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jeudi 1 novembre 2012

La fête de Saman

Aujourd'hui, 1er novembre, est un jour férié du calendrier dans de nombreux pays. Chez nous en France, on le doit à la religion catholique romaine. Mais revenons à la racine de cette date en retrouvant la tradition païenne gauloise, donc celte, de la fête de Saman, qui démarre le calendrier des druides, celui de nos ancêtres.

Généralités


Les recherches historiques et archéologiques permettent de mettre en évidence que les Celtes célébraient quatre fêtes liées aux cycles des saisons et aux rythmes agraires. Il s'agit des fêtes de Saman, Imbolc, Beltan et Lugnasad. Ces fêtes, qui célébraient la nature et la fécondité, étaient symbolisées par les différents dieux et déesses du panthéon celtique. Dans ce panthéon, la Déesse-Mère tenait une place prépondérante. D'autre part, une importante proportion des mégalithes occidentaux présentent une orientation liée aux solstices ou aux équinoxes. Ces quatre rendez-vous solaires devaient également faire l'objet de fêtes particulières qui venaient s'ajouter aux quatre fêtes précédentes. L'année celtique était donc rythmée par huit fêtes espacées d'environ six semaines. Chacune d'entre-elles revêtait un aspect profane ainsi qu’un aspect sacré.

Ces fêtes, associées aux périodes de l'année et à l'environnement naturel, correspondaient de façon si profonde avec les fondements archétypaux de l'être humain qu'une religion venue des sables du désert ne pût les éradiquer complètement. Pour s'imposer, elle fut contrainte de se greffer dessus en y substituant un symbolisme qui lui était propre. Elle combâttit également le culte de la Déesse-Mère en décrétant que la nature toute entière devait être soumise à l'homme. Nous constatons aujourd'hui les conséquences de cet état d'esprit sur notre environnement. Par la même occasion, cette religion imposa la soumision aux femmes en inventant le péché, une notion qui était totalement étrangère aux Celtes; et en diabolisant d'une manière générale tout ce qui est de nature féminine.

Aujourd'hui, alors que la majorité d'entre nous vit dans les villes, un retour vers une forme de spiritualité tournée vers la nature amène de plus en plus de nos contemporains à s'intéresser à des voies liées au paganisme et, notament, au druidisme. Les Druides d'aujourd'hui, hommes et femmes, cherchent à travers leurs pratiques à réharmoniser l'être humain avec la Nature, à renouer le lien subtil entre le Ciel et la Terre. En réhabilitant également la Déesse dans leur spiritualité, ils rendent à la femme la place qui lui revient de droit.





Les fêtes druidiques d'aujourd'hui expriment une vision cyclique du temps, et une des fonctions de ces célébrations est d’inscrire le cycle humain dans le grand cycle de la nature; d’harmoniser les rythmes de l’homme sur les plans physiques, psychologiques et spirituels. Pour eux la Nature, image de la Déesse-Mère, est célébrée comme une source d'inspiration, une conseillère de sagesse et de beauté. Ils pensent que l'homme n'est qu'un des éléments de la grande harmonie naturelle. Chaque fête revêt donc une dimension spirituelle et véhicule un enseignement au travers d’un symbolisme inspiré de la période de l’année. La succession des fêtes au cours de l’année symbolise à la fois le cheminement intérieur de l’être humain et les grandes phases de l’existence humaine.

Le nom des Fêtes 

Plusieurs groupes druidiques contemporains ont décidé d'harmoniser leurs démarches. Pour cela, ils ont choisi entre autre d'utiliser l'irlandais ancien pour nommer les fêtes du Feu, à savoir Saman (prononcé samane), Imbolc (imbolque), Beltan (beltane) et Lugnasad (lougnazade). C'est cette dénomination qui sera retenue dans la présentation qui suit. 
 
Les fêtes de Saman, Imbolc, Beltan et Lugnasad sont liées aux évènements de la vie terrestre; en particulier à la vie végétale et animale; ce sont donc des fêtes plutôt liées à la Déesse-Mère. Les dates de ces fêtes sont données à titre indicatif, car les évènements varient dans le temps d'une année sur l'autre en fonction de l'avancement ou du retard de la nature. Il s'agit donc plutôt de "périodes" de fêtes.

Les solstices et les équinoxes sont, eux, liés à la course du soleil. Ils sont donc fixés à des dates précises et sont de nature solaire. Ils sont également liés au symbolisme des points cardinaux, des Eléments et de certains animaux:

Solstice d'hiver : le nord, la Terre, l'ours
Équinoxe de printemps : l'est, l'air, l'oiseau
Solstice d'été : le sud, le feu, le cerf
Équinoxe d'automne : l'ouest, l'eau, le saumon

Pour les Celtes, tout commençait par une gestation. La nouvelle journée, par exemple, commençait la veille au soir. C'est donc tout naturellement qu'ils ont placé le commencement de la nouvelle année au début du mois de novembre, avec la fête de Saman.

