vendredi 22 novembre 2019

Stanley Kubrick et les missions Apollo (1ère partie)


Une étude, illustrée de 87 photos, que j'ai pris plaisir à traduire. Une manière un peu plus originale de traiter le sujet du canular des missions Apollo. Publié en deux fois, étant donnée sa longueur.


Le site Aulis.com s'est spécialisé dans la recherche des anomalies et canulars liés aux missions Apollo (de Apollo 11 en 1969 à Apollo 17 en 1972).

Comme il existe de fortes présomptions que Stanley Kubrick [1928-1999, d'origine juive] ait participé partiellement ou en totalité à la mise en scène, sur terre, des photos "lunaires" Apollo, les différents auteurs de l'article ont fait le parallèle entre les anomalies trouvées dans certains de ses films et celles observées sur les documents photographiques Apollo.

(Rappel, Stanley Kubrick a déjà fait l'objet en 2013 d'une traduction en trois parties du BBB avec le décodage du film Eyes Wide Shut, ICI, ICI et ICI)
 
Enquête sur une possible connexion entre Apollo et Stanley Kubrick

Par Aulis.com (avril 2019)
Traduit par Apolline

Les anomalies et incohérences des archives Apollo sont subtiles et elles sont passées inaperçues à l'époque de leur publication et diffusion, dans la période 1969-1972. Il en fut de même pour les 'erreurs' de continuité découvertes ces dernières années par les analystes des films de Kubrick.

Introduction
Kubrick en 1964

L'objet de cette investigation est de déterminer s'il existe des liens démontrables entre les œuvres de Stanley Kubrick et l'imagerie Apollo de la surface lunaire et d'examiner plus avant si l'on peut y trouver l'indication d'une paternité commune. Il appartient entièrement au lecteur de décider si ces apparents parallèles ont une quelconque validité.

Comme nous l'avons déclaré en 1999, nos recherches ont montré que les clichés Apollo sont " remplis d'anomalies et d'incohérences ". Ces innombrables erreurs ou erreurs intentionnelles de continuité dans l'ensemble des documents photos Apollo, sont totalement différentes des erreurs de continuité habituelles des cinéastes.

Les discontinuités, telles que détaillées par des analystes de cinéma comme Juli M. Kearns, Robert Ager, Jay Weidner, Owen Harris et d'autres, démontrent que les films de Kubrick contiennent aussi de nombreuses erreurs intentionnelles de continuité qui ne ressemblent pas non plus aux erreurs habituelles des cinéastes.

Concernant "Shining", Juli M. Kearns dit, "L'intrigue de départ peut tolérer ce genre de choses, car on supposera que ce sont des erreurs. Mais quand on comprend qu'elles se produisent à répétition dans les films de Kubrick, sont très semblables et forment une partie de la structure d'ensemble, le script de départ s'effondre et c'est alors une toute autre histoire.
"L'intrigue [dans les films de Kubrick] est certainement bien plus qu'une simple trame, [les films] mettent en scène des thèmes, des idées, une imagerie que Kubrick véhicule de film en film, mais le personnage le plus important du film est l’œil du spectateur qui va répondre consciemment et inconsciemment au matériel présenté." Elle ajoute, " les problèmes de continuité font partie de la méthode Kubrick."

De même, pour l'imagerie Apollo, notre recherche a démontré que ces erreurs sont délibérées et qu'elles forment aussi un ensemble de modèles répétitifs.



Il y a également ceux qui pensent que Stanley Kubrick, considéré par beaucoup comme le plus grand cinéaste du 20ème siècle, était quelque peu responsable du dossier photos Apollo sans pouvoir dire exactement pourquoi – et encore moins produire des preuves significatives. Même si l'idée maîtresse des analystes et des chercheurs susmentionnés est que ces discontinuités sont récurrentes et qu'elles sont délibérément mentionnées tout au long du travail de Kubrick, leurs précieuses découvertes nous ont toutefois fait prendre une direction différente concernant l'analyse de l'imagerie Apollo.

