Première partie ICI.
L'Hyperborée et la quête de l'illumination mystique
2ème partie.(...)
Le livre de Tilak, Patrie arctique
(publié en 1903) commence en déclarant le fait bien connu qu'un
climat chaud a existé dans les régions arctiques, qui montre que le
climat était fort différent pendant la période interglaciaire.
Selon Tilak, les scientifiques concèdent l'existence, dans le passé,
d'un continent circumpolaire chaud, et de circonstances loin d'y être
aussi défavorables qu'imaginé.
Tilak était convaincu que les anciens
textes védiques indiquaient indéniablement un 'royaume des dieux'
où le soleil se lève et se couche une fois par an, montrant que
leurs écrivains pouvaient comprendre les conditions astronomiques du
pôle nord.
Tilak, qui avait une parfaite maîtrise
de la langue védique, plaçait l'existence du foyer arctique
originel autour de – 10.000, juste avant sa destruction et le début
du dernier âge glaciaire.
Son livre eut peu d'impact en occident
mais fut populaire en Inde. Quand H.S. Spencer, érudit de Zoroastre,
écrivit son livre Le cycle aryen écliptique (1965), un
développement du travail de Tilak, il put obtenir l'approbation de
Sir S. Radhakrishna, alors président de l'Inde. Ainsi que celle de
dignitaires de la Société Théosophique à Adyar et de l'ashram de
Sri Aurobindo à Pondichéry. L'approche de Spencer commençait non
avec les écrits védiques mais avec ceux de Zoroastre, allant plus
loin que Tilak sur les traces de la progression des aryens du nord
vers leurs nouveaux foyers et les schismes dont ils furent la proie
pendant leur voyage.
Les 'aryens' de Spencer ont fait sentir
leur présence après avoir voyagé de tous côtés. Ils ont fondu
les religions et les cultures de l'Égypte, de Sumer, de Babylone et
des sémites, adorateurs jusqu'alors de divinités féminines
lunaires.
Cependant, la recherche d'une
Hyperborée terrestre par de nombreux chercheurs et le mouvement
d'une 'race' originale fut extrêmement difficile et présomptueuse.
Prouver qu'un habitat humain au pôle nord est possible quelque part
entre – 8000 et – 10.000 n'est pas gagné d'avance, surtout pour
des gens vivant au 18ème siècle. Les nombreuses théories avancées
offrant une preuve contradictoire ou tendancieuse n'ont servi qu'à
discréditer l'entière notion d'Hyperborée. On pourrait dire la
même chose des théories tentant de prouver l'existence du
'continent perdu de l'Atlantide'. La volonté de prouver la réalité
d'une Hyperborée terrestre a éclipsé son importance occulte et
symbolique.
Le Pôle Spirituel
Dans une recherche pour découvrir
l'emplacement physique de l'Hyperborée, la plupart des écrivains
ont passé outre la possibilité que la mythologie servait un but
symbolique et spirituel. Qu'en est-il si la vérité derrière la
légende était ésotérique, et non exotérique comme certains même
aujourd'hui le maintiennent toujours ?
De nombreuses traditions parlent d'un
centre spirituel suprême ou 'pays suprême'. Un 'pays suprême' ne
réside pas nécessairement dans un lieu terrestre spécifique, mais
existe à l'état primordial, non affecté par les cataclysmes
terrestres.
Le 'pays suprême', considéré
communément orienté vers un pôle, est toujours symboliquement
représenté comme étant l'axe du monde – et dans la plupart des
cas se réfère à une 'Montagne Sacrée'. René Guénon, dans son
livre Le Seigneur du Monde, dit :
Presque toutes les traditions
possèdent un nom pour cette montagne, comme le Hindu Mérou, le
Alborj perse et le Montsalvat de la légende occidentale du Graal. Il
y a aussi la montagne arabe Qaf et l'Olympe grecque, qui a par de
nombreuses manières la même signification. Cela consiste en une
région qui, comme le paradis terrestre, est devenue inaccessible à
l'humanité ordinaire et qui hors d'atteinte de ces cataclysmes qui
bouleversent le monde humain à la fin de certains cycles
périodiques. Cette région est le 'pays suprême' authentique qui,
selon certains textes védiques et zend, était situé à l'origine
vers le pôle nord, même dans le sens littéral du mot. Bien qu'il
puisse changer de localisation selon les différentes phases de
l'histoire humaine, il reste toujours polaire dans un sens symbolique
parce qu'il représente l'axe fixe autour duquel tout tourne.
