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mercredi 29 août 2012

Japon, 29 août 2012


Des évacués du 3ème âge de Futaba-machi qui vivent dans un bâtiment d'école à Saitama devront payer pour leur repas en boîte dès le 1er septembre

Quel pays. Merveille de l'orient.

Rappelez-vous simplement que ce pays est toujours la 3ème économie mondiale. Mais après plus de 17 mois depuis l'accident, presque personne ne tient compte que ces gens vivent toujours dans des salles de classe. C'est pire que de ne pas s'en occuper, parce que maintenant ils devront payer pour leur ''bento'' (repas tout prêt en boîte), qui coûtera à ces résident âgés entre 30.000 et 40.000 yens par personne par mois (entre 303 et 404 €).

Où vont-ils trouver cet argent ? Personne ne s'en soucie. Des évacués de la même ville, Futaba-machi, qui sont partis pour des logements temporaires et autres habitations payantes, se sont plaints qu'ils n'obtiennent pas de repas gratuits, donc tout le monde va payer, pour être juste.

(…) Voici un pays où ils font payer aux ouvriers de la centrale de Fukushima leurs repas. Donc faire payer des résidents âgés, qui n'ont nulle part d'autre où aller, pour de chiches boîtes bento afin d'être juste, ne doit pas nous étonner.


La nouvelle norme de sécurité de la NISA va permettre aux réacteurs nucléaires situés au sommet de failles actives de continuer à opérer


(Non, ce n'est pas un poisson d'avril.)

Totalement, absolument en accord avec l'intention du premier ministre de trouver une ''4ème voie'' pour la future politique énergétique sur la dépendance à l'énergie nucléaire, la NISA (qui est toujours la seule et unique agence de régulation supervisant l'industrie nucléaire japonaise) envisage aujourd'hui de mettre en place une nouvelle norme :
On peut continuer à faire fonctionner un réacteur nucléaire même s'il se situe au-dessus d'une faille active, pourvu que la taille de la dislocation soit suffisamment petite.
Ceci venant de Kyodo News a reçu le plus grand nombre de réponses par Twitter jamais vu personnellement sur les sites internet des médias dominants japonais, actuellement il y en a 9015.

D'après Kyodo News (28 août) :
Il a été révélé le 28 août que la NISA envisageait l'introduction d'une nouvelle norme d'évaluation de la sécurité qui laisserait la possibilité de fonctionnement à un réacteur nucléaire même quand le réacteur surplombe une faille qui pourrait soulever le sol, au lieu d'interdire uniformément le fonctionnement de tels réacteurs.

Jusqu'ici, l'opinion de la NISA était qu'un ''réacteur nucléaire ne peut être construit au-dessus d'une faille active''. Avec la nouvelle norme, il deviendra possible de continuer à faire fonctionner des réacteurs assis sur certaines failles qui peuvent se révéler actives, tant que le mouvement du sol est suffisamment minime et qu'il n'y a pas d'effet sur les bâtiments du réacteur.

Il y a encore de nombreux problèmes à résoudre, car la NISA admet que la méthode pour évaluer précisément la taille du mouvement de la faille est encore imparfait.

Dans le même temps, le premier ministre qui cherche une quatrième voie a élaboré les détails de sa décision. Selon le Jiji Tsushin, M. Noda dînait en toute décontraction avec les petits nouveaux du parti démocratique (semble-t-il ouverts à la presse), et il leur aurait dit à eux et à la presse qu'il ne pouvait s'engager facilement au ''zéro nucléaire'' en raison de problèmes de sécurité nationale.

Centrale de Fukushima : selon la vidéo de la téléconférence de TEPCO, l'équipement de sécurité (disque de rupture) a retardé le dégazage


(J'espère ne pas avoir trop mal traduit cet article en raison du vocabulaire technique)

Les médias japonais (membres du club de presse japonais) peuvent toujours visionner la vidéo des téléconférences de TEPCO enregistrées les premiers jours de l'accident nucléaire, que TEPCO a bien voulu divulguer (environ 50 heures de vidéo) et voici ce qu'en dit le Tokyo Shinbun.