Notre travail sur les incohérences et les erreurs de continuité intentionnelles ou les schémas répétitifs observés dans les archives Apollo nous a permis de voir un certain nombre de parallèles entre les erreurs d'imagerie Apollo et celles présentes dans l'œuvre de Kubrick. Bien que cela implique une connaissance des procédures Apollo par un initié, cela n'autorise pas à présupposer de leur réalisation. Avant de tirer des conclusions hâtives, examinons certains de ces parallèles.

Ces éléments anormaux commencent à avoir plus de sens lorsqu'on les étudie sur une base comparable. Seul quelqu'un qui maîtrise véritablement son art pourrait obtenir de telles équivalences. Ces éléments de discontinuité sont loin d'être le résultat d'une négligence, mais plutôt d'une intentionnalité. De nombreuses scènes sont littéralement pré-planifiées. Chaque détail est parfaitement approprié.

Nous commencerons par la suggestion souvent répétée que l'utilisation de la projection frontale pourrait être un lien vers le maître [= Kubrick].

La projection frontale a-t-elle été utilisée pour créer les photos Apollo?

Certains chercheurs pensent qu'on s'est servi de la projection frontale pour produire les photos Apollo et le reportage TV [Dans la technique de projection frontale, l'arrière-plan est projeté sur un miroir sans tain qui renvoie l'image sur une surface très réfléchissante]. Bien que ce procédé photographique ait pu être utilisé dans certains cas pour produire des photographies composites, il aurait été impossible d'utiliser un montage similaire pour la transmission en direct à la TV, car la caméra était souvent en mode pivotant/basculant et dans les missions Apollo 15, 16 et 17 suivantes il y avait une caméra TV – quoique télécommandée – capable de pivoter et de basculer, installée sur le (manifestement mobile) rover lunaire. Il y a beaucoup d'exemples de panoramiques à 360° dans le reportage TV. Et n'oublions pas que des appareils photos Hasselblad fixés sur la poitrine ont également été utilisés pour les prise de vues panoramiques.

Ci-dessous deux photos de l'appareillage complexe que Kubrick a utilisé dans 2001, l'Odyssée de l'Espace ; il est évident qu'un tel système serait totalement impraticable pour des clichés Apollo ou des transmissions TV en direct.
2001, l'Odyssée de l'Espace : projection frontale et support de caméra développés par l'expert en effets spéciaux de la MGM, Tom Howard, en collaboration avec Kubrick
Un miroir (semi-argenté) a été incorporé au support de projection frontale pour les procédés spéciaux dans la séquence 'l'Aube de l'humanité' de 2001 et des miroirs sont en effet présents dans de nombreuses scènes de Shining ainsi que dans une scène de 2001.

Concernant les photos Apollo, on a du mal à imaginer le besoin d'une projection frontale uniquement pour produire un ciel noir, car aucune lumière n'a jamais été nécessaire ou voulue pour des arrière-plans obscurs. Seules les collines ont besoin d'être éclairées. Mais la lumière frappant le raccordement à la toile de fond noire créait parfois des reflets occasionnels sur des fragments fibreux de la toile ainsi que des marques horizontales, verticales ou sinueuses.

