Voyons ce qu'en pense Elizabeth Ladenson.
(C'est moi qui ai ajouté l'illustration)
Ne me jetez pas la pierre parce que je n'ai pas de téléphone
portable !
Traduit par Hélios
Comment est-ce possible de nos jours, vous demandez-vous ?
Récit de la vie d'une survivante pendant une apocalypse zombie.
Je n'ai pas de téléphone portable. Au début je n'en ai pas
acheté. Et ensuite j'ai continué à ne pas en acheter. Un jour, un
ami m'en a donné un, j'ai scrupuleusement donné mon numéro à tout
le monde et je l'ai trimballé pendant quelque temps, mais je
n'appréciais pas qu'on m'appelle pendant que je marchais et je l'ai
donc éteint et j'ai arrêté finalement de l'avoir avec moi et le
forfait a continué à courir et ensuite je me suis retrouvée sans
portable.
Vous pourriez vous dire : quelle affaire, elle n'a pas de
portable. Qui s'en soucie ? Je suis entièrement d'accord avec
vous. Le fait que je n'en ai pas n'est pas intéressant en soi. Je ne
suis pas non plus une activiste anti-portable. Je ne vis pas sous un
pont, ni dans une ferme en bio, ni dans une communauté Amish. J'ai
un boulot et des amis et quelque chose qui ressemble à une vie
sociale. Et je ne vous suggère pas de vous vous débarrasser de
votre portable. Mon objection ne concerne pas les portables
eux-mêmes : je suis d'accord qu'ils sont commodes et je
comprends parfaitement pourquoi les gens en ont. Je n'en veux tout
simplement pas.
Il est vrai que je trouve alarmantes certaines implications de
l'usage constant d'un portable. Comme beaucoup de possesseurs de
portables, je suis dérangée par la " zombification" progressive des
gens, ceux qui parcourent les rues les yeux rivés sur leur
petit écran, danger pour eux-mêmes et pour les autres autour d'eux.
Comme vous, je suis horrifiée de voir des bébés promenés par des
parents cramponnés à leur portable, inconscients de leur
environnement. Il est clair que l'apocalypse est proche. Mais ce
n'est pas là où je voulais en venir.
Je voulais en venir à la façon de réagir des gens face au fait que je n'ai pas de portable. Je ne vais pas partout en clamant que je n'ai
pas de portable – tout du moins je ne le faisais pas avant de
décider de révéler publiquement avec cet article que je ne possède pas de
portable. J'ai tenté d'éviter cette révélation,
parce que je n'aime pas les réponses qui s'ensuivent. Mais il arrive
que quelqu'un me demande mon numéro pour pouvoir m'appeler ou
m'envoyer un message. Je tente de m'en sortir en disant que je
préfère me servir d'un téléphone fixe, mais quand ce stratagème
échoue (ce qui se passe en général), les réactions se classent en
cinq catégories :
1. Tu n'as pas de portable ? Sérieux ? Hé bien...
c'est...incroyable...
2. Oh, je comprends, moi non plus. Je déteste les portables. J'en
ai juste un à cause (des enfants/du travail/des voyages). Je ne
donne jamais mon numéro.
3. Tu n'as pas de portable ? Sérieux, tu n'en as pas ?
Dis donc ! Mais comment peux-tu vivre sans portable ?
Comment fais-tu pour communiquer avec ta famille ?
4. Tu n'as pas de portable ? Tu plaisantes ? Pourquoi tu
n'as pas de portable ? Tu devrais en avoir un ! Et si
quelqu'un cherche à te joindre ? Il faut absolument que tu en
ais un. Et s'il t'arrive quelque chose ? Je n'en reviens pas que
tu n’aies pas de portable ! Qu'est-ce qui cloche chez toi ?
Très occasionnellement, quelqu'un dira :
5. Tu n'as pas de portable ? C'est vrai ? Je n'en ai pas
non plus ! Je pensais être la dernière personne sur Terre à
ne pas avoir de portable.
Cela n'est arrivé que deux fois.
La catégorie N°1 ressent comme un fardeau de dépendre
constamment d'un portable et trouve à la fois séduisante et
invraisemblable l'idée de ne pas en avoir. La catégorie N°2 aime
l'idée de ne pas avoir de portable, mais ne souhaite pas vivre sans.
