13 mars 2012

Récits de Fukushima

8 petits films réalisés par Alain de Halleux, diffusés par Arte. À voir.

En huit épisodes, le réalisateur belge Alain de Halleux part à la rencontre de familles de Japonais et d'expatriés, confrontés au quotidien à la radioactivité. Un "ennemi invisible" qui a bouleversé leurs vies. Mesurer la radioactivité de son environnement, de sa nourriture, tenter d'obtenir des informations fiables... Et finalement, quitter Fukushima ? 
Alain de Halleux poursuit ici son travail documentaire sur les enjeux et les risques du nucléaire. Il est notamment l'auteur de "RAS nucléaire, rien à signaler" (2009) et de "Tchernobyl for ever" (2011).

Premier épisode :
« Crêperie Bretonne », c’est écrit sur la devanture de ce petit établissement à Sasazuka, un quartier de Tokyo calme et résidentiel. David est Breton. Avec sa femme Eiko, cela fait 5 ans qu’ils travaillent dur pour développer leur affaire. Et ça commençait à bien marcher. Mais ils ont pris une décision très lourde : partir du Japon. Leur fille Yuna a quatre ans. Eiko et David ne veulent pas jouer à la roulette russe. Si le problème n’était que la radiation, cela serait encore gérable. Tokyo n’est pas Fukushima. Certes certains quartiers sont contaminés, mais la plupart sont sains. Ce qui les a vraiment décidé à tout abandonner c’est surtout la façon dont le gouvernement gère la situation. Les produits alimentaires sont mal tracés. On parle de répartir de façon « équitable » les déchets de la centrale et des travaux de décontamination un peu partout au Japon, y compris dans la baie de Tokyo. Le pays ne semble pas avoir compris que la cinquantaine d’autres réacteurs sont autant de dangers potentiels. En 2007, suite à un tremblement de terre, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait déjà fait trembler le Japon. Des fuites importantes de liquide radioactif avaient polluées la mer. Eiko m’a fort éclairé sur le « politiquement correct » au Japon. Il est si difficile dans cette culture d’exprimer des opinons qui vont à l’encontre de celle qui domine. On passe alors très vite pour un traître ou un rebelle. Peut-être cet accident est-il l’occasion pour les Japonais de prendre conscience que chacun se forge son destin, que chacun doit marquer l’Histoire de sa petite pierre en cherchant à élaborer son propre rapport au monde, mais cela ne vaut-il pas également pour nous.

 

Allez voir les 7 autres épisodes ICI
              

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