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samedi 17 novembre 2012

La sagesse de Krishnamurti (2ème partie)


Les 6 premières citations sont ICI.

7. Nier complètement la morale conventionnelle c'est être très moral, parce que ce que nous appelons morale sociale, morale de respectabilité, est totalement immoral; nous sommes en compétition, avides, envieux, à chercher notre propre voie – vous savez comment nous nous conduisons. Nous appelons çà morale sociale; les religieux parlent d’une autre sorte de morale, mais leur vie, toute leur attitude, la structure hiérarchique de l’organisation religieuse et leurs croyances sont immorales. Nier cela n’est pas ré-agir, parce que lorsque vous ré-agissez, cela revient à être une autre forme d'opposition créée par sa propre résistance. Mais le nier parce que vous comprenez, c’est la plus haute forme de morale.
De la même manière, nier la morale sociale, nier la manière dont nous vivons – nos petites vies minables, nos pensées et notre existence superficielles, être satisfait de nos biens accumulés à un niveau superficiel – nier tout cela, pas en réaction mais en voyant la totale stupidité et la nature destructrice de cette manière de vivre – nier tout cela c'est vivre. Voir le faux comme étant faux – cette façon de voir est la vérité.

8. Si les gens qui disent aimer leurs enfants le pensaient vraiment, y aurait-il des guerres ? Y aurait-il des divisions entre nationalités- y aurait-il des séparations ?

9. Si l’esprit est non conditionné, il est libre. Alors nous allons découvrir, examiner de très près ce qui rend l’esprit si conditionné, quelles sont les influences qui ont amené ce conditionnement, et pourquoi nous l’acceptons. Tout d’abord, la tradition joue un rôle énorme dans la vie. Dans cette tradition le cerveau a été construit pour une sécurité physique. Personne ne peut vivre sans sécurité, c’est la toute première demande animale, qu’il y ait une sécurité physique; il faut une maison, de la nourriture et des vêtements. Mais la manière psychologique dont nous utilisons ce besoin de sécurité amène le chaos à l’intérieur et à l’extérieur. Le psychisme, qui est la structure même de la pensée, veut aussi la sécurité intérieure, à tous les niveaux. Et les problèmes commencent. Il faut une sécurité physique pour tout le monde, pas seulement pour quelques-uns; mais cette sécurité physique pour tous est refusée dès qu'il y a recherche de sécurité psychologique par les nations, les religions et la famille.

10. Ensuite il y a la question de la mort, que nous avons soigneusement éloignée de nous, comme quelque chose qui arrivera dans le futur – un futur qui peut être dans 50ans ou bien demain. Nous avons peur de l'échéance, d'en arriver physiquement à une fin et d'être séparé de nos possessions, pour lesquelles nous avons travaillé, vécu – l'épouse, le mari, la maison, les meubles, le petit jardin, les livres et les poèmes que nous avons écrit où espérions écrire. Et nous avons peur de laisser partir tout cela, car nous sommes ces meubles, nous sommes l’image que nous possédons ; quand nous sommes capables de jouer du violon, nous sommes ce violon. Parce que nous nous sommes identifié avec ces choses – nous sommes tout cela et rien d’autre. Avez-vous jamais considéré les choses de cette façon ? Vous êtes la maison – avec ses volets, sa chambre, ses meubles cirés avec beaucoup d’attention depuis des années, que vous possédez – c'est-à-dire qui sont vous. Si vous enlevez tout cela, vous n’êtes plus rien.
Et c’est cela qui vous fait peur – de n’être rien. N’est-il pas très étrange de passer 40 ans à aller au bureau et quand vous arrêtez de faire ces choses, vous avez des problèmes cardiaques et vous mourez ? Vous êtes le bureau, les dossiers, le responsable ou l’employé ou qui que ce soit selon votre statut; vous êtes cela et rien d’autre. Et vous avez beaucoup d’idées sur Dieu, la bonté, la vérité, ce que la société devrait être – c'est tout. C’est là que c'est bien triste. Réaliser que pour vous c'est ce qui compte, voilà ce qui est triste, mais la plus grande tristesse est que vous n’en soyez pas conscients. Le voir et découvrir sa signification est mourir.

