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mercredi 26 décembre 2012

Japon, 26 décembre 2012


Japon radioactif avec le Parti démocrate libéral : le fils de Shintaro Ishihara devient ministre de l'environnement et ministre chargé des centrales nucléaires


Une insulte en pleine figure pour les citoyens japonais, particulièrement pour les habitants de Kanto et Tohoku contaminés par les matériaux radioactifs de l'accident nucléaire et encore plus pour les ouvriers de la centrale de Fukushima.

Nobuteru Ishihara est le fils aîné de l'irascible ex-gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara, qui fait équipe aujourd'hui avec l'enfant prodige d'Osaka City (Il n'a malheureusement pas hérité de l'apparence et du charisme de son oncle Yujiro Ishihara).


Dans les premiers jours qui ont suivi la crise nucléaire l'année dernière, M. Nobuteru Ishihara fut l'un de ceux à dire que les citoyens devraient avoir l'interdiction de se servir de leur dosimètre personnel pour mesurer la radioactivité. La raison ostensible était que les dosimètres pouvaient ne pas être ''justes''. Il s'est avéré que les stations de surveillance du gouvernement étaient inexactes.

En juin l'année dernière il fut celui qui traitait les mouvements anti-nucléaires d'hystérie de masse.

Il fut également celui qui a comparé la centrale de Fukushima à Aum Shinrikyo, secte qui fut responsable de l'attaque au gaz sarin dans un métro en 1995. Ishihara parlait de la centrale de Fukushima comme ''Fukushima I Satyam''. ''Satyam'' est le mot qu'utilisaient les adeptes de Aum Shinrikyo pour désigner leurs installations.

(Aum Shinrikyo est toujours en activité, en passant. Le nom a été changé, et ils ont de plus en plus d'adeptes au Japon)

Sous le premier ministre dont la preuve d'aptitude à gouverner a été d'avaler du riz au curry surmonté d'une côtelette de porc, Ishihara sera responsable de la décontamination (ou son manque) et de mettre fin à l'accident nucléaire (probablement en l'ignorant). Pas besoin de dire qu'il est tout à fait pour un redémarrage des centrales nucléaires.

Il ne va pas falloir beaucoup de temps avant que les gens se mettent à penser avec affection à Goshi Hosono et à ses poupées fabriquées en débris de la catastrophe. (au moins Hosono présente mieux)

Je me demande si Ishihara va recevoir un double salaire pour son double poste. Un ministre de cabinet japonais touche environ 37 millions de yens (329.000 €) par an. Cela représente 10 ans de salaires d'un ouvrier japonais.

Même Goshi Hosono a refusé de recevoir deux salaires pour sa double charge de ministre de l'environnement et de ministre chargé de l'accident des centrales nucléaires de Fukushima.




Pierre Fetet, du blog de Fukushima, a publié les 14 recommandations faites par le Dr Helen Caldicott en août dernier :

Le sacrifice nucléaire de nos enfants : 14 recommandations pour aider le Japon contaminé par la radiation.

caldicottDr. Helen Caldicott est pédiatre, spécialiste en fibrose kystique et présidente fondatrice de Physicians for Social Responsibility qui, au nom d’un groupe de coordination plus grand, a reçu le prix Nobel pour la Paix en 1985. Il semble que ce texte n’a pas été assez diffusé, c’est pourquoi j’en reproduis ici la traduction française, ainsi que les liens vers les versions anglaise, allemande et japonaise. 



 « En voyage à Cuba en 1979, j’ai été frappée par le nombre de panneaux publicitaires en bord de route affichant ces mots « Nos enfants sont notre patrimoine national ».
Ces mots résonnèrent dans mon âme de pédiatre car je les trouve tellement vrais. Mais comme l’affirme Akio Mastsumura dans son article, nos enfants sont actuellement sacrifiés sur l’autel des programmes politiques et nucléaires des Nations unies pour la survie des hommes politiques, dont la plupart sont des hommes, ainsi que pour des raisons de « sécurité nationale ».
 
