Les premiers
chapitres du (seul) livre écrit par Tesla lui-même (son
autobiographie), qui racontent ses étranges facultés et comment le
génial inventeur fonctionnait dans sa tête étant enfant. Très intéressant.
Pour sa biographie, voir sur Wikipédia.
Trouvé ICI .
MES
INVENTIONS
Le Récit Autobiographique de NIKOLA
TESLA (10 juillet 1856 – 7 janvier 1943)
| Tesla à 23 ans |
Introduction
Nikola Tesla écrivit les 6 articles
pour magazine qui constituent Mes Inventions, en 1919. Il
avait alors 63 ans et c'était bien après l'apogée de sa carrière.
Toutefois, il bénéficiait toujours d'une grande notoriété
publique qui avait de profondes racines : à 31 ans, soit quatre ans
après qu'il eut émigré en 1884 d'Europe aux États-Unis, il avait
présenté en grandes pompes son système à courant alternatif
polyphasé au monde entier.
Chapitre I
Mon enfance
Le développement progressif de
l'humanité dépend largement de ses inventions qui sont les produits
par excellence de son esprit créateur. Son but ultime est la
maîtrise totale du monde matériel, l'exploitation des forces de la
nature pour les besoins de l'homme. C'est en cela que réside la
tâche difficile de l'inventeur qui est souvent incompris et mal
récompensé. Toutefois, il trouve d'amples compensations dans le
plaisir d'exercer ses pouvoirs et dans le fait de savoir qu'il
appartient à une classe exceptionnellement privilégiée, sans
laquelle la race aurait péri depuis longtemps dans une lutte pénible
contre les éléments impitoyables.
Pour ma part, j'ai déjà pu jouir plus
que je ne le demandais de ce plaisir exquis, tant et si bien que
pendant plusieurs années, je vécus de manière quasi permanente
dans l'extase. J'ai la réputation d'être un travailleur acharné ;
cela peut être juste, à condition que l'activité mentale soit
synonyme de travail, car c'est à elle que j'ai pratiquement consacré
toutes mes heures de veille. Par contre, si on définit le travail
comme étant une performance définie, à réaliser en un temps donné
et selon des règles strictes, alors, je dois être le pire des
paresseux. Chaque effort entrepris sous la contrainte demande le sacrifice d'un peu d'énergie
vitale. Je n'ai jamais payé ce prix-là ; au contraire, je me suis
toujours épanoui dans mes pensées. Afin de rendre compte de mes
activités de manière honnête et cohérente, dans cet ensemble
d'articles publiés en collaboration avec les éditeurs de
l'Electrical Experimenter, qui sont surtout destinés
à nos jeunes lecteurs, il me faut revenir sur les impressions de ma
jeunesse, bien que ce soit à contrecoeur, et de rappeler les
circonstances et les événements qui ont joué un rôle décisif et
déterminant dans ma carrière.
Nos premières tentatives sont purement
instinctives ; elles nous sont suggérées par une imagination vive
et indisciplinée. À mesure que nous grandissons, la raison s'impose
et nous devenons de plus en plus ordonnés et méthodiques.
Toutefois, ces impulsions de la prime enfance, bien que n'ayant aucune productivité immédiate, sont
de la plus haute importance, et peuvent modeler notre destin. En
effet, je pense aujourd'hui que si je les avais comprises et
entretenues au lieu de chercher à m'en défaire, mon legs à
l'humanité en aurait été considérablement enrichi. Car c'est
seulement lorsque j'atteignis l'âge adulte, que
je pris conscience d'être un inventeur. Cela était dû à un
certain nombre de causes. Premièrement, j'avais un frère
extraordinairement doué ; il était un esprit rare, un de ces
phénomènes de l'intelligence que toutes les investigations
biologiques n'ont pas su expliquer.
Sa mort prématurée laissa mes parents
inconsolables. Nous avions un cheval qui nous avait été offert par
un ami de la famille. C'était un animal magnifique, de race arabe,
qui avait une intelligence presque humaine ; toute la famille en
prenait grand soin et le chouchoutait car il avait, un jour, sauvé
la vie de mon père en des circonstances étonnantes. C'était
l'hiver, et une nuit, mon père fut appelé pour une urgence ; alors
qu'il traversait une montagne envahie par les loups, le cheval prit
peur et s'enfuit, après avoir jeté mon père violemment à terre.
