23 mars 2012

Iori Mochizuki

Une autre traduction en collaboration avec Jeep, une des manières utilisées par les japonais pour ne pas céder à la panique est de s'équiper de divers dosimètres. 

 

Mesurer l'irradiation comme solution de remplacement


Les Japonais qui ne peuvent évacuer recourent à des solutions de remplacement.

Après le 11 mars, ''compteur Geiger'' est devenu un mot courant comme riz ou savon. Lorsque les doses dans l'air étaient au plus haut en mars 2011, la plupart des gens n'avaient pas encore de compteur Geiger. Maintenant, des amateurs et des personnes impliquées dans d'autres domaines académiques mesurent le niveau d'irradiation et analysent la nourriture en comptant beaucoup sur du matériel de mesure.

Maintenant, il n'est pas rare pour une personne d'avoir plus de 2 dosimètres. En fait, chaque dosimètre a sa particularité. Certains objectivent plus de radiations que d'autres ou mesurent le taux d'irradiation plus rapidement que d'autres. Il n'est pas rare non plus qu'une personne possède un programme d'analyse sur son PC ou son Smartphone.

Cependant, c'est une réaction de substitution pour ceux qui ne sont pas en mesure de réaliser
leurs espoirs, l'évacuation.

Qu'ils puissent ou non le faire, ils pensent aux frais d'évacuation. Ils ont choisi de se protéger et de protéger leur famille. Cependant, la question demeure de savoir s'ils peuvent vraiment sauver leur famille par des mesures de leur environnement.

Il est en réalité facile d'analyser le césium ou le strontium, mais c'est presque impossible pour un amateur d'analyser les nucléides alpha tels que le plutonium ou l'uranium. Ils devraient aussi analyser le tritium qui peut être contenu dans l'eau du robinet. S'il y en a dans l'eau du robinet, il est très risqué de prendre une douche ou de cuire des aliments à l'eau du robinet.

Toutefois, ils ignorent ces nucléides parce qu'ils ne veulent pas savoir. Même s'ils en trouvent dans leur environnement, ils ne peuvent rien faire, ils ne préfèrent donc pas savoir s'il y en a près d'eux.

Dans cette situation japonaise désespérée, ces gens luttent pour avoir l'impression de contrôler la situation, pour éviter de paniquer.

Il est facile de taxer l'obsession des mesures de névrotique, mais c'est leur seul moyen de rester sain d'esprit.

Il est réellement utile pour certaines personnes de connaître le niveau de contamination du lait ou d'une zone de la ville. Cependant, cela peut induire en erreur ceux qui font semblant de ne pas voir la vérité qui dérange s'ils disent que c'est la manière de supprimer le césium de la nourriture.

Ils affirment qu'ils ont besoin d'argent pour évacuer. Ils disent aussi qu'ils ont besoin de parler des langues étrangères, mais j'ai le sentiment que même s'ils avaient 5 milliards de yens, ils n'évacueraient pas. Ce dont ils ont réellement besoin, c'est peut-être le soutien psychologique de professionnels.

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Son histoire :

Iori Mochizuki : Cyberdissident japonais

Iori et Cécile Monnier à Bompas, dans le Roussillon
Iori a fuit son pays suite à la catastrophe de Fukushima. Arrivé depuis trois mois en France et plus particulièrement à Bompas, chez Cécile Monnier, il enquête et dévoile les réalités du danger nucléaire. Rencontre.

Iori Mochizuki : Cyberdissident japonais

Témoin vivant d’une catastrophe mondiale, Iori développe dès son plus jeune age un certain esprit critique. Il né, vit puis travaille en tant qu’ingénieur civil dans la ville de Yokohama, deuxième plus grande ville du Japon après Tokyo, à 250 km de Fukushima. Le 11 mars 2011, est un tournant dans sa vie comme pour beaucoup de japonais : le plus grand tremblement de terre de l’histoire du Japon provoque une catastrophe nucléaire. Iori est a son bureau lorsque cela se produit, il regarde une grande chaîne d’information japonaise sur son ordinateur : la NHK. « Un flash spécial a eu lieu, le journaliste était complètement paniqué… il n’était même pas sûr de ce qui se passait exactement, la seul chose dont tout le monde était certain c’est que c’était grave. » La chaîne normalement payante, rend le flash spécial accessible à tous. « C’est après cette catastrophe que j’ai décidé de fuir le Japon, mais ce n’était pas si simple. Je n’avais pas d’argent, pas d’endroit où aller. J’ai donc commencé à préparer mon départ, il m’a fallut neuf mois pour y arriver. »

Engagement citoyen

En attendant, Iori ne reste pas inactif, il sait que les choses sont graves, il sait aussi que tout n’est pas dit, et que beaucoup de faits sont minimisés. Dès le mois de juin, il commence à enquêter au travers d’internet et des deux principaux réseaux sociaux… Il diffuse des articles sur différents sites tout d’abord, qui, curieusement, rencontrent de nombreux problèmes de serveurs et d’hébergements. Vient ensuite la création de son propre blog « Fukushima Diary », où il publie des billets quotidiens d’informations et des billets d’humeurs. Lui n’est pas allé à Fukushima « c’est trop dangereux, mais des amis à moi y sont allés, les répercutions sur leur santé ont été immédiates. » Iori, à 250 km au sud de Fukushima, présente déjà des symptômes importants « le jour des faits, le vent soufflait dans le sens nord-sud, les fuites de la centrales venaient donc vers nous. J’ai souffert de diarrhée importante, de fièvre en continue, de toux, tout cela m’empêchait de dormir. Lorsque je suis allé à Tokyo, qui est un peu plus proche de Fukushima tous mes maux ont été amplifiés. Cela a duré tout le temps de ma présence au Japon.»

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1 commentaire:

  1. Si depuis un an les habitants ont des vomissements, diarées, et autres cela donne de 0,5 à 2,5 Sv (sievert) d'exposition ET donc au Japon, les dégats humains dans les années et dizaines d'années suivantes vont être considérable (désolé pour le pessimisme) ce n'est uniquement qu"une simple constation.
    Je ne parle même pas des mutations à venir...

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