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samedi 1 décembre 2012

Ultraman, 1er décembre 2012

Je vais vous tartiner un peu avec les informations politiques  du Japon (élection le 16 décembre), parce que la politique nucléaire sera aussi en jeu.



Politique du Japon : un peu moins de 3 semaines avant le vote, un nouveau parti capture le cœur des citoyens anti-nucléaires


Les japonais aiment l'opium et même la présence de césium radioactif n'y changera rien.

Quelle sorte d'opium cette fois ? L'avenir lumineux du Japon bien sûr.

Quel avenir ? Demanderez-vous. Voyons...

「卒原発(脱原発)」 - diplômé en énergie nucléaire
「活女性、こども」 - des femmes heureuses et des enfants
「守暮らし」 - la protection de la vie des gens
「脱増税」 - se libérer de l'augmentation des impôts
「脱官僚」 - se libérer des bureaucrates
「誇外交」 - politique étrangère fière

Quels sont-ils ? Ce sont les 6 politiques-clé du nouveau parti avec à leur tête la femme gouverneur de la préfecture de Shiga (photo ci-dessous à droite) qui ont été rapidement rejoints par tous les petits partis mineurs sauf le parti communiste japonais, le parti social démocrate et le Nouveau Japon.


Le parti de l'avenir du Japon. Pour un avenir où tout le monde pourra espérer. (c'est ce que dit la carte que Mme Kada tient sur la photo au-dessus.)

À moins de 3 semaines de l'élection, les hommes politiques se sont précipités pour s'organiser et obtenir l'adhésion des votants. Presque tous ont été pris au dépourvu par la déclaration du premier ministre Noda du 14 novembre, qu'il dissoudrait la Chambre Basse et ferait une élection le 16 décembre, pour le premier anniversaire de sa déclaration de ''l'état d'arrêt à froid''.

Je ne sais rien de Mme Kada, sauf qu'elle était une érudite et une chercheuse universitaire avant de devenir gouverneur de la préfecture de Shiga dans l'ouest du Japon. Dans les informations du début d'année elle n'avait pas fait les gros titres en disant qu'elle n'avait pas eu d'autre choix que d'acquiescer au redémarrage de la centrale de Ooi en raison de la pression locale des entreprises de la préfecture de Shiga qui avaient peur de problèmes possibles avec des coupures de courant.

Quand j'ai vu pour la première fois sa photo, je pensais qu'elle était le maire de Yokohama qui ne pouvait laisser passer la bonne affaire de viande de bœuf bon marché après le 11 mars 2011 et continuait à nourrir les scolaires avec sa viande bon marché. Ce n'est pas une très bonne association d'idée, mais c'est ce que je pensais en voyant la photo.

Les anti-nucléaires, surtout les femmes, sont excités. Maintenant il existe un troisième parti anti-nucléaire ! Pour remplacer le parti de l'enfant prodige (qui a tout d'un coup déclaré qu'il était partisan de s'éloigner du nucléaire). Et c'est dirigé par une femme ! Avenir, lumineux avenir !

Les voilà donc à rêver, le regard au loin, impatients, tout en ignorant des choses comme :

  • La poussière hautement contaminée sur les bords de route dans le Kanto et Tohoku ;
  • La nourriture contaminée au césium radioactif vendu dans tout le Japon ;
  • Les réfugiés de l'accident nucléaire qui vivent toujours dans un bâtiment d'école abandonné plus de 20 mois après l'accident ;
  • les ouvriers de la centrale de Fukushima continuellement exposés à de fortes radiations, mal payés et sans en tirer aucun profit, même pas des dépistages gratuits du cancer ;
  • Le fait que l'accident de la centrale n'est pas terminé ; et que politiquement
  • Mme Kada était une alliée de l'enfant prodige maire d'Osaka ;
  • Que son président député du parti sera Tetsunari Iida, qui était le conseiller de l'enfant prodige et qui s'est porté candidat pour le poste de gouverneur de Yamaguchi et a échoué lamentablement.
La réalité ? C'est quoi ça ? Un monde basé sur la réalité est si démodé et ennuyeux, trop de détails, trop d'informations !
Je suis déçu que M. Ozawa lance son parti derrière l'avenir de rêve de ce nouveau parti sans s'occuper en premier des problèmes causés par l'accident nucléaire (et à un degré égal par le séisme et le tsunami), particulièrement quand ce fut Ozawa qui a déclaré qu'arrêter la fuite des matériaux radioactifs de la centrale et mettre fin à l'accident nucléaire étaient la première priorité pour le Japon en tant que nation, et que sans cela, il n'y aurait aucun avenir pour le Japon.