Il revint à la maison épuisé et ensanglanté, mais lorsque la
cloche se mit à sonner l'alarme, le cheval repartit en flèche à
l'endroit de l'accident ; l'équipe de recherche n'eût même pas le
temps de les rejoindre, mais en route, elle rencontra mon père qui
était sorti de son inconscience et était remonté sur son cheval,
ne réalisant pas qu'il avait passé plusieurs heures étendu dans la
neige. Ce cheval était aussi responsable des blessures de mon frère
qui lui furent fatales. Je fus témoin de la scène, et bien que 56
années se soient écoulées depuis, mon
impression visuelle n'a rien perdu de sa force.
Tous les efforts que je pouvais faire
semblaient nuls, en comparaison des résultats que mon frère avait
obtenus. Tout ce que je faisais de valable ne faisait qu'intensifier
le sentiment de perte de mes parents. C'est pourquoi je grandis avec
peu de confiance en moi. Cependant, j'étais loin d'être considéré
comme un gamin stupide à en juger par un incident dont je me
souviens fort bien. Un jour, les conseillers municipaux passèrent
dans la rue où je jouais avec d'autres garçons. Le plus âgé de
ces hommes vénérables - un citoyen fortuné - s'arrêta pour nous
donner à chacun une pièce en argent. S'approchant de moi, il
s'arrêta net et me dit : "Regarde-moi dans les yeux". Mon
regard rencontra le sien, et je tendis ma main pour recevoir la pièce
de valeur ; à ma grande consternation, il me dit : "Non ! Toi,
tu n'auras rien, tu es trop intelligent !" Une histoire amusante
circulait sur mon compte. J'avais deux vieilles tantes au visage très
ridé, et l'une d'elles avait deux dents en saillie, comme les défenses d'un
éléphant, qu'elle enfonçait dans mes joues chaque fois qu'elle
m'embrassait. Rien ne me faisait plus peur que l'idée d'être enlacé
par ces parentes aussi affectueuses que repoussantes. Un jour, alors
que ma mère me portait dans ses bras, on m'a demandé laquelle je
préférais des deux. Après que j'eus examiné attentivement leurs
visages, je dis d'un air dégagé en montrant l'une
du doigt : "Celle-ci est moins laide que l'autre."
Par ailleurs, j'étais destiné, depuis
ma naissance, à devenir un ecclésiastique et cette idée
m'accablait continuellement. J'avais envie de devenir ingénieur,
mais mon père était inflexible. Il était le fils d'un officier
ayant servi dans l'armée du Grand Napoléon et il avait reçu une
éducation militaire, tout comme son frère, qui était professeur de
mathématiques dans une institution très importante. Curieusement,
il rejoignit plus tard le clergé où il accéda à une position
éminente. C'était un homme très instruit, un véritable philosophe
naturaliste, un poète et un écrivain et on disait que ses sermons
étaient aussi éloquents que ceux d'Abraham à Santa Clara. Il avait
une mémoire exceptionnelle, et récitait souvent de longs extraits
d'ouvrages en plusieurs langues. Il poussait souvent la plaisanterie
en disant que si des textes classiques venaient à disparaître, il
saurait les réécrire. Son style était très apprécié, il maniait la satire mieux
que personne et ses phrases étaient courtes mais concises. Ses
remarques empreintes d'humour étaient toujours originales et
caractéristiques. Je peux en donner un ou deux exemples, pour
illustrer le sujet. Il y avait, parmi les ouvriers qui aidaient aux
travaux de la ferme, un homme qui louchait, appelé
Mane. Un jour, alors qu'il fendait du bois, la hache manqua de lui
échapper dans son élan et mon père, qui se tenait près de lui ne
fut pas très rassuré ; il l'invita à la prudence en ces termes
:"Pour l'amour de Dieu, Mane, ne confondez pas ce que vous
regardez avec ce que vous voulez cogner !" Un autre jour, il
emmena un ami en promenade qui, négligemment, laissait pendre un pan
de son manteau de fourrure contre une roue de la voiture. Mon père
le lui fit remarquer en disant : "Relève ton manteau, tu abîmes
mon pneu." Il avait en outre une curieuse manie de se parler à
lui-même et il menait souvent des conversations animées, où il
donnait libre cours à un raisonnement pétulant, en changeant le ton
de sa voix. Un auditeur non averti aurait pu jurer qu'il y avait
plusieurs personnes dans la pièce.
