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vendredi 28 septembre 2012

Ultraman, 28 septembre 2012

Vidéo de l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 1 rempli de fumée/vapeur de la centrale de Fukushima

TEPCO a publié une vidéo de 40 mn le 27 septembre, sans explication sur la date ou le taux de radiations auxquels les ouvriers qui font la manipulation sont soumis (les ouvriers s'étaient entraînés sur une maquette)

La vidéo démarre après qu'un trou d'un diamètre de 130 mm ait été percé. Au début, il semble ne rien se passer, jusqu'à l'ouverture du clapet à bille à 50 secondes. Ce qu'on voit au fond du trou est l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 1. La caméra est insérée à environ 2 mn de la vidéo.

L'intérieur semble être empli d'une fumée blanche ou de vapeur, bien qu'il ne semble y avoir aucun ruissellement comme dans l'enceinte du réacteur 2. À environ 4 mn, une sorte de structure est discernable. À 5 mn, un mur rouillé commence à apparaître à gauche de l'écran.

À environ 18 mn, la caméra zoome et vous commencez à voir ce qui ressemble à des débris de métal et de béton.

Qu'est-ce qui a détruit ainsi l'intérieur ? Le séisme ? Une explosion ?




(Suivez les indications d'Ultraman, si vous voulez voir la vidéo sans perdre de temps)

Selon le rapport de TEPCO sur la progression en date du 24 septembre, ce sont des ouvriers d'Hitachi qui font le travail (les ouvriers de Toshiba font des recherches sur les enceintes des réacteurs 2 et 3).

En juin cette année, TEPCO a fait un contrôle de la chambre torus du réacteur 1, où ils ont trouvé un taux de radiation de 10 sieverts/h au-dessus de la surface de l'eau.


Un deuxième article assez long, mais je remercie Ultraman d'avoir passé du temps à traduire du japonais les précieuses informations données par le Pr Hayakawa, fruit de son patient travail.


Carte du relevé des radiations de l'accident de la centrale de Fuku I par le Pr Hayakawa, version 7 : ''La contamination semble coïncider avec la chute de pression du réacteur'', et non avec les explosions



Il a fait cette observation dans la toute dernière version (la 7ème) de sa carte de relevés des radiations, publiée en juillet, avant que le gouvernement préfectoral de Fukushima n'ait honteusement publié les données provenant des postes de surveillance, relevées en mars l'année dernière, qui montrent bien des pics de radiations dans des lieux de la préfecture de Fukushima non pas après les explosions mais après le changement de pression dans le réacteur après dégazage.

Le Pr Hayakawa de l'université de Gunma a été le premier le 8 avril 2011 à mettre rapidement sur internet un graphique, après que le gouvernement préfectoral de Fukushima ait annoncé le résultat des mesures de radiations dans les écoles et les crèches de Fukushima. La première version de la carte a été publiée sur le net le 21 avril 2011. Je me souviens l'avoir vue et me souviens aussi qu'il a été attaqué en tant que ''semeur d'alarme''. C'était à l'époque où Iitate-mura fut officiellement désignée comme ''zone d'évacuation programmée''.

Dans la 7ème et dernière version, le Pr Hayakawa a fait deux choses nouvelles :



  • La carte est maintenant recto-verso, et sur l'envers il a mis une carte comparant les contaminations de Tchernobyl et de Fukushima ; il a également mis une carte chronologique de la contamination.
  • La carte est disponible gratuitement sur internet, comme toutes les versions précédentes, mais cette fois la version imprimée est vendue à l'extérieur (pour 200 yens au Japon), ce qui fait que les gens qui n'ont pas accès à internet puissent se la procurer.



D'après les tweets que je lis, c'est bien parti.
Ce qui suit est ma traduction d'une partie du texte de la carte, avec révision et insertions du professeur. C'est moi qui souligne :

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Page d'accueil : carte de relevé des radiations de l'accident de Fukushima Daiichi
(Un volcan bleu souriant, l'une des icônes qu'utilise Hayakawa sur Twitter dit la chose suivante)

Consommer, ne pas consommer. Aller, ne pas aller. Évacuer, ne pas évacuer. Faire, ne pas faire. Arrêter, ne pas arrêter. Décidez par vous-même. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse pour les mesures contre la contamination par radiations. Comment faire face aux radiations dépend des circonstances personnelles.

(Texte du haut à gauche)

Cette carte montre les taux des endroits où les matériaux radioactifs qui sont tombés au sol en mars 2011 n'ont pas évolué. Les valeurs datent de septembre 2011, en microsievert par heure à 1 mètre de la surface du sol ou de l'herbe. Les matériaux radioactifs ont été lessivés et emportés par le vent et la pluie, les taux de ces surfaces tendent donc à être plus basses que ceux montrés sur la carte. D'un autre côté, les matériaux radioactifs s'accumulent dans les gouttières, sur le sol sous les avant-toits, dans les fossés et sur le bord des routes, ce qui donne des taux plus importants que ceux montrés sur la carte.

Page au dos : démarrage de la carte de relevé des radiations – ce que j'ai appris en faisant la carte


(Texte principal, première rangée avec la carte de comparaison Tchernobyl-Fukushima)

Dans l'après-midi du 11 mars 2011, un énorme séisme et tsunami se sont produits dans l'océan Pacifique au large de Tohoku et ont détruit la centrale de Fukushima Daiichi. Pendant deux semaines, une grande quantité de matériaux radioactifs ont fui de la centrale. Des régions aussi lointaines que Iitate-mura, à 40 km au nord-ouest de la centrale, ont été sévèrement contaminées. Nakadori (tiers du milieu) et Gunma au nord, ainsi que Tochigi ont été aussi salement contaminés. La partie est de la région métropolitaine de Tokyo et le sud d'Iwate ont été également contaminés. Sur la carte de la page d'accueil, il y a 8 niveaux d'isoplèthes (= ligne joignant des points d'égale valeur sur une carte) avec un maximum de 16 microsieverts/h : 16, 8, 4, 2 , 1 , 0,5, 0,25, et 0,125. Pas besoin de préciser que la contamination s'étend au-delà de 0,125 isoplète.

