D'autres
réflexions frappées du bon sens dans la dernière newsletter du
magazine Néosanté.
Je
rappelle que je publierai des extraits du numéro de septembre
consacrés aux trouvailles du Dr Ceulemans au sujet du cancer, comme annoncé sur le BBB.
Histoire
d’eau et histoire d’os
Histoire
d’os d’abord : comme je le signalais en introduction de son
article sur les aliments propices à la réparation osseuse (Néosanté
N° 58 de juillet/août), notre chroniqueur nutrition Yves Patte
s’est récemment brisé le métatarse en faisant une lourde chute
de plusieurs mètres. C’est précisément pour aider son pied cassé
à se guérir plus vite que notre collaborateur s’est intéressé
aux nutriments amis des os. Ce que je ne savais pas, c’est que
notre « paléonutritionniste » allait appliquer à la lettre le «
modèle paléo » qui lui est cher, à savoir se mettre dans la peau
d’un homme préhistorique et faire totalement confiance à la
nature pour réparer sa fracture. Selon les médecins urgentistes,
Yves aurait dû être opéré, immobilisé 6 semaines dans un plâtre,
puis suivre une longue rééducation en kinésithérapie. Il n’a
rien fait de tout ça ! Il s’est contenté d’appliquer de
l’argile, de consommer de la consoude (lire ICI pour ses vertus) et de reprendre prudemment
ses activités d’animateur d’une salle de Crossfit en se fiant à
ses sensations. Aujourd’hui, moins de 3 mois après l’accident,
il saute et il court en ne ressentant quasiment plus aucune douleur.
Je
ne vous raconte pas ça pour flatter Yves Patte, ni pour vous inciter
à suivre son exemple. Personnellement, je ne crois pas que j’aurais
assez de cran pour faire pareil. Les trois fois où je me suis cassé
quelque chose dans ma vie, je suis passé par le circuit
conventionnel du plâtrage et de la kiné rééducative. Je suis
moins sportif que notre paléoman et j’ai sans doute un régime
alimentaire moins strict que le sien. Malgré tout le bien que je
pense de la médecine naturelle, je suis d’avis que la médecine
d’urgence et la traumatologie « classiques » sont des passages
indiqués en cas de fracture. Indiqués mais pas obligés ! Car
c’est tout l’intérêt de l’expérience tentée et réussie par
le chroniqueur de Néosanté : en soignant un pied fracturé sans
plâtre et sans kiné, il s’est prouvé et il a prouvé que le «
laisser-faire la nature » était une option valable, même pour ce
genre de situation. Partant, il a démontré que la médicalisation
d’un problème de santé aussi grave n’était pas indispensable.
Alors, imaginez si nous renoncions à l’interventionnisme médical
pour tous nos bobos bénins et nos petits pépins de santé !
C’est absolument vertigineux quand on y pense : on pourrait fermer
des pans entiers du système de soins et rétablir durablement son
équilibre budgétaire. Merci à Yves Patte pour cette belle leçon
de simplicité sanitaire !
Je
le remercie aussi pour le contenu de l’article à paraître dans le
mensuel Néosanté n° 59 de septembre 2016. Quand je l’ai lu, j’ai
été bien content de constater que j’avais raison de penser ce que
je pense à propos de l’eau de boisson. Pour la diététique
officielle et pour la plupart des naturopathes, il faudrait
impérativement boire 1,5 litre d’eau par jour. Et il ne faudrait
pas attendre d’avoir soif pour s’hydrater car le corps humain
tarderait à signaler sa détresse hydrique au cerveau. Pour ma part,
je n’ai jamais cru à un tel « défaut de fabrication » : tout
comme il régule la sensation de faim en fonction des besoins de
nourriture, notre organisme est forcément réglé pour signaler le
besoin d’eau par une sensation de soif. Dans la nature, les animaux
sauvages boivent seulement pour se désaltérer. Dans les pays très
chauds, les habitants ont souvent une sobriété de chameau et ne
s’en portent pas plus mal. En ce qui me concerne, je mange beaucoup
de fruits et de légumes et je n’ai jamais éprouvé la nécessité
de me plier au diktat du litre et demi. Idem pour ma vieille maman
de 86 ans : elle se porte très bien et n’a jamais touché au verre
d’eau que, par habitude, elle dépose sur sa table de nuit en
allant se coucher.