Bien que je doive toute ma créativité
à l'influence de ma mère, l'éducation que mon père m'a donnée
m'a certainement été salutaire. Elle comprenait toutes sortes
d'exercices, comme celui de deviner les pensées l'un de l'autre, de
découvrir les imperfections des locutions, de répéter de très
longues phrases et du calcul mental. Ces leçons journalières
devaient fortifier ma mémoire et mon raisonnement, et surtout
développer mon sens critique ; il ne fait aucun doute qu'elles m'ont
été très profitables.
Ma mère descendait d'une des plus
anciennes familles du pays et d'une lignée d'inventeurs. Son père
et son grand-père inventèrent de nombreux appareils ménagers, ou à
usage agricole et autres. C'était véritablement une femme
remarquable, dont les dons, le courage et la force morale étaient
rares, qui
s'était battue contre les aléas de la
vie et qui eut affaire à plus d'une expérience éprouvante.
Lorsqu'elle avait seize ans, une peste
virulente balaya le pays. Son père était sorti pour administrer les
derniers sacrements aux mourants, et pendant son absence, elle alla
assister une famille voisine
touchée par la maladie fatale. Tous
les cinq membres de la famille moururent l'un après l'autre. Elle
baigna les corps, les habilla et les étendit, les entourant de
fleurs selon les coutumes du pays ; au retour de mon père, tout
était prêt pour la célébration d'un enterrement chrétien. Ma
mère était un inventeur de premier ordre et je pense
qu'elle aurait pu faire de grandes choses, si elle n'avait pas été
si éloignée de la vie moderne et des nombreuses opportunités
qu'elle offrait. Elle inventa et construisit toutes sortes
d'instruments et d'appareils, et tissait les plus beaux dessins avec
des fils qu'elle avait elle-même préparés.
Elle semait même les graines, faisait pousser les plantes et
séparait elle-même les fibres. Elle travaillait infatigablement du
lever du soleil jusque tard dans la nuit, et la plupart de nos
vêtements et de nos tissus d'ameublement étaient le produit de ses
mains. À plus de soixante ans, ses doigts étaient toujours
suffisamment souples pour pouvoir faire trois noeuds en un clin
d’œil.
Toutefois, il y avait une autre raison
très importante, pour laquelle mon pouvoir d'invention se développa
si tardivement. Lorsque j'étais un garçonnet, je souffrais d'un
handicap très particulier dû à l'apparence d'images, accompagnées
souvent de puissants flashes de lumière, qui troublaient ma perception des objets réels et
interféraient avec mes pensées et mes actions. C'étaient des
images de choses et de scènes que j'avais réellement vues et jamais
de celles que j'avais imaginées. Lorsqu'on me disait un mot, l'image
de l'objet qu'il désignait se présentait rapidement à ma vue, et
parfois je fus incapable de dire si ce que je voyais était réel ou
non. Cela me gênait et m'angoissait beaucoup. Aucun des étudiants
en psychologie ou en physiologie que j'ai consultés ne pouvait
donner une explication satisfaisante à ce phénomène. Il semblerait
que mon cas fut unique, bien que je dusse certainement être prédisposé à ce
type d'expériences, car je savais que mon frère avait vécu la même
chose. Selon ma théorie personnelle, les images étaient le résultat
d'une action réflexe du cerveau sur la rétine dans des situations
de grande excitation. Ce n'étaient certainement pas des
hallucinations comme celles qui apparaissent dans des cerveaux
malades et angoissés, car à d'autres égards j'étais tout à fait
normal et calme. Pour vous donner une idée de mon malaise, imaginez,
par exemple, que j'aie assisté à un enterrement ou à un autre
spectacle éprouvant dans la journée ; dans le silence de la nuit
suivante, une image très vivante de la scène surgissait
immanquablement devant mes yeux sans que je puisse rien faire pour la
supprimer. Parfois, elle restait toujours en place, bien que je pusse
la traverser avec ma main. Si mon explication est juste, il devrait
être possible de projeter sur un écran n'importe quelle
visualisation et de la rendre perceptible. Une telle avancée serait
une véritable révolution dans les relations humaines. Je suis
convaincu que ce prodige peut et va être réalisé dans un futur
plus ou moins proche. Je peux même ajouter que j'ai beaucoup
réfléchi à ce problème pour essayer de trouver une solution.