Selon le journal, une des raisons pour laquelle les ouvriers de TEPCO ne pouvaient injecter d'eau pour refroidir le cœur du réacteur, ou ouvrir la conduite d'évent pour libérer la pression dans la cuve du réacteur des réacteurs 2 et 3 beaucoup plus tôt, a été que les disques de rupture n'ont pu fonctionner parce que la pression était trop élevée.

Pourquoi une pression trop élevée ? Parce que les ingénieurs japonais ont eu peur d'une fuite radioactive dans les cuves de confinement primaire et ont voulu éviter une fuite à tout prix, dit le journal en citant un chercheur en nucléaire.

Tout à fait comme TEPCO qui aurait condamné les panneaux de dégazage de tous les bâtiments de réacteur de la centrale, en les soudant, sauf celui du réacteur 2.

D'après le Tokyo Shinbun (29 août) :

L'équipement de sécurité a empêché le dégazage pendant l'accident de la centrale de Fukushima


On a découvert dans la vidéo de téléconférence de TEPCO qu'une mauvaise conception de l'équipement de sécurité installé le long du tuyau de dégazage a retardé la réponse quand ils ont essayé de ventiler pour injecter de l'eau dans les réacteurs lors de la première étape de l'accident de la centrale en mars 2011. On peut dire que l'équipement de sécurité conçu pour contenir les radiations a finalement aggravé l'accident.

Au cours de l'accident, l'équipement d'injection de l'eau à haute pression n'a pas fonctionné dans les réacteurs 2 et 3. TEPCO a tenté d'injecter de l'eau grâce à des camions de pompiers, mais a eu du mal à le faire en raison de la trop forte pression dans les réacteurs.

Pour réduire la pression, il fallait ouvrir une vanne de libération dans la cuve du réacteur et faire le dégazage en même temps. Pourtant, le disque de rupture – disque en acier inoxydable installé dans le conduit de ventilation – a entravé le dégazage.

Le disque de rupture bouche le conduit et il est prévu de ne s'ouvrir que sous une certaine pression. Le but est d'empêcher une fuite de matériaux radioactifs quand la vanne de ventilation est ouverte accidentellement.

La pression du disque était trop élevée, et même en voulant abaisser la pression du réacteur et dégazer pour pouvoir injecter de l'eau dès que possible, le disque n'a pas fonctionné, retardant la réponse et engendrant une surchauffe du combustible nucléaire.

La vidéo de téléconférence montre la contrariété de l'équipe de la centrale. ''Le cœur du réacteur a pu être endommagé avant que le dégazage ait pu être fait'' (le 13 mars à 5h, à propos du réacteur 3), et ''Nous attendons l'ouverture du disque de rupture'' (le 14 mars à 22h, à propos du réacteur 2)

Koichi Miyata, responsable du groupe de sécurité nucléaire chez TEPCO, révèle, ''Le pire moment a été quand nous ne pouvions ventiler au moment où nous le voulions''.

L'une des leçons apprise de l'accident, est que la NISA est d'avis qu'une révision est nécessaire pour que le disque de rupture ne soit pas un obstacle au dégazage. L'agence doit demander à la future commission de régulation nucléaire de concevoir des contremesures.

Le Pr Tadashi Narabayashi de l'université d'Hokkaido (ingénierie nucléaire) dit, ''Certains pays européens ont des systèmes pour court-circuiter les disques de rupture afin que le dégazage puisse se faire même quand les disques de rupture ne fonctionnent pas. Jusqu'ici, le Japon a été piégé par le ''pas de fuite [de matériaux radioactifs] venant de l'enceinte de confinement'', qui s'est reflété dans la conception''.


