25 janvier 2011

Le bois raméal fragmenté (ou BRF), une utilisation intéressante au jardin

Voilà plusieurs années que mon jardin bénéficie de cet apport ligneux. Je l'utilise soit pour améliorer la terre de mon potager, soit comme mulch en surface. Le surplus est laissé pour se transformer en deux ans environ en compost que j'ajoute par petites quantités dans le jardin ou mes jardinières.
Voici un article édité par le centre Terre Vivante, qui saura vous expliquer bien mieux que moi la technique du BRF.
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Les premiers essais de la technique BRF remontent aux années 1970 où quelques chercheurs québécois ont eu cette idée saugrenue. Renouvelés avec toutes sortes de cultures et sous différents climats, les résultats de ces essais semblent très encourageants : importante production d’humus, amélioration très nette de la structure des sols, rendements accrus avec des effets prolongés sur trois ans, importante réduction des besoins en eau, moins de désherbage, de maladies et de ravageurs...

Recréer un humus forestier

En fait, tout se passe comme si on reproduisait, en les accélérant, les processus en œuvre dans la formation de l’humus forestier. Les bois raméaux, extrémités des branches des arbres de diamètre inférieur à 8 cm, concentrent 80 % de tous les nutriments des arbres. La plupart de ces nutriments sont assez facilement dégradables. L’un d’eux, la lignine – matériau carboné qui assure la rigidité et la durabilité du bois – l’est beaucoup moins. Mais dans les petits rameaux, elle n’a pas encore acquis la stabilité qu’elle acquiert dans les plus grosses branches. Au contact du sol, après broyage des rameaux, cette lignine est rapidement attaquée par une famille de champignons, les basidiomycètes du sol, également appelés "pourriture blanche". Cette déconstruction de la lignine stimule considérablement la vie du sol en provoquant toute une série de transformations et elle produit de grandes quantités d’humus. L’utilisation directe des BRF permet de faire l’économie du processus du compostage, avec une efficacité supérieure puisqu’il n’y a ni montée en température, ni perte d’éléments.

Produire des BRF ( A. Bosse-Platière)

Au jardin, la première difficulté consiste à produire ou à se procurer une quantité importante de BRF. La plupart des broyeurs à végétaux de jardin ne peuvent accepter des branches de diamètre supérieur à 4 cm. Et les apports recommandés par les initiateurs de cette technique sont très importants : 3 cm d’épaisseur sur toute la surface cultivée. A moins de posséder un grand jardin boisé ou de très longues haies, l’autoproduction avec un broyeur de jardin ne permettra pas d’apports aussi importants sur toutes les parties cultivées, d’autant qu’il faut exclure les branches de résineux. Plusieurs solutions :

  • - apports limités à quelques cultures (arbres et arbustes fruitiers, tomates, aubergines, rosiers…) selon les quantités produites sur place,
    - apports alternés un an sur deux ou trois,
    - apports moins importants (1 ou 2 cm) chaque année,
    - ou encore achat de broyat de feuillus auprès d’un élagueur ou du service espaces verts de sa commune (pas facile car ils sont de plus en plus valorisés).

Comment les utiliser ?

  • Il est préférable d’épandre les BRF peu après le broyage, à l’automne ou au début du printemps et de les incorporer rapidement à la couche superficielle du sol (5 premiers cm). En effet, le développement des champignons basidiomycètes peut provoquer des problèmes de "faim d’azote" (jaunissement, croissance ralentie) sur des végétaux plantés ou semés juste après l’incorporation des BRF : dans une première phase qui dure au moins un mois, les champignons prélèvent de l’azote dans le sol.
  • Evitez également d’utiliser des fongicides, y compris à base de cuivre, qui s’accumulent dans les sols et inhibent le développement des champignons.
  • Vérifiez la présence des champignons de pourriture blanche une semaine ou deux après l’incorporation. Un mois (minimum) après, plantez ou semez.
  • On peut également utiliser les BRF en mulch (couverture du sol) sans incorporation, notamment au pied des arbres et arbustes fruitiers, des rosiers et autres vivaces. Les effets fertilisants seront moins importants, le développement des champignons et la dégradation de la lignine se faisant de manière beaucoup plus progressive ; mais ce mulch assurera une excellente protection contre la sécheresse et réduira le développement des mauvaises herbes.
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 Voici deux photos prises ce matin de mon tas de BRF (une heure de travail) :

Il y a ici un mélange de branches de bouleau, chêne, noisetier et un peu d'eucalyptus. Il faut éviter les résineux (que je brûle) qui apportent trop d'acidité ou les épandre avec parcimonie au pied des plantes du type "terre de bruyère" comme les azalées ou les rhododendrons, par exemple.

Le même tas en gros plan (mon broyeur accepte des branches jusqu'à 3 cm de diamètre):




 Et enfin le tas de l'année dernière qui finit de composter (il est rempli de vers) et souvent fréquenté par les merles à la belle saison :

3 commentaires:

  1. Il est intéressant aussi de prêter attention à la qualité du bois que l'on utilise.

    Choisir des bois "nobles" est plus intéressant et faire attention de ne pas se contenter du mulch d'une haie de "if" par exemple. Les résineux acidifient grandement (donc souvent "trop") le sol (remarquez comme rien ne pousse sous un couvert de résineux)

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  2. Hello,

    Merci. Rien ne se perd, tout se transforme ...


    Ciao, Léa.

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