Konrad Lorenz
''Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons''
Konrad Lorenz, autrichien né en 1903 et décédé en 1989, médecin et prix Nobel, est l'un de ceux qui a fait beaucoup pour l'éthologie.
Éthologie (Wiki) : L'éthologie est l'étude du comportement des diverses espèces animales. Cette branche zoologique de la biologie a été crée en 1854 par le naturaliste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Au niveau théorique, l'éthologie peut s'apparenter à la biologie du comportement et surtout à la biologie de l'interaction intraspécifique. Des scientifiques tels que Darwin, Heinroth, Fabre, Whitman, Von Uexkull ont marqué précocément ce vaste domaine d'études. L'éthologie humaine, axée sur l'étude des comportements individuels, en fait partie.
L'évolution récente de cette discipline biologique est marquée par les études scientifiques de longue haleine sur les comportements animaux, dont les trois plus notoires ont consacré l'éthologie par le prix Nobel de biologie de 1973. Ce sont les travaux acccomplis surtout dans le deuxième tiers du XXe siècleKarl von Frisch, l'Autrichien Konrad Lorenz (1903-1989) et le Néerlandais Nikolaas Tinbergen (1907-1988).Konrad Lorenz a écrit plusieurs livres, dont ''les fondements de l'éthologie'' , que je n'ai pas réussi à lire (trop technique)et d'autres livres plus faciles. Son premier livre s'intitule ''Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons'' édité en 1952 et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, car Lorenz est un amoureux des animaux en général et il a une façon très drôle de nous conter ses anecdotes.
Je vous transcris aujourd'hui la préface d'une réédition de ce livre et le ferai ensuite pour d'autres passages.
''Nous, à savoir : l'auteur qui n'avait encore jamais écrit de livre, l'éditrice qui est juriste et, accessoirement imprimeur, et n'avait encore jamais rien édité, et enfin le correcteur, plus malin qu'il n'en a l'air et le seul professionnel de nous trois, avions, par une aimable soirée de l'année dernière où l'on avait parlé des livres, bons ou mauvais, consacrés aux animaux, décidé de composer ce petit ouvrage. Nous sommes très fiers de notre oeuvre, mais nous ne nous dissimulons pas qu'elle présente quelques défauts.
Par exemple et pour commencer, le titre, Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, peut prêter à confusion puisqu'un de mes lecteurs m'a écrit qu'il avait été sur le point de reposer le volume, reçu en cadeau de Noël, ne sachant pas dans laquelle de ces catégories auxquelles je parais m'adresser il lui fallait se ranger.
Il y a encore l'affreuse histoire des hamsters dorés qu'on peut laisser en liberté dans une pièce car – à en croire le livre – ils ne rongent ni ne grimpent. J'escomptai des ennuis quand je découvris, peu après la parution de notre petit ouvrage, un nid de hamsters dorés dans un classeur de lettres posé sur un haut secrétaire du XVIIIème siècle. Un gros vieux hamster s'étant avisé que le papier était un excellent matériau, avait mis au point une technique étonnante pour se hisser entre le secrétaire et le mur et, finalement, creusé un trou au milieu de la liasse de lettres, utilisant la bourre de papier ainsi obtenue pour capitonner douillettement son nid. Il ne restait plus, des lettres rangées dans le classeur, qu'une espèce de paroi entourant le creux ; les lettres étaient d'autant plus détruites qu'elles étaient plus proches du centre de la liasse (selon une courbe que l'on peut aisément imaginer sans être grand mathématicien) et, seules les premières et les dernières étaient intactes. J'écarte systématiquement les missives de mes chers lecteurs qui, après quelques formules flatteuses sur l'ensemble de mon livre, abordent la question du hamster doré, car je ne sais que trop ce qui va suivre. Pour ma part, j'ai enfermé les hamsters dans leur cage, non à cause du classeur de lettres – ils n'ont vraiment rien dévoré d'autre jusqu'ici – mais parce qu'ils pourraient mettre en danger la gerboise qui depuis quelque temps vit en liberté dans ma chambre. Ma femme a, hélas, lors des derniers nettoyages ''à fond'', trouvé dans le nid de ladite rongeuse une importante pièce à conviction sous forme de laines bleues et rouges provenant du tapis (du grand tapis persan aux mouchetures qui, vert sombre autrefois, sont devenues depuis vert-jaune clair : voir page 16). Il faudra donc que le tapis ou la gerboise quitte ma chambre ; je n'ai pas encore décidé lequel je bannirai.
