paru sur le blog d'Ultraman. Un lecteur de son blog (Viola) a traduit cette partie de l'allemand en anglais et je l'ai traduit en français pour le BBB.
La deuxième partie est en cours de traduction.Première partie de l'article du Dr Dörte Siedentopf
La pierre chaude
Ville fantôme de Pripyat en Ukraine : les habitants ont été évacués pour toujours après la catastrophe
Le Dr Dörte Siedentopf organise depuis 20 ans des séjours récréatifs pour les enfants de Tchernobyl. Elle est tout à fait déconcertée par la manière dont est gérée la catastrophe de Fukushima.
Par Gabriele Goettle
Dörte Siedentopf, docteur en médecine, est née en 1942 à Oldenburg, a fait sa scolarité dans cette ville et a étudié la médecine à Würzbourg, Berlin, Göttingen, a passé ses examens en 1966, promotion 1968, mariage en 1967, deux enfants, a pratiqué en libéral la médecine générale et la psychothérapie de groupe à partir de 1970 à Dietzenbach en Hesse. A la retraite depuis 2003.
Elle est membre (depuis sa fondation en 1981) du IPPNW (Médecins internationaux pour la prévention de la guerre nucléaire, médecine sociale). Elle a été l'initiatrice de ''Stumbling Blocks'' (''Pierres d'achoppement'') à Dietzenbach et a fondé début 90 le ''Cercle d'Amis de Kostjukovitschi/ Dietzenbach'' qui parallèlement à d'autres activités, fait de l'aide humanitaire pour la Biélorussie en envoyant deux fois par an de l'équipement médical, des vêtements, des vélos, des machines à coudre, des ordinateurs, etc.
Depuis 20 ans des séjours de rétablissement en Allemagne sont organisés pour les enfants de Tchernobyl. Des familles d'accueil de Dietzenbach reçoivent des enfants biélorusses chaque été. Le Cercle d'Amis a de nombreux membres maintenant et de nombreux amis à Kostjukovitschi. Un certain nombre d'assistants actifs du Cercle d'Amis prend soin de tout, même des collectes d'argent et des dons de matériel. Depuis 2009, 23ème anniversaire de Tchernobyl, existe un jumelage entre les deux villes. Le Dr Siedentopf est mariée à un médecin, leurs deux enfants ont fait des études de médecine. Son père était médecin de campagne, sa mère était femme au foyer et enseignante.
Le Dr Siedentopf nous accueille début décembre dans son petit appartement de Berlin Pankow à proximité d'un parc. En buvant du thé et en mangeant des biscuits, elle nous parle de ses activités humanitaires et de ses expériences.
''Le pire c'est que les responsables n'ont rien appris de Tchernobyl. Je suis déconcertée par la gestion de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui est bien pire que celle de Tchernobyl. On ne peut qu'être en rage devant un gouvernement qui n'a pas agrandi convenablement la zone d'évacuation et que des femmes et des enfants n'ont pas été emmenés immédiatement au sud du pays par sécurité. A la place on ment systématiquement à la population, qui n'est pas ou mal informée des vrais dangers. C'est totalement irresponsable. Ce qui s'en vient maintenant concernant les maladies et problèmes des japonais est inimaginable.
Par l'exemple de Tchernobyl, on peut en voir approximativement la dimension. Beaucoup de gens pensent que ça fait longtemps, que la catastrophe de Tchernobyl appartient au passé, juste bonne à lire sur Wikipédia. Mais les gens des zones radiocontaminées depuis 1986 jusqu'à aujourd'hui vivent avec Tchernobyl. Mais on ne parle pas des conséquences. A l'inverse des catastrophes naturelles, elles augmentent avec le temps – et ce au moins pendant encore 300 ans. J'en dirai un peu plus ultérieurement.''
Des gens ont vécu pendant des décennies dans une zone contaminée
''Auparavant, je veux parler brièvement des causes et pourquoi nous avons décidé une aide humanitaire en Biélorussie. La plupart des zones contaminées se trouvent en Biélorussie (Bélarus). 70% de la radioactivité est tombée sur la Biélorussie, qui faisait anciennement partie de l'URSS. Un quart du territoire a été contaminé. La frontière biélorusse est à environ 15 km du réacteur.
Et comme le vent a entraîné le nuage vers Moscou, ils ont été forcés de faire tomber artificiellement la pluie à l'aide d'iodure d'argent. Bien sûr sans en informer la population. Début mai, par un temps merveilleux, il est tombé sur les gens une pluie jaune et poisseuse. On a laissé la population dans l'ignorance pendant des années, il n'y a eu que des réimplantations, des dispositifs, des manœuvres d'apaisement. Les dosimètres étaient strictement interdits.
