Un hôpital de Pennsylvanie va ouvrir
le premier service hospitalier pour le traitement d'une addiction à
Internet
Il y a dix ans, Kevin Roberts souffrait
d’une addiction qui avait pris le pouvoir sur sa vie.
Roberts, qui a maintenant 44 ans,
passait de 8 à 12 heures par jour de son temps assis devant la lueur
bleu pâle de son ordinateur en jouant à des jeux vidéo. Pendant
ses vacances, il s'en "goinfrait", passant presque tout son
temps devant le clavier. Un de ses amis qui avait fréquenté les
Alcooliques Anonymes lui a finalement dit qu’il présentait tous
les symptômes d'une addiction.
"Comme la plupart des “accros”,
j’ai vécu une série d’auto-intoxication", déclare
Roberts, qui a détaillé son combat contre l’addiction dans un
livre, Addiction cybernétique : Échapper aux jeux et aux pièges
d’Internet.
L’histoire de Roberts, qui est venu à
bout de son addiction par des années de thérapie et de retraites
spirituelles, n’est pas unique. Des lieux de soins sont apparus ces
dernières années, mais un hôpital psychiatrique au cœur de la
Pennsylvanie est maintenant en voie de devenir le premier lieu de
soin dans son genre du pays à offrir un programme de traitement pour
les personnes diagnostiquées avec une addiction sévère à
Internet.
Un programme volontaire de dix jours
doit débuter le 9 septembre dans l'unité de santé comportementale
du Centre Médical Régional de Bradford. Le programme a été
organisé par des experts dans ce domaine et des spécialistes de la
cognition ayant une expérience dans le traitement d’addictions
plus courantes comme l’abus de drogues et d’alcool.
"[L’addiction à Internet] est
dans ce pays un problème qui peut être plus envahissant que
l’alcoolisme" explique le Dr Kimberly Young , le psychologue
qui a fondé le programme sans but lucratif. "Internet est
gratuit, légal et sans matière grasse".
Le programme est conçu pour recevoir 4
patients adultes à la fois, et il est prévu que chaque nouvelle
session démarre un traitement le même jour. Ces patients
participent à une thérapie de groupe et se retrouvent dans une aile
de l’hôpital prévue pour les autres addictions. Ils subiront une
évaluation psychologique et apprendront des techniques pour pouvoir
se servir d'Internet de manière minimale en évitant les problèmes
d’overdose.
Young et d'autres experts sont les
premiers à dire que le seul fait d'une dépendance à la technologie
moderne ne fait pas de vous un accro à Internet. Un jeune de 20 ans
qui partage son temps entre sa copine et World of Warcraft (célèbre
jeu en ligne, NdT) n’a probablement pas besoin d'un traitement
intensif. Le stage est prévu pour ceux dont la vie échappe à tout
contrôle en raison de leur obsession pour Internet. Ces individus
ont perdu la capacité de fonctionner dans leur vie de tous les
jours, ont tenté par le passé de s’arrêter et n’y sont pas
arrivés.
L’idée qu’une personne puisse
souffrir d’une dépendance à Internet est apparue au milieu des
années 1990 et Young a présenté son premier compte-rendu sur le
sujet devant l’Association Américaine de Psychologie en 1996. Mais
comme la popularité d’Internet a grandi et fait partie intégrante
de la vie de la plupart des gens, il a aussi été reconnu qu’une
partie de la population montre des signes d’addiction.
La plupart des personnes avec une
dépendance grave à Internet ont un genre de trouble psychiatrique
non diagnostiqué ou de problème de personnalité, selon le Dr Roger
Laroche, médecin-directeur du département de psychiatrie de
l’Hôpital Régional de Bradford. Chaque patient du programme, dont
le coût est de 14.000 dollars (10.600 €) en apport personnel car
non couvert par l’assurance, sera évalué psychologiquement après
sa "désintoxication numérique".
La désintoxication numérique est
réalisée quand le patient peut couper sa connexion à Internet ou
ne pas utiliser d’ordinateur pendant 72 heures. Pour beaucoup, la
pensée d’être déconnectés d’Internet peut paraître des
vacances.
Mais ceux qui ont une addiction
peuvent faire face à un syndrome de manque semblable à celui des
toxicomanes à la marijuana. Ces patients peuvent vivre une
dépression, de l’irritabilité et dans certains cas de la
violence, précise Laroche.
