finalement isolée thermiquement et refroidit relativement rapidement.

D’où le combustible puise t-il cette énergie incroyable ? Il faut savoir qu'une simple "pastille" de 7g de combustible dégage autant d'énergie qu'une tonne de charbon dans un volume extrêmement restreint ; Un crayon de combustible est composé de 360 pastilles ; Un assemblage contient 60 crayons et un cœur contient de 400 (réacteur 1) à 548 (réacteurs 2 et 3) assemblages. Au total : de 8,6 millions à 11,8 millions de pastilles par réacteur.

Qu'en est-il de la masse du corium ? Elle est estimée à environ 50 tonnes dans le réacteur 1 et environ 2 fois plus dans les réacteurs 2 et 3, plus puissants donc comportant plus de combustible.

S'il se confirme que les 3 cœurs ont intégralement fondu, il s'agit donc d'environ 250 tonnes de corium se situant - à ce jour - dans un espace indéfini mais compris dans le meilleur des cas entre le bas de cuve RPV (c'est assez peu probable) et l'affleurement de la nappe océanique sous le site de Fukushima, quelques dizaines de mètres sous les réacteurs.


Recherche faite par Pierre sur la géologie sous la centrale de Fukushima :

Ben on a pas fini... Il est aussi difficile de déterminer ce qu'il y a au-dessous de Fuku1 que ce qu'il y a dedans!

Je vous traduis les deux posts trouvés sur physicsforum
http://www.physicsforums.com/showthread.php?t=507369

D'abord la défense: un ingénieur géologue allemand ayant apparemment travaillé pour Tepco au moment de la construction de Fukushima

"Comme indiqué par les cartes géologiques et les données de forage, le terrain est formé d'argilite, une roche à grains fins formée de minéraux argileux et de quartz. Cette roche ressemblant à de l'ardoise est née de sédiments océaniques argileux situés loin des côtes, et solidifiés sur des millions d'année sous haute pression dans la cro
ûte terrestre. L'argilite est relativement imperméable à l'eau.
Le matériau est apparemment homogène, et date du Pléistocène, il y a deux à cinq millions d'années, a déclaré Andreas Küppers du Deutsches Geoforschungszentrum (GFZ, Centre de Géorecherche Allemand) de Potsdam. Il est hautement probable pour ce type de roche qu'elle soit imperméable, et qu'elle n'autorise pas le contact avec les nappes phréatiques, affirme le géologue, qui a travaillé personnellement au Japon plusieurs années et était intervenu sur la centrale de Fukushima à l'époque. La couche d'argile est d'au moins 200m d
'épaisseur, prouvée par les profils produits par les ingénieurs géologues avant la construction de la centrale, à partir des forages réalisés. En fait la roche d'argile est peut-être encore plus profonde, mais les forages n'allaient pas au-delà"

Ensuite, l'accusation :

