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vendredi 7 décembre 2012

Exploration en Antarctique


À la recherche de la vie dans un lac souterrain de l'Antarctique



Des scientifiques britanniques se sont envolés pour l'Antarctique ce week-end pour mener une extraordinaire recherche d'une vie dans une étendue d'eau de la taille du lac Windermere (en Écosse, NdT) enfouie sous trois kilomètres de glace.

Les chercheurs rejoignent une équipe d'ingénieurs qui a installé un camp sur la calotte glaciaire à l'ouest de l'Antarctique, où le soleil de décembre brille nuit et jour avec des températures qui plongent bien en-dessous de zéro.



Dans les jours à venir, l'équipe utilisera une foreuse à eau chaude stérilisée pour atteindre le lac Ellsworth sous-glaciaire et récupérer des échantillons d'eau et de sédiments qui ont pu rester isolés du reste du monde pendant un million d'années.


Trouverait-on une vie cachée dans les profondeurs du lac, qu'elle aurait évolué dans l'isolement pendant au moins 100.000 ans, mais probablement depuis plus longtemps. Les scientifiques veulent d'abord savoir si un environnement aussi rude peut accueillir la vie. Si c'est le cas, la question suivante est comment ?

Les réponses feront avancer la compréhension de la vie sur Terre et aideront aux recherches de vie ailleurs dans le système solaire, comme pour l'océan de glace sur Europe, la lune de Jupiter.

''Des environnements extrêmes vous disent quelles contraintes existent sur la vie,'' a dit Mike Bentley, géologue de l'équipe de l'université de Durham. ''Si nous trouvons un ensemble environnemental particulier où la vie ne peut exister, cela crée une borne : celle des limites de la vie.''

Le lac Ellsworth est l'un des 360 lacs sous-glaciaires de l'Antarctique qui se sont formés quand une légère chaleur venant de l'intérieur de la planète a fait fondre la base du glacier sus-jacent. Sur Terre, un environnement moins hospitalier est difficile à imaginer. Tout organisme qui y vit est complètement coupé de l'air de surface et doit se contenter de conditions inférieures à zéro, d'une raréfaction de nutriments, d'une obscurité totale et d'une intense pression.

La recherche de vie n'est qu'une partie de ce qui motive l'investigation du lac Ellsworth. Par l'étude des sédiments du cœur qui seront extraits du fond, les scientifiques espèrent apprendre la chronologie des fluctuations du glacier au-dessus et comment l'environnement local a évolué avec le temps.

La semaine à venir sera consacrée à préparer l'opération des 3 jours de forage, dont le démarrage est prévu le 12 décembre. Pour sonder le lac, des ingénieurs ont fait fabriquer un tuyau de 3,4 km de long, suffisamment solide pour supporter son propre poids et un embout à son extrémité. Le tuyau fera circuler de l'eau ultra-propre chauffée à 90° C qui jaillira de l'embout en faisant fondre la glace pour se frayer un chemin.

Une fois démarrée le percement vers le lac, ils auront 24 heures pour stériliser l'entrée du trou avec une puissante lumière ultra-violette et introduire l'équipement dans l'eau pour collecter tous les échantillons dont ils ont besoin avant que le trou ne se referme avec le gel.

''C'est tout à fait passionnant de devoir faire pour la première fois une recherche scientifique avec une fenêtre de 24 heures ou à peu près, en sachant qu'il n'y aura pas de deuxième occasion,'' a dit le Dr Matt Mowlem, qui a conçu la technologie sous-marine du projet au Centre National d'Océanographie de Southampton. Les scientifiques collecteront des échantillons d'eau à différentes niveaux du lac, qui est profond de 150 mètres, en immergeant une sonde de six mètres et d'un poids de 400 kg. On espère les premiers échantillons pour le 18 décembre. L'équipe a deux modèles d'évideurs à sa disposition pour récupérer les sédiments du fond du lac.

Communiquant par téléphone depuis une petite tente en Antarctique, Chris Hill, ingénieur britannique pour l'étude de l'Antarctique qui gère les opérations, a parlé au Guardian des rigoureuses conditions de vie et du programme des semaines à venir.



''Il fait sacrément froid. À notre réveil le matin, l'intérieur de la tente est à environ -15 ou -20°. Aujourd'hui il fait – 25° dehors et il n'y a pas de vent. Ça pénètre jusqu'aux os,'' a-t-il dit.

L'équipe passera six semaines sur la glace. Le point central du camp est une tente qui abrite une cuisine, la zone des repas et des bureaux, autour de laquelle il y a une poignée de tentes plus petites pour dormir. Par temps de blizzard, la visibilité descend en-dessous de 5 mètres.

''Une fois commencée l'opération de forage, impossible de s'arrêter sinon les tuyaux gèleront et c'est fichu. On va être obligés de faire du 24h/24 pendant une semaine et demie à deux semaines et quel que soit le temps, il faudra continuer.''

Tous les équipements ont été testés, mais aucun terrain d'essai en Grande-Bretagne ne peut vraiment reproduire les conditions que l'équipe va rencontrer en Antarctique. ''Tout ce que nous faisons est nouveau,'' a dit Hill. ''Nous serons les premiers à forer aussi profondément avec de l'eau chaude, nous allons forer plus propre que quiconque auparavant et nous allons mettre en service deux instruments construits sur mesure et conçus pour ce travail. Qu'est-ce qui me donne des insomnies ? Tout.''

L'équipe va rester en Antarctique jusqu'à janvier et passera la période des fêtes à travailler sur la glace. Malgré cette entreprise austère et difficile, ceux qui n'ont pu participer restent envieux de leurs collègues. ''Ils vont passer Noël au froid, mais j'aurais aimé être avec eux,'' a dit Mowlem.


Traduit par Hélios

1 commentaire:

  1. Tout-à-fait passionnant, mais il a été trouvé de la vie dans des conditions que nous ne pensions pas possibles dans les grandes profondeur océaniques ( pression fantastique ), près de geysers d'eau volcanique dans une ambiance à plus de 300°C, sous forme de micro-animaux et bactéries se nourrissant de...méthane !
    Ce que c'est que de nous ma bonne dame...

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