samedi 1 octobre 2011

Connaissez-vous l'Ig-Nobel Price ?

L'admin du blog EX-SKF qui poste les nouvelles quotidiennes que je vous traduis, s'est permis une fantaisie hors sujet et m'a fait découvrir cette parodie de la remise de prix Nobel qui a lieu tous les ans. 

Définition par Wikipédia :

Le prix Ig Nobel est un prix parodique décerné à des personnes dont les « découvertes » ou les « accomplissements » peuvent apparaître inutiles, ridicules ou nuisibles.


Principe

L'énoncé officiel dit que le prix est décerné à des gens dont les accomplissements « ne peuvent pas ou ne doivent pas [sous-entendu, car inutiles ou nuisibles] être reproduits » (la reproductibilité étant un des critères de la méthode scientifique).

Selon le site des prix Ig Nobel, ces prix sont avant tout destinés à éveiller la curiosité du public pour la science en général (bien qu’ils puissent parfois prendre une valeur dénonciatrice (voir partie sur les critères). « Les prix Ig Nobel couronnent des prouesses qui font rire les gens au premier abord, et les font ensuite réfléchir. Ces prix ont pour but de rendre hommage à l’originalité et d’honorer l’imagination — ainsi que d’attiser l’intérêt des gens pour la science, la médecine et la technologie »



On peut ajouter à cela que la futilité de certains travaux primés peut n’être qu’apparente : ainsi, l’étude de 2006 relative aux spaghettis (évoquée plus loin dans cet article) permet de répondre à une question posée par Pierre-Gilles de Gennes et semble trouver des applications en architecture.

L'expression reprend le nom d'une revue irrévérencieuse des années 1960, The Journal of Unreproducible Results, que la revue Planète avait fait connaître alors en France. Dix prix sont donnés chaque année à quelques personnes qui ont fait des choses remarquablement bêtes – parfois admirables, mais parfois pas. Les prix sont présentés à l'université Harvard avec le patronage de la revue d'humour en science Annals of Improbable Research.

Le nom est un jeu de mots en référence au prix Nobel : en anglais, « Ig Nobel » se prononce approximativement comme le mot « ignoble ».

Les premiers prix Ig Nobel ont été remis en 1991.

En 2010, les journaux de vulgarisation relèvent que pour la première fois, un ancien lauréat du prix Ig Nobel a reçu le prix Nobel de physique (Andre Geim, prix IgNobel pour la lévitation d'une grenouille, prix Nobel pour son travail sur les graphènes).

Critères

Le prix est décerné une fois par an, mais les domaines sont variables. Les domaines possibles sont toutes les branches de la science, ou tous les domaines proches de ceux pour lesquels il existe un prix Nobel. Cela inclut la psychologie, les mathématiques (absentes notables du prix Nobel) ou l'informatique. Le prix est décerné chaque année, dans des domaines choisis par les jurés suivant ce que l'actualité a fourni.

On peut distinguer plusieurs types de travaux susceptibles de recevoir un prix Ig Nobel. Tout d'abord les recherches concluantes, mais répondant à une question qui semble n'avoir que peu d'intérêt, voire être risible, par rapport à l'effort fourni. C'est la situation la plus courante pour les authentiques chercheurs recevant un prix. Dans ce cas-là, les lauréats viennent parfois recevoir leur prix, comme Basile Audoly et Sébastien Neukirch en 2006. Le prix peut également récompenser l'humour volontaire.

Dans d'autres cas, le prix est plutôt une critique vis-à-vis du lauréat. Dans un registre humoristique, un prix peut être décerné pour un événement remarquable, de manière ironique : prix Ig Nobel de la paix en 1996 au président Jacques Chirac pour sa reprise des essais d'armes nucléaires ; prix Ig Nobel d'économie aux dirigeants d'Enron pour les mensonges de leur comptabilité. Enfin, le prix peut être décerné à des recherches avec un effet d'annonce important mais finalement non confirmées alors qu'elles annonçaient initialement des résultats spectaculaires (comme le prix décerné pour la « découverte » de la mémoire de l'eau).

