15 octobre 2011

''Le piège de Prométhée'' (partie 1, épisodes 2 et 3)


Partie 1, Des hommes en tenue de protection, épisodes 2 et 3, ''Nous étions les seuls à ne pas savoir''
Dans le 1er épisode, deux hommes mystérieux en tenue de protection blanche ont dit à Mizue Sugano, habitant le district de Tsuhima à Namie-machi dans la préfecture de Fukushima, de quitter l'endroit. Elle a pris soin toute la journée d'évacués de la zone proche de la centrale.
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Des hommes en tenue de protection (2)

Soirée du 12 mars. Mizue Sugano a couru vers sa maison, et a rapporté ce que les hommes en combinaison de protection lui ont dit. Une discussion s'est ensuivie.

''Si c'est vraiment dangereux, la ville ou la police nous le diront sûrement. Attendons et voyons.'' Les gens venaient de s'installer et ne voulaient pas bouger.

Mais pendant la nuit, la situation changea. Plusieurs cars sont arrivés au centre communautaire qui servait d'abri d'urgence. Un évacué a remarqué les cars. L'un des chauffeurs a dit à l'évacué qu'il était là pour ''faire bouger les évacués''.

A ce moment-là, Namie-machi faisait des navettes pour les habitants qui restaient dans un rayon de 20 km vers le district de Tsushima. Mizue ne le savait pas, et en a conclu que cet endroit était en danger, comme les hommes le lui avaient dit. Elle réveilla les évacués et ils discutèrent à nouveau de la situation.

Beaucoup ne bougeaient toujours pas. Mais une femme a dit, ''si nous restons tous, la famille Sugano ne peut partir.'' Cela les a décidés.

''Allons aussi loin que dure la réserve de carburant''

Juste après minuit, deux jeunes couples avec de petits enfants sont partis. Ils avaient un bébé né en février, et de petits enfants.
Ils étaient d'abord réticents. ''Nous ne voulons pas nous enfuir par la route de montagne au milieu de la nuit.'' Mizue les persuada en disant '' Sauvez vos enfants'' et leur donna des boulettes de riz.
Ils discutèrent à nouveau après le petit déjeuner le jour suivant, le 13 mars. Un jeune couple qui avait déclaré ne pas vouloir partir a dit ''Nous partirons, pour notre enfant.'' Une femme âgée leur a laissé sa voiture.

''Comme je suis seule, je peux prendre le car pour aller dans un abri.''

Dans l'après-midi, les 25 évacués ont ré-évacué vers les villes de Fukushima, Koriyama et Minami Soma.

Mizue a dit ce que les hommes en tenue de protection avaient déclaré aux évacués dans les maisons voisines. L'un d'eux lui a dit en riant :
''J'ai l'habitude de travailler pour TEPCO. La centrale nucléaire que j'ai aidé à construire ne peut être dangereuse.''

L'homme avait échappé au tsunami, mais pas à l'accident nucléaire. Mizue fut soulagée par ces paroles. Mizue et son fils aîné Junichi (27 ans) ont décidé de ne pas évacuer.

Junichi se chargeait de la cuisine pour les évacués, les boulettes de riz.

''Je ne peux m'enfuir tout seul.'' A ce moment-là, le dosimètre qui ne pouvait mesurer que jusqu'à 30 microsieverts par heure a dépassé sa capacité à 10 km du district de Tsushima. (Motoyuki Maeda)

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Des hommes en tenue de protection (3) Pourquoi les policiers sont-ils habillés de cette manière ?

Même après l'évacuation des 25 personnes de la maison Sugano le 13 mars, la plupart des autres évacués sont restés dans le district de Tsushima.

L'ordre d'évacuation fut étendu à un rayon de 10 km à 5h44 le 12 mars. Après l'explosion d'hydrogène du réacteur 1, il fut étendu à 20 km à 18h25.

Le secrétaire du chef de cabinet Yukio Edano a pourtant dit dans la conférence de presse dans la soirée du 12 mars, ''Il n'y a pas une grosse quantité de matériaux radioactifs à fuir. Les personnes en dehors du rayon de 20 km ne seront pas touchés.''

L'essentiel de son message était, ''Ce n'est pas important, mais s'il vous plaît évacuez juste au cas où''. Les gens ont cru que le district de Tsushima, à 30 km de la centrale, était en sécurité.

Les employés de TEPCO vinrent à la division de Tsushima, à la mairie de Namie-machi le 12 et 13 mars pour faire un compte-rendu de la situation. Ils ne portaient pas de tenue de protection. Ils ne disaient pas que l'endroit était dangereux. Ils étaient totalement différents des hommes que Mizue avait rencontré dans la soirée du 12 mars.

Les officiels de la division et le chef du district n'ont pas vu les hommes que Mizue avait rencontré. Mizue a pourtant consigné ce qu'elle avait vu et entendu.

De bon matin le 15 mars, après l'explosion du réacteur 3 le jour précédent, il y a eu un bruit d'explosion dans le réacteur 2 et une explosion dans le réacteur 4. Pour la première fois, le gouvernement national a demandé aux habitants ''d'évacuer à l'intérieur de leurs maisons'' dans une zone comprise dans un rayon de 20 à 30 km.

C'est à ce moment-là que les habitants du district de Tsushima ont commencé à évacuer. Le maire Baba et son équipe ont appris l'explosion du réacteur 3 le 14 mars à la TV, et ont décidé d'évacuer volontairement dès le 15 mars vers le voisinage de Nihonmatsu.

À la porte d'entrée de la centrale, 11.930 microsieverts/heure ont été enregistrés le 15 mars à 9h00. Mais le secrétaire du chef de cabinet Edano semblait toujours optimiste.

''La densité des matériaux radioactifs est diluée de manière conséquente au-delà d'un rayon de 20 km, à un degré qui n'a qu'un petit ou pas du tout d'effet sur les humains.''

''L'injection d'eau dans les réacteurs 1, 2 et 3 se passe tranquillement et les réacteurs sont refroidis.''

Il se passera du temps avant que les japonais apprennent que les réacteurs avaient fondu le 12 mars.

Le 12 mars au matin, des policiers qui contrôlaient le trafic à Namie-machi portaient des vêtements de protection.

''Pourquoi les policiers sont-ils habillés ainsi ?''

Les habitants se posaient des questions et avaient peur. Kazuhiro Yoshida (65 ans) était le président de l'assemblée de la ville. Il visita le commissariat de police du district de Tsushima, et demanda que la police arrête de porter des tenues de protection car cela effrayait les habitants.

Aujourd'hui Yoshida dit :

''Nous étions les seuls à ne pas savoir.'' (Motoyuki Maeda)

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(Yukio Edano est l'actuel ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie. Nous ne devrions jamais oublier ce qu'il a dit depuis le début de l'accident, et le rendre redevable pour les mensonges proférés ''pour empêcher la panique'', d'après lui.)

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