L'un des défis de la projection frontale est de faire coïncider l'apparence et la luminosité de l'arrière-plan projeté et le premier plan. Kubrick a renversé quelques images d'arrière-plan tout en conservant le même premier plan dans la séquence Aube de l'humanité. Il est probable qu'il introduisait l'idée de pouvoir changer l'arrière-plan tout en conservant le même premier plan. Bien sûr, utiliser une toile de fond d'une certaine texture élimine le problème d'ajustement arrière-plan/premier plan, car le même éclairage de studio peut être utilisé pour les deux.
La ligne jaune indique la délimitation du premier plan actif en studio – au-delà de la ligne il y a la montagne et l'arrière-plan noir
Diverses photos de montagnes africaines ont servi pour l'arrière-plan de la séquence aube de l'humanité de 2001. Il vaut de noter que des chercheurs ont compris qu'une montagne très semblable d'apparence a été incorporée dans certains arrière-plans montagneux d'Apollo 17 :
Une montagne de 2001 et celle utilisée pour Apollo – étude comparative de Jack White en 2005
Même s'il est vrai que les arrière-plans noirs et les monts étaient bien distincts du sol du premier plan, observables dans les nombreux exemples de raccordements visibles entre l'arrière-plan et le 1er plan, à notre avis, la projection frontale aurait été impraticable pour les mises en scène Apollo.

Ci-dessous, un dessin illustre notre suggestion d'un agencement typique de studio, vu d'en haut, qui aurait pu servir pour les arrière-plans montagneux mobiles. Les montagnes du fond sont entièrement ajustables, interchangeables, mises à l'échelle selon les besoins et n'ont pas besoin d'une grande profondeur. En médaillon, notre illustration originale des années 1990 d'une vue de profil d'un plancher de studio et d'un arrière-plan mobile :
Possible installation de studio, la partie active est en gris clair – diamètre d'au moins 200 mètres

Pour créer une imagerie, un très grand studio d'au moins 200 m de diamètre serait nécessaire. Nous sommes d'accord avec le producteur de Make Believe: Smoke & Mirrors de la nécessité d'une surface de travail au premier plan et d'arrière-plans montagneux séparés :
Une scène de Make Believe: Smoke & Mirrors avec une zone active et un arrière-plan séparé

Parallèles
Dès le début, de nombreux parallèles ont été découverts entre au moins trois films de Kubrick – 2001, l'Odyssée de l'Espace (MGM Studios 1968), Shining (Warner Bros 1980) et Eyes Wide Shut (Warner Bros 1999). 2001 a été tourné entre les missions Gemini et Apollo, Shining est sorti 11 ans après Apollo 11 et Stanley a ordonné que Eyes Wide Shut sorte spécifiquement le jour du 30ème anniversaire du lancement d'Apollo 11.

Certains analystes de film suggèrent que l'hôtel Overlook de Shining voulait symboliser les USA. "L'hôtel Overlook représente l'Amérique elle-même ; une nation bâtie sur les terres sacrées des Amérindiens", déclare Owen Harris, et le labyrinthe végétal attenant pourrait représenter la Lune. Harris insiste sur le fait que "le labyrinthe d'Overlook représente la Lune". Pourtant au début du film, on ne voit aucun labyrinthe végétal sur les prises de vue aériennes du réel hôtel utilisé pour le film, Timberline Lodge, dans l'Oregon. Même s'il est vrai que l'intérieur de l'hôtel se révèle très labyrinthique d'apparence.
Timberline Lodge, Oregon, USA, ne possède pas de labyrinthe végétal
Si le labyrinthe de Shining devait malgré tout représenter la Lune, le jardinier qu'on voit à l'entrée du labyrinthe pourrait alors représenter celui qui ratisse ou aplanit la surface lunaire. Comme nous le verrons, c'est en évidence dans de nombreux exemples où les premiers plans Apollo ont été changés au fil des prises de vue.
Jour de fermeture, des passants devant l'entrée du labyrinthe avec le jardinier qui ratisse les graviers – observé par Rob Ager
Dans Shining, "On voit aussi un employé nettoyer le gravier à l'entrée du labyrinthe", dit l'analyste de film Rob Ager.