Le problème dans le monde actuel est que les chercheurs ont oublié le commun des mortels à leur niveau d’entendement de la science. Savent-ils qu’une mauvaise application de la science, et notamment de la science nucléaire, a détruit et continuera à détruire une grande partie de l’écosphère et de la santé humaine ?
A vrai dire, la plupart des hommes politiques, d’affaires, des ingénieurs et des physiciens nucléaires ne comprennent manifestement rien à la radiobiologie, et notamment quant à savoir comment la radiation provoque le cancer, les déformations congénitales et les maladies génétiques qui se transmettent de génération en génération. Ils ne reconnaissent pas non plus que les enfants sont vingt fois plus sensibles au rayonnement que les adultes, que les fillettes sont deux fois plus vulnérables que les petits garçons et les fœtus bien plus encore.
D’où la réaction ridicule et irresponsable des hommes politiques japonais au désastre de Fukushima, non seulement parce qu’elle repose sur une ignorance totale mais aussi parce qu’elle est influencée par les liens politiques qu’ils entretiennent avec TEPCO (Tokyo Electric Power Company) et l’industrie nucléaire, qui ont tendance à orchestrer une grande partie du débat politique japonais.
 
L’accident de Fukushima a libéré 2,5 à 3 fois plus de radiations que Tchernobyl alors que le Japon a une population beaucoup plus dense et importante que l’Ukraine, le Bélarus et la Russie ; étant donné également qu’un million de décès attribués à Tchernobyl sont survenus dans les 25 années après cet accident, on s’attend à ce que plus d’un million de Japonais succombent aux retombées de Fukushima au cours des 25 prochaines années. Cependant, pour cette génération, le temps d’incubation du cancer à la suite de l’exposition à la radiation peut varier entre 2 et 90 ans. Ce constat s’applique donc aussi à toutes les générations japonaises futures qui seront exposées à un environnement et à une alimentation radioactifs.
Il semble que les dirigeants japonais se livrent activement à ignorer ou à dissimuler ces effrayantes prédictions médicales et que dans leur ignorance ils décident que les gens peuvent très bien retourner ou continuer à vivre dans les zones hautement contaminées. Cependant, à la suite de Fukushima, même certaines sections de Tokyo enregistrent la présence d’isotopes radioactifs dangereux dans la poussière des maisons, les plantes et le sol des rues.
 
Les cancers de la thyroïde associés à Tchernobyl ont fait leur apparition seulement trois ou quatre ans après l’accident (alors qu’aujourd’hui, 92 000 cas ont été diagnostiqués). Cependant, douze mois à peine après l’événement, à la Préfecture de Fukushima les échographies de 36% des 38 000 jeunes de moins de 18 ans révèlent la présence de kystes ou de nodules thyroïdiens (des biopsies doivent être effectuées pour exclure toute malignité). Un tel temps d’incubation raccourci donne à penser que ces enfants ont presque indubitablement reçu une forte dose d’irradiation à la thyroïde en inhalant et en ingérant de l’iode radioactif.
Ces résultats sont de mauvais augure pour le développement d’autres cancers puisque des centaines d’autres éléments radioactifs se sont dispersés, qui se concentrent maintenant dans les aliments, le poisson et les poumons humains. Certains de ses éléments ne restent radioactifs que pendant quelques minutes mais beaucoup le restent pendant des centaines à des milliers d’années. Ceci signifie que la plus grande partie de l’alimentation japonaise restera radioactive pendant plusieurs générations à venir. C’est ainsi que les accidents nucléaires n’en finissent jamais. 40% de la masse terrestre européenne est encore radioactive et le restera pendant des millénaires.
 
Que devrait-il donc se passer au Japon ? Voici mes recommandations :
 
1. Toutes les régions du Japon doivent faire l’objet d’une évaluation de la radioactivité du sol et de l’eau car les vents peuvent déplacer la pollution radioactive à des centaines de kilomètres du point d’origine à Fukushima.
 