Les régions de Gomel et Mogilev ont été particulièrement touchées. Dans la région de Mogilev il y a la ville de Kostjukovitschi où je suis allée pendant 20 ans. Ces deux zones ont été très contaminées et environ un million de gens ont dû être réinstallés, il fallait construire des maisons un peu partout dans ce but. Autour de Minsk, on a construit une immense ville. De nombreuses personnes ont vécu dans les zones contaminées pendant des dizaines d'années jusqu'à ce qu'elles puissent emménager dans les maisons neuves, et beaucoup de gens vivent encore sur des terres contaminées et font de la culture.
Depuis la disparition de l'union soviétique, le gouvernement biélorusse doit tout financer. Dans notre seul comté, 8000 personnes ont été réinstallées. 26 villages ont été démolis et ensevelis. De nombreux villages des zones contaminées sont vides, certains ont vu revenir des gens âgés ou des vétérans de la guerre de Tchétchénie ou d'Afghanistan, qui ne pouvaient pas vivre à la ville.
C'est comparable à la zone d'exclusion autour de Tchernobyl. Les gens vivant dans les anciens villages, sans électricité ni eau courante se débrouillent du mieux qu'ils peuvent. Le sol est sablonneux partout, comme à Berlin – des bouleaux d'ici jusqu'à Moscou. La nappe phréatique est très superficielle, c'est à dire que lorsque la radioactivité descend de 2 cm par an dans le sol sablonneux, elle en est donc rendue aujourd'hui à 50 cm et n'est plus bien loin de la nappe phréatique.
La moitié du budget
D'énormes changements sont intervenus. Le coût pour la Biélorussie, en incluant la santé, a été immense. Tous les travaux d'excavation faits dans les dix ou quinze ans après Tchernobyl, la décontamination des cours d'école, tous les nettoyages – je ne sais pas où ils ont trouvé ça. Tout a été payé par l'état de Biélorussie. Je pense que la moitié du budget est parti dans l'élimination des conséquences de Tchernobyl.
Le président Lukashenko a déclaré Tchernobyl comme quasi-surmonté, comme un événement de musée. On a déclaré que les anciennes zones contaminées de Biélorussie ne présentent plus de danger.
Pendant les 20 ans qui ont suivi la catastrophe, il y a toujours eu des allocations, il y avait ce qu'on appelait ''l'argent du cercueil'' qu'on donnait aux gens qui avaient le statut de liquidateurs. Mais les gens relogés le revendiquaient aussi. Ces paiements ont été largement supprimés. Ce n'était pas beaucoup d'argent, mais il y avait aussi des soins médicaux gratuits, abolis aujourd'hui. Et la reconnaissance de certaines maladies, comme le résultat de Tchernobyl, n'est plus prise en compte.
On a utilisé presque un million de ''liquidateurs'' – pour la plupart des jeunes hommes – à Tchernobyl et dans ses environs. Une grande partie d'entre eux venait de Biélorussie. Aujourd'hui, la plupart des liquidateurs sont invalides, ont un cancer des poumons et de la thyroïde, des troubles cardiovasculaires, des maladies des reins, digestives, de la leucémie et même des troubles mentaux. 100.000 approximativement sont morts, âgés entre 40 et 50 ans. De nombreux se sont suicidés. Bien qu'on disait que Tchernobyl était terminé. Il y a eu des manifestations à Minsk. Et en ce moment il y a une autre manifestation à Kiev, avec une grève de la faim des liquidateurs, à cause des sévères coupes faites par l'Ukraine pour les pensions et les allocations.
Dans les villages c'était meilleur marché
En Biélorussie, par exemple, il y avait un jardin d'enfant gratuit, la nourriture était gratuite, les enfants recevaient aussi des vitamines spéciales et faisaient des cures – certains en font encore maintenant, une par an, mais sinon tout a été restreint, même les aliments riches en vitamines dans les écoles et les jardins d'enfant. Aussi la carte d'identité qu'ils nous ont montré ne représente plus rien en réalité. Toutes les anciennes revendications sont supprimées.