Young a dit qu’une de ses patientes
de consultation externe avait mâché des tasses en polystyrène et
frappé le mur pendant sa cure de désintoxication. En 2010, Reuters
rapporte que des chercheurs de l’Université du Maryland ont
réalisé une étude où il a été demandé à 200 étudiants de
n'utiliser aucune forme de média pendant 24 heures. A la fin de
l’étude, beaucoup d’étudiants ont rapporté qu’ils
ressentaient un manque et souffraient d’anxiété.
En mai dernier, l’Association
américaine de Psychiatrie a publié la version 5 du Manuel du
diagnostic et Statistique des troubles mentaux (ou DSM-5), qui a
introduit pour la première fois le “Gaming Disorder” (troubles
d'addiction aux jeux) dans la section 3 du manuel, qui signifie
qu’ils nécessitent davantage de recherche avant d’être
formellement identifiés comme maladie.
L’Association a exposé des preuves
indiquant que les hommes jeunes, des pays asiatiques en particulier,
étaient de plus en plus captivés par les jeux sur Internet et que
"certains circuits de leur cerveau réagissent de manière
aussi directe et intense que ceux d’un toxicomane affecté par la
drogue."
Le Dr Allen Frances, président du
DSM-4 et professeur émérite à l’Université de Duke a critiqué
l'identification officielle de l'addiction à Internet à un trouble.
Il a dit que son introduction dans la section 3 du manuel signifie
que le trouble n’a pas encore le statut de "vedette".
Il a ajouté que sans doute une petite
fraction de la population pouvait souffrir d’une forme d’addiction
à Internet, mais il pense qu'une recherche est prématurée. Par
exemple, il demande, où placez-vous la limite entre l’addiction et
l’utilisation récréative ?
"S'il est possible d'être accro
aux jeux d'argent et à Internet, pourquoi ne pas inclure aussi le
shopping, le sport, le sexe, le travail, le golf, les bains de
soleil, les maquettes de chemin de fer, et tutti quanti ? Tous
les centres d’intérêts passionnés courent le risque d’être
requalifiés de troubles mentaux, a-t-il écrit dans un article du
Huffington Post, intitulé "L'addiction à Internet :
diagnostic de la dernière nouvelle lubie".
Trouvé ICI.
Traduction par le
BBB.
J'aime bien l'idée que les pouvoirs publics se préoccupent de notre santé (mentale surtout) quand on sait que ce sont eux qui ont orchestré ces addictions et que ça les arrangent. Peu importe à quoi vous carburez, pourvu que vous soyez accros à quelque chose.
RépondreSupprimerUn des risques possibles des addictions, c'est qu'une personne est tellement concentrée focalisée sur son passe-temps ou son hobby ou sa passion, que la personne oublie de s'occuper d'autres choses, même si ce n'est pas possible de s'occuper de tout...
RépondreSupprimerUn peu une sorte de diversion, pendant que les gens méditent ou font du sport ou lisent ou font du jardinage ou du bricolage ou des maquettes miniatures ou des parties de jeu de cartes ou de plateaux ou video ou des recettes de cuisine ou font d'autres choses, pendant ce temps-là, il peut se passer n'importe quoi = la maison peut brûler comme disait Jacques Chirac, ou bien des politiciens font passer des lois dangereuses et restrictives pendant que les gens regardent des émissions genre Secret Story et ou le "spectacle" des journaux télévisés...
Bug bizarre, lol :-p...
RépondreSupprimerCapture d'écran ici = http://www.imagebam.com/image/1f5566275359850 .
une cure de désintoxication ? MAIS NON Hélios ! ce n'est pas bon pour toi ! Comment pourrais-je vivre, MOA, "addicte" à B.B.B. ? peut être que mon horoscope va me le dire pour me rassurer !....
RépondreSupprimer@Hélios
RépondreSupprimer365 JOURS PAR AN X 12 HEURES = 4380 heures sur internet par an !
C'est grave docteur ?
Jérôme
Pas 12 heures ! Mais facilement 6 heures en mettant bout à bout. Et puis je m'absente une semaine par an.
SupprimerDonc il faut refaire les calculs. Plus que 2208 heures par an...