Un groupe de quatre personnes passe devant le labyrinthe de l'hôtel Overlook le jour de fermeture. Notez que les couleurs des vêtements rappellent la scène de 2001 où (comme nous le verrons plus tard) trois vestes sont posées sur le dossier des chaises dans la Station Spatiale 5 (relais vers la Lune), qui est aussi le nombre de personnes visibles sur cette photo. Ce cliché inclut notamment le ratissage du gravier dans le labyrinthe – et sans doute pour le souligner, Kubrick s'attarde délibérément sur l'action se passant dans le labyrinthe. Il est intéressant de noter aussi ce que dit Wendy quand on lui montre les alentours de l'hôtel un jour de fermeture,
WENDY: Cet endroit est un si immense labyrinthe !
Dans la discussion qui suit, nous examinerons de plus près quelques premiers plans Apollo de la surface lunaire qui ont été souvent modifiés (ratissés/passés au bulldozer) puis "rhabillés" différemment dans un certain nombre de scènes ressemblantes.

Exemples d'anomalies de continuité trouvées dans les films de Kubrick et dans l'imagerie Apollo. On y trouve :
1. Du tissu et/ou des drapeaux qui s'agitent – oui, des drapeaux qui s'agitent
2. Des virages et/ou rotations à 90°
3. Des séparations, verticales ou horizontales
4. Des changements du premier plan ou de l'arrière-plan d'une scène d'image en image
5. Disparition et/ou réapparition d'éléments
6. Échange/déplacement d'éléments d'image en image
7. Utilisation de modèles réduits
8a. Ajout d'éclairage additionnel provenant d'autres sources que la source lumineuse principale, et
8b. Éclairage provenant de directions inattendues
9. Reflets lumineux inattendus
10. Événements se déroulant hors séquence
11. Thèmes/réemploi d'éléments du plateau de tournage
12. Vues/scénarios impossibles – qui reflètent ou retournent des éléments d'une scène.
1. Du tissu et/ou des drapeaux qui s'agitent
Des exemples d'accessoires qui flottent ou s'agitent sont mis en évidence dans Shining. Par exemple, le rideau de douche dans la salle de bains de la suite 3 bouge tout seul, également dans Shining une feuille de plastique accrochée à l'escalier se met à flotter. Juli M. Kearns dit, "… il y a le rideau de douche, qui montre, sans raison valable, un mouvement parfaitement naturel du tissu et nous le voyons dans une longue prise de vue se gonfler et se dégonfler, comme dans une inspiration et une expiration. Le mouvement du rideau de douche non seulement préfigure la rencontre ultérieure dans la chambre 237, mais je crois qu'on pourrait garder ceci en mémoire concernant plusieurs incompatibilités de continuité, confirmant qu'elles sont intentionnelles."
Jack et Wendy dans la salle de bains de la Suite 3 avec le rideau de douche qui bouge tout seul
On trouve aussi des drapeaux qui ondulent pendant les EVA [ExtraVehicular Activity, activité extra-véhiculaire] Apollo à la surface de la lune. Mais, de façon très significative, Rob Ager a repéré un drapeau qui bouge ou s'agite de lui-même dans 2001, l'Odyssée de l'Espace. Pas n'importe quel drapeau, mais le drapeau américain. Ce drapeau est de plus filmé en studio dans les studios de la MGM. La scène représente une pièce supposée se trouver sur la Lune – la pièce de debriefing lunaire. Si le mouvement du drapeau est dû à un déplacement d'air contrôlé, rien d'autre n'en est affecté dans la pièce et les gens présents ignorent son mouvement.
Le drapeau américain dans 2001 bouge tout seul dans la pièce de debriefing lunaire
Un événement significatif et peut-être pertinent se produit dans Shining. Dans une scène où Jack est assis devant sa machine à écrire – on nous montre des grilles d'aération après la disparition du fauteuil et de la table basse derrière lui:
Dans Shining, les grilles de ventilation sont visibles quand on enlève un fauteuil et une table entre des prises de vue semblables – suggérant un manque de continuité
Puis une scène plus loin, le fauteuil est absent encore une fois et les grilles d'aération à droite sont très visibles :


La vision des grilles de ventilation pourrait évoquer 'l'air' qui agite le rideau de douche dans la salle de bains de la suite 3, la feuille de plastique qui danse dans l'escalier de l'hôtel ou le drapeau américain bougeant/ondulant tout seul dans la pièce de briefing lunaire.