La différence entre les deux est que le N° 1 n'a jamais vraiment
réfléchi à l'idée de ne pas en avoir, alors que le N°2 a résisté
pendant un moment et se sent solidaire des non-possesseurs de
portable.
La catégorie N°3 est née après 1990
et n'a jamais connu un monde sans portable. Ils ont entendu parler
de cet ancien monde, mais ne peuvent imaginer une telle chose, ils ressentent une vague
pitié envers les citoyens du passé qui étaient obligés de vivre
ainsi et trouvent impossible d'imaginer que quelqu'un se prive
volontairement de portable.
Récemment, quelqu'un qui est né en
1992 m'a demandé avec une grande perplexité comment les gens
faisaient pour se rencontrer avant les portables. Non pas comment les
gens se connectaient quand Tinder n'existait pas [une application de
rencontre fonctionnant par géolocalisation, note d'Hélios] mais
comment des amis se débrouillaient pour se retrouver, sans pouvoir
appeler ou envoyer un texto. Ce n'était pas si compliqué, ai-je
expliqué : ils se mettaient d'accord sur un endroit et à une
heure précise et ensuite ils s'y rendaient.
J'en arrive à la catégorie N°4. Il
m'a été tellement de fois reproché de ne pas avoir de portable,
quelquefois par des gens qui ne semblent même pas nourrir un
quelconque désir de me contacter, qu'il semble que l'absence de
portable est envisagée maintenant pas uniquement comme un manquement
à l'étiquette, mais comme une sévère mise en cause
passive-agressive de la manière de vivre. Quand j'avoue que je n'ai
pas de portable, certains réagissent comme s'ils m'offraient un plat
de viande et que je réponde en brandissant les photos d'un abattoir.
J'ai conclu que la catégorie N°4 a quelque chose en commun avec
la catégorie N°1. Dans les deux cas, il est suggéré que la
personne sans portable échappe à quelque chose. La catégorie N°1
voit cela comme une chose positive et se demande si elle ne pourrait
pas aussi s'en passer. La catégorie N°4 semble enragée à
l'idée que quelqu'un d'autre a échappé à la lourde responsabilité
que elle a consciencieusement assumée. Ce n'est pourtant pas comme
si je confessais que je ne paye pas mes impôts ; autant que je
sache, il n'y a pas de loi obligeant à avoir un portable. Pourquoi
cette indignation ? Est-ce simplement la pression du groupe, une
version moyenâgeuse de l’entêtement des élèves de sixième à
ce que tout le monde porte la même marque de chaussures de sport, au
risque d'être exclu du groupe ? Est-il possible que certains
n'apprécient en fait pas d'être constamment assujettis à leurs
portables et ne supportent pas qu'on leur rappelle qu'ils se sont
fourrés eux-mêmes dans ce guêpier ?
On entend souvent les gens dire qu'ils ne pourraient survivre sans
téléphone portable. Mais si vous êtes né avant 1990, vous savez
que c'est faux. En tout cas, si vous êtes en train de lire ceci tout
en marchant dans la rue, vous devriez vraiment lever le nez, parce
qu'il y a une BMW qui fonce droit sur vous avec un chauffeur qui est en train
d'écrire un texto.

Juste, avant je rencontrais mes potes mes amis sans à avoir un tel dans la poche.... Les temps changent, voilà le placardage d'ondes en tous sens.... La modernisation?......Comme si..... Mais un Pc cela cela vaut la peine.....pour connaître le monde et ce qu'il s'y passe autrement que par AFP....Reuters....la télé.....
RépondreSupprimerMerci au blog et belle continuation
Merci de ton commentaire. Pour l'information, à tout prendre, internet vaut mieux que tous les mainstream medias, sans aucun doute...
SupprimerC'est un article très intéressant à lire, personnellement je n'ai pas de portable personnel, uniquement celui fourni par mon entreprise vu que je bouge beaucoup pour mon travail, sinon je préfère utiliser mon ordinateur portable pour communiquer et ça me permet aussi d'avoir un œil sur mes enfants avec une application pour localiser un portable gratuitement que j'ai installé sur leur portables afin qu'il puisse sortir avec leur amis sans que je sois sur leur dos tout le temps. Ce qui est pratique vu que pratiquement tout les jeunes aujourd'hui ont un portable.
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