Qui roule à droite et qui roule à gauche ?
Sur cette carte mondiale (extraite du même site que l'article ci-dessous), les pays colorés en orange roulent à gauche :
Il semble qu'au cours de l'histoire de la circulation routière, l'usage de la conduite à gauche était dominante. En Europe, des preuves archéologiques indiquent que ce sont les romains, grands constructeurs de routes pour leur politique d'envahissement, qui ont institué la conduite à gauche. Et jusqu'à la fin des années 1700, elle prévalut. Alors quand et pourquoi le passage à droite ? C'est la France qui a été la première à passer à la conduite à droite, suivant les lois mises en place par commodité par l'Amérique avec ses encombrants chariots (les premiers "poids lourds") en 1792. La Suède a été le dernier pays européen à passer à la conduite à droite (exceptée la Grande-Bretagne qui ne fait jamais rien comme les autres). Ce qui a occasionné une certaine organisation et pas mal de bazar...
Dagen H : Le jour où la Suède a
changé le sens de sa circulation
routière en une seule journée
Par
Todayifoundout.com
Traduit par
Hélios
 |
Dimanche 3 septembre 1967 en Suède, une certaine pagaille dans les rues |
Signifiant
littéralement "journée de la circulation à droite",
Dagen Högertrafik, ou Dagen H (jour H), est le jour de
1967 où la Suède est passée avec succès d'une circulation à
gauche à une circulation à droite.
Ce n'était pas un coup de tête, le
Högertrafikomläggningen
(réaffectation de la circulation à droite) fut planifié des années
avant sa mise en œuvre, reconnaissant les problèmes inhérents au
fait que parmi les nations de l'Europe continentale, la Suède soit
le seul pays où l'on continue de conduire à gauche.
Quoi qu'il en soit, le passage à droite n'était pas une idée
populaire parmi les suédois et quand l'idée fut soumise en 1955,
seulement 17 % de la population se montra d'accord pour le
changement. En réalisant pourtant qu'à la fin des années 1960
presque 10 millions de véhicules allaient franchir d'une manière ou
d'une autre la frontière suédoise et sachant que ce nombre était
prévu de doubler au début des années 1970, les dirigeants suédois
décidèrent de faire le changement.
En 1963 une commission fut instituée pour établir un programme
sur quatre ans de préparation au changement et d'éducation des
habitants.
Après avoir consulté des psychologues sur la manière d'obtenir
l'acceptation du plan, le gouvernement commandita des campagnes pour
faire figurer partout le logo
Dagen H, depuis les
sous-vêtements jusqu'aux bouteilles de lait. Ils parrainèrent même
un concours de chansons où le gagnant interpréta
Hall dig till
höger, Svensson ("tiens ta droite, Svensson").
Le changement nécessitait le remplacement ou la mise à jour de
presque tous les feux de circulation, des autobus (on fit passer les
portes du côté droit), des arrêts d'autobus (qui devaient être
déplacés de l'autre côté de la rue), des lignes de marquage au
sol et des phares de voiture. Le coût final du
Dagen H a été
estimé à environ 648 millions de livres actuelles
[presque
852 millions d'euros].
Pendant les préparatifs du changement, les nouveaux feux de
circulation furent emballés dans du plastique noir pour que les
conducteurs évitent de les confondre avant le grand jour et les
lignes de marquage au sol qu'on avait peintes en blanc à la place du
traditionnel jaune suédois, furent recouvertes de ruban adhésif
noir (on imagine que ce fut une année très faste pour certains
fabricants de ruban adhésif).
On distribua par ailleurs 12 millions de pense-bêtes aux citoyens
avant le jour H et 130.000 panneaux avec un H penché furent déployés
le long des routes suédoises pour rappeler le changement aux
conducteurs.
Le dimanche 3 septembre 1967, toute circulation non-essentielle
fut interdite de 1h à 6h du matin dans presque tout le pays. Dans
tous ces endroits, à 4h50 du matin tous les véhicules qui avaient
l'autorisation de rouler devaient s'arrêter complètement puis
changer prudemment de côté. À 5h précises, le trafic était
autorisé à reprendre, heure à laquelle les conducteurs suédois
vécurent ce que le magazine
Time appela "un bref mais
monumental embouteillage", qui se résolut heureusement assez
vite.
Dans certaines grandes villes, comme Stockholm et Malmö,
l'interdiction de circulation non-essentielle commença dès 22h la
veille au soir et dura jusqu'à 16h le dimanche, pour donner aux
ouvriers le temps de réaménager les carrefours. Au total, environ
8000 officiels et 150.000 bénévoles furent de sortie ce week-end,
que ce soit pour transformer les panneaux de signalisation et les
lignes au sol, anticiper des problèmes ou pour assister les piétons
aux carrefours dangereux.
Impatients de tester cette nouveauté, des centaines de milliers
de conducteurs se débarquèrent dans les rues suédoises le fameux
dimanche, dès la levée de l'interdiction. Chose surprenante, il n'y
eut que 157 accidents, dont seuls 32 entrainèrent des blessures et
juste "une poignée de ces blessures se révélèrent
sérieuses".
Le lendemain, la circulation à l'heure de pointe se passa, toutes
choses considérées, relativement en douceur et les 125 accidents
rapportés représentaient un chiffre inférieur au nombre journalier
habituel (entre 130 et 198). On pense que la prise de conscience des
risques ajouté au manque de familiarité rendirent les
automobilistes plus prudents que d'habitude. En très peu d'années
le taux d'accident revint à la normale.
L'un des architectes de ce
Dagen H réussi, le ministre
Olof Palme, s'exclama après l'inversion : "Fantastique !
Peut-on imaginer que le peuple suédois ait vécu une révolution en
juste quelques heures ?"