Liste des prix pour 2011 je vous laisse apprécier :



La 21e cérémonie s'est tenue le 29 septembre 2011.

Physiologie : à Anna Wilkinson, Natalie Sebanz, Isabella Mandl et Ludwig Huber pour leur étude montrant qu'on n'a pas de preuve que le bâillement soit contagieux chez les tortues charbonnières à pattes rouges.

Chimie : à Makoto Imai, Naoki Urushihata, Hideki Tanemura, Yukinobu Tajima, Hideaki Goto, Koichiro Mizoguchi et Junichi Murakami, pour avoir déterminé la densité idéale de wasabi pour être réveillé en cas d'incendie ou de toute autre urgence, dans l'optique de réaliser un système d'alarme à base de wasabi diffusé dans l'atmosphère.

Médecine : à Mirjam Tuk, Debra Trampe et Luk Warlop, ainsi qu'à Matthew Lewis, Peter Snyder et Robert Feldman, Robert Pietrzak, David Darby et Paul Maruff pour avoir démontré que l'on peut prendre, dans certains cas, de meilleures décisions lorsqu'on a un besoin urgent d'uriner, et de mauvaises décisions dans d'autres cas.

Psychologie : à Karl Halvor Teigen de l'Université d'Oslo, pour avoir tenté de comprendre pourquoi nous soupirons dans la vie de tous les jours.
Littérature : à John Perry de l'Université de Stanford, pour sa théorie de la procrastination structurée qui affirme que pour réussir sa vie, il faut se concentrer sur quelque chose d'important, mais avant tout afin d'éviter de réaliser quelque chose d'encore plus important.

Biologie : à Darryl Gwynne et David Rentz pour avoir découvert qu'une espèce de scarabée tentait de s'accoupler avec un certain type de cannette de bière australienne.

Physique : à Philippe Perrin, Cyril Perrot, Dominique Deviterne, Bruno Ragaru et Herman Kingma, pour avoir déterminé pourquoi les lanceurs de disque sont atteints de vertige, mais pas les lanceurs de marteau.

Mathématiques : à Dorothy Martin, Pat Robertson, Elizabeth Clare, Lee Jang Rim, Credonia Mwerinde et Harold Camping, pour avoir prophétisé la fin du monde, respectivement en 1954, 1982, 1990, 1992, 1999, 1994 - le dernier ayant rectifié sa prédiction pour le 21 octobre 2011). Tous sont récompensés pour nous avoir enseigné la prudence dans le domaine des affirmations basées sur des calculs mathématiques.


Sécurité publique : à John Senders de l'Université de Toronto, pour avoir conduit une recherche sur l’attention requise pour conduire un véhicule, qui impliquait une série de tests dans lesquels un dispositif masquait régulièrement la vue du conducteur roulant sur une autoroute.

Paix : à Arturas Zuokas, le maire de Vilnius,(capitale de la Lituanie) pour avoir démontré que le problème du stationnement illégal pouvait être résolu en écrasant les véhicules mal garés avec un char d'assaut.

Voici la vidéo qui accompagne l'ig-nobel de la paix 2011:

Traduction des sous-titres:

Le combat du maire de Vilnius contre les véhicules qui se garent de manière illégale

Le maire de Vilnius, Arturas Zuokas

Ces derniers jours des voitures coûteuses se sont garées illégalement, presque au même endroit, une Rolls-Royce et une Ferrari.

"Que doit faire la ville pour les conducteurs qui pensent être au-dessus de la loi ?

Il semble qu'un tank soit la meilleure solution...

C'est ce qui vous arrivera si vous garez votre voiture illégalement.

La prochaine fois, garez votre voiture légalement !" (dit-il au propriétaire de la Mercédès.)

1 commentaire:

  1. Pour précision, ce n'est ni un char d'assaut, ni un tank, mais un véhicule blindé de transport de troupe...

    Bises.

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