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samedi 15 décembre 2012

Spiritualité à l'hôpital ?

Il est vrai que certains centres spécialisés, comme les centres de soins palliatifs, qui ont dû malheureusement beaucoup se développer grâce aux poisons qui achèvent les malades, ont fait de gros progrès, mais pour les hôpitaux , on sait qu'il vaut mieux éviter d'être malade si on y va. États-Unis ou Europe, sauf à quelques très rares exceptions près, le malade est à peine un être humain, mais d'abord et avant tout un "cas" et un porte-monnaie.

Le scénario imaginé en fin d'article est un peu nunuche à mon goût (la présence de l'aumônier ?), mais c'est celui de l'auteur...

La spiritualité, le nouveau signe vital sur la check list du médecin ?

Par Tony Lobl

10 décembre 2012

                                                                Le Dr Christina Puchalski


La machine fait entendre son bip-bip régulier en arrière-plan, symbole rassurant de la vie. Tout d'un coup, ça se détraque. Quelque chose ne tourne plus rond. Le malade a besoin de soins urgents. Les membres de la famille se paniquent car le moniteur signale la mort imminente de leur proche. Ils se ruent sur le personnel soignant – d'abord les infirmières, puis les médecins. C'est le branle-bas de combat. À la fin, selon le type de fin écrite par le scénariste, heureuse ou triste, la musique est triomphale ou mélancolique. Et on fait défiler le générique.

Nous sommes tous familiers de la version hollywoodienne traditionnellement traumatisante de la fragilité qui semble séparer la vie de la mort. Et nous devons espérer et prier de ne jamais être la vedette de ce genre de drame dans la vie réelle. Mais observer des changements spectaculaires de signes vitaux chez un patient et y réagir est un élément essentiel dans le secteur des soins de santé d'aujourd'hui. Reconnaissons-nous donc et répondons-nous à tous les signes vitaux ?

Le Dr Christina Puchalski, de l'institut Spiritualité et Santé de l'université de Washington, ne le pense pas. Infatigable championne du besoin d'évaluation, de reconnaissance et d'aménagement des besoins spirituels des malades dans le cadre hospitalier, le Dr Puchalski est la ''pionnière des nouvelles techniques cliniques et éducatives pour l'intégration de la spiritualité dans de nombreuses disciplines des soins de santé.''

Elle est récemment allée au Royaume-Uni pour faire une conférence, invitée par l'institut de soins palliatifs du King's Collège de Londres. Parmi ses aspirations de changement de paradigme, elle a fait partager son espoir que le personnel de santé reconnaisse un jour dans le quotidien la spiritualité comme l'un des signes vitaux nécessitant une attention.

Les nombreux efforts pour promouvoir l'importance de la spiritualité en tant qu'approche plus globale de la santé peuvent cependant trouver un écueil au plan de sa définition. Ce fut l'un des points soulevés lors d'une conférence de 2009 concernant la prise en compte de l'élément spirituel des soins palliatifs, décrite par le Dr Puchalski. Des médecins traitant, certains versés vers une religion et d'autres non, sont arrivés à cette exploitable définition :''La spiritualité est un aspect de l'humanité qui se réfère à la manière dont les individus recherchent et expriment un sens et un but et à la manière dont ils vivent leur lien avec l'instant, eux-mêmes, les autres, la nature et tout ce qui est important et sacré.''

Elle souligna que important et sacré peuvent signifier des choses très différentes – Dieu, la nature, la beauté ou tout ce qui contient un sens ultime pour la personne. Elle a constamment trouvé que cet ''aspect de l'humanité'' était la clé du bien-être des individus subissant un traitement médical. Et après vingt ans de recherche et de défense pour l'intégration de la spiritualité dans les soins de santé, elle a publié récemment un livre qui traite le sujet de manière exhaustive.

Mais comment reconnaître un état de bien-être spirituel chez quelqu'un ? Ce genre de signe vital n'est pas observé sur un écran numérique ou mesuré par un quelconque équipement. La spiritualité est purement individuelle et il y a donc des moments où elle est en déphasage. Les illustrations de l'oratrice comportaient une histoire personnelle de deux médecins qui pratiquaient de manière totalement opposée ce qui est souhaitable.