Dans la soirée du 8 avril 2011, l'équipe nucléaire du groupe de réponse des catastrophes de la préfecture de Fukushima a annoncé les taux de 1648 écoles et crèches de Fukushima. J'ai trouvé les données sur internet et récupéré un ou deux chiffres élevés de chaque municipalité, les ai placées sur Google Map et les ai rendu publiques ce jour-là avec trois isoplèthes de 8 ; 2 et 0,5. Ce fut la première carte de relevé de radiations. Mme Sachiko Hagiwara a superbement stylisé la carte, et elle a été publiée sur internet le 21 avril 2011 en tant que première version.

J'ai continué à récolter des informations, et publié une version révisée le 18 juin. Cette version fut la première à montrer la contamination au nord de Tochigi et Gunma, la région est de la métropole de Tokyo et le sud d'Iwate.
J'ai fait une révision de la carte tous les trois mois, et la carte actuelle est la 7ème édition. Cette fois-ci, en plus de la publication sur internet, j'ai décidé de l'imprimer sur papier, pour que la carte soit davantage disponible pour ceux qui n'utilisent pas internet.

(Texte principal, deuxième rangée, avec une carte chronologique de la contamination)

Ce qui a déterminé la distribution de la contamination a été le vent. Les cendres d'un volcan après une éruption sont transportées par le vent à haute altitude sur plusieurs kilomètres et aussi en hauteur. Pourtant les matériaux radioactifs ayant fui de la centrale ont été transportés par le vent près de la surface du sol. En regardant les données météo de cette période-là, les directions du vent à une altitude de 1 km et plus haut ne peuvent expliquer la distribution. Je pense que les matériaux radioactifs ont été charriés par un vent de surface dont l'altitude était au moins à des douzaines de mètres au-dessus du sol. C'est la raison pour laquelle les isoplèthes de radiation semblent suivre les hauts et les bas de la géographie, comme les bassins et les flancs de montagne.

Le nuage radioactif qui est passé au-dessus de Minamisoma City dans la préfecture de Fukushima le 12 mars à 21h a continué vers la baie de Sendai et a atteint Onagawa-cho dans la préfecture de Miyagi à 2 h du matin le 13 mars.

La contamination du 15 mars a été la pire. Le nuage radioactif qui est passé au-dessus d'Iwaki à 4 h a atteint la plaine de Kanto à 6h. Comme il ne pleuvait pas, le nuage s'est ensuite dirigé à l'ouest et au nord jusqu'à toucher les régions montagneuses de Kanto et la partie nord de Gunma et de la préfecture de Tochigi, où, pour la première fois, il a plu, et les matériaux radioactifs sont descendus au sol par la pluie. La contamination de Nakadori est également survenue ce jour-là. Les matériaux radioactifs qui ont traversé les monts d'Abukama sont descendus avec la neige. Dans l'après-midi, un nuage radioactif particulièrement dense a été rejeté par la centrale nucléaire. Emporté par le vent, il est allé droit vers la direction nord-ouest, et a contaminé les zones sur son trajet vers Iitate-mura, que le nuage a touché à 18h.

Dans la soirée du 20 mars, les zones près de la frontière de Miyagi-Yamagata et du sud d'Iwate ont été contaminées. Le vent a ensuite tourné au sud, envoyant un nuage après Mito City dans la préfecture d'Ibaraki le 21 mars à 6h et a atteint Shinjuku, à Tokyo à 9h. Pendant trois jours entre le 21 et le 23 mars, la région de Kanto a reçu de fortes pluies intermittentes. La contamination modérée vue dans la partie est de la région métropolitaine de Tokyo provient de cette époque.



Les dates et heures de la contamination que je viens d'expliquer ci-dessus ne coïncident pas les dates et heures des explosions qui se sont produites à la centrale. L'unité 1 a explosé à 15h36 le 12 mars, et l'unité 3 à 11h01 le 14 mars. Ce ne fut pourtant pas à ces moments-là qu'une grande quantité de matériaux radioactifs a fui de la centrale. En revanche, la libération des matériaux radioactifs dans l'atmosphère semble bien coïncider avec la chute de pression des réacteurs.
(Carte chronologique, d'après le PDF)



Juste en dessous de la carte de contamination chronologique, Hayakawa donne une carte intéressante figurant la densité radioactive (césium) des cendres volantes venant d'incinérateurs. Pourquoi est-il intéressé par la mesure des cendres, ''des saletés sur le bord des routes'' (ce que d'autres nomment ''poussière noire'') et des gouttières où les taux de radiations sont élevés ? Il répond, ''d'abord, dans des lieux loin de la centrale, on peut clairement voir l'étendue de la contamination en la mesurant. Deuxièmement, en les identifiant, on peut les rendre effectives''. Il semble qu'il a fait figurer les mesures les plus élevées trouvés dans ces lieux.
(d'après le PDF.)




Pour l'usage de ses cartes : si vous utilisez une partie de sa carte pour créer une nouvelle carte, c'est gratuit, même pour un usage commercial. Hayakawa dit qu'il ne prétend à aucun copyright pour le titre et le texte, mais il prétend à des droits moraux pour l'auteur.

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