jeudi 27 octobre 2011

Le piège de Prométhée (partie 1, épisodes 11 et 12)


Des hommes en tenue de protection
''Qui étaient ces hommes ?''

L'épisode 12 dit que le chef de district est toujours à Namie-machi. En partie par regret, en partie par frustration, sa communauté est aujourd'hui partie. Il se demande, comme Mizue Kanno, pourquoi les autorités ne leur ont pas parlé de la forte radioactivité, au moment où ils pouvaient et devaient le dire. Le chef de district regrette aussi de n'avoir pas pris au sérieux l'avertissement des hommes en tenue protégée, comme l'a dit Mizue.
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Episode 11
Merci à ces deux hommes
25 personnes qui ont évacué de la maison de Mizue Kanno furent capables d'échapper à une situation dangereuse en évacuant à nouveau, merci à l'information des ''hommes en tenue de protection'' et à l'insistance de Mizue.
Ce fut une période d'urgence quand une grande quantité de matériaux radioactifs furent dispersés et mirent en danger les habitants. Mais ni le gouvernement national, ni TEPCO n'en a parlé aux habitants.
Ces 25 personnes ont cependant agi avec calme, sans panique.
Mizue vit maintenant dans un logement temporaire de Kori-machi, près de la ville de Fukushima.

''Regarde un peu ça'', dit Mizue, montrant des enfants dans un espace découvert.
''Des petits enfants comme ça devront vivre l'épreuve d'évacués. Que se serait-il passé si en plus ils avaient été irradiés...''
Qui étaient donc ces hommes en tenue de protection blanche ? Mizue se pose toujours la question.
À ce moment-là, les véhicules de surveillance de la radioactivité appartenant au ministère de l'éducation et de la science, de la préfecture de Fukushima, de l'agence de l'énergie atomique, de TEPCO se trouvaient tous partout dans la préfecture de Fukushima.
Il y avait même un véhicule venant de la préfecture de Niigata. À peu près au moment où les hommes en blanc rendaient visite à Mizue dans l'après-midi du 12 mars, le véhicule de Niigata traversait le district de Tsushima.
Deux membres du personnel de la préfecture de Niigata arrivèrent à Fukushima dans un camion pour aider à gérer l'accident de la centrale. Ils suivirent la route 114 pour entrer dans Namie-machi, et traversèrent le district de Tsushima. Aux environs de 16h, ils étaient arrêtés par la police dans le district de Kawabusa et firent demi-tour.
Un journaliste put converser avec les deux. Ils me demandèrent cependant de ne pas citer leurs noms parce qu'ils souffraient d'irradiation interne.
Selon eux, leur dosimètre bippait constamment et ils étaient inquiets.
En traversant le district de Tsushima, ils virent des voitures garées. Ils supposèrent que c'était un abri d'évacuation.
''Des vêtements de protection ? Non, nous n'en portions pas. Nous ne sommes même pas sortis de la voiture.''
Aux premières heures du 14 mars, un véhicule de surveillance venant de l'institut national des sciences radiologiques traversait le district de Tsushima. Il restait encore de nombreux évacués.
Le véhicule transportait un équipement de mesure, mais selon le département des relations publiques, ''le but était de transporter l'équipement, et ils ne mesurèrent pas le niveau de radioactivité.''
Les deux personnes que Mizue a rencontré sont supposés faire partie d'une des équipes de contrôle.
''Grâce à l'avertissement des deux hommes, nous avons pu nous échapper. Pourquoi le gouvernement national ou TEPCO n'ont ils pas donné un tel avertissement ? Tellement plus de personnes auraient pu s'échapper.''
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Épisode 12
Le chef de district est resté
Le 13 mars, quand les 25 évacués évacuèrent à nouveau de la maison des Kanno, Hidenori Konno (64 ans), chef du district de Shimo Tsushima, entendit parler des hommes en blanc que Mizue avait rencontrés.
Mais il resta. Il pensa qu'il ne devait pas courir partout dans l'affolement sans de solides informations. Par dessus tout, en tant que chef de district, il sentait qu'il ne pourrait partir avant quiconque.
À 10h le 15 mars, on l'appela au quartier général des contremesures de la branche de Tsushima, et on lui dit que la branche se déplacerait dans la ville de Nihonmatsu.
Pourquoi ? Tsushima n'était elle pas en sécurité, se trouvant à 30 km de la centrale nucléaire ? Il n'appréhendait pas du tout la situation.
La TV montrait la conférence de presse du gouvernement national. Instruction aux habitants de rester chez eux dans un rayon de 20 à 30 km de la centrale. Le personnel de la branche regardait fixement l'écran de TV. Était-ce la raison ?
L'après-midi, il alla dans chacun des 50 foyers de Shimo Tsushima et leur demanda d'évacuer.
Les volets étaient baissés dans la plupart des maisons et les gens avaient déjà évacué, mais 10 foyers étaient toujours là. Il pressa les gens, mais n'obtint qu'un refus. 3 foyers lui dirent, ''Nous ne pouvons aller nulle part à cause des vaches''. Il y avait un vieil homme alité.
Konno fit évacuer sa femme (55 ans) et sa fille aînée (23 ans) et resta à Tsushima.
Le district, qui avait été envahi par une foule d'évacués, était devenu complètement silencieux. La nuit, la pluie tourna en neige et les routes furent recouvertes. C'était calme.
Il pouvait y avoir des foyers qui partiraient le lendemain, le 16 mars il rendit donc à nouveau visite aux 50 foyers. 5 familles qui avaient évacué étaient revenus.
Dans l'un d'eux, on lui dit qu'ils étaient revenus parce que la femme était en fauteuil roulant, et avait beaucoup de mal dans l'abri même pour aller à la salle de bains. Le mari lui dit, ''D'accord qu'il y a de la radioactivité. Nous sommes vieux. Nous resterons ici.'' Konno leur dit qu'un autre abri accueillait les fauteuils roulants.
''La communauté va disparaître.''
Circuler dans le district vide en voiture était frustrant pour Konno.
Konno était un officiel du gouvernement préfectoral. Il prévoyait d'être actif à préserver l'art traditionnel local. Mais son rêve s'enfuyait.
Konno emprunta un dosimètre à Namie-machi et il mesurait le niveau de chaque maison du district depuis juillet. Il envoya par mail les résultats aux habitants à leur adresse temporaire.