Mais alors vous pourriez dire ah ! – le drapeau Apollo s'agite uniquement quand les astronautes touchent le mât. Mais ce n'est pas correct – il y a au moins deux occurrences où le drapeau américain s'agite de lui-même sans aucun contact. L'une se passe au cours de la deuxième EVA Apollo 15, le drapeau s'agite au moment où David Scott passe à coté du drapeau. Toutes les explications sur le mouvement de ce drapeau ont été complètement et définitivement écartées par le chercheur Jarrah White. La seule cause restante plausible est un mouvement d'air suite au passage de l'astronaute à côté du drapeau.
Le mouvement initial du drapeau Apollo 15 se produit quand David Scott passe à côté – sans même l'avoir touché

Une autre fois, on voit un mouvement inexpliqué du drapeau pendant la mission Apollo 14 quand les astronautes sont à distance. Ils se trouvent en fait à l'intérieur du module lunaire. Le chercheur/cinéaste Jet Wintzer a repéré une séquence d'Apollo 14 qui montre – sur le côté droit de l'écran – le drapeau qui bouge à plusieurs reprises alors que les astronautes se trouvaient dans le LEM une fois EVA 2 terminée.
Gros plan du côté droit de l'écran montrant le drapeau Apollo 14 qui s'agite alors que les astronautes sont à l'intérieur du LEM

Pour agiter le drapeau, il aurait fallu quelque chose comme des mouvements d'air assistés. Un flux d'air dirigé serait un moyen évident pour introduire un déplacement de ces accessoires. Regardez la séquence.

On voit aussi un sac de transport de l'équipement Apollo 14 qui se balance apparemment 'tout seul' sous le LEM "… Comme si du vent soufflait dessus," rapporte Jet Wintzer. On peut voir ce passage à 5'40 dans son film Moon Hoax Now https://vimeo.com/126206380
Le sac à roches qui se balance, encerclé et fléché

2. Déplacements à 90° des éléments d'une photo
On a beaucoup d'exemples de virages à 90° ainsi que de disparitions d'accessoires. "Nous travaillons aussi sur les déplacements à 90°. Nous avons les deux, à maintes reprises, et qui se conjuguent," dit Juli M. Kearns.

Dans Shining, on voit les quatre personnages marcher devant l'hôtel Overlook mais quand ils traversent juste devant la voiture, la scène est coupée et on voit dans le plan suivant qu'ils ont déjà effectué un virage serré à droite.

Juli Kearns explique, "Ce virage à 90° et le groupe transposé à quelques mètres de l'endroit précédemment occupé nous place à l'endroit approximatif où l'on pourra voir l'entrée du labyrinthe à la fin du film, car l'entrée du labyrinthe se déplacera de 90 degrés pour faire face à l'hôtel."

Au cours de la mission Apollo 15, on a un exemple typique d'un changement de direction à 90° au premier plan de l'imagerie de surface, sur deux photos consécutives. Des traces horizontales du rover sur une photo deviennent des empreintes de pas verticales dans une autre image. Au début des années 1990, Jack White a fait une étude de deux images semblables :