Pour finir, j'ai eu dernièrement tant de déboires avec mes aquariums que le titre du deuxième chapitre : « Un objet sans danger : l'aquarium », m'apparaît comme une provocation. Une des vitres du bassin de cent litres a tout récemment éclaté dans la nuit sans qu'on sache pourquoi, en inondant la pièce, et avant-hier à cinq heures du matin, les trois pompes ont d'un commun accord refusé tout service. Je me suis escrimé pendant sept heures pour en remettre une en marche et lutter contre l'asphyxie d'une nombreuse progéniture de cichlidés (Etropus maculatus). Mon livre contient force mises en garde contre le danger de placer un trop grand nombre de poissons dans un même récipient et insiste fermement sur la nécessité de ne jamais rompre l'équilibre biologique de l'aquarium. Celui dont je parle contenait malheureusement bien trois cents petits cichlidés de deux à trois centimètres de long, alors qu'il n'y aurait dû y en avoir au plus une trentaine. Si bien que le travail de réparation des pompes ressemblait aux efforts d'un chirurgien qui lutte contre une forte hémorragie sans arriver à localiser le vaisseau lésé. Mais dès demain, j'en fais serment, les deux cent soixante petits pensionnaires excédentaires seront répartis chez les divers marchands de poissons d'agrément de Vienne.
Ces mésaventures m'ont si fort irrité au sujet de mes têtes de chapitre que je me suis acheté deux pinsons pour la seule raison que le neuvième chapitre s'appelle « N'achetez pas de pinson ». Ce sont deux ravissantes petites créatures que ma collaboratrice, le docteur Ilse Prechtl-Gilles a élevées pour observer la façon dont les jeunes oiseaux chanteurs mendient de la nourriture. Pour l'instant, ces oiselets sont délicieusement dociles et on ne peut plus mignons. Ceci pour consoler mes lecteurs amis des oiseaux qui m'ont adressé des lettres de reproche à la défense du pinson.
Malgré tout, ce que j'ai écrit dans ce livre est vrai...au moins relativement. Qu'on essaye de laisser un écureuil en liberté dans sa chambre et l'on trouvera le hamster doré étonnamment inoffensif. Un aquarium ne provoque qu'exceptionnellement des dégâts, et les pinsons ne resteront pas longtemps aussi sages et gentils. Tout bien pesé, nous ne modifierons donc rien au texte de la première édition.''
À suivre...
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RépondreSupprimeril serait temps qu'on lui file des perles et une bobine de fil
RépondreSupprimerQui c'est qui possède le matos ??
RépondreSupprimer@ Anonyme de 17.30
RépondreSupprimerMoi, des perles, j'en ai plein et des bobines aussi. On pourrait rajouter atelier broderie.
Cassandre
Ben nous, en Belgique, il y a longtemps qu'on ne fête plus le 8 mai! je pense que vous finirez bientôt aussi sans gouvernement! On devra se soumettre à l'Europe? Berk!
RépondreSupprimerEnfin, quoique... On y est déjà soumis :-/
Ce fût mon premier livre et depuis, je suis tombée dans le chaudron !
RépondreSupprimerAmitié
Tout commémorer et produire des amalgames, est une manière de disparaitre définitivement !
RépondreSupprimerDonc, en vérité, il propose l'oubli puisque nous ne saurons plus de quoi il s'agit. Arthénice
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