Ce n'est pas que le gouvernement préfectoral ou le gouvernement municipal de Namie lui avait demandé de le faire. C'est du fait qu'il regrettait. Quand il entendit parler des hommes en tenue protégée, s'il avait su que Tsushima était si radioactif, il aurait dit avec plus de fermeté aux gens d'évacuer.
En comparant avec le mois précédent, les mauvaises herbes infestaient les jardins des maisons du district. Les plantes de son jardin moururent ; son père, qui était mort trois ans plus tôt avait fait pousser les plantes avec grand soin.
(Rapporté par Motoyuki Maeda)

2 commentaires:

  1. Après Prométhée se faisant dévorer le foie attaché nu sur son rocher, poursuivons dans l’anatomie.

    Nouvelle légère sans arrière pensée ni dessein caché :

    © afp
    Défense des animaux: elles manifestent seins nus sur le toit du zoo de Kiev

    Des militantes du mouvement ukrainien FEMEN, habitué des coups d'éclat, ont manifesté jeudi sein nus sur le toit du zoo de Kiev pour dénoncer les conditions de vie d'animaux exotiques qui, selon elles, meurent de faim, de froid et de maladies.
    (7 sur 7)

    Je suis pour la protection et la défense en toutes circonstances de l’animal et de la femme.
    (La femme ce bel animal sans fourrure dont la peau est recherchée. Jules Renard)…
    Hooouuu..Hooouuuuuuu…oui bon çà va !

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  2. Heureusement que nous avons Korrigan pour nous apporter des nouvelles réconfortantes, et savoir qu'il est prêt à manifester pour les femmes est une nouvelle encore plus réconfortante !Merci au nom de toutes les lectrices du blog.

    (PS : quoique commentaire légèrement hors sujet)

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