14 février 2011

Dans quel monde vivons-nous ? (2)

Un net parfum de déjà vu...
 
Une femme ayant des difficultés d'apprentissage pourrait être stérilisée de force
On pourrait la stériliser de force, après son accouchement prévu cette semaine, afin d'empêcher une nouvelle grossesse.
Tim Ross, 14 février 2011
La discrète « Cour de protection » (tribunal qui décide pour une personne et sa famille mentalement déficiente) se prononcera sur le cas de cette femme demain mardi 15 février, lors d'une rare audience ouverte prévue ce jour là en raison d’un énorme «intérêt public» dans la compréhension de cette affaire.
Il est prévu qu’elle accouche par césarienne mercredi et on pourrait lui faire subir en même temps une opération de stérilisation , si le tribunal est d'accord.
Des militants pour les droits de personnes handicapées ont décrit la perspective d'une étape aussi «radicale » comme « tout à fait injuste ».
La femme en question sera représentée par un avocat officiel, juriste gouvernemental qui représente ceux qui ne peuvent pas instruire leur propre équipe juridique, n'en ayant pas la capacité.
L’administration du National Health Service (système de santé) local de la patiente et le conseil municipal ont présenté une demande à la Cour de protection pour décider si elle manque de la capacité de prendre des décisions sur une contraception pour elle-même - et si oui, si elle doit être stérilisée par une ligature des trompes.
Cette opération de « stérilisation non-thérapeutique »impliquerait pour elle la ligature définitive des trompes de Fallope et se déroulerait en même temps que la césarienne.
Les critiques font valoir que la stérilisation forcée est une procédure trop radicale pour être effectuée sans consentement alors que d'autres options, comme la solution de contraceptifs à long terme pourraient être envisagés.
David Congdon, directeur de Mencap, organisme de bienfaisance pour handicapés, a déclaré que la stérilisation sans consentement est "horrible et inacceptable'', mais rare dans les temps modernes.
"C’est une mesure assez drastique que de stériliser une personne contre sa volonté simplement parce qu'elle n'a pas la capacité mentale pour se gérer elle-même'', a-t-il dit.

"Il s'agit d'une atteinte flagrante aux droits fondamentaux d'une personne sauf s'il existe de réels motifs médicaux et cela ne semble pas être le cas.''
"Utiliser la stérilisation comme une forme de contraception est totalement inacceptable. Il existe d'autres méthodes de contraception, dit-il. "Il y a des années on voyait beaucoup de cas comme cela, mais très peu de nos jours.''
Il a exhorté le tribunal à « la plus grande prudence » avant de prendre une décision.
En raison de restrictions légales, aucun détail sur l'identité de la femme, sa famille ou son lieu d’habitation ne peuvent être publiés.
Mais les documents judiciaires insistent sur "l'intérêt légitime du public'' dans la compréhension de cette affaire et les questions qu'elle soulève au sujet du pouvoir de l'Etat de donner l’ordre de faire "un traitement médical important" pour un patient qui est incapable de donner son propre consentement.
La plupart des cas traités par la Cour de protection sont entendus à huis clos dans ses bureaux situés au nord de Londres.
La Cour a le pouvoir de prendre des décisions de vie ou de mort au nom de certaines des personnes les plus vulnérables de la société.
En vertu de la Loi sur la capacité mentale de 2005, la Cour peut décider de traitements médicaux pour les personnes jugées par les psychiatres comme étant dépourvues de leur aptitude mentale.
Les cas qui viennent devant la Cour incluent des propositions qui visent à suspendre ou à interrompre l'alimentation et l'hydratation artificielles d'une personne se trouvant dans un état végétatif permanent.
La Cour peut aussi ordonner "des interruptions de grossesse" pour des femmes qui n'ont pas la capacité de consentir, ainsi qu'un ''traitement expérimental ou novateur" et des procédures médicales qui nécessitent l'utilisation de la force pour maîtriser le patient.


Traduction par Chantalouette et Hélios (comme d'habitude)

7 commentaires:

  1. Je vois avec effrois que les vieux démons d'une époque soit disant révolue aimeraient revenir afin d’imposer un ordre qui me fais vomir.

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  2. David Congdon, directeur de Mencap, organisme de bienfaisance pour handicapés, a déclaré que la stérilisation sans consentement est "horrible et inacceptable''
    Je ne suis pas d'accord. C'est une mesure de préservation. Ne confondons pas humanisme et sensibilisme.
    Observons la nature, c'est elle qui nous donne les meilleurs exemples.
    Marie-Louise

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  3. @ Marie-Louise, bonjour, n'oublie pas que le règne humain a le pénible devoir d'évoluer. Ce n'est pas aux hommes de juger si on doit empêcher une femme d'avoir des enfants. Une femme handicapée mentale (on ne précise d'ailleurs pas son niveau de handicap dans l'article) peut être une très bonne mère et avoir un enfant qui l'aide. L'eugénisme à ce niveau induit une banalisation d'un eugénisme plus général, ce qu'ont voulu faire les nazis en promouvant la race aryenne...

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  4. Beaucoup d'incompréhension à ce niveau. Evoluer, ce n'est pas ça. L'eugénisme a été diabolisé à cause des nazis. L'eugénisme, qui n'est pas le fait de sélectionner une race au détriment des autres, entre dans la construction d'une société humaine durable plus évoluée.
    Bisous,
    Marie-Louise

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  5. Un point de réflexion

    L'homme cet inconnu et l'eugénisme

    En1935, Alexis Carrel publia L'Homme, cet inconnu, qui fut l'objet de multiples traductions et rééditions, et dont le succès mondial dure jusqu'aux années 1950.
    Il estime dans cet ouvrage qu'il « faut établir des relations nouvelles entre les hommes », et présente un programme en plusieurs points : « substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies ; développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie ; rendre les hommes aptes à se conduire rationnellement : la fraternité, la loi de l'amour ; le but de la vie n'est pas le profit »
    Estimant que « la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis longtemps » et que « beaucoup d'individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine », il y plaide aussi pour un eugénisme que l'on qualifie aujourd'hui de « négatif » incluant l'euthanasie de toute une série d’indésirables, et le reconditionnement au fouet des délinquants.
    ( extrait résumé de Wikipédia )

    Korrigan

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  6. Merci Korrigan pour cet extrait d'Alexis Carrel, qui prône l'eugénisme.
    Toi, que penses-tu profondément de cette stérilisation possible de cette femme ?

    Marie-Louise, désolée, c'est une euthanasie pure et simple !
    Bisous

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  7. @ Marie Louise
    Il y a plusieurs années, j'ai eu l'occasion de discuter avec une femme qui m'a confiée avoir eu un enfant handicapé mort à l'age de deux ans.
    A la suite de son décès, elle a vécu une période de grande tristesse et un besoin "viscéral" de comprendre le sens de la vie. Elle s'est lancée dans des recherches, sur ce que nous qualifions, l'au dela. Démarche qui a duré des années et qui en fait était les prémices d'une authentique recherche spirituelle.
    Elle a rencontré aussi des médiums, voyantes dont une, un jour, lui a expliqué que cet enfant était une grande ame venue s'incarner pour elle et que son choix dans un corps handicapé et son passage sur terre très rapide était la seule solution pour qu'elle sorte de la