Les textes védiques disent que le
'pays suprême' est connu comme le Paradesha, également appelé le
'cœur du monde'. C'est le nom à partir duquel les chaldéens ont
formé Pardes et les occidentaux Paradis.
Il possède notamment un autre nom
probablement même plus ancien que Paradesha. Ce nom est Tula, appelé
Thulé par les grecs. Commune aux régions de la Russie à l'Amérique
centrale, Tula représentait l'état primordial d'où émanait un
pouvoir spirituel.
On sait que le Tula mexicain doit son
origine aux toltèques qui vinrent, dit-on, de Aztlan, le 'pays au
milieu de l'eau', qui est évidemment l'Atlantide. Ils ont importé
le nom de Tula de leur pays d'origine et l'ont donné à un centre
qui par conséquent a dû avoir remplacé, dans une certaine mesure,
celui du continent perdu. D'un autre côté, le Tula atlante doit
être distingué du Tula hyperboréen, ce dernier représente le
premier et suprême centre...
Dans ce cas, Tula, qui représente le
centre de l'autorité spirituelle, ne reste pas fixé dans un lieu
géographique. Guénon expose que le cycle atlante, successeur du
cycle hyperboréen, est associé à Tula. Le Tula atlante est une
image de l'état initial primordial situé dans un lieu nordique ou
un lieu polaire. Avec la progression des cycles du monde, le siège
suprême du pouvoir spirituel régresse de plus en plus vers le
secret et l'obscurité. Ceci, bien sûr, est délibéré et
prévisible car l'humanité fait sa descente vers l'achèvement d'un
âge (Kali Yuga), s'empêtrant progressivement dans le plan matériel
jusqu'au renversement de l'ordre du monde.
Il doit être souligné ici que Tula,
ou centre de l'autorité spirituelle, constitue le point fixe connu
symboliquement de toutes les traditions comme le 'pôle' ou axe
autour duquel tourne le monde. Métaphysiquement parlant, le monde
tourne autour de ce siège du pouvoir même si ce n'est pas
géographiquement le nord ou le sud.
Dans la tradition bouddhiste,
'Chakravarti' signifie littéralement ''Celui qui fait tourner la
roue'', ce qui signifie celui qui, au centre de toutes choses, dirige
tout le mouvement sans lui-même y participer, ou qui est, pour
employer les mots d'Aristote, le ''moteur immobile''.
La rotation du monde, le pôle et
l'axe, se combinent pour décrire une roue dans les traditions
celtes, chaldéennes et hindoues. Telle est la vraie signification du
svastika, qu'on voit autour du monde de l'Extrême Orient à
l'extrême occident, et qui est intrinsèquement le signe du pôle.
Le pôle et l'illumination mystique
C'est dans l'Iran médiéval que nous
trouvons une littérature encore existante sur le pôle spirituel et
l'expérience de l'ascension mystique vers lui. Les soufis iraniens,
s'appuyant non seulement sur l'Islam mais sur les traditions
mazdéennes, manichéennes, hermétiques, gnostiques et
platoniciennes, ont marié une connaissance sacrée qu'on dit être
une activité scientifique, mystique et philosophique.
Ésotériquement... les théosophes
perses ont situé leur ''Orient'' ni à l'est, ni au sud, ni face à
la Mecque pour les prières. ''L'Orient recherché par les mystiques,
l'Orient qui ne peut être situé sur nos cartes, est dans la
direction du nord, au-delà du nord'' [L'Homme de Lumière dans le
soufisme iranien, par Henry Corbin, 1978]. autour de ce pôle règne
une ombre perpétuelle, dit le récital de Hayy ibn Yaqzan, un
récital visionnaire d'Avicenne (Ibn Sina). ''Chaque année le soleil
levant brille à une époque fixe. Celui qui se confronte à cette
Ombre et n'hésite pas à s'y plonger sans peur des difficultés
arrivera à un vaste espace, sans limites et empli de lumière''.
Cette ombre, dit Corbin, est l'ignorance de l'homme par nature. ''La
traverser est une expérience terrifiante et douloureuse, car cela
ruine et détruit toutes les normes par lesquelles l'homme a vécu et
dont il a été dépendant... '' Mais elle doit être regardée en
face avant de pouvoir acquérir la connaissance salvatrice de la
lumière au-delà.