Pour me débarrasser de ces images
traumatisantes, j'ai tenté de concentrer mon esprit sur l'image
d'une perception antérieure, ce qui m'a souvent permis d'obtenir un
soulagement temporaire ; mais pour cela, il fallait que je fabrique
continuellement de nouvelles images. Cependant, j'eus tôt fait de m'apercevoir que j'étais arrivé à
l'épuisement de mon stock d'images, au bout de mon "film",
parce que je ne connaissais pas encore grand chose de ce monde -
seulement les éléments familiers et mon environnement immédiat.
Alors que je pratiquai ce type
d'exercice mental pour la seconde ou troisième fois, afin de chasser
ces images de mon esprit, je m'aperçus qu'il m'apportait de moins en
moins de soulagement. J'ai alors décidé instinctivement de faire
des excursions au-delà des limites de mon monde familier mais
restreint, et je vis de nouvelles scènes. Au début, elles étaient
brouillées et vagues et elles s'évanouissaient lorsque j'essayais de
me concentrer sur elles. Toutefois, avec le temps, elles devinrent de
plus en plus nettes et distinctes, jusqu'à prendre l'apparence de
choses concrètes. Je réalisai bientôt que j'étais au mieux de ma
forme lorsque je forçais mon imagination à aller de plus en plus
loin, pour obtenir continuellement de nouvelles impressions ; c'est
ainsi que je me mis à voyager, mentalement, évidemment. Toutes les
nuits, et parfois même pendant le jour, lorsque j'étais seul,
j'allais voyager et je découvrais des endroits, des villes et des
pays nouveaux. Je vivais là-bas, je rencontrais des gens, je me
liais d'amitié avec certaines personnes et aussi incroyable que cela
puisse paraître, elles étaient tout aussi aimables et tout aussi
expressives que celles dans ma vraie vie.
Je continuais de pratiquer ces
exercices jusqu'à 17 ans, lorsque mon esprit se tourna sérieusement
vers les inventions. Je m'aperçus, à ma grande joie, que je
possédais un immense pouvoir de visualisation. Je n'avais pas besoin
de modèles, de dessins ou de faire des expérimentations. Je les
imaginais et ils étaient réels dans mon mental. J'ai donc été
conduit inconsciemment à créer
ce que j'appelle une nouvelle méthode
de matérialisation de concepts et d'idées créateurs, qui est en
parfaite opposition avec la méthode purement expérimentale et qui
est, à mon avis, beaucoup plus rapide et plus efficace.
À suivre.
Séisme de 7.6 en Iran, près de la frontière avec l'Afghanistan. Mais l'épicentre semble être dans une zone inhabitée.
RépondreSupprimerhttp://www.emsc-csem.org/Earthquake/earthquake.php?id=312831
Y°
RépondreSupprimerYou you !! T'es où ?
Ha ! T'es là...!
;-)
haaaa, voici enfin son autobiographie.
RépondreSupprimerJ 'espère qu'elle va nous éclairer!
Je tiens à te remercier tout particulièrement pour cet article avec tes photos et d'une manière générale pour ton investissement sans faille au service de la vérité. Avec toute ma gratitude, je te salue affectuseusement ma chère Hélios <3
RépondreSupprimerMalou
Merci Malou.
SupprimerMes salutations amicales aussi.
En complément : http://www.echo-zen.com/coucou-cest-tesla/
RépondreSupprimerL'ouvrage "Coucou C'est Tesla" en téléchargement + Mes inventions en PDF
Bonne continuation !
Bonjour NON! pas d accès au fichier http://www.echo-zen.com/coucou-cest-tesla/
RépondreSupprimerMerci CHRIS ...
BONNE ANNÉE