30 juin 2011

Désaccord sur le risque d'inondation à la centrale de Fessenheim

COLMAR (Reuters) - Le Conseil général du Haut-Rhin a demandé jeudi à EDF de mettre sa centrale de Fessenheim à l'abri d'un risque d'inondation mais l'entreprise publique juge l'événement trop improbable pour en tenir compte.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit rendre dans les prochains jours son avis, dont elle a déjà dit qu'il serait sans doute positif, quant au maintien en activité pour dix années de plus du réacteur numéro 1 de la centrale de Fessenheim.

Une étude du service Environnement du département estime que les "diguettes" qui entourent la plus ancienne centrale de France, mise en service en 1977, pourraient être submergées en cas de rupture de la digue du Rhin et que le niveau de l'eau pourrait atteindre un mètre autour du site.

"Le Conseil Général souhaite que les préconisations de ses services techniques soient pleinement prises en compte par EDF, et l'Autorité de l'ASN, seule autorité habilitée à exiger des renforcements de la sécurité", a déclaré le département dans un communiqué publié en fonction de cette étude.

Georges Walter, le directeur du service environnement du département, a reconnu que la probabilité était "très faible" en présentant à Colmar son étude hydraulique devant la Commission locale d'information et de surveillance de la centrale nucléaire (Clis) qui l'avait commandée.

"Mais l'Etat français a considéré que, tant que le risque n'était pas de zéro, il fallait tenir compte de la vulnérabilité de ce qui est derrière", a-t-il ajouté en se référant aux normes imposées aux collectivités pour les ouvrages hydrauliques.

LES ALLEMANDS INQUIETS

EDF n'a pas nié que le centre de production nucléaire de Fessenheim puisse être affecté par une rupture de la digue du canal d'Alsace, qui maintient le Rhin à huit mètres plus haut, mais a soutenu que l'événement était hautement improbable.

François Laigle, l'un de ses expert géotechniciens, a retenu l'hypothèse d'un séisme majeur pour conclure que la digue ne souffrirait d'aucun dommage important.

Les fuites susceptibles d'apparaître entre les plaques de béton armé qui assurent son étanchéité ne dépasseraient pas, selon lui, sept mètres cubes par seconde.

La centrale a été conçue pour rester au sec face à un flux de 20 m3/s alors que le département, qui retient l'hypothèse d'une brèche par érosion interne, envisage 500 m3/s au plus fort de la crue.

L'étude avait été commandée par la Clis après l'accident de Fukushima au Japon, où un tsunami avait submergé la centrale nucléaire, mettant hors service ses systèmes de refroidissement.

La prise en compte d'un risque d'inondation majeure supposerait de rehausser les diguettes qui entourent la centrale et de détruire une ancienne digue du Rhin qui constitue un frein à l'étalement d'une vague d'eau dans la plaine alsacienne.

"On est ici pour imaginer l'improbable", a estimé Michel Habig, président de la Clis et vice-président UMP du Conseil général, en réponse au refus d'EDF d'envisager un tel scénario.

Il a reçu l'appui de son voisin allemand, le Regierung Praesident - un équivalent du préfet - de la région de Fribourg

"Je voudrais souscrire à vos conclusions. Il faut éviter ce cas de figure même si la probabilité est faible. Le débat tel qu'il a été mené ne me satisfait pas", a dit Julian Würtenberg.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

SOURCE

http://fr.news.yahoo.com/d%C3%A9saccord-sur-le-risque-dinondation-%C3%A0-la-centrale-182044055.html

3 commentaires:

  1. La centrale nucléaire du Bugey doit fermer dès 2011 !

    Sans attendre de « stress tests », et alors que la situation à Fukushima ne cesse de s’aggraver, les Amis de la Terre France prennent leurs responsabilités en tirant leur propre bilan de la catastrophe nucléaire au Japon :
    Les premières données chiffrées sur la contamination radioactive à Tokyo se précisent, trois mois après le début de la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

    Obtenues essentiellement grâce aux efforts opiniâtres d’associations et de particuliers, elles sont alarmantes pour la mégalopole pourtant située à plus de 200 km des réacteurs accidentés, et donc bien loin de la zone interdite des 20 ou 30 km !
    Dès lors, comment tolérer en France qu’une centrale nucléaire puisse continuer d’être exploitée à une vingtaine de kilomètres seulement de l’agglomération lyonnaise ?

    Suite sur www.amisdelaterre.org

    Annecy 30 juin 2011 0,12

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  2. Et une demi-douzaine de secousses au Japon depuis ce matin, dont une 5,4 à Nagano.
    En prime une trentaine en 4 jours en NZ.

    Le Pacifique l'est de moins en moins.

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