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vendredi 2 novembre 2012

Ultraman, 2 novembre 2012


On retrouve Ultraman aujourd'hui avec l'histoire de la flaque d'eau sans danger.

Un ouvrier qui travaillait dans le bâtiment de turbine du réacteur 3 en mars de l'année dernière a déposé une plainte contre Kandenko, un sous-traitant de TEPCO

Vous souvenez-vous de l'incident du 24 mars 2011 à la centrale de Fukushima, où trois ouvriers ont été irradiés en marchant dans une ''flaque d'eau'' fortement contaminée dans le bâtiment de turbine du réacteur 3 où ils installaient des câbles électriques ?

(Rappelez-vous qu'une ''flaque'' d'eau dans le jargon de TEPCO et de l'ex-NISA voulait dire un sous-sol inondé)

L'un des ouvriers du même groupe que ces trois-là a déposé formellement plainte contre l'un des trois sous-traitants qui les avaient engagés (Kandenko) pour violation de la loi sur la sécurité et la santé au travail.

Sa revendication : un groupe d'ouvriers de TEPCO du même poste de travail a renoncé, après avoir mesuré une très forte irradiation (400 millisieverts/h à la surface de l'eau), mais son employeur, l'important sous-traitant Kandenko a ordonné à son groupe de rester et de faire le travail.

Maintenant ce n'est pas ce qui avait été rapporté en mars l'année dernière.

Selon le Tokyo Shinbun (1er novembre, partiel) :


Un homme de 46 ans qui travaillait pour un sous-traitant d'Iwaki avait été engagé le 24 mars 2011 pour un travail de pose de câbles électriques dans le bâtiment de turbine du réacteur 3, peu de temps après le début de l'accident nucléaire.
Selon cet homme, on lui avait dit que les taux de radiations étaient suffisamment faibles pour ne pas mettre en danger les ouvriers, mais il y avait en réalité une énorme quantité d'eau fortement contaminée et les radiations étaient élevées.

Un autre groupe d'ouvriers composé d'employés de TEPCO ont mesuré 400 millisieverts/h de radiations dans le sous-sol du réacteur 3, et il a renoncé. Pourtant, on a ordonné au groupe dont faisait partie cet ouvrier de poursuivre le travail.

Sentant un danger, un ouvrier refusa la partie du travail qui l'aurait obligé à marcher dans l'eau contaminée, mais il s'est trouvé quand même exposé à plus de 11 millisieverts de radiations en moins d'une heure. Des 6 ouvriers du groupe incluant cet homme, 3 ouvriers ont marché dans l'eau contaminée, et leur exposition aux radiations provenant de ce seul temps de travail fut entre 172 et 180 millisieverts. C'est presque deux fois plus que la limite d'exposition normale aux radiations de ''100 millisieverts en 5 ans''.

L'avocat de l'homme accuse Kandenko pour violation de la loi en obligeant des ouvriers à continuer un travail quand un autre groupe d'ouvriers au même endroit s'est retiré pour éviter un exposition à de fortes radiations, et demande une sanction.
J'ai recherché mes billets de mars l'année dernière et d'autres articles de journaux et voici ce que j'ai pu rassembler :

1. Avant ce travail particulier, TEPCO avait dit que le niveau de radiations était faible et qu'il N'Y AVAIT PAS DE FLAQUE.
Kyodo News rapportait le 25 mars 2011 :
TEPCO a dit mercredi qu'il n'y avait pas de flaque sur le site et que le niveau de radiations n'était que de quelques millisieverts par heure.
Pourtant le mercredi 24 mars 2011, quand TEPCO disait qu'il n'y avait pas de flaque et que les radiations étaient faibles dans le bâtiment de turbine du réacteur 3, l'Asahi rapportait :
Réacteur n°3 : à 4h30 la fumée noire était retombé. TEPCO décida que c'était sans danger pour terminer le travail et dirigea les ouvriers pour qu'ils remettent en service les pompes de refroidissement.
La période entre le 20 et le 23 mars est celle où un événement s'est déroulé, probablement au réacteur 3, qui a libéré une quantité importante de matériaux radioactifs de la centrale et s'est répandue dans un large rayon sur Tohoku et Kanto.
2. La ''flaque'' faisait 1,50 m et l'eau contenait 3,9 millions de becquerels/cm3 de matériaux radioactifs (césium).
Un jour plus tard le 25 mars, le Yomiuri rapportait que la profondeur de la ''flaque'' au réacteur 3 était en réalité de 1,50 m au plus profond. L'endroit où les ouvriers travaillaient n'était supposé avoir que 15 cm de profondeur.
L'Asahi a rapporté que la ''flaque'' contenait 3,9 millions de becquerels de césium radioactif par cm3 (26 mars 2011).

3. 400 millisieverts/h à la surface de l'eau, 200 millisieverts/h dans l'air.
Le taux de radiations à la surface de l'eau était de 400 millisieverts/h et celui de l'air était de 200 millisieverts/h, selon Kyodo News.
4. Les ouvriers ont été rendus responsables de n'avoir pas mesuré les radiations, de ne pas porter de bottes.
Le même Kyodo News rapportait :
On a dit jeudi que les ouvriers n'ont pas fait de mesures avant de démarrer le travail de pose des câbles

5. Les ouvriers irradiés étaient jeunes, ils ne portaient que des tenues en Tyvek.
Les ouvriers qui ont été exposés à 172-180 millisieverts de radiations étaient dans la vingtaine et la trentaine. Ils portaient des tenues en Tyvek. Nous savons tous que les tenues en Tyvek non-tissé ne font pas du tout écran aux radiations, mais à ce moment-là, nous ne le savions pas et plusieurs en sont venus à penser que les tenues en Tyvek protégeaient des radiations.
6. Les pieds des ouvriers qui ont marché dans l'eau ont été exposés à des radiations entre 2 et 6 SIEVERTS.. 
Mais ce fut estimé comme ''non dangereux pour la vie'' parce que l'exposition ne se faisait qu'aux pieds et non au corps tout entier.
Pour relativiser les ''400 millisieverts/h'' de radiations, le taux de radiations à la surface de l'eau dans l'enceinte de confinement du réacteur 1, mesuré le 10 octobre de cette année, était de 0,5 sievert/h, ou 500 millisieverts/h.
Un taux de radiations de l'air de 200 millisieverts/h peut être trouvé sur le plancher opératoire du réacteur 2, qui a libéré la plus grosse quantité de matériaux radioactifs. Quince 2 a fait une carte des niveaux de radiations le 13 juin de cette année, avec des mesures entre 40 et 880 millisieverts/h. TEPCO a conclu qu'ils ne pouvaient envoyer aucun ouvrier humain travailler, car les taux étaient simplement trop élevés.

Dans les premiers jour, il est clair que cela n'a jamais été un problème.



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