11. Pouvez-vous observer n’importe quoi – un un arbre, votre femme, votre voisin, un homme politique, un prêtre, un beau visage sans réaction du mental ? L'image de votre femme, de votre mari, de votre voisin, observer un nuage ou connaître un plaisir, tout cela crée des interférences, n’est-ce pas ? Donc quand il y a interférence avec une quelconque image, subtile ou évidente, alors il n’y a pas d’observation, pas de vraie et totale prise de conscience – il n' y a qu'une prise de conscience partielle. Pour observer avec clarté, il ne doit pas y avoir d’image qui s’interpose entre l’observateur et la chose observée.Quand vous regardez un arbre, pouvez-vous le regarder sans en savoir le terme botanique, ou sans prendre conscience de votre plaisir ou désir à son sujet ? Pouvez-vous le regarder si complètement que l’espace entre vous – l'observateur – et la chose observée disparaisse? Ceci ne signifie pas que vous devenez l’arbre ! Mais quand cet espace disparaît, il y a absence de l’observateur, et seule la chose observée demeure. Dans cette observation il y a perception, une vision de la chose avec son extraordinaire vitalité, sa couleur, sa forme, la beauté de la feuille ou du tronc ; quand il n’y a pas le moi au centre qui observe, vous êtes intimement en contact avec ce que vous observez.

12. Si je pense que je suis très beau et que vous me dites que non, ce qui peut être un fait, vais-je apprécier ? Si je pense que suis très intelligent, très malin, et que vous me faites remarquer que je ne suis en réalité qu'un idiot, cela sera dur à avaler. Et le fait que vous me montriez ma stupidité vous donne du plaisir, n’est-ce pas ? Cela flatte votre vanité, cela montre à quel point vous, vous êtes malin. Mais vous ne voulez pas voir votre propre stupidité ; vous voulez échapper à ce que vous êtes, vous voulez vous cacher à vous-même, cacher votre propre vide, votre propre solitude. Alors vous recherchez des amis qui ne vous diront jamais ce que vous êtes. Vous voulez montrer aux autres ce qu’ils sont ; mais quand les autres vous montrent ce que vous êtes, vous n’aimez pas. Vous évitez de vous exposer à votre vraie nature.

13. La vraie liberté n’est pas quelque chose à acquérir, elle est le résultat de l’intelligence. Vous ne pouvez pas sortir pour acheter de la liberté au marché. Vous ne pouvez pas l’acquérir en lisant un livre, ou en écoutant quelqu’un parler. La liberté vient avec l’intelligence.

Mais qu’est l’intelligence? Peut-il y avoir intelligence quand il y a peur, ou quand l’esprit est conditionné ? Quand vous avez des idées préconçues, ou quand vous pensez être un être humain merveilleux, ou que vous êtes très ambitieux et voulez grimper l’échelle du succès, mondain ou spirituel, peut-il y avoir intelligence ? C'est certain, l’intelligence arrive quand vous comprenez et vous détachez de toute cette stupidité. Alors il faut vous y mettre; et la première chose est d’être conscient que votre esprit n’est pas libre. Il faut observer la manière dont votre esprit est ligoté par toutes ces choses, et ensuite voilà le début de l’intelligence, qui apporte la liberté. Vous devez trouver votre propre réponse. À quoi bon que quelqu’un d'autre soit libre quand vous ne l'êtes pas, ou que quelqu’un d’autre ait à manger quand vous avez faim ?