Quelle différence entre deux EVA !
Les astronautes d'Apollo 15 Scott et Irwin ont passé trois jours sur la Lune et ont réalisé trois missions extra-véhiculaires différentes. Après EVA 2, ils ont fait une photo en noir et blanc (à gauche) d'un 'salut au drapeau'. On y voit plusieurs traces du rover au premier plan et quelques empreintes de bottes. Le jour suivant au cours d'EVA 3 ils ont démarré une pellicule couleur (à droite) et répété le salut au drapeau quasiment au même endroit. Mais 'pendant la nuit', quelqu'un a changé le premier plan ! (zone orangée) Les traces du rover ont disparu et à la place on a plein d'empreintes de bottes. Mais rien d'autre n'a changé sauf la colline. Comme des notes identiques sur une échelle musicale, le drapeau, le LEM et le rover ont été remis à la même place (points de couleur). Même l'astronaute qui pose a replacé ses doigts, ses épaules et ses pieds au même endroit (points rouges). Comparez tous les points. Accomplir un repositionnement aussi similaire sur deux jours différents est vraiment remarquable statistiquement. Et les deux premiers plans différents sont plus que remarquables…

Et dans la mission suivante, Apollo 16, on a un bon exemple de virage à 90° (notez aussi la ligne de division entre le plateau de tournage et l'arrière-plan). Chose intéressante, c'est la célèbre photo avec la roche "C" [un C est inscrit sur le gros bloc à gauche] – ce "C" qui a été repéré au départ par le chercheur/ingénieur Ralph René.
Impossible virage à 90° d'une trace de rover sur la photo AS16-107-17446

Et de nouveau dans Shining, Juli Kearns observe, "au centre du labyrinthe, Danny fait demi-tour, revient sur ses pas puis saute latéralement à angle droit dans sa tentative pour survivre, disparaissant ainsi au cœur du labyrinthe et Jack passe à côté sans le voir."

Juli Kearns souligne que ces changements à 90° se produisent à répétition et qu'on devrait en tenir compte et les prendre au sérieux.
Apollo 11, photo AS11-40-5874, une empreinte de pied unique, isolée (et extra-longue) située à 90° des autres
Puis dans 2001, Rob Ager dit que lors des premières scènes dans la centrifugeuse, partie en rotation de l'appareil, la "prise de vue de la course à pied à l'envers bascule non seulement à 90° mais nous avons Frank qui court dans le sens opposé."
Frank court dans la centrifugeuse du vaisseau Discovery One
Les analystes de films sont unanimes pour dire que plusieurs scènes en intérieur de Kubrick sont impossibles en réalité. Dans une ancienne et très originale séquence avec le vaisseau Aries 1B en route pour la Lune, un membre de l'équipage se retourne à 180° pour emprunter une sortie à 90° afin d'accéder au poste de pilotage :
Un membre de l'équipage fait une sortie inversée à 90° vers le poste de pilotage
Dans la photo ci-dessous, les deux pilotes guident le vaisseau dans sa descente. L'orientation du poste de pilotage (par rapport à la zone passager) semblerait être à 90°, si on se base sur le retournement effectué par le membre d'équipage. Juli Kearns met l'accent sur le fait que "le membre d'équipage se retourne de 180° (la tête en bas) alors que le poste de pilotage où elle pénètre est à un angle de 90° par rapport à la zone passager du vaisseau et ce que voient les pilotes semble avoir la même orientation que celle des passagers."
Dans le poste de pilotage éclairé en rouge du module lunaire les pilotes dirigent la descente vers la surface lunaire
Le poste de pilotage est manifestement baigné de lumière rouge – ce fait important est très visible sur la vue extérieure de la photo suivante. Juli Kearns, qui repère correctement l'anomalie du cockpit observe, "Il est en fait impossible que les pilotes aient cette vue de la base pendant leur approche, car les hublots éclairés de rouge, au 'sommet' du vaisseau, ne permettent pas cette perspective." Kubrick souhaite réellement nous montrer que la vue depuis le poste de pilotage est impossible.