"Un spécialiste japonais, professeur de géologie dans une grande université japonaise, m'a fourni des explications longues et détaillées. Parce que la presse a déformé ses déclarations récemment, il ne souhaite pas être identifié publiquement ici, mais a accepté de me laisser le citer anonymement. [...] Je lui ai spécifiquement posé la question de la solidité de la roche sur laquelle Fukushima Daiichi est située, et du système d'eaux souterraines dans la zone et ses implications pour la diffusion de la contamination par cette voie. Voici des extraits (encore très longs) de sa réponse:
"Sur votre question, il y a peu d'info
s disponibles, et le manque d'info est pire encore en anglais. Les centrales nucléaires sont habituellement construites sur des roches stables, le granit étant l'idéal: c'est non seulement résistant, mais aussi très épais. Je pense que la plupart des centrales nucléaires japonaises sont construites sur du granit, et s'il n'y en a pas, sur d'autres roches dures comme des roches métamorphiques, mais pas pour [sic] des roches tendres comme des roches sédimentaires (ou des sédiments mous), ce qui serait suicidaire en termes de sécurité nucléaire. La roche de fond à Fukushima est un complexe de roches dures appelé le massif d'Abukuma, et est constitué de granit et de roches métamorphiques [...] ce qui fait que les gens estimaient que la région était plutôt sûre en termes de roche de fond et de système de failles [suit une discussion sur le fait que le tremblement de terre a créé des failles nouvelles, ce qui était considéré comme impossible. HS ici NdT] Malheureusement dans le cas de l'usine Fukushima Daiichi, il y a une couche épaisse de roches sédimentaires du Quaternaire (Pliocène) appelée le Groupe de Taga, qui recouvre le Massif d'Abukuma (la roche de fond dure est loin de la surface à cet endroit) et il y a plusieurs failles actives autour de l'usine (on a récemment découvert qu'elles étaient actives après le tremblement de terre du 11/3). [...] En ce qui concerne la géologie de Fukushima, oui, cela fait longtemps que l'on sait qu'autour de l'usine Fukushima Daiiichi il y a de la roche sédimentaire du Groupe de Taga: autour de l'usine cette roche est appelée la Formation Tamioka, qui est faite de grès grossier (Grit) et de siltite tuffacée. Il est très dommage qu'aucun géologue, pour autant que je le sache, n'ait averti quiconque du caractère vulnérable de la centrale de Fukushima Daiichi en termes de géologie, ça n'est pas de la mécanique quantique, c'est parfaitement simple et évident de vérifier cela. [suit une attaque contre les déclarations lénifiantes de Tepco sur les tremblements de terre et tsunamis dans la région].
En ce qui concerne l'information sur les flux d'eaux souterraines, je ne sais pas.
J'ai interrogé plusieurs sites, mais je n'ai pas pu en trouver un, même en japonais. Comme la roche de fond de la région est faite de grès grossier, la roche est très perméable et a énormément d'eau coulant sous la plaine (mais à vitesse très lente) autour de l'usine nucléaire. La source (capture de pluie) est la montagne voisine d'Abukuma, et des eaux souterraines de cette nature prendront cent ans et plus pour couler des montagnes à la côte. mais je n'ai pas les données pour le prouver -j'exprime juste une règle générale.
J'ai discuté avec certains de mes collègues professeurs de géologie aujourd'hui, et plusieurs d'entre eux savent depuis des années ou des décennies que la roche de fond de l
a centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est faite de roche sédimentaire molle. Ils ne savent pas pourquoi le gouvernement (national et local/préfectoral) a autorisé la construction de la centrale sur un terrain aussi mauvais, et n'arrivent à se l'expliquer que par des actions contraires à l'éthique de la part de politiciens ou des industriels. Mes collègues disent que le genre de roche de fond, identifié par les géologues, et la solidité/stabilité de la roche de fond, que des ingénieurs du sol/géoingénieurs déterminent, sont deux choses différentes, même si je maintenai pour ma part que les roches sédimentaires jeunes sous la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi NE SONT PAS adéquates pour construire des édifices censés résister à des tremblements de terre.
Un de mes collègues m'a dit que les analyses sur les eaux souterraines sont habituellement faites par les bureaux locaux/préfectoraux, des consultants, et l'AIST à Tsukuba, particulièrement quand le gradient géothermal de la région est élevé, puisque cela pourrait conduire à la découverte et au développement de onsen et autres villes de bains chauds.
Malheureusement Fukushima ne possède pas des régions de ce genre le long de la côte, seulement à l'intérieur vers Aizu, ce qui fait qu'il ne pense pas que des mesures détaillées des eaux souterraines ont été menées par toutes ces organisations (sauf celles associées à l'industrie nucléaire), et même s'ils ont cette info, ils pourraient bien ne pas l'avoir rendue publique [...] Par pure curiosité, j'ai regardé la carte du rapport sur la géologie (Carte des risques) de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. C'est en japonais. la carte affirme/montre que l'usine est éloignée des volcans actifs et des failles actives (les plus proches sont à environ 8-9 km) et tend à prouver qu'elle est protégée contre un désastre naturel. MAIS LA CARTE NE MONTRE RIEN, NE DIT RIEN SUR LA GEOLOGIE DE LA ROCHE DE FOND OU LES EAUX SOUTERRAINES. Voici le lien vers cette Carte des risques, publiée par NUMO (Nuclear Waste Management Organization of Japan):
http://www.numo.or.jp/koubo/bunken_chisitsu/condition/07fukushima/07546.pdf
 