Ce
truc du litre et demi, ça m’a toujours semblé louche dans la
mesure où c’est aussi le slogan publicitaire des marchands d’eau
en bouteilles. Et justement, Yves Patte explique dans son article
que cet argument marketing n’est nullement étayé par les
recherches en nutrition. Au contraire, les études scientifiques
s’accordent sur l’absurdité d’une quantité identique pour
tous et sur la non nécessité de se forcer à boire. Jusqu’à
preuve du contraire, et moyennant quelques précautions pour les
personnes âgées et les jeunes enfants, rien ne sert de boire sans
soif car celle-ci est le meilleur indicateur du besoin de
s’hydrater. Vous en doutez ? Normal puisque ça contredit tout ce
qu’on entend à la télé et tout ce qu’on peut lire dans les
autres journaux de santé naturelle. Aussi ai-je décidé de vous
offrir en primeur la prochaine rubrique d’Yves patte (lire
ci-dessous), la première d’une série consacrée à la meilleure
façon de s’hydrater. À vous de juger. Et comme dirait l’autre,
à votre santé !
Yves
Rasir
Comment
s’hydrater ?
Comme
beaucoup de médecins, de nombreux naturopathes approuvent les
slogans commerciaux et recommandent d’absorber beaucoup d’eau
durant la journée, quitte à se forcer. Le « mythe du litre et demi
» ne repose pourtant sur aucune base scientifique. La sensation de
soif est le meilleur indicateur de la nécessité de boire.
Sur
son site internet, la marque Evian nous donne une « astuce
hydratation » : « Le matin, ouvrez une bouteille d’1,5 litre et
buvez-la tout au long de la journée ». Chez Vittel , on pense
également à celles et ceux qui travaillent en prévoyant une
bouteille d’1 litre, qui « contient la quantité d’eau idéale
pour vous hydrater tout au long de votre journée de travail ». Vous
boirez les 500 ml restants en rentrant chez vous, puisqu’on
apprend, toujours sur le site de Vittel , que 1,5 litre est la «
quantité d’eau quotidienne recommandée pour un adulte (sain,
sédentaire, vivant en climat tempéré) ». Les marques d’eau en
bouteille sont unanimes là-dessus : il faut boire 1,5 L d’eau !
Aux Etats-Unis, la formule consacrée est le « 8 x 8 » : 8 fois 8
ounces d’eau par jour, ce qui fait entre 1,5 et 2 litres d’eau
par jour…
Affirmation
sans preuve
Le
problème est que la communauté scientifique est beaucoup moins
unanime que les marques d’eau en bouteille. En fait, lorsque des
chercheurs se penchent sur la question, ils découvrent qu’il n’y
a aucune preuve de la nécessité de boire une telle quantité d’eau
sur sa journée. C’est ce qu’a montré une étude parue, en 2002,
dans l’ American Journal of Physiology. Regulatory, Integrative
and Comparative . En 2008, une autre étude publiée par l’
American Society of Nephrology venait confirmer cette absence de
preuve. Tout d’abord, notre hydratation dépend de tout un ensemble
de facteurs, ce qui exclut nécessairement toute prescription qui
vaudrait pour tout le monde. Parmi ces facteurs : l’âge, le poids,
le sexe, le niveau d’activité physique, le climat, la nutrition,
etc. On peut même concevoir que cela change d’un jour à l’autre
pour la même personne, selon la température du jour et l’activité
qu’elle a. Le « 8 x 8 », ou la bouteille d’1,5 L à ouvrir tous
les matins, sonnent donc bien davantage comme des formules marketing
que comme des prescriptions de santé.
Par
ailleurs, les marques précitées oublient de mentionner qu’on ne
trouve pas l’eau dont notre corps a besoin uniquement dans leurs
petites bouteilles. Pour notre corps, toute eau est bonne à prendre,
qu’elle vienne des légumes que nous mangeons, des fruits, d’une
soupe, d’un bouillon, ou d’une tisane. Et tous ces liquides
devraient entrer dans le calcul. Dans ce cadre, l’alimentation
paléo fournit, grâce aux légumes et aux fruits, un apport en eau
bien supérieur à une alimentation basée sur les céréales. Même
les œufs et le poisson sont riches en eau. Alors, il n’est pas
question de dire que l’hydratation n’est pas importante, ou qu’il
ne faut pas boire de l’eau. C’est la molécule la plus abondante
de notre corps, et elle est essentielle à tout un ensemble de
mécanismes physiologiques. Durant des millions d’années, nous
avons été capables de nous hydrater, en écoutant notre sensation
de soif. Comment se fait-il que nous devrions nous "forcer" à
boire 1,5 L d’eau par jour aujourd’hui ?