Par ailleurs, comme l'a remarqué Rob Ager, malgré une absence de lumière à la surface de la lune, le vaisseau est parfaitement éclairé :
Les pilotes de l'Aries sont incapables de voir à travers les hublots pour alunir – de plus, le vaisseau Aries 1B est éclairé par le soleil, tout en étant au-dessus de la surface lunaire dans l'ombre

Parallèlement aux découvertes ci-dessus, Jack White a réalisé une étude de panorama pour Apollo 16 dans laquelle il a réalisé que le drapeau US faisait une rotation de 180°, alors que le LEM ne pivote que de 90° :
Dans ces deux panoramas d'Apollo 16, nous faisons globalement face au LEM et au mont pierreux. Le LEM a fait une rotation de 90°. Le mont ne semble pas avoir changé de 90°. Le soleil non plus. Le drapeau change de 180° et non de 90°
 Et une étude sur Apollo 15 met en lumière un retournement approximatif de 100° mais avec un arrière-plan montagneux inchangé :
Légende de gauche : l'avant du LEM d'Apollo 15 ci-dessus fait face à l'appareil photo (notez le point violet). Le mont de droite fait face à l'appareil. Légende de droite : le LEM a tourné de plus de 100 degrés avec l'avant indiqué par le point violet. Le mont est le même.
3. Séparations, verticales ou horizontales
Division verticale dans Jupiter et au-delà – la séquence infinie de 2001

Séparations horizontales C'est une catégorie d'images qui comprennent dans de nombreux cas une séparation entre l'avant-plan du studio et la toile de fond montagneuse.
Ligne de division typique entre le premier plan et l'arrière-plan projeté dans l'Aube de l'Humanité de 2001
Comme nous l'avons vu dans 2001, un raccordement était nécessaire entre le premier plan et l'arrière-plan. La technique de Kubrick de projection frontale a été discutée depuis la toute première sortie du film. Un transparent de 10"x 8" [25 cm x 20 cm] était placé dans un projecteur spécial sur le support de la caméra. Cette méthode donnait un raccordement inévitable entre le sol du plateau et la toile de fond. Le chercheur Jay Weidner a souligné des exemples de ce genre en 2011.
AS15-88-11863 avec un autre exemple d'une ligne premier plan/horizon

La photo Apollo 15 ci-dessus est un nouvel exemple de séparations horizontales entre la zone d'action du premier plan et le fond. Winston Wu a d'ailleurs souligné dans cette même image qu'il existe une 'bordure' apparente entre l'arrière du premier plan et le début de l'arrière-plan où se passe toute l'activité. Ça ressemble assez à un 'tapis' blanc placé sur la 'surface lunaire' :
Un tapis visible forme une 'bordure' entre les zones éloignée et proche du premier plan
4a. Changements d'avant-plans sans changements d'arrière-plans
Il y a des exemples dans les archives Apollo de changements qui ne se produisent que dans l'avant-plan. Les monts et les objets en arrière-plan peuvent rester fixes par rapport au premier plan – alors que le premier plan peut changer radicalement :
En comparant les photos AS17-136-20699 et 20700, Xavier Pascal a noté qu'un objet au premier plan (cerclé de vert) a bougé mais pas le LEM ni les zones rouges encerclées dans l'arrière-plan – d'autres parties de l'image bougent aussi, comme la petite zone sombre cerclée de bleu
On a de nombreux exemples de changements inexpliqués d'objets dans une même séquence, comme dans Shining. Examinez cette importante scène-clé quand les jumelles apparaissent pour la première fois à Danny – les chaises et l'un des deux cendriers ont été subtilement déplacés entre les prises de vue :
Dans Shining, les chaises et au moins un cendrier ont été déplacés entre les prises de vue
En étudiant deux images Apollo 15 consécutives, Xavier Pascal – ainsi que d'autres chercheurs – ont remarqué une empreinte fraiche dans la deuxième photo ci-dessous (cerclée de jaune) qui ne se trouve pas dans la première photo. Il y a aussi une empreinte de pas (cerclée de rouge) qui était présente dans la 1ère photo mais absente dans la deuxième – la roche plate voisine est également manquante.

