samedi 26 novembre 2011

Les ingénieurs savaient que Fukushima pourrait être dangereux, mais l'ont dissimulé


Les ingénieurs savaient que Fukushima pourrait être dangereux, mais l'ont dissimulé...
Et aujourd'hui l'extrême vulnérabilité des nouvelles centrales américaines est en cours de dissimulation
Par le Washington's Blog
Global Research, 12 Novembre 2011
Préface : la conception du réacteur nucléaire actuel a été choisie – non parce qu'elle ne risquait rien – mais parce qu'elle fonctionnait sur des sous-marins. Et les gouvernements ont dissimulé des fusions nucléaires pendant 50 ans.
Le journaliste de la BBC Greg Palast rapporte – en se basant sur l'interview de première main d'un ancien ingénieur de la société qui a construit les centrales nucléaires de Fukushima, et le passage en revue des journaux personnels des ingénieurs sur le terrain – que les ingénieurs qui ont construit la centrale nucléaire de Fukushima savaient que leur conception serait un échec en cas de séisme :
''La centrale était criblée de problèmes, qui faisaient que jamais elle ne pourrait supporter un séisme. L'équipe d'ingénieurs envoyée pour une inspection a découvert que la plupart de ces composants pourraient ''complètement et parfaitement lâcher'' pendant un séisme.''
Cette citation concerne Shoreham, à New York, centrale nucléaire, et non pas Fukushima. Mais Palast prétend que :
(1) la société a frauduleusement changé le rapport sismique pour simuler une centrale para-sismique ;
et
(2) une chose exactement semblable s'est passée à Fukushima.
Comme je l'avais noté en mars :
En 2004, Leuren Moret avertissait dans le Japan Times du type exact de catastrophe nucléaire que le Japon expérimente aujourd'hui :
De tous les endroits au monde où personne sain d'esprit n'irait construire des tas de centrales nucléaires, le Japon serait bien près du sommet de la liste.
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Le Japon repose au sommet de quatre plaques tectoniques, au bord d'une zone de subduction, et se situe dans l'une des régions du monde les plus tectoniquement active.
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Plusieurs parmi ces réacteurs ont été négligemment installés sur des failles actives, particulièrement dans la zone de subduction le long de la côte Pacifique, où des séismes majeurs de magnitude 7 et 8 ou davantage se produisent fréquemment. La périodicité de séismes majeurs est inférieure à 10 ans. Il n'existe presque aucun site géologique au monde aussi dangereux pour des centrales nucléaires que le Japon – pays au troisième rang mondial pour les réacteurs nucléaires.
''Je pense que la situation actuelle est très alarmante,'' dit Katsyhiko Ishibashi, sismologue et enseignant à l'université de Kobe. ''C'est comme un terroriste kamikaze qui se couvre de bombes en attendant qu'elles explosent.''
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Le 7 juillet de l'année dernière, le jour même de ma visite à Hamaoka, Ishibashi avertissait du danger d'une catastrophe nucléaire engendrée par un séisme, non seulement pour le Japon, mais pour le monde, lors d'une conférence qui se passait à Sapporo à l'Union Internationale de géodésie et de géophysique. Il disait :''la conception sismique des installations nucléaires est basée sur des normes trop vieilles du point de vue de la sismologie moderne et elle est insuffisante. Les autorités doivent admettre la possibilité qu'un désastre nucléaire dû à un séisme puisse arriver et en peser objectivement les risques.''
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J'ai réalisé que le Japon n'a aucun plan pour une catastrophe nucléaire dans l'éventualité d'un séisme endommageant un système de refroidissement des réacteurs et déclenchant une fusion de réacteur.
