dimanche 16 octobre 2011

Le piège de Prométhée (partie 1, épisodes 4 et 5)


A lire : la série de l'Asahi Shinbun ''le piège de Prométhée, partie 1 – Des hommes en tenue de protection (4, 5) ''C'est un homicide''

(Épisode 1, épisodes 2 et 3)


Des hommes en tenue de protection (4), C'est un homicide, n'est-ce pas ?


Il existe un système de simulation informatique nommée SPEEDI, pour lequel le gouvernement national a dépensé 13 milliards de yens afin de le développer. Si vous entrez les relevés de radioactivité, la topographie, la météo, la direction du vent, etc., le système calculera où peuvent se disséminer les fuites de matériaux radioactifs.

Le 12 mars, deux heures avant l'explosion d'hydrogène du réacteur 1, une simulation SPEEDI fut effectuée par le centre de technologie pour la sécurité nucléaire sous la juridiction du ministère de l'éducation et de la science.

La simulation montrait des matériaux radioactifs se dirigeant vers le district de Tsushima. Mais le gouvernement national ne l'a pas dit aux habitants.

Le résultat de la simulation SPEEDI était connu du gouvernement préfectoral de Fukushima. Le gouvernement de Fukushima a même appelé le centre technologique pour la sécurité nucléaire la nuit du 12 mars pour demander le résultat de la simulation, qui fut alors envoyée par email. Le gouvernement préfectoral n'a pourtant jamais utilisée cette donnée. L'email a été effacé depuis, et l'enregistrement de l'accusé de réception de l'email est perdu.

Les habitants ont évacué le 15 mars du district de Tsushima, mais ce n'est que le 20 mai qu'ils ont été informés du résultat de SPEEDI par le gouvernement préfectoral de Fukushima, car le sujet a été soulevé à l'assemblée préfectorale.

Un gestionnaire du gouvernement préfectoral a rendu visite à la mairie temporaire de Namie-machi le 20 mai pour explications.

''C'est un homicide, n'est-ce- pas ?''

Baba, le maire de Namie-machi a fortement protesté.

Selon Baba, le gestionnaire s'est excusé en pleurant de ne pas avoir fait passer le résultat de SPEEDI.

Ce n'est pas seulement l'information de SPEEDI qui a été retenue.

La préfecture de Fukushima avait mesuré les niveaux de radioactivité à différents endroits depuis le matin du 12 mars.

À 9h00 le 12 mars, il y avait 15 microsieverts/h dans le district de Sakai, et 14 microsieverts/h dans le district de Takase. Ces deux endroits de Namie-machi montraient des niveaux anormalement élevés comparés aux autres villes. C'était plus de 6 heures avant l'explosion d'hydrogène du réacteur 1, et il y avait de nombreux évacués dans ces districts.
Ces chiffres ont été téléchargés sur la page d'accueil du ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie le 3 juin. La signification de ces chiffres a été cependant noyée sous les copieuses données de la page d'accueil du METI.

Fin août, j'ai montré les données à Kazuo Ueda, qui est chargé de l'assistance aux catastrophes. Il était sidéré.

''Je n'ai jamais vu cela auparavant. Pourquoi les gouvernements ne nous l'ont-ils pas dit ?''

Mizue Sugano [des épisodes 1 à 3] dit,
''Je suppose que nous avons été abandonnés par le gouvernement.''

(Rapporté par Motoyuki Maeda)
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Des hommes en tenue de protection (5) Vais-je mourir ?

Où sont allées les 25 personnes qui se trouvaient dans la maison de Mizue Sugano ?

L'une d'elle, Misako Yatsuda (62 ans) a évacué vers Kasugai dans la préfecture d'Aichi. Elle vit dans un logement de la ville.

C'est un parent éloigné de Mizue. Sa maison se trouve dans le district d'Onoda de Namie-machi. Il est situé à environ 20 km à l'est de la maison de Mizue, et à l'intérieur du rayon de 10 km depuis la centrale.

L'après-midi du 11 mars quand le séisme s'est produit, elle était chez elle.

Le lendemain matin, le 12 mars, sa deuxième fille qui vivait à côté à Futaba-machi est venue la voir avec sa famille. ''C'est dangereux ici, nous devons partir.'' Ils sont partis à 9h00.

La route 114 était encombrée par des voitures allant vers le district de Tsushima où habitait Mizue. Ils ont pris la route 6 et se sont dirigés vers le nord, et sont allés à la maison de la fille aînée de Misako dans le district de Kodaka à Minami Soma. Là, il ont entendu l'explosion d'hydrogène du réacteur 1, et sont tous partis pour le district de Tsushima.

En arrivant à la maison de Mizue, il était passé 18h00. D'autres évacués venaient juste de finir leur dîner.
Ils étaient fatigués d'avoir circulé toute la journée, mais ils se sont joints à la réunion des évacués. C'est Misako qui a suggéré qu'ils jettent le papier toilette usagé dans une boîte, depuis son expérience quand elle voyageait au Mexique.
Ils étaient à peine installés que Mizue leur a parlé de l'avertissement des hommes en tenue de protection blanche.

Misako avait avec elle 7 personnes de la famille de sa plus jeune fille avec un bébé d'un mois, et 4 personnes de la famille de sa fille aînée qui ont évacué pendant la nuit. Elle évacua elle-même le 13 mars au soir.

Elle ne savait pas où aller, mais elle se dirigea vers Koriyama pour se trouver le plus loin possible.



A Koriyama, ils ont mesuré la radioactivité des évacués. Quand ils ont testé Misako, l'aiguille du dosimètre a oscillé de manière significative. ''Vais-je mourir ?'' a crié Misako.

Cette nuit-là, elle a dormi dans la voiture. Le 15 mars au matin, elle fut capable de communiquer par téléphone portable avec son mari (54 ans) qui se trouvait à Soma quand le séisme s'est produit. Ils se sont retrouvés à Aizu Wakamatsu et sont allés, en passant par la préfecture de Niigata, à Kasugai le 22 mars dans la maison de sa soeur.

Ce fut la fuite du jour 12, sans aucune direction claire de la part du gouvernement national ou de TEPCO.

''La centrale nucléaire est inoffensive''. Elle avait entendu une telle explication un certain nombre de fois. Sa vie, basée sur ces mots, était réduite en pièces.

Cependant, il est vrai aussi que les habitants ont tiré un bénéfice de la centrale nucléaire. ''Nous ne pouvons pas dire qu'il n'y a que du mauvais avec la centrale nucléaire'', soupire Misako.

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Non seulement le gouvernement préfectoral de Fukushima avait les données de SPEEDI, mais il avait aussi les données de simulation fournies par TEPCO. Il a décidé de ne tenir compte d'aucune des deux données. La même chose est vraie pour le gouvernement national.


Futaba-machi, où vivait la deuxième fille de Misako et où se trouve la centrale nucléaire de Fukushima I, reçurent au moins les données de simulation par TEPCO, et la ville informa dûment les habitants d'évacuer. Le gouvernement national a dit aussi à la ville d'évacuer.
Namie-machi a tiré un bénéfice de la centrale nucléaire, car elle a reçu une subvention spéciale de la part du gouvernement national pendant un certain nombre d'années pour avoir été d'accord sur l'installation du projet de Tohoku Electric Power Company d'implanter une centrale nucléaire dans la ville.

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