Au début d'un traitement pour démence chez sa mère, un premier médecin consulté les inonda de questions préétablies conçues pour tester le niveau mental de la malade. Il n'y eut littéralement aucun contact visuel pendant qu'il parcourait la liste et aucun effort de sa part pour prêter attention à l'individualité de sa patiente. Atterrée, le Dr Puchalski fit remarquer à l'offensant médecin quelques-unes des choses qu'il avait ratées – comme de faire une appréciation de la personnalité de sa mère et s'intéresser à la vie qu'elle avait vécue. Il n'avait rien demandé sur sa famille et ce qu'elle aimait – ou ce qui était important pour elle, comme sa foi de toute une vie en l'église catholique romaine.

Le deuxième médecin, qui ne s'est pourtant occupé de sa mère que deux semaines avant son départ – est allé pendant les soins au-delà de la situation médicale, vers le côté unique individuel. Il a développé une telle relation avec sa patiente qu'ils en sont même venus à manger des bananes ensemble. Le plus stupéfiant, quand le médecin les a laissées, sa mère – qui n'avait quasiment pas communiqué depuis des mois – s'est tournée vers sa fille et a dit : ''Bon Christina, que voilà un bon médecin !''

Pendant sa conférence, ce qu'elle a souligné était basé sur son expérience avec le système de soins des US, elle a insisté pour que le Royaume-Uni continue à s'harmoniser avec son propre modèle pour inclure de plus en plus la spiritualité dans les soins de santé. Plusieurs points de son discours, étaient malgré tout universels – comme le fait que nous sommes tous sensibles aux besoins spirituels des autres, que les bienfaits sont mutuels.

Elle a dit : ''Nous sommes autant transformés et guéris par nos patients et l'inverse est vrai.''

Je ne peux m'empêcher de penser que l'attention certaine du deuxième médecin et sa reconnaissance de la mère du Dr Puchalski comme un individu a permis aux symptômes qui dénotaient un esprit embrumé de révéler une conscience qui était toujours intacte. Cet engagement vers un approfondissement potentiel du côté spirituel dans un cadre thérapeutique – un tel amour pourrait-il éclairer une identité spirituelle qui semble parfois éclipsée mais jamais vraiment absente ?

Imaginons donc que nous retournions en arrière dans le film.

''Lumières. Caméra. Action !

Scène 1 : Une chambre d'hôpital

Un malade couché sur son lit. Son moniteur de signes vitaux émet à l'arrière-plan des bips. Une infirmière change les pansements et bavarde avec lui. Il parle avec fierté de son fils de trente ans et comment il a bien réussi dans la vie. L'infirmière demande : ''Et avez-vous d'autres enfants ?''
Silence. Puis des larmes. Elle demande : ''Que se passe-t-il ?'' Mais il ne répond pas. Bien que les signes vitaux aient à peine bougé, elle peut ressentir la profondeur du désarroi dans le silence du malade. Elle lui tient la main et prend le temps de partager le silence jusqu'à la fin des pleurs. Il dit ''Désolé !'' et esquisse un sourire. Elle lui sourit en retour.

Scène 2 : Une salle de réunion

L'équipe interdisciplinaire est réunie. L'infirmière rapporte au médecin, au psychologue et à l’aumônier sa conversation avec le patient qui a mis en lumière son désordre intérieur. Ils sont d'accord qu'ils doivent tous répondre à la profonde détresse du malade autant qu'à sa souffrance physique. Le médecin explique qu'en s'asseyant auprès du malade pour lui demander ses croyances ou pratiques spirituelles, ce dernier avait hésité avant de dire qu'il était chrétien. Le chapelain dit qu'il lui rendra visite.