En outre, ce qui n'est même pas mentionné par les responsables de l'ERC (Electronic Research Center), c'est l'extrême danger d'un séisme entraînant une perte de liquide de refroidissement dans les piscines où les barres de combustible usagé sont conservées. Comme rapporté l'année dernière dans le journal Science et Sécurité Globale, qui se base sur une étude de 2001 de la commission de régulation nucléaire, si la fonction de refroidissement de ces piscines est sérieusement compromise – par, si on prend un exemple, l'eau de drainage à l'intérieur – et si les barres de combustible surchauffent suffisamment pour entrer en combustion, la radioactivité intérieure sera libérée dans l'atmosphère. Cela peut engendrer un désastre nucléaire plus grand qu'à Tchernobyl.
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Ce n'est pas une question si oui ou non une catastrophe nucléaire se produira au Japon; la question est quand cela arrivera.
Comme l'USGS l'a écrit, le Japon a vécu plusieurs séisme comme suit :
Pourtant :
L'ingénieur japonais Masashi Goto, qui a aidé à la conception de l'enceinte de confinement pour le cœur des réacteurs de Fukushima, dit que leur conception n'était pas suffisante pour résister à des séismes ou des tsunamis.
En effet, Reuters souligne aujourd'hui :
La révision des enregistrements de la société et de la régulation montre que le Japon et ses installations les plus importantes ont minimisé à plusieurs reprises les dangers et ignoré les avertissements – y compris l'étude sur les tsunamis de 2007 faite par un ingénieur cadre sur la sécurité de chez TEPCO ;
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En d'autres mots, les scientifiques de Tokyo Electric ont réalisé dès 2007 qu'il était tout à fait possible qu'une vague géante vienne s'écraser sur les barrières marines et autre défense de Fukushima en dépassant les suppositions des ingénieurs pour la conception d'une centrale des années 60.
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Malgré la projection par ses propres ingénieurs de la sécurité que les suppositions les plus anciennes aient pu se tromper, ...''Il n'y a pas d'obligations légale à ré-expertiser un site périodiquement pour les aspects concernant la sécurité'', a déclaré le gouvernement japonais en réponse à des questions posées en 2008 par l'observateur nucléaire des Nations-Unies, l'IAEA.
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De plus, des années avant que l'ingénieur de Fukushima Mitsuhiko Tanaka ne révèle le fait que TEPCO avait dissimulé une enceinte de confinement défectueuse, l'article du Japan Times cité ci-dessus l'avait dénoncé :
Yoichi Kikuchi, ingénieur japonais en nucléaire qui est devenu également un dénonciateur, m'a parlé personnellement de nombreux problèmes de sécurité pour les centrales nucléaires japonaises, comme des fissures dans les tuyauteries des systèmes de refroidissement provenant de vibrations du réacteur. Il disait que les compagnies d'électricité font ''des paris dangereux pour accroître les profits et réduire la supervision du gouvernement.''
Kei Sugaoka, un ingénieur haut placé américano-japonais qui travaillait pour General Electric aux États-Unis, et qui avait dénoncé la défaillance de TEPCO pour informer le gouvernement des défauts des réacteurs, fut d'accord, disant, ''la chose la plus terrible, qui surpasse tous les autres problèmes, est que toutes les centrales nucléaires vieillissent, et causent une détérioration des tuyaux et des joints en permanence exposés à une forte radioactivité et à la chaleur.''