2ème commentaire sur le forum (toujours Pierre)

Ouf!
Alors, la différence entre l'argilite et la siltite n'est pas énorme: toutes deux sont des roches sédimentaires détritiques, argileuses, à grains fins, sauf que dans l'argilite le grain est vraiment très fin (<2µ => lisse au toucher), la siltite c'est plus rugueux (grains invisibles donc < 60µ environ, mais > 3µ). Surtout, l'une et l'autre sont en principe aquicludes, c'est-à-dire qu'elles sont imperméables, pour parler comme tout le monde. Sauf que... sauf que si c'est le prof japonais qui a raison, d'abord, il y a des grès qui eux sont poreux... et perméables; que je ne suis pas assez bon en géologie pour dire si les siltites sont aussi imperméables que les argilites (a priori non); et enfin que les argilites et les siltites, sous certaines conditions (par exemple plongées dans l'Océan Pacifique?), peuvent se gorger d'eau, car elles empêchent l'eau de passer mais peuvent en absorber (une histoire de porosité...), auquel cas en plus elles deviennent molles.

La bonne nouvelle, c'est donc que le sous-sol direct de Fuku1 est plutôt imperméable, et que si nappe phréatique il y a, elle devrait se trouver très bas, au point de contact avec la "vraie" roche de fond (et un article de 1973 sur la formation de Taga dans la région annonce effectivement 200m). La mauvaise nouvelle c'est que c'est du mou. Et la très mauvaise nouvelle c'est que rien de ce que je vous dis n'est sûr, parce que je ne suis pas assez bon en géologie pour comprendre les interactions argilite/siltite - nappe phréatique - océan, et que de toute façon aucune recherche n'a été faite là-dessus, apparemment...
Ah oui, PS: le prof japonais est fou de rage, parce que les argilites/siltites, c'est du mou, c'est nul contre les tremblements de terre (et peut-être bien que les gens qui disent que Fuku1 a commencé à avoir des ennuis avant même le tsunami ont raison -mais moi j'en sais rien). Mais paradoxalement pour le corium j'arrive pas à décider si c'est pas une plutôt bonne nouvelle en fait. Les lutites (petit nom des argilites et siltites) c'est ce qui se fait de mieux comme couche imperméable, parce que c'est moins sujet à fractures et failles que le granit, d'où j'ai l'impression meilleure protection de l'eau en-dessous, au moins dans un premier temps. Alors d'un autre côté c'est plus mou, ça peut être gorgé de flotte, et de toute façon déjà que l'ICB je comprends mal, l'ICA (Intercation Corium Argile) ou l'ICG (Interaction Corium Granit), j'essaie même pas!

PPS: en relisant l'article "STRATIGRAPHY AND GEOLOGICAL AGE OF THE'TAGA GROUP IN THE JOBAN COAL-FIELD OF FUKUSHIMA AND IBARAKI PREFECTURES", par Shinobu Mitsui, Keiji Ouchi, Shin-ichi Endo and Yoshinari asegawa, Departmental Bulletin Paper, Kochi university, 1974

http://en.scientificcommons.org/49101133
Je m'aperçois que la formation Tomioka qui nous concerne (stratigraphie décrite en page 4 du pdf) est constituée de 40 m d'argilite surmontant du grès d'abord fin puis grossier (Yamadahama formation), puis 160m de grès massif mélangé avec des argilites sableuses et des fines couches de grès moyen à grossier (Sekinoue formation). Ca fait bien les 200m écrit par l'allemand, sauf que c'est pas homogène, et pas forcément imperméable; en particulier à la discontinuité entre les deux formations, il pourrait bien y avoir une nappe phréatique (Kloug [autre membre du forum] disait 60m, là c'est 40 m, mais bon...).