L'Ombre autour du Pôle, transpercée
tous les ans par les rayons solaires, est en même temps terrestre et
symbolique. D'un côté, c'est la situation au pôle nord, où il y a
6 mois de nuit et 6 mois de jour. C'est caractéristique de la
tradition ésotérique que la même image soit valable sur deux ou
plus de niveaux. Mais comme Corbin et Guénon ne se sont jamais
lassés de le souligner, le niveau symbolique n'est pas une
construction fantaisiste basée sur un difficile fait terrestre :
c'est tout le contraire. Dans le cas présent, l'expérience mystique
de pénétration de l'Ombre au Pôle est la réalité fondamentale et
une expérience authentique de l'individu. Le fait que l'organisation
du monde matériel reflète la géographie céleste est ce qui est
contingent. En bref, dans cet enseignement, comme dans le platonisme,
c'est le royaume supersensible qui est réel et le royaume matériel
qui est l'ombre de ce dernier.
Le chercheur, par une méditation sur
les matières spirituelles, réussit à entrer dans un monde
d'expérience mystique, et fait un pèlerinage vers l'Hyperborée qui
ne peut être découverte sur les cartes. On dit qu'Aristée, le
poète grec, pendant une transe chamanique aurait voyagé vers
l'Hyperborée tout en étant ''possédé par Apollon''. Le voyage
mystique de l'âme vers l'Hyperborée est commun dans la littérature
grecque ancienne.
Le voyage vers ce pôle est parfois
illustré par l'ascension d'une colonne de lumière, s'étendant des
profondeurs de l'enfer vers le paradis limpide du nord cosmique.
Comme déjà mentionné, le pôle est
aussi une montagne, nommée mont Qaf dans la tradition islamique,
dont l'ascension, comme Dante grimpant sur la montagne du Purgatoire,
représente la progression des pèlerins à travers des états
spirituels.
Guénon, dans le Seigneur du Monde,
explique que ''l'idée évoquant une représentation en discussion
est essentiellement celle d'une stabilité, qui est elle-même
caractéristique du pôle''. La Montagne, citée comme une 'Île',
reste immuable au milieu de l'agitation incessante des vagues,
perturbation qui reflète celle du monde extérieur. En conséquence
il est nécessaire de traverser la 'mer des passions' pour atteindre
le 'Mont du Salut', le 'Sanctuaire de Paix'.''
Notre recherche de l'Hyperborée est
notre désir de retourner au Paradesha ou Paradis – la source
primordiale de l'existence originelle de l'Homme. L'importance de
connaître l'emplacement terrestre d'une civilisation perdue dans les
régions nordiques est donc éclipsée par son intérêt symbolique.
Chercher l'Hyperborée est faire une
quête d'illumination spirituelle. La Montagne, l'Île, le rocher
immuable, fixé dans une orientation polaire, chacun d'eux transmet
une représentation symbolique de notre recherche de l'ultime
réalité. Son caractère immuable ancre cette importante tâche en
nous.
Chapeau pour le travail de traduction d'un texte aussi riche qu'indigeste. Car, de toute manière, une vision du monde qui poursuit le but de revenir en arrière perd de ce fait une grande partie de son intérêt. Certes, l'expérience mystique peut permettre de faire abstraction de l'espace et du temps. Mais leur abolition pure et simple ne correspond pas à notre existence pleine et entière! La vie se déroule toujours quelque part, et elle va toujours de l'avant! Elle nous oblige de laisser des étapes derrière nous pour conquérir de nouveaux horizons. Y réfléchir me paraît plus fécond que d'engager son énergie spirituelle dans cette voie sans issue qu'est le rêve de revenir à des époques révolues.
RépondreSupprimer"Il était une fois... sur Terre un grand peuple. Il naquit un jour, il y a plus de huit mille ans, dans un pays qui s'appelait le "Pays Blanc" Ce pays était aussi nommé le "Pays des sept Boeufs" à cause des sept étoiles qui guidaient sa destinée et forment aujourd'hui encore un énorme chariot. Ce pays c'est le "Septentrion" (...) l'Hyperborée des vieilles légendes,la mère du Royaume de Thulé"
RépondreSupprimerExtrait de "Récits d'un voyageur de l'Astral" de Meurois/Givaudan
http://nuage1962.wordpress.com/2013/06/19/une-cit-perdue-dcouverte-au-cambodge/
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