Pour être créatif, qui est d'avoir une vraie initiative, il doit y avoir liberté; et pour une liberté, il faut l’intelligence. Alors vous devez faire des recherches et découvrir ce qui empêche l’intelligence. Vous devez examiner votre vie, remettre en question les valeurs sociales, tout, et ne pas accepter n’importe quoi parce que vous avez peur.

14. Avez vous jamais réfléchi aux raisons pour lesquelles vous avez été éduqués, pourquoi vous apprenez l’histoire, les mathématiques, la géographie et autres? Vous êtes-vous demandé pourquoi vous allez dans des écoles et des collèges ? Est-ce de l’information, de la connaissance? Qu’est cette soi-disant éducation? Vos parents vous envoient là, peut-être parce qu’ils ont eux-mêmes passé certains examens et diplômes variés. Vous êtes-vous demandés pourquoi vous êtes là, les enseignants vous ont-ils demandé pourquoi vous êtes là ? Les enseignants savent-il pourquoi ils sont là ? Ne devriez-vous pas tenter de découvrir en quoi consiste toute cette lutte – cette lutte pour étudier, passer des examens, vivre à un endroit donné loin de chez soi et ne pas avoir peur, bien jouer le jeu et ainsi de suite ? Vos enseignants ne devraient-ils pas vous aider à vous renseigner à ce sujet et pas seulement vous aider à vous préparer à vos examens ?

15. Alors la religion devient une question de croyance, et la croyance agit comme une limitation de votre esprit; et l’esprit n’est ensuite jamais libre. Mais c’est seulement dans la liberté que vous pouvez découvrir ce qui est vrai, ce qu’est Dieu, pas à travers des croyances; parce que vos croyances projettent ce que vous pensez que Dieu devrait être, ce que vous pensez devoir être vrai. Si vous croyez que Dieu est amour, que Dieu est bon, que Dieu est ceci ou cela, vos croyances mêmes vous empêchent de comprendre ce qu’est Dieu, ce qui est vrai.

16. Un esprit conditionné n’est pas libre parce qu’il ne dépasse jamais ses propres limites, ne va jamais au-delà des barrières qu’il s'est construit autour de lui; c’est évident. Et c’est très difficile pour un tel esprit de se libérer de son conditionnement et de le dépasser, parce que ce conditionnement lui est imposé non seulement par la société, mais par lui-même. Vous aimez votre conditionnement parce que vous n’osez pas aller au-delà. Vous avez peur de ce que votre père et votre mère pourraient dire, ou ce que la société et le prêtre pourraient dire; de ce fait vous aidez à créer les barrières qui vous emprisonnent. C'est la prison où la plupart d’entre nous sommes
enfermés, et voilà pourquoi vos parents vous disent tout le temps – ce qu'à votre tour vous direz à vos enfants – fais ceci, ne fais pas çà.

17. Maintenant, il y a beaucoup de gens qui vont vous parler du but de la vie; ils vous raconteront ce que disent les livres sacrés. Les gens intelligents vont continuer d’inventer des buts variés à la vie. Le groupe politique aura un projet, le groupe religieux un autre, etc., etc. Et comment allez-vous découvrir quel est le but de la vie quand vous-même êtes embrouillé ? Il est certain qu’aussi longtemps que vous vous sentirez confus, vous ne recevrez qu’une réponse également confuse. Si votre esprit est perturbé,s'il n’est pas vraiment calme, quelle que soit la réponse que vous recevrez, elle se fera à travers cet écran de confusion, d’anxiété, de peur; et de ce fait la réponse sera pervertie. Alors la chose importante n’est pas de demander quel est le but de la vie, mais d’éclaircir votre confusion intérieure. C’est comme un aveugle qui demande ce qu'est la lumière. Si vous essayez de lui décrire ce qu’est la lumière, il écoutera en fonction de sa cécité, en fonction de l'obscurité où il se trouve; mais dès qu’il peut voir, il ne demandera jamais ce qu’est la lumière. Elle est là.




Traduit par Chantalouette et Hélios


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