20 commentaires:

  1. ca ressemble à cela alors une fondue de barres de plutonium ? on dirait un dégeulis ou un steak de viande qui a mal tourné,

    la couleur rouge est d'origine ?

    catherine

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  2. Annecy 25 juin 2011 0,16

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  3. Non, Catherine, la couleur rouge n'est pas d'origine, elle est due à la photo.
    Mais un amas de corium est de toutes façon un dégueulis de saloperies très dangereuses...

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  4. J'ai changé la photo, ça fait maintenant un dégueulis de végétarien et plus de carnivore !

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  5. Cette photo montre un corium de deux mètres de diamètre, et ne provient que d’une petite partie du combustible de Tchernobyl, la majeure partie a en effet explosé et s’est ‘envolée’ dans les airs.
    « Environ 200 tonnes de combustible radioactif restent hors de contrôle dans le réacteur détruit de la centrale nucléaire de Tchernobyl, a déclaré le PDG de la centrale ukrainienne Igor Gramotkine dans une interview accordée au quotidien russe Rossiïskaïa Gazeta.
    "Il y a environ 200 tonnes de carburant qui doivent être mises en stockage contrôlé. Le sarcophage de la centrale abrite également environ 30 tonnes de poussière contenant des éléments transuraniens. C'est une importante source de danger pour l'environnement et pour l'homme", a indiqué M.Gramotkine.
    Selon lui, l'extraction de ces matières ne devrait pas commencer avant 2020 pour des raisons de sécurité. » MOSCOU, 26 avril - RIA Novosti :
    http://fr.rian.ru/world/20110426/189274561.html
    Comme le combustible à Fukushima, est 20x plus abondant, les coriums risquent d’être largement plus imposants ! Quant à la radioactivité = 100.000 ans ! A votre santé…

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  6. Ca ressemble à une bête hideuse ... j'ai peur de faire d'un coup un parrallèle avec les prophéties lues chez vincent detarle ...

    Catherine

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  7. Concernant le radier en béton : il fait effectivement 8 mètres d'épaisseur, mais seulement d'après les plans...
    Nappe phréatique située à 16 mètres.

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  8. Merci d'avoir repris et approfondi ce sujet (et plus généralement de faire le suivi à propos de ce désastre en cours...).
    Par contre, c'est bizarre, je ne retrouve pas mon commentaire en question (a t-il sauté ?)...
    Allez, je vous le remets:
    Sur Fukushima; quelques considérations techniques, et pertinentes réflexions:

    (en l'absence d'aucune action - transparente, d'envergure et déterminée... - entreprise à ce jour, par les nucléocrades, pour tenter de remédier à la catastrophe en cours, faut-il organiser une "Brigade Citoyenne Internationale", pour prendre les choses en main ?):


    " La conception des dalles sous les centrales nucléaires sont le fait de technocrates particulièrement stupides...

    Ça ne sert à rien de mettre une dalle de 8 m d’épaisseur, pourquoi pas 20 tant qu’on y est, car un corium en fusion la percera en quelques heures, tout en restant concentré dans le cône de percement. On le sait depuis longtemps.

    Ce qu’il aurait fallu faire, c’est une dalle inclinée, en dôme, avec une structure en nid d’abeille, éventuellement sur plusieurs couches, de façon à étaler puis à fractionner le cœur fondu, par simple effet de la gravité. Lorsqu’il est suffisamment peu compact, mélangé avec d’autres matériaux (béton etc.), il refroidit de lui-même, d’une part parce que la réaction nucléaire est moins efficace du fait de la forme moins compacte et de la présence de matériaux étrangers, et ensuite simplement du fait des transferts de chaleurs, par contact avec les matériaux environnant. Lorsque le cœur fondu est juste suffisamment refroidit, sa viscosité augmente, et il s’arrête. Sans atteindre la nappe phréatique. À Tchernobyl il s’est arrêté tout seul car heureusement il s’est étalé suffisamment, même si ça n’avait pas été conçu pour optimiser l’étalement. Ouf.