Bon, il a cédé du terrain, on dirait. Mme Kada dit que M. Ozawa n'aura aucun rôle officiel dans son nouveau parti.

Rêve, Japon, il semble que ce soit la seule chose que tu puisses maîtriser.

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Je lis les détails des 6 politiques au cœur du Parti de l'Avenir du Japon, et je pense que je n'aime pas des détails comme :
  • Créer une version japonaise du Conseil National de Sécurité contre le terrorisme ;
  • Promouvoir activement les associations de libre-échange ;
  • Déléguer le contrôle local du gouvernement national à des unions [non-élues] politiques supra-régionales (comme celle dans le Kansai)
  • 312.000 yens par an de subvention par enfant [et d'où vient l'argent ?]
Leur politique énergétique n'est rien d'autre que ce que M. Iida mettait en avant.


Le Nouveau Parti (Avenir du Japon) de Mme Kada autoriserait des redémarrages de centrales nucléaires dans la mesure où elles seraient estimées ''sûres et nécessaires'' par le gouvernement


Mise à jour : Elle a clarifié ses commentaires dans l'après-midi. Selon l'Asahi, elle a dit qu'elle avait simplement exposé les grandes lignes d'un redémarrage dans son commentaire du matin.

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D'après l'Asahi Shinbun (1er décembre 2012) :
La présidente du parti Mirai, Mme Kada autoriserait le redémarrage de centrales nucléaires ''si la sécurité est assurée''
La présidente du Parti de l'Avenir du Japon (Nippon Mirai) et gouverneur de la préfecture de Shiga, Yukiko Kada, a dit dans une émission de TV le matin du 1er décembre que le redémarrage de centrales nucléaires ''se ferait si l'Agence de Régulation Nucléaire assurait la sécurité et si le gouvernement prenait la décision qu'un redémarrage était nécessaire'', indiquant qu'elle autoriserait un redémarrage si ces conditions étaient remplies.
Mme Kada a dit aussi, ''Il semble raisonnable de redémarrer s'il y a des normes de sécurité, mais nous n'augmenterons plus le volume de déchets nucléaires'', en soulignant la nécessité de contrôler le volume total de combustible nucléaire.
Si on se rappelle bien, la centrale de Fukushima avait été inspectée par la NISA et estimée sûre. La NISA a été abolie et l'Agence de Régulation Nucléaire a été créée, mais même la nouvelle agence ne peut protéger les centrales nucléaires des séismes et tsunamis. Par ailleurs d'aucune défectuosités non plus.
Je peux garantir à coup sûr que mon tweet de cet article de l'Asahi n'aura que très peu de retombées parmi mes abonnés japonais. Personne ne veut entendre parler de mauvaises nouvelles qui pourraient gâcher leurs espoirs et rêves d'un avenir lumineux sans nucléaire du Japon.

Bon, c'est intéressant. Hier, juste en accédant au site du parti de Mme Kada, il y avait le manifeste des 6 politiques majeures. Elles ont disparu aujourd'hui. À la place, il y a une phrase nous disant que son parti annoncera le manifeste le 2 décembre. (honte à moi de ne pas avoir copié la page d'hier...)


Pendant ce temps, M. Taro Yamamoto, un acteur de 38 ans qui est devenu activiste anti-nucléaire et a poussé vers la protection des enfants contre la contamination, a décidé de se présenter, soit comme indépendant, soit en formant son propre parti. Il fera une conférence de presse à 17 h le 1er décembre.

2 commentaires:

  1. Jacqueline
    Hallucinant!!!! Ces prédateurs sont toujours là,vraiment ils n'ont aucun état d'ame,cela me renforce dans la compassion pour les Japonnais je leur envoie beaucoup d'amour

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  2. je préférerai qu'ils ne tuent pas les dauphins et les baleines...

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