Les centrales US ne sont pas sans danger non plus

Comme le note Palast, la centrale nucléaire de Shoreham pourrait très bien souffrir d'un séisme.

Et comme je le soulignais dans mon article de mars :

Comme le souligne MSNBC, il y a aux US 23 réacteurs virtuellement identiques aux réacteurs de Fukushima.
Comme le dit McClatchy, les réacteurs américains contiennent beaucoup plus de combustible usagé que les japonais (la quantité de combustible radioactif à Fukushima représente des Tchernobyl nains) :
Les centrales nucléaires américaines utilisent le même type de piscines pour refroidir les barres de combustible usagé que celles qui risquent actuellement de déverser de la radioactivité à la centrale japonaise de Fukushima Daiichi, sauf que les piscines US contiennent beaucoup plus de matériel nucléaire.
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Les piscines des centrales japonaises sont loin de leur capacité, mais contiennent une énorme charge de radioactivité, disait Lyman. Une centrale nucléaire américaine aurait au moins dix fois plus de combustible dans ses piscines.
Et pourtant l'industrie nucléaire et le gouvernement américain font peu de cas du danger. Comme le dit McClatchy :
La commission de régulation nucléaire a réaffirmé sa position que les piscines US fonctionnent sans danger.
The Nation note :
Aileen Mioko Smith, directrice de Green Action Kyoto, est allée à la centrale de Fukushima et a rencontré les officiels du gouvernement en août 2010. ''A la centrale, ils semblaient écarter nos inquiétudes concernant les piscines de combustible usagé, a-t-elle dit. ''A la préfecture, ils étaient très contrariés mais n'avaient aucun plan sur la manière de gérer ce problème.''
Il est à remarquer que c'est la norme – aussi bien au Japon qu'aux États-Unis. Les piscines de combustible usagé de Fukushima ne sont pas équipées de systèmes de circulation de secours ou de groupes électrogènes de secours pour leur système de circulation d'eau.
Un défaut de conception exactement semblable pour Vermont Yankee, centrale nucléaire aux réacteurs de même conception General Electric qu'à Fukushima. À Fukushima à côté de chaque réacteur se trouvent entre 60 et 83 tonnes de barres de combustible usagé. Vermont Yankee possède sur son site la somme ahurissante de 690 tonnes de barres de combustible usagé.
Les activistes pour la sécurité nucléaire ont connaissance depuis longtemps de ces problèmes et ont réclamé à maintes reprises qu'on s'en occupe. Équiper au moins les piscines de groupes électrogènes de secours, imploraient-ils. Mais à chaque fois l'industrie les a ignorés, et la commission de régulation nucléaire (CRN) s'est systématiquement prononcée en faveur des propriétaires de la centrale contre les communautés locales.
Après le 11 septembre, la question des barres de combustible usagé eut un regain momentané. De nombreux groupes de citoyens signèrent des pétitions et pressèrent la CRN de renforcer les protections des piscines. Mais la CRN considéra ''la possibilité d'une attaque terroriste...comme de la spéculation et simplement trop éloignée d'un résultat naturel ou prévisible pour une action de l'agence.'' Donc rien n'a été fait – pas même de systèmes de circulation d'eau de remplacement ni de systèmes de générateurs d'électricité d'urgence.
De manière similaire, Pro Publica souligne :
Les opposants à l'énergie nucléaire ont prévenu pendant des années que si ces piscines sont à sec, que ce soit par accident ou attaque terroriste, cela peut entraîner un incendie et une libération catastrophique de radiations.
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L'industrie nucléaire dit que les peurs concernant les piscines de stockage des centrales américaines sont exagérées parce que les piscines sont protégées et que même si le combustible est exposé à l'air, le risque d'un incendie est incroyablement faible.
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''Les gens devraient se sentir très concernés parce que la CRN a reconnu que les piscines de combustible usagé qui ne sont pas situées à l'intérieur d'un confinement ont un potentiel d'accidents catastrophiques.'' a déclaré Diane Curran, une avocate qui a représenté des groupes écologistes et des gouvernements dans des contestations pour des projets de stockage de combustible.
''Ce ne sont pas des accidents à forte probabilité, mais nous avons vu comment des accidents de faible probabilité peuvent arriver.''
Après les attaques terroristes du 11 septembre, le Congrès a demandé aux académies nationales d'étudier la vulnérabilité du combustible usagé en cas d'attaque terroriste.
Le rapport de 2005 qui en résulte, ''Innocuité et sécurité du stockage du combustible usagé commercial'', conclue que ''une attaque qui met partiellement ou complètement à sec une piscine pourrait enclencher un incendie avec forte température qui pourrait libérer de fortes radiations dans l'environnement.''
Le rapport considérait que la vulnérabilité au feu du combustible usagé dépend de son âge et de la manière dont il est stocké. En vieillissant il refroidit, il devient donc moins sensible aux incendies.
''La norme industrielle veut qu'un combustible dépassant 5 ans d'âge peut être stocké à sec.'' dit Kevin Crowley, directeur du service nucléaire et radioactivité pour le conseil de recherche nationale, qui fait partie des académies nationales.“
Le rapport recommandait que l'industrie nucléaire prenne des mesures pour diminuer la vulnérabilité au feu des piscines de stockage. Certaines de ces mesures sont classifiées, a dit Crowley. Mais il dit que d'autres, comme s'assurer qu'il y avait des tuyaux à incendie ou des systèmes de vaporisation au-dessus des piscines, étaient beaucoup trop simples.
***
L'industrie nucléaire n'est pas d'accord avec l'académie nationale quant à la vulnérabilité au feu du combustible usagé.
Donc une catastrophe de type Fukushima était inévitable...et sera inévitable aux US aussi, à moins que des mesures soient prises pour renforcer la sécurité des centrales.

Les ingénieurs font comme si Fukushima ne s'était jamais produit

L'ingénieur en nucléaire Arnie Gundersen notait hier (11 novembre) que les nouvelles conceptions des centrales américaines sont très proches d'être autorisées par la CRN sans aucune modification post-Fukushima :

(Sous-titrage français par Kna60, merci pour son travail)

En effet, Palast note que la même compagnie que celle qui a conçu les centrales de Fukushima, et la vulnérable Shoreham est :
celle qui est désignée pour construire chacune des quatre nouvelles centrales nucléaires que l'administration Obama a approuvées pour des milliards de dollars dans des études fédérales.
 Traduit par Hélios

1 commentaire:

  1. Rivarol N° 3023 page 10 entiere

    donne le dessous des cartes de Fukushima

    c'est organisé par les Ricains et les Israéliens

    Mauvais combustible fournis et attaque des Ordis par le virus Stuxnet pendant le Tsunamis, trouvaille des Japonnais sur place dans les ordinateurs et repris par la presse au Japon, repris par le site Média Libre.EU

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