    Toute cette eau apportée pour refroidir n’est que pure folie et ne fait qu’ajouter aux problèmes.

    Rien n’a donc été appris de Tchernobyl ?

    La solution définitive n’est pas un sarcophage, même s’il faut, dans l’urgence, diminuer les émanations et protéger de la pluie et des infiltrations d’eau. Et surtout arrêter de mettre toute cette flotte qui ne résout rien. Pourquoi ne pas mettre, par exemple, une mousse de béton/bore/résine ? Comme une grosse couche de chantilly, déformable, collante, et avec des propriété d’auto réparation ?

    La solution définitive, c’est simplement... de retirer la totalité du matériel radioactif, en commençant par le cœur fondu, aussi peu que 300 grammes à la fois s’il le faut, avec des robots, qui accèdent au site par des galeries souterraines étanches, avec sas de décontamination et chambres de conditionnement des déchets retirés.

    Il faut une noria de centaines de robot durcis aux radiations... C’est facile à faire. Il suffit de regrouper l’électronique, la partie la plus sensible, dans une sphère protégée par un épais blindage, mettre les caméras derrière un verre blindé avec 70% de plomb, etc.. Il faut des robots simples et bon marchés, à pilotage manuel à distance, tout simple comme un jouet, 4 roues 1 bras articulé, divers modèles de pinces et instruments interchangeables.

    Lorsque le matériel retiré est conditionné convenablement en petites quantités, il refroidit et ne pose plus de problème de sécurité immédiat.

    Mais bon sang qu’est-ce qu’ils attendent ?"

    Trouvé ici (dans les coms):
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fukushima-la-boite-de-pandore-est-96511

    et je rajoute:
    "Ce corium se forme quelques heures après la perte totale et prolongée d'énergie nécessaire (blackout station) pour ralentir les transferts thermiques de la puissance résiduelle d'un cœur de réacteur."

    Faut pas être con pour construire des systèmes à la con pareils ?

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  9. Bizarre, Mil tes deux commentaires ont disparu, alors que je les ai vu sur mes mails. Cela dérangerait-il ?
    Je vais le reposter moi-même, on va voir...

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  10. Je remets le comm de Mil :

    Merci d'avoir repris et approfondi ce sujet (et plus généralement de
    faire le suivi à propos de ce désastre en cours...).
    Par contre, c'est bizarre, je ne retrouve pas mon commentaire en
    question (a t-il sauté ?)...
    Allez, je vous le remets:
    Sur Fukushima; quelques considérations techniques, et pertinentes
    réflexions:

    (en l'absence d'aucune action - transparente, d'envergure et
    déterminée... - entreprise à ce jour, par les nucléocrades, pour tenter
    de remédier à la catastrophe en cours, faut-il organiser une "Brigade
    Citoyenne Internationale", pour prendre les choses en main ?):


    " La conception des dalles sous les centrales nucléaires sont le fait
    de technocrates particulièrement stupides...

    Ça ne sert à rien de mettre une dalle de 8 m d’épaisseur, pourquoi pas
    20 tant qu’on y est, car un corium en fusion la percera en quelques
    heures, tout en restant concentré dans le cône de percement. On le sait
    depuis longtemps.

    Ce qu’il aurait fallu faire, c’est une dalle inclinée, en dôme, avec
    une structure en nid d’abeille, éventuellement sur plusieurs couches,
    de façon à étaler puis à fractionner le cœur fondu, par simple effet de
    la gravité. Lorsqu’il est suffisamment peu compact, mélangé avec
    d’autres matériaux (béton etc.), il refroidit de lui-même, d’une part
    parce que la réaction nucléaire est moins efficace du fait de la forme
    moins compacte et de la présence de matériaux étrangers, et ensuite
    simplement du fait des transferts de chaleurs, par contact avec les
    matériaux environnant. Lorsque le cœur fondu est juste suffisamment
    refroidit, sa viscosité augmente, et il s’arrête. Sans atteindre la
    nappe phréatique. À Tchernobyl il s’est arrêté tout seul car
    heureusement il s’est étalé suffisamment, même si ça n’avait pas été
    conçu pour optimiser l’étalement. Ouf.