En ayant déjà très peu et si vous êtes aussi malade, alors l'impact des coupes et encore des coupes est très fort. A l'heure actuelle ils ont encore – comme tous les ans – augmenté les impôts locaux, c'est à dire l'eau et le chauffage. Et pour le chauffage urbain, pour les grandes maisons et les immeubles, l'eau qui circule dehors dans des tuyaux non isolés pendant l'hiver, occasionne des pertes qui doivent être payées quand même. C'est pourquoi de nombreuses personnes préfèrent vivre dans les villages, où leurs coûts sont plus réduits.
La grosse dette publique qui étrangle tout le monde est certainement causée d'un côté par Tchernobyl, mais aussi par une importante mauvaise gestion. Il y a une hyper-inflation en Biélorussie, qui est actuellement de 113%. Le salaire moyen est entre 150 et 300 € par mois. Le travail à l'étranger n'est pas permis.
L'opposition n'est pas tolérée
Les frontières vers les états membres de l'union européenne, Pologne, Lettonie, Lituanie sont étroites pour les biélorusses. Mais ce n'est pas seulement pour une histoire d'argent, une menace de banqueroute de l'état, il existe aussi une énorme incapacité à développer réellement quoi que ce soit depuis 20 ans sous une forme démocratique. Aucune opposition n'est tolérée. On voit pourtant des manifestations. Comme contre la décision outrageante de construire une centrale nucléaire.
La Biélorussie n'a pas de centrales nucléaires. Mais immédiatement après Fukushima, Lukashenko a dit qu'il voulait en construire une, avec l'aide des russes, à Ostrowez, à 20 km de la frontière avec la Lituanie. Le contrat a depuis été conclu entre Lukashenko et Poutine. Cela coûtera plus de 5 milliards d'euros, la centrale nucléaire est annoncée comme moderne et parfaitement sûre, propre et fournira une énergie à un prix abordable et créera des emplois, toutes ces histoires de propagande. L'industrie nucléaire est la même à l'est qu'à l'ouest.
Ce n'est donc qu'une ébauche des conditions générales. Il y a beaucoup de choses que je connais de part mon expérience personnelle. Cela a démarré de cette façon : nous avons participé en 1990 à un voyage de groupe à Minsk pour la réconciliation internationale après le glasnost et la perestroïka. Cet événement était organisé par le groupe paroissial de travail et pour la paix à Bonn/Bad Godesberg.''
(La république de Biélorussie a souffert le plus d'attaques de la Wehrmacht allemande en union soviétique, à cause des atrocités de groupes militaires et d'opérations spéciales. Après trois ans d'occupation, le pays a été ravagé et pillé, a perdu de nombreux habitants et presque toute la population juive fut assassinée. Dans le voisinage de Minsk, les allemands construisirent le plus grand de la mort sur le sol soviétique. Note de la rédactrice de l'article allemand)
''Ce fut également intéressant pour moi parce que mon père pendant plusieurs années...il y a des lettres de Brest (ville de Biélorussie). La forteresse de Brest. Il y a des photos...même dans l'hôpital. C'était, comment dit-on ? Un centre de groupe armé, un des hôpitaux qu'ils avaient là. Des lettres et des photos...et comme il était si...j'ai toujours pensé que je devais voir ça une fois. Nous ne lui avons jamais parlé de ces choses. Et il est mort en 1963, un cancer. Et je n'en connais par ma mère que la rumeur d'une phrase prononcée par mon père un jour, ''Si vous perdons la guerre, que Dieu nous vienne en aide !''

"Est-ce que le gouvernement Japonais et l'AIEA protègent plus l'industrie nucléaire que le peuple du Japon en affirmant que Fukushima est stable quand il ne l'est pas ? Arnie Gundersen, ingénieur en chef Fairewinds, expose les incohérences majeures et le double langage tenu par l'AIEA, le gouvernement Japonais et TEPCO qui affirment que l'accident de Fukushima est terminé."
RépondreSupprimerSelon la propre charte de l'AIEA (dont l'actuel chef est un Japonais qui a fait partie de l'autorité de régulation japonaise avant d'assumer cette tâche...), son rôle n'est pas de contrôler (réguler) l'énergie atomique, mais bien de faire sa promotion !
Article II :
" L'agence s'efforce d'accélérer et d'accroître la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde"
http://www.dailymotion.com/video/xnhx47_arnie-gundersen-tepco-mission-accomplie-dechets-radioactifs-en-baie-de-tokyo-2
Analyse d’une capture radar-météo:
RépondreSupprimerhttp://www.dailymotion.com/video/xiqrs6_chemtrails-chaffs-captures-par-des-radars-meteo_tech?start=316#from=embediframe
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