Selon le rapport de la commission d'enquête indépendante pour l'accident de Fukushima mise en place par le bureau du cabinet, la pression du disque de rupture était de ''0,528 MPa abs'' (?) pour le réacteur 2.


La NISA et le Pr Narabayashi (l'un des 3 ''frères plutonium'') ont été entendus ensemble en décembre l'année dernière, quand les responsables de la NISA ont admis la possibilité que l'action même de dégazer a pu causer les explosions d'hydrogène dans les réacteurs 1 et 3.

Plus tard, un chercheur de l'université de Tokyo (Katsumi Shozugawa) a indiqué dans son article publié en début d'année que ce qui a pu se produire est que c'est le dégazage à sec (= dégazage directement depuis l'enceinte de confinement, sans passage à travers la chambre de suppression) du réacteur 2, le 15 mars qui a libéré une énorme quantité de matériaux radioactifs dans l'environnement et non les explosions des réacteurs 1 et 3.

Il y a plusieurs jours, le Pr Yukio Hayakawa, parlant devant un groupe d'étude d'hommes politiques, a dit aussi que le 15 mars 2011, TEPCO a fait un dégazage et que la NISA l'a autorisé, quand il leur est devenu évident que le vent soufflait du nord vers Tokyo. Le Pr Hayakawa a dit encore, ''le dégazage était-il nécessaire à ce moment-là ? Je ne le sais pas, car je ne suis pas ingénieur en nucléaire. Mais si la contamination provient du dégazage, c'est une contamination dont l'homme est responsable.''

Il est entendu que la contamination à grande échelle de la région de Kanto est supposée s'être produite entre le 20 et le 22 mars 2011, par la pluie. À ce moment-là, le bâtiment du réacteur 3 se consumait, hors contrôle, de la fumée blanche puis noire sortant du sol opératoire détruit. Mais si le bâtiment du réacteur 3 a explosé à cause du dégazage, possibilité admise par la NISA, c'est bien une contamination créée par l'homme, comme le dit Hayakawa.


4 commentaires:

  1. Bonjour,

    Merci.


    http://www.romandie.com/news/n/_Le_gratuivorisme_pour_une_societe_sans_argent_gagne_l_Argentine_RP_290820121103-25-234150.asp?

    Bien a vous toutes et tous, Léa.

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  2. C'est un peu une spécialité du nucléaire que le système de sécurité cause ou aggrave un accident.

    Three Mile Island, Peensylvanie en 1979 :

    Suite à une surpression du circuit primaire (celui qui prend naissance dans la cuve et y retourne) du réacteur n°2, la vanne de décharge du pressuriseur (organe chargé de la forte pression du circuit pour que l'eau à 300°C reste liquide) s'ouvre automatiquement pour, en laissant échapper l'eau sous pression dans un réservoir prévu à cet effet, faire revenir la pression à la normale.

    Maheureusement, cette vanne ne se referme pas (coincée en position ouverte). Le système de sécurité crée donc une fuite de plusieurs m3 d'eau/mn.

    Et s'il existe bien un témoin d'ouverture de vanne de décharge dans la salle de contrôle, il n'y a pas (à l'époque) de témoin de non fermeture.

    L'eau du circuit primaire commence à bouillir...
    -----
    Le nucléaire est chose trop complexe pour être humaine.

    Delphin

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    1. Merci Delphin, même chose donc à Fukushima qu'à Three Mile Island. Les leçons n'ont pas du tout été apprises.

      Je vais pouvoir corriger quelques erreurs de traduction.

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  3. ahlalala quelle horreur ce qu'ils font aux rescapés de la centrale. Eux qui ont déjà tout perdu, l'horizon, la douceur de sa maison, voilà que maintenant ils vont devoir mendier pour supporter plus encore l'incompétence des décideurs....
    Je ne croit pas qu'il y ai quoique se soit de bon a tirer d'une telle classe politique.

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