    Toute cette eau apportée pour refroidir n’est que pure folie et ne fait
    qu’ajouter aux problèmes.

    Rien n’a donc été appris de Tchernobyl ?

    La solution définitive n’est pas un sarcophage, même s’il faut, dans
    l’urgence, diminuer les émanations et protéger de la pluie et des
    infiltrations d’eau. Et surtout arrêter de mettre toute cette flotte
    qui ne résout rien. Pourquoi ne pas mettre, par exemple, une mousse de
    béton/bore/résine ? Comme une grosse couche de chantilly, déformable,
    collante, et avec des propriété d’auto réparation ?

    La solution définitive, c’est simplement... de retirer la totalité du
    matériel radioactif, en commençant par le cœur fondu, aussi peu que 300
    grammes à la fois s’il le faut, avec des robots, qui accèdent au site
    par des galeries souterraines étanches, avec sas de décontamination et
    chambres de conditionnement des déchets retirés.

    Il faut une noria de centaines de robot durcis aux radiations... C’est
    facile à faire. Il suffit de regrouper l’électronique, la partie la
    plus sensible, dans une sphère protégée par un épais blindage, mettre
    les caméras derrière un verre blindé avec 70% de plomb, etc.. Il faut
    des robots simples et bon marchés, à pilotage manuel à distance, tout
    simple comme un jouet, 4 roues 1 bras articulé, divers modèles de
    pinces et instruments interchangeables.

    Lorsque le matériel retiré est conditionné convenablement en petites
    quantités, il refroidit et ne pose plus de problème de sécurité
    immédiat.

    Mais bon sang qu’est-ce qu’ils attendent ?"

    Trouvé ici (dans les coms):
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fukushima-la-boite-de-pandore-est-96511

    et je rajoute:
    "Ce corium se forme quelques heures après la perte totale et prolongée
    d'énergie nécessaire (blackout station) pour ralentir les transferts
    thermiques de la puissance résiduelle d'un cœur de réacteur."

    Faut pas être con pour construire des systèmes à la con pareils ?

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  11. Bon, il n'a pas encore disparu, lol

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  12. Il faut commencer par 'situer' le(les) corium(s) :
    caméra infra-rouge, ça existe, non ? Même Greenpeace en possède !
    Alors, on attend quoi ?
    Depuis le début, les drones américains on repéré tout cela, mais... motus !
    On joue à quoi ?
    Comment, nous autres lecteurs de BBB, n'avons-nous pas formé une chaîne pour enregistrer chacun UNE heure de vidéo en provenance des caméras fixes de TEPCO ... ?

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  13. Depuis le début, les drones américains on repéré tout cela, mais... motus !
    on : avec t > ont
    ben oui, quoi, moins on fait de faute....

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  14. Merci Hélios pour tout ce temps consacré aux traductions et recherches.
    Il va falloir que nous prévoyons d'élever un monument (virtuel ?) à ta gloire !
    A réfléchir ! ! ! !

