C'est un archipel qui ne porte pas de nom. Ici, les arbres sont rois, la flore resplendissante, du nord au sud sont présent pommiers, pêchers, abricotiers, pruniers, amandiers, citronniers, cerisiers, orangers, bananiers, plaqueminiers, kiwis et figuiers pour ne citer que ceux-là.
Un véritable verger naturel sur plus de 300.000 km carrés. Les fruits des plantes plus modestes ne sont pas en reste, on y trouve des melons, des tomates, des poivrons et piments, des pastèques, des fraises, des framboises, du raisin et caetera...
Personne ne vit sur ces îles, personne n'ayant deux pieds et deux mains, les primates eux ont des mains à la place des pieds, ou des pieds à la place des mains, c'est selon leur besoin du moment, et eux sont bien présents, en symbiose avec le milieu naturel dans lequel ils vivent en compagnie de tellement d'autres espèces qu'il me faudrait des jours pour les énumérer. Cela fait plusieurs centaines d'années que ça tourne ainsi, sans intervention extérieure autre que la nature pour troubler ce bel équilibre. Ce ne fut pas toujours le cas.
Ici, jadis au milieu de champs cultivés et de forêts artificielles filaient des routes, se dressaient des immeubles dans des villes, des êtres humains vivaient sur ces terres... ils pensaient y vivre, avoir un but bien précis, perpétuer leur espèce. Mais le but ultime était bien plus grand que cela, la nature ne l'avait pas créée pour si peu.
Puis un jour, l'homme fut confronté à son reflet dans le miroir. Par sa peur et son besoin de dominer la nature, il créa des soleils artificiels, emprisonnés dans des cuves de métal. Ils appelaient ça des réacteurs nucléaires. Comme avant l'apparition des dieux monothéistes, l'homme s'était remis à vénérer le soleil, mais ce n'était pas celui qui brûlait dans le ciel. Ce nouveau dieu leur paraissait indispensable pour vivre, il avait rejoint tout naturellement au Panthéon moderne le dieu argent, maître de tous. Mais ces deux derniers ne faisaient pas forcément bon ménage et l'homme ne l'apprit à ses dépens que bien trop tard...
A plusieurs reprises, l'homme évita le pire mais la troisième fois fut le début de la fin et la fin du début. La suite allait pouvoir commencer....
... La suite s'est définie par d'étranges mutations sur toutes les espèces mais plus particulièrement sur la flore. Cette dernière n'eut pas de transformation majeure en apparence, la différence se trouvait plus au niveau des graines, ces dernières, au lieu de passer par le tube digestif de ses hôtes sans encombres, se retrouvaient prisonnières de leurs entrailles. Après une dormance de plusieurs mois, elles reçurent toutes un signal venant du plus profond de la terre, c'était quelques jours avant que les gens ne commencent à prendre conscience que quelque chose n'allait pas dans leurs ventres. Les gens se rendirent tous chez leurs médecins, des radios furent prises puis ils se mirent à tomber, dans la rue, chez eux, au travail ou dans leurs piscines...
Après quelques jours de silence, on put voir apparaître plusieurs pousses vertes, déchirant les chairs des corps qui parsemaient les rues...
En fin de compte, on ne sait pas vraiment pourquoi la nature avait créé l'homme, mais l'être humain fut le seul à subir ce funeste sort. Ce devait être comme on disait à cette époque "une erreur de la nature"...
C'est un archipel qui ne porte plus de nom, la planète qui l'héberge à elle aussi perdu le sien...