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lundi 24 septembre 2012

Ultraman, 24 septembre 2012


(Dans la série ''On en apprend tous les jours'') 1590 microsieverts/h à Futaba-machi, en Fukushima le 12 mars 2011, avant l'explosion du réacteur 1 et c'est le dégazage, et non une explosion qui aurait causé de fortes radiations



Voici ce que dit le gouvernement préfectoral de Fukushima, après plus d'un an et demi depuis le début de l'accident de la centrale. On suppose qu'il leur a fallu tout ce temps pour analyser les données qui ont été récupérées par les 19 postes de surveillance autour des deux centrales nucléaires (Fukushima I et II), et c'est seulement aujourd'hui que le gouvernement préfectoral admet honteusement que les niveaux de radiations étaient beaucoup, beaucoup plus élevés que ce qui a été dit aux habitants.

Encore plus fort, bien que le gouvernement préfectoral ne le dise pas explicitement, les pics des niveaux de radiations se rapportent non aux explosions mais aux dégazages, si on regarde les tableaux publiés par le gouvernement préfectoral de Fukushima.

D'abord, l'édition de Fukushima de l'Asahi Shinbun (22 septembre) :
Le 21 septembre, la préfecture de Fukushima a annoncé le résultat d'un contrôle des radiations aériennes fait en mars l'année dernière autour de la centrale de Fukushima I. Le relevé à Kamihatori en Futaba-machi, à 5,6 km au nord-ouest de la centrale, montrait 1590 microsieverts/h, le plus élevé à l'extérieur de la centrale connu par le gouvernement préfectoral.

Le résultat a été établi à partir des données entre le 11 et le 31 mars de l'année dernière qui étaient restées dans les 19 postes de surveillance installés près de la centrale. À Yamada en Futaba-machi, il y a eu 1020 microsieverts/h à 0h le 16 mars 2011 et 904 microsieverts/h à 17h le 12 mars à Shinzan, également en Futaba-machi.

Selon la préfecture de Fukushima, les postes de surveillance au nord de la centrale ont commencé à enregistrer des niveaux de radiations plus élevés le 12 mars et ceux au sud à Naraha-machi et Hirono-machi le 15 mars.

Dans le cas de Kamihatori, le niveau maximum a été enregistré à 15h le 12 mars, avant l'explosion d'hydrogène au réacteur 1 de la centrale. Selon le gouvernement préfectoral, c'était probablement parce que ''des matériaux radioactifs avaient fui même avant l'explosion''. Le gouvernement préfectoral dit qu'il fera des analyses plus détaillées avec les directions et vitesses des vents.

Maintenant, prétendre pour la préfecture de Fukushima que c'était une nouvelle information (que des matériaux radioactifs avaient fui avant même l'explosion du réacteur 1) est hautement mensonger. La préfecture de Fukushima a commencé à mesurer les niveaux de radiations dans les zones entourant les deux centrales nucléaires dès le 12 mars à 8h. La première mesure qui leur aurait montré que le niveau de radiations était déjà plusieurs fois plus élevé que la normale (0,04 – 0,06 microsievert/h) était celle de Tomioka-machi (Fuku II) à 0,18 microsievert/h à 8h25 le 12 mars. À 8h52 le même jour, ils ont mesuré 14 microsieverts/h à Namie-machi. L'explosion d'hydrogène du réacteur 1 s'est produite à 15h36.

(Toutes ces données ont été révélées il y a longtemps – le 3 juin 2011 – par la NISA, et personne dans les médias n'a dit quoique ce soit.)

Mais ce qui est encore plus intéressant concernant les toute dernières divulgations du gouvernement préfectoral de Fukushima, c'est que les pics des niveaux de radiations de l'air coïncident non pas avec les explosions mais avec les dégazages que TEPCO a fait ou tenté de faire.

D'après les données publiées par le gouvernement préfectoral de Fukushima (j'ai mis les légendes en anglais) :

Kamihatori, Futaba-machi : le premier pic de radiations s'est produit avant même le premier dégazage du réacteur 1 le 12 mars. Un énorme pic à 1590 microsieverts/h s'est produit à 15h, après le dégazage de 10h17 et après que la pression dans l'enceinte de confinement du réacteur 1 soit retombée à 14h30.


Kamiyatori est situé au nord-ouest de la centrale. Le 12 mars les zones qui ont enregistré de hauts niveaux de radiations étaient toutes situées au nord et au nord-ouest de la centrale.
Puis, après le dégazage du réacteur 2 le 15 mars à oh (qui était un dégazage à sec), d'énormes pics de radiations ont été enregistrés dans les zones d'Okuma-machi, Tomioka-machi et Naraha-machi, qui se situent au sud de la centrale.

Mukaihata, Okuma-machi, au sud immédiat de la centrale. Pic à 23h le 14 mars :

Yonomori, Tomioka-machi. Pic à 2h le 15 mars :


Yamadaoka, Naraha-machi. Pic à 3h le 15 mars :


Le panache qui est passé devant Okuma, Tomioka, Naraha a atteint Kitaibaraki en Ibaraki à 5h50 le même jour, enregistrant 5,5 microsieverts/h. Les médias japonais l'ont rapporté, comme étant peut-être causé par l'explosion du réacteur 2 et personne n'a compris la signification des nouvelles à ce moment-là. Presque personne ne savait ce qu'était un ''microsievert''.

Bon, il est possible que ce ne soit pas une explosion qui ait causé les pics. Il est probable qu'il y ait eu un dégazage – libération intentionnelle de matériaux radioactifs pour abaisser la pression afin d'éviter des explosions. Et bien des explosions ou des événements de type explosion (dans le cas du réacteur 2) se sont produites à la centrale après qu'ils aient fait un dégazage. À quoi était donc destiné le dégazage ?

Que le dégazage, et non les explosions, ait produit une élévation des niveaux de radiations a déjà été mentionné par personne sinon TEPCO lui-même dans ses rapports. De nouveau, quand le rapport a été publié, les médias n'y ont pas prêté attention, et personne ne s'en est préoccupé (autrement que par le refrain familier de ''TEPCO ment'').

Un chercheur de l'université de Tokyo a déclaré dans son article accepté par un magazine éminent qu'un immense pic de radiations avait été enregistré à la centrale après le dégazage à sec du réacteur 2. De nouveau, personne n'y a fait attention.

3 commentaires:

  1. En France, en cas de problème nucléaire, le responsable de l'usine nuléaire téléphone sur sa ligne directe au président de la république pour lui signaler que la situation est intenable et qu'il faut ouvrir les clapets pour le dégazage.
    Situation totalement ridicule puisque le président qui n'y connaît rien, s'il dit non, ce n'est pas cela qui va résoudre le problème, et si la situation continue a ce détériorer, l'usine explose, mais l'honneur sera sauvé puis que le président aura dit niet ! ! !
    Al

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  2. Un reportage Fr3 de 2008 sur les décharges sauvage de résidus nucléaire sous nos pieds:
    http://www.youtube.com/watch?v=WVEwQxk6_mw

    Et une petite vidéo montrant une carte de tous les site nucléaire en fRance (réacteurs, usine, mines, dépôts,...)
    http://www.youtube.com/watch?v=CnLzruUN4bI

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  3. donc tout est ouvert sur les possibilités d'une énorme magouille pour cacher le problème de la centrale ... gloups !

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