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  15. Bizarre autant qu'étrange...
    Merci d'avoir re-re-posté mon com (ce n'est pas le 1er que je vois disparaître - Pour l'autre,j'avais pensé qu'il avait peut-être été jugé peu compatible avec la "ligne éditoriale" du BBB - ? )
    Le revoilou (et à Dieu va !):
    "" Le 18/06/2011 à 12:06 par amie
    Les humains doivent trouver les moyens de se délivrer de ces anciennes erreurs et superstitions païennes concernant la nature de Dieu, insondable, qui est le Père Universel, n'ayant ni commencement, ni fin.
    La révélation de la vérité est en cours et les humains, créatures divines sont destinées à connaître Dieu dans toute sa beauté de caractère et avec les attributs excellemment dépeints par le Fils Créateur (Jésus), Fils de l'Homme et Fils de Dieu.
    L'humain peut être décrit comme un pélerin de l' ascension , puisque son chemin le conduit à connaître l'infini et l'illimité qui le mènera vers Dieu.
    Ceux qui interviennent sur Terre ( et qui sont intervenus depuis la nuit des temps) sont des Fils instructeurs car dans la hiérarchie céleste chaque esprit a son rôle bien défini.
    Ils apparaissent lorsque les habitants sont assez délivrés de leurs entraves guerrières et matérialistes pour inaugurer un âge spirituel permettant l'évolution de l'humanité et l'accession de la terre au statut de sphère de Lumière et de Vie Véritable.
    A la fin de leur parcours célestes, ces Fils instructeurs seront transférés en association éternelle avec le corps des Fils du Paradis et du corps divin.
    Les Fils Souverains en associations avec les esprits -mères sont les créateurs procédant de Dieu.
    L'administration de l'univers est également soumis à une réorganisation précise en coordination et en rapport avec les évolutions énergétiques colossales qui ont lieu à présent.
    Vous comprendrez qu'il est erroné de s'intéresser à une ou plusieurs planètes pour faire des interprétations hasardeuses menant à une prétendue destruction planétaire ou fin du monde.
    De l'infiniment petit à l'infiniment grand, rien n'est laissé au hasard dans la Création de Dieu, car tout conduit à l'évolution universelle et supra-universelle.
    La connaissance est inhérente au Paradis.
    Dans les sphères extérieures, ce sont les Déïtés et les Esprits Supérieurs qui régissent les mondes évolutionnés et rien ne peut y être entrepris qui dérogent aux règles divines universelles.
    Parler davantage d'ordres divins n'aurait pas grand sens, car l'humanité est entravée par les comparaisons matérielles.
    C'est ce qui a conduit d'ailleurs aux interprétations erronées de nombreux messages .
    Lorsque vous serez libérés de ces entraves matérielles,votre vision sera étendue
    et vous comprendrez la signification de ces réalités.
    [...]
    Par le corps de personnalité de l'être humain, Dieu a un contact direct avec chacun des êtres de Sa Création.
    Vous comprendrez maintenant le sens des paroles de Jésus :"Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à Moi que vous le faites".
    Nous espérons que nous vous permettons, à notre humble niveau de serviteurs de l'humanité, de considérer à quel point les manipulations de la "troisième partie" sont vaines.
    La Création de Dieu est infinie et illimitée et il existe conséquemment de nombreux Fils de Dieu, Créateurs de mondes locaux.Sur de nombreuses planètes, ces Fils de Dieu n'ont pas connu le sort que les humains ont réservé à Jésus, c'est la raison pour laquelle ces planètes évoluées ont dû se couper de la planète Terre, planète où malheureusement l'homme reste aux prises avec des instincts belliqueux et des considérations matérielles qui le tirent vers un abîme funeste."

    Ici (dans les commentaires):
    http://revelations4.blogs.fr/index.html

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  16. "Quelles sont les informations officielles sur la situation à la centrale de Fukushima Dai-ichi ?"
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/06/a-quoi-ressemble-linformation-officielle-sur-fukushima-.html

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  17. Bonjour,

    Autre version du devenir des corium (toujours du forum de "radioprotection Cirkus")




    Un corium est extrordinairement dense (rapport volume/masse) :
    “Au niveau volume, le corium du R1 (réacteur 1) doit faire quelque chose comme 1 à 1,5 m3 (20/30 tonnes) et ceux des R2 et R3, entre 3 et 4 m3 (60/70 tonnes).”

    Il percerait la cuve en divers endroits façon “pointes de feu” :
    “Comme la fusion est progressive, l'écoulement (pas encore critique) se fait généralement sur un ou plusieurs filets relativement étroits qui percent la cuve en un ou plusieurs endroits sur des surfaces "modestes" (quelques cm2).”