Scène 3 : La même chambre d'hôpital

La compassion de l’aumônier touche manifestement le malade car ils parlent aussi du cher fils et de souvenirs tendres de sa femme, emportée par la maladie il y a dix ans. Il ne mentionne aucun autre enfant.
Ils échangent aussi des histoires sur leur amour mutuel de la nature.
L'aumônier s'enquiert gentiment en demandant ''Avez-vous quelque chose qui vous chagrine et dont vous voudriez vous occuper avant de mourir ?''Mais il répond juste en souriant : ''Mon parterre de roses !''. Ils rigolent tous les deux.
Profitant de la relation créée, l'aumônier demande tranquillement : ''Est-ce qu'il y a quelque chose que vous auriez aimé voir se dérouler différemment ?''
L'aumônier s’assoit doucement près du malade, attendant, car la question reste en suspens. Silence. Larmes de nouveau. Mais quand les sanglots se calment, le malade se tourne vers l'aumônier et il sort son histoire. Sa fille a décidé de vivre avec son ami sans se marier et il a rejeté le couple car il ''vit dans le péché''. Ils ne se sont pas parlé depuis vingt ans. Le malade dit qu'il est en colère après Dieu de lui avoir donné une fille qui ne respecte pas la morale à laquelle il croit.
L'aumônier fait une pause et se met à prier. Puis il serre la main du malade et dit :''Pensez-vous qu'il serait possible que Dieu vous aime, aime votre fille et son compagnon – et qu'Il veut que vous leur donniez une place dans votre cœur ?''

Scène 4 : Chambre d'hôpital

On voit de nouveau le malade en pleurs. Mais cette fois il tient un téléphone. On passe à une scène avec une femme au téléphone qui pleure aussi tout en pressant la main de son compagnon.

Scène 5 : Le hall de l'hôpital

Le malade serre l'infirmière puis l'aumônier dans ses bras car il quitte l'hôpital et part en marchant par un beau matin d'automne. Il semble totalement en paix en parcourant les rues, il voit une église, hésite et finalement entre. Il s'assoit seul sur un banc et regarde vers le ciel pendant un moment. Puis son visage s'éclaire d'un large sourire joyeux.
L'image s'estompe et le générique commence à défiler.


  

Traduit par Hélios

6 commentaires:

  1. Sniff... J'ai pas arreter de pleurer.... :D

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  2. Tant que les médecins se prendront pour Dieu, et leur sacro-sainte industrie pharmaceutique manichéenne les mettant à leur botte...le monde de la santé restera qu'un business hyper lucratif. Toute illusion liée à l'utilisation de la médecine parallèle dans ce domaine, pourtant efficace, ne restera qu'un rêve bien lointain....A moins que
    Jakepote

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  3. Le fait d'éveiller un "malade" à une autre dimension que lui-même, par la "spiritualité" qui comporte beaucoup de choses (et pas que la FOI) permet l'ouverture d'esprit nécessaire à la....compréhension de la VIE et de ses énergies.
    Hélas, oui, CERTAINS chercheurs des pharmacopées allopathiques industrielles, et médecins (business) se prennent pour Dieu....

    Alternative Santé n°27 : Opérations de sabotage contre la médecine naturelle

    Désolée, impossible de mettre un lien, faut s'abonner à la newsletter..... (qui est super)

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  4. 30% du temps d'une infirmière en hôpital est occupé à remplir des fiches (papier ou informatique) !
    il reste peu de temps pour prendre le temps de souffler près d'un patient !
    il y a 10 ans j'ai eu une appendicite opérée à l'hôpital près de chez moi, mon seul souvenir est "alimentaire !" (Bouffe pas terrible ...) rien concernant de l'humain ! ! !

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    1. oui, anonyme du 16/12 à 9:38 - Cette histoire de paperasses et de mise sur les ordis par les infirmières existe depuis 15 ans environ. Ceci est du à restriction du personnel des secrétariats...! De plus, il faut savoir qu'une infirmière DOIT être très attentive à la médication d'un patient, car chaque médecin qui passe, dans le service, y va de son ordonnance de prescription (le précédent étant idiot....) et qu'il arrive des incompatibilités entre médicaments inscrits, non supprimés, et médicaments rectifiés par une autre ordonnance ! C'EST L’INFIRMIÈRE QUI EST RESPONSABLE EN CAS DE PROBLÈME... Et, l'infirmière prépare la "paillasse", c'est à dire les médicaments pour chaque malade en chambre.... DISTRIBUÉE PAR LES AIDES SOIGNANTES-parfois femmes de manages aussi ! SI UNE ERREUR est produite, à la distribution de médicaments... C'EST L’INFIRMIÈRE QUI EN EST RESPONSABLE...!!! VOILA pourquoi ma fille est partie de l'hôpital. Elle est en libérale, aide ses patients en leurs faisant des courses sur son passage pour aller chez eux, a un contact humain avec tous, et FAIT DES SOINS...choses pour laquelle elle a était formé.

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    2. OUPS, elle a été formé ! scusez !

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