Pour les Druides, c’est donc le début d’une nouvelle année, mais c'est un temps qui se situe hors du temps. A cette période, toutes les forces de la nature sont descendantes et convergent vers le centre de la Terre. Ce moment où tout meurt dans la nature est le mieux choisi pour se relier à la mort. 
 
Saman est un moment particulier où le temps et l’espace, le monde visible et invisible communiquent. Il est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et ceux du Sidh, l’Autre monde. Il faut distinguer l’Autre Monde de l’Au-delà. L’Autre Monde est un monde intermédiaire jouxtant souvent le nôtre. Ses habitants peuvent en sortir ou y entrer et même y inviter des humains. C’est le monde des dieux par opposition au monde des hommes. C’est un monde sacré dont les habitants sont immortels et qui peuvent se trouver n’importe où à n’importe quel moment. L’Au-delà est le monde mystérieux où vont tous les humains après leur mort et d’où personne ne revient. Cependant, la mort n’était crainte que dans l’acceptation de son enseignement. La crainte de la fin en apparence suscite la prise de conscience de la dualité de la vie, et cette prise de conscience représente le premier pas vers la quête de la Connaissance. 

Le rituel a lieu la nuit. On symbolise le passage nécessaire par la mort en éteignant le feu, puis en le rallumant. Pendant ce moment où le feu est éteint et où on est plongé dans l'obscurité la plus complète, on peut ressentir et prendre conscience de l'absence de la Lumière, de la réalité et de la consistance de la Nuit, de notre nuit intérieure. Mais c'est aussi par le feu allumé dans l'obscurité que l'on peut percevoir notre Feu intérieur renaissant.

Le cérémonial de Saman vise aussi à honorer les Ancêtres et à établir un contact avec les disparus, considérés comme source de conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la période obscure qui s'annonce, il nous faudra une lumière qui éclaire nos pas. C'est pourquoi, à cette période où la Porte est ouverte, nous pouvons solliciter d'être guidés par des Âmes supérieures. C'est également un moment propice pour apporter notre aide spirituelle à ceux qui ont quitté ce monde. Cependant, le cheminement des âmes défuntes dans le monde spirituel est fonction de l’état de conscience qu’elles ont atteint au cours de leur vie. Plus leur conscience a été coupée du monde spirituel, plus ils sont perdus. Leur attention est toute tournée vers la terre. C’est seulement de la terre qu’ils pourront être aidés à prendre leur envol vers les sphères spirituelles. Cependant, il est utile de préciser que dans ces deux cas (demande d'inspiration et aide), il s'agit bien d'une pratique spirituelle qui n'a rien à voir avec le spiritisme. D'autre part, le rituel de Saman étant particulier, il est traditionnellement reservé aux druides; il n'est pas ouvert à l'extérieur comme peuvent l'être, parfois, d'autres cérémonies.

Ce moment hors du temps est un seuil entre l'ancienne et la nouvelle année. Il nous permet de nous débarrasser de ce qui nous entrave, de nos "branches mortes". Nous pouvons enterrer quelque chose qui symbolise ce dont nous voulons nous débarrasser ou bien faire le deuil. En retournant à la Terre, nos "branches mortes" retournent ainsi dans le grand cycle de la vie. Mais aujourd'hui, il y a parfois une mauvaise compréhension de la notion de "Faire le deuil". Elle est souvent présentée comme une résignation fataliste, un renoncement ou une volonté délibérée d'oublier un évènement douloureux; et de ce fait quelque chose qu'il faudrait plutôt éviter. Pourtant, "Faire son deuil" est l'acceptation consciente d'une des grande Loi de la Vie, celle qui fait que tout ce qui naît est appelé à mourir, qu'un jour nous perdrons des êtres chers, et que nous disparaîtrons nous-même à notre tour. C'est la première grande Loi à apprendre car toute l'orientation de notre vie dépend de la conception que nous nous faisons de la mort.

Saman est aussi une période de rupture, abolissant l’ordre et la structure du monde; et permettant au chaos de les mettre en valeur et de les rendre ainsi confortables psychologiquement. Dans le passé, cette période de libération et de désordre était aussi manifestée extérieurement: Les hommes s’habillaient en femme et inversement, les barrières des champs étaient démontées et jetées au fossé, on déplaçait les bêtes du voisin dans un autre pré, les enfants faisaient des facéties,... Il y a une survivance édulcorée et dénaturée de cette fête dans Halloween.

C’est le temps de la vieillesse, de la mort, des ancêtres. Cette période est placée sous le signe du Scorpion, signe de la mort et de la transformation.

Extrait d'un article trouvé ICI.

2 commentaires:

  1. Coucou Hélios
    j'ai un problème avec ma boite de courriel et je ne peux pas en envoyer .

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  2. Merci Helios, tres bon sujet que celui là...

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