    La première partie du béton (particulièrement résistante), immédiatement sous les cuves, est en forme de demi-lune. Son attaque en “pointes de feu” limite l’étalement du corium :
    “Ensuite, la 1/2 lune retient le flux, la masse augmente, devient critique... En même temps, le béton est attaqué, une cavité se forme, entrainant l'ensemble de la masse. Le béton se vitrifie puis se décompose et ce, de plus en plus vite au fur et à mesure de l'augmentation de la masse.
    Même phénomène sur le radier.
    Compte tenu que la surface est faible et la masse élevée, la pression sur le support à l'endroit de l'attaque est énorme.
    Pour donner une image, un corium à 3000° sur un béton qui fond à 1500, c'est un peu comme faire couler du plomb en fusion sur un morceau de plastique. Le plomb ne va surement pas s'étendre sur le plastique !”

    Tout le corium n’est peut-être pas sorti des cuves :
    “Si on se fie aux modélisations et aux accidents antérieurs (sauf Tchernobyl qui est un cas à part dans la mesure où l'ensemble de la masse a fusionné quasiment instantanément), il est très probable qu'une partie de la masse soit restée dans le coeur (la cuve).”

    “Le refroidissement (l’arrosage “à fond perdu”) servirait d’abord à empêcher les fusions de ce qui reste dans les cuves :
    “Les modélisations montrent que de façon générale, quand le corium résiduel atteint une quinzaine de tonnes, il devient possible de le maintenir à température par un refroidissement externe.
    C'est très probablement ce que font les techniciens japonais depuis fin mars : tenter de maintenir le corium résiduel (qui n'est d'ailleurs plus un corium à proprement parlé mais une masse fissile instable), éviter qu'il ne reparte en fusion et rejoigne le reste, cette fois en emportant certainement le fond de cuve qui doit être bien "dentellisé" !
    L'eau n'est pas destinée à l'ensemble du coeur initial mais au corium résiduel. De toute façon, ce n'est pas avec 10 m3 par heure qu'on parviendrait à tenir 100 tonnes d'Uranium !”

    Dans quelle partie de la cuve se trouve ce qui n’aurait pas traversé ?
    “La question qui se pose est de savoir où se trouve ce corium résiduel durci. Il peut être soit en milieu de cuve coincé dans les supports de barres si le refroidissement externe a été suffisamment tôt et conséquent, soit en fond de cuve si il est tombé ailleurs qu'au centre de la cuve (par exemple maintenu par les tubes des barres de contrôle)
    Le cas n°1 est plus ennuyeux car il peut se détacher (même refroidi) est emporter le fond le cuve. Il est aussi plus difficile à maintenir en température et émet plus de gaz.”

    Et ce qui a “foré” le béton ?
    “Pour le reste de la masse, alea jacta est. Que voulez-vous faire de plus ? Maintenant, il est impossible d'y accéder.
    La seule chose à faire c'est de limiter les dégâts collatéraux : tenter de réduire la contamination ambiante (eau, air, sol...) par divers moyens, prendre des mesures sanitaires et de sécurité...” verticale.”



    Delphin

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  18. J'ai l'impression que nous sommes en train de devenir des Zexperts en - gestion des catastrophes - nucléaires...(stage intensif 1er niveau !). Sauf TEPCO & consort, qui apparemment, font leur formation de "cache-misère"...

    Merci à tous.

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  19. non Mil, nous ne faisons pas de tri dans les commentaires ,
    par contre si ils sont trop longs, ils partent dans les spams du blog, donc nous les recevons dans nos mails , mais ils ne sont pas publiés si trop long, il faut que nous pensions a aller voir la boite des spams, ce que je vais faire maintenant et il apparaitra

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  20. Bonjour
    Si ça vous intéresse, j'ai fait un article sur le corium, qui résume en gros tout ce qui est dit dans le fil de discussion sur le corium dans Radioprotection Cirkus.
    C'est ici : http://fukushima.over-blog.fr/article-le-corium-de-fukushima-1-description-et-donnees-81378535.html

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JE RAPPELLE QU'IL Y A UNE MODÉRATION DES COMMENTAIRES. TOUS CEUX À VISÉE PUBLICITAIRE PARTENT DIRECTEMENT À LA POUBELLE !