Le
cerveau calcule tout
Le
centre de la soif est l’hypothalamus : des capteurs y évaluent
constamment la concentration de sodium dans le sang. C’est un des
indicateurs principaux du niveau d’hydratation pour le corps. Mais
l’hypothalamus évalue également le volume et la pression
sanguine, à partir d’informations provenant des vaisseaux
sanguins. Si le taux de sodium est trop élevé par rapport au
volume de sang, ou que ce volume diminue, le corps déclenche d’une
part la sensation de soif, et l’hypothalamus augmente d’autre
part la synthèse d’une hormone anti-diurétique : la vasopressine.
Celle-ci dira, entre autres, au corps de réabsorber de l’eau
depuis les urines. Autrement dit : laissez la soif être votre guide
! Et là-dessus, les scientifiques sont assez unanimes. Réponse des
producteurs d’eau (et en particulier des boissons pour sportifs) :
lorsqu’on a soif, on est déjà déshydraté. Faux, répondent les
scientifiques. En tout cas, rien ne le prouve. Et les mécanismes
sont plus complexes : lorsqu’on a soif et qu’on boit, la soif
disparaît immédiatement. On n’est pas, pour autant, déjà
réhydraté (ça prendra quelques minutes, voire davantage, pour que
le volume sanguin augmente, que le taux de sodium diminue, etc.).
Donc, si la sensation de soif peut disparaître avant qu’on soit
réhydraté, la sensation de soif peut aussi apparaître avant d’être
déshydraté. Les recherches le montrent.
Et
c’est cohérent d’un point de vue évolutionniste : si un animal
ne se rend compte qu’il doit chercher de l’eau qu’au moment où
il est déjà déshydraté (et donc dans un état de faiblesse
physique), il y a bien des chances qu’il ne trouve pas d’eau, et
qu’il meure. C’est la même logique qui explique que le corps
soit assez bien conçu pour faire des efforts à jeun.
Précautions
particulières
Hélas,
pour des raisons encore inconnues, le vieillissement vient perturber
les mécanismes d’information de la déshydratation, et la
sensation de soif diminue. C’est d’autant plus problématique que
le besoin en eau augmente au fur et à mesure que les reins
vieillissent. De même, il importe, en tant que parent, de s’assurer
de l’hydratation des enfants. Bien sûr, ils sont capables de
ressentir la soif, mais il nous revient de leur apprendre à donner
assez d’importance à cette sensation, et de nous assurer qu’ils
aient à boire. Enfin, lorsque vous perdez des quantités d’eau
anormales, comme en cas de diarrhée ou de vomissement, pensez au
fait que vous aurez besoin de plus d’eau que d’habitude.
Pour
le reste, je le répète, la seule certitude scientifique est que la
soif est le meilleur indicateur du besoin de boire. Peut-être
avez-vous un(e) collègue, dont la bouteille d’eau trône sur le
bureau, et qui se force à tout boire, parce que sinon il/elle «
oublie de boire » son litre et demi d’eau par jour. En a-t-elle/il
vraiment besoin, immobile dans ce bureau climatisé ? Croyez-moi, en
tant que coach sportif, je rencontre très peu de gens qui «
oublient » de boire après le sport. Ils se sont dépensés, ont
transpiré, et ils ont soif. Le prochain article sera consacré à
l’hydratation durant l’effort.
Yves
Patte
néosanté.eu le seul magazine sur la santé ou je suis abonné depuis le N°1 (toujours gratuit !) et que je ne regrette toujours pas ...
RépondreSupprimerDes articles toujours justes, car correspondant à l'être humain en vrai pas à des maladies adaptées à des médicaments !
C'est un cadeau à ne pas faire à son thérapeute habituel il risque de ne plus vouloir vous prendre ! ! ! ! Peu importe vous aurez vos pistes à vous !