En regardant de plus près ces deux photos, il se révèle pourtant que "l'empreinte de pas" cerclée de jaune repérée par Xavier ressemble plus à des marques d'un ratissage en éventail – et nous retrouverons plus tard des marques identiques sur une photo d'Apollo 17. Ces marques sont placées à 90° des empreintes cerclées de rouge. Dans la photo 11141 de droite, il manque DEUX empreintes et DEUX pierres plates :
Une empreinte de pas Apollo 15 change entre les deux photos successives AS15-82-11140 (à gauche) et AS15-82-11141 (à droite)
Dans la scène de 2001 où l'on voit la chambre de style Louis XIV, Rob Ager a observé la présence au début d'une seule figurine en porcelaine sur la console derrière le fauteuil mais on retrouve inexplicablement deux double figurines plus tard sur la même console.

Notez que Louis XIV était connu comme le Roi-Soleil – et qu'Apollon [Apollo en anglais] était le dieu du soleil.
Il n'y a au départ qu'une seule double figurine sur la console derrière le fauteuil…

... puis dans la scène suivante, il y a deux double figurines sur la même console, on en a ajouté une à droite

Comparez pour Apollo où des cratères disparaissent et/ou réapparaissent d'image en image. Dans cet exemple, il y a les mêmes collines en arrière-plan mais les premiers plans ont changé. Certains diront que c'est dû à un mouvement de l'appareil photo dans la deuxième prise de vue. Mais au final, le résultat publié donne l'impression qu'un second cratère est apparu sur la photo AS15-404-11428. En tout cas, l'argument d'un appareil photo repositionné ne tient pas vraiment la route, car la zone marquée de rouge se trouve au même endroit sur les deux images.
Cratères Apollo 15 sur AS15-404-11454 et AS15-404-11428 – un premier cratère, puis un second est ajouté – notez la zone sombre cerclée de rouge qui reste constante tout comme le cratère du fond
4b. Changements d'arrière-plans sans changements de premiers plans
En poursuivant maintenant avec Eyes Wide Shut, Juli Kearns observe, "Ce qu'on voit par la fenêtre n'est même pas identique… Avec Alice, la vue montre de haut en bas des gratte-ciels éclairés. Avec Bill, le ciel occupe la moitié de la fenêtre. Rien ne justifie une telle négligence de continuité. C'est une discordance intentionnelle et saisissante entre les deux scènes."
Dans Eyes Wide Shut – on voit deux arrière-plans différents dans la même pièce – observé par Juli Kearns
Nous ajouterons ici que les stores à claire-voie [également appelés "louvres"] sont bien mis en évidence. Nous notons aussi que le Louvre à Paris était la résidence du Roi-Soleil Louis XIV avant son départ pour Versailles.

Et pour faire le parallèle avec les images Apollo, on trouve souvent des arrière-plans différents avec des premiers plans inchangés. Les scènes de montagne Apollo ont été réutilisées maintes et maintes fois :
Les fonds montagneux d'Apollo ont considérablement changé entre deux vues très similaires
Quand on superpose AS15-88-11864 sur AS15-88-11866 (ci-dessus), en adaptant sa taille et son orientation pour obtenir la meilleure superposition des drapeaux, seule le mont de l'arrière-plan a changé, la perspective est très différente. Ceci malgré une vue prise virtuellement au même endroit – remarquée au départ par nous dans les années 1990 et ensuite indépendamment par Xavier Pascal.
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La suite demain...

4 commentaires:

  1. Merci pour tes traduction, encore un excellent article.

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  2. J'avais réellement un manque d'envie avant de cliquer puis finalement je constate que cette approche différente sur le show TV de la Nasa valait bien la traduction.

    Thibault Erikson

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JE RAPPELLE QU'IL Y A UNE MODÉRATION DES COMMENTAIRES. TOUS CEUX À VISÉE PUBLICITAIRE PARTENT DIRECTEMENT À LA POUBELLE !