09 février 2011

La propagation de l'information

Le jeu du téléphone sans fil ou de la Rumeur.

Je pense que la plupart des gens ont joué à ce jeu dans leur enfance, avec les frères, sœurs, cousins et copains. Où les gens peuvent s’assoir en demi-cercle et le premier chuchote une phrase ou une petite histoire à l’oreille de son voisin, qui à son tour chuchote l’histoire à son autre voisin et ainsi de suite jusqu’au dernier qui lui se lèvera et racontera l’histoire qu’il a entendu. Le but du jeu est de conserver l’intégralité du message, mais parfois, l’histoire finale est bien différente de celle du début...
Par exemple :
Un ami de mes parents, officier de police judiciaire dont c’était le métier de rapporter les choses comme il les avait entendues, nous a raconté avoir participé à un congrès avec d’autres collègues français et des policiers anglais et fait l’expérience avec eux de jouer au « téléphone sans fil »
L’histoire finale a été bien différente de l’histoire initiale.

J’ai repensé à cela récemment après avoir vu la vidéo de la grand-mère assommant les 6 voleurs, connaissant bien la rue où çà s’est passé, je me suis intéressée à ce fait divers et j’ai comparé les différentes versions que j’ai pu trouver de cette histoire, celle du journal local, celle d’un journal national anglais et des versions web en français.

Et bien ils ont dû jouer au téléphone sans fil, les journalistes !:

Car dans l’histoire du départ, il y avait un caméraman qui faisait un reportage sur le quartier, d’où la présence de la caméra et ensuite comme c’est la « mode » semble-t-il à notre époque, les gens ont commencé par filmer les évènements au lieu de réagir. Je dis çà, car à plusieurs reprises, j’ai lu des faits divers où les gens ont sorti les portables pour filmer au lieu d’intervenir. En bout de chaîne de cette histoire, le caméraman du reportage a disparu et il reste juste les badauds, je comprends donc tout à fait que les lecteurs français aient pu s’interroger sur la stabilité de la caméra pour le film du caméraman, s’ils n’ont pas eu l’information sur la présence de cet homme .
Je ne connais pas cette grand-mère, bien que j’ai du la croiser plus d’une fois, car elle avait un stand au marché de la ville (que je fréquentais assidûment), ni de témoin de cette scène, donc je ne peux attester de la véracité de l’histoire.

Je savais déjà pour l’avoir constaté plus d’une fois que les histoires peuvent être transformées : il y a des champions de la chose dans mon entourage : c’est ainsi qu’une vieille dame de ma connaissance c’est faite « engueuler » pour avoir embrassé sur la bouche un jeune homme de 25 ans, en fait, il s’agissait d’un monsieur de 40 ans qu’elle avait embrassé sur la joue pour l’avoir aidée à déménager.
Déjà quand j’étais étudiante hospitalière, au grand désespoir d’un assistant, je ne croyais pas ce qu’il me disait avant d’en avoir la preuve, (il m’appelait « la saint Thomas »), et plus çà va, plus je doute !Je sais, dans ce milieu il y a largement de quoi douter.

Si les choses sont ainsi, même quand les gens sont de bonne foi pour rapporter une histoire, je n’ose pas imaginer quand on nous ment volontairement.
C’est dire à quel point il faut être prudent avec toutes les infos que nous recevons et prendre une énôôôrme pincée de sel avec.

2 commentaires:

  1. Internet, c'est aussi le "téléphone arabe" !

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  2. http://lefirago.overblog.com/conference-klaus-dona-l-histoire-cach%C3%A9e-du-genre-humain

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