2. Les déchets et les débris radioactifs ne doivent en aucun cas être incinérés pour éviter que les isotopes ne se reconcentrent dans les aliments et le poisson, se répandant ainsi davantage.
 
3. Tous les lots d’aliments doivent être adéquatement analysés au moyen de spectromètres afin de déceler les éléments radioactifs précis qu’ils renferment.
 
4. Aucun aliment radioactif ne doit être vendu ou consommé, ni dilué dans de la nourriture non-radioactive pour les besoins de la vente car les composants radioactifs ont cette faculté de pouvoir se reconcentrer dans divers organes du corps.
 
5. Toute l’eau destinée à la consommation humaine doit faire l’objet d’une analyse hebdomadaire.
 
6. Tout le poisson capturé au large de la côte est doit être analysé pendant plusieurs années à venir.
 
7. Toutes les personnes, surtout les enfants, les femmes enceintes et celles qui sont en âge de procréer qui continuent à vivre dans les zones de haute irradiation doivent immédiatement être évacuées vers les zones non-radioactives du Japon.
 
8. Toute la population qui a été exposée à l’irradiation de Fukushima – notamment les bébés, les enfants, les immunosuppressifs, les personnes âgées et autres – doivent faire l’objet de visites médicales régulières afin de détecter tout/e malignité, dépression médullaire osseuse, diabète, anomalie thyroïdienne, maladie cardiovasculaire, vieillissement prématuré et cataractes. Ils doivent aussi bénéficier de traitements adaptés pour le restant de leur vie. La leucémie commencera à se manifester dans les deux prochaines années et atteindra son pic dans cinq ans. Les cancers solides commenceront à faire leur apparition 10 à 15 ans après l’accident avec une fréquence croissante pour cette génération au cours des 70 à 90 années à venir.
 
9. Tous les médecins et prestataires de soins médicaux au Japon se doivent de lire et d’approfondir leur examen de « Tchernobyl – Conséquences de la Catastrophe pour l’homme et la nature », rédigé par l’Académie de Sciences de New York, afin de bien saisir la gravité de la situation qui les confronte.
 
10. Je propose aussi en toute humilité que les médecins en particulier, mais aussi les hommes politiques et le public, consultent ma page web nuclearfreeplanet.orgpour plus d’informations, qu’ils écoutent également les entretiens relatifs à Fukushima et à Tchernobyl dans mon émission radio à ifyoulovethisplanet.org et qu’ils lisent mon livre NUCLEAR POWER IS NOT THE ANSWER (La puissance nucléaire n’est pas la solution).
 
11. La communauté médicale internationale et en particulier l’OMS doivent être mobilisées immédiatement pour venir en aide à la profession médicale et aux hommes politiques japonais, afin notamment de lancer la tâche monumentale à laquelle il est fait référence ci-dessus.
 
12. Le gouvernement japonais se doit d’être disposé à écouter les avis et à recevoir l’aide proposée par la communauté internationale.
 
13. Le Japon doit, de toute urgence, demander et recevoir les avis et l’aide internationale par le truchement de l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) et de la NRC (Commission de Réglementation Nucléaire) aux États-Unis, des spécialistes nucléaires situés au Canada, en Europe, etc. afin d’éviter l’effondrement de l’unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi et du bassin de combustible usé, au cas où surviendrait un tremblement de terre d’ampleur de plus de 7 à l’échelle de Richter. Si ce bassin s’effondrait, cela engendrerait une chaleur et un feu qui pourrait libérer des substances radioactives 10 fois plus importantes que celles de Tchernobyl. Il n’y a pas de temps à perdre alors que, en ce moment la communauté mondiale attend passivement que la catastrophe arrive.
 
14. Les médias internationaux et japonais doivent immédiatement rapporter les faits relatifs au Japon qui sont énoncés ci-dessus. Ne pas le faire, c’est courir à la catastrophe mondiale. »

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