28 mars 2011

Défaîte partielle d'Angela Merkel et avancée des Verts "grâce" à Fukushima

Romandie News

"Très douloureuse" défaite électorale pour Merkel, liée à Fukushima

BERLIN - La chancelière allemande Angela Merkel a mis sur le compte de l'accident nucléaire au Japon la débâcle de sa coalition conservatrice-libérale dimanche dans des élections régionales marquées par un triomphe des Verts.
"Le débat lié à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima explique clairement cette défaite électorale", a avancé la chancelière lors d'une conférence de presse.
"En tant que partisane de l'usage pacifique du nucléaire (...), ma vision de l'énergie atomique a changé après les évènements au Japon", a-t-elle ajouté.
Mme Merkel a qualifié de "très douloureuse" la perte de l'Etat du Bade-Wurtemberg (sud-ouest) que son parti conservateur CDU contrôlait depuis 58 ans.
Les Verts ont provoqué un séisme dimanche en arrivant en tête dans ce Land, -- l'une région parmi les plus prospères de l'Union européenne -- qui sera le premier à être dirigé par des écologistes.
"Sensation", "miracle vert", "tremblement de terre": les commentateurs rivalisaient de superlatifs. Les Verts, qui surfent sur une vague anti-nucléaire après l'accident de la centrale japonaise de Fukushima, ont recueilli 24,2% des voix, leur record toutes élections confondues, selon les résultats officiels provisoires.
Les analystes n'y voyaient pourtant pas l'annonce d'un raz-de-marée Vert au niveau fédéral, les scrutins de dimanche ayant des caractéristiques bien spécifiques.
Samedi, à la veille du scrutin quelque 250.000 anti-nucléaires s'étaient mobilisés dans quatre grandes villes allemandes pour demander la fermeture définitive des 17 réacteurs allemands, dont quatre se situent justement en Bade-Wurtemberg.
"La politique énergétique a été le thème décisif de cette campagne", a reconnu le chef du parti libéral FDP et ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle. "C'était un vote sur l'avenir du nucléaire, nous l'avons compris et nous allons en discuter à Berlin".
Les Verts ont aussi fait dimanche une entrée choc au parlement de Rhénanie-Palatinat (ouest), en recueillant 15,4% des suffrages, triplant leur score de 2006. Ils obligent le parti social-démocrate (SPD) à nouer une alliance avec eux pour pouvoir continuer à gouverner.
En Bade-Wurtemberg, ce sera le scénario inverse: le Vert Winfried Kretschmann à la barre, avec des sociaux-démocrates minoritaires, là où la CDU gouvernait avec le FDP.
Les écologistes ont mobilisé plus que jamais lors de ces scrutins marqués par une forte participation de l'électorat. Pas moins de 16% de leurs électeurs venaient de la CDU, 11% sont d'anciens abstentionnistes, selon les enquêtes des instituts.
"Quelle élection! La CDU: en crise d'identité. Le FDP: en crise existentielle. Les Verts: transportés de joie", écrivait la Süddeutsche Zeitung.
"La coalition Merkel reçoit la facture", estimait l'édition internet de Der Spiegel, alors que trois scrutins régionaux sont encore programmés en 2011. Elle ne pourra ignorer le message de l'électorat sur le nucléaire, veut croire la presse de gauche.
Mais "la coalition fédérale ne va pas se rompre et il n'y aura pas de nouvelles élections", juge le politologue Gerd Langguth. Mme Merkel "n'est pas en danger", et ce d'autant moins qu'elle n'a aucun concurrent sérieux dans son camp, selon lui.
La chancelière a elle-même écarté toute idée de remaniement du gouvernement lundi, louant "le très bon travail en coalition" avec le FDP.
En revanche, chez les libéraux, qui se réunissent en congrès en mai, la rébellion couve contre le chef Guido Westerwelle, affirment plusieurs journaux.
Le FDP, crédité de 14,6% aux législatives de 2009, a été éjecté de deux parlements régionaux en une semaine, en Saxe-Anhalt (est) le 20 mars et en Rhénanie-Palatinat le 27, restant sous les 5% requis. Il se maintient de justesse en Bade-Wurtemberg avec 5,3%, moitié moins qu'en 2006.

(©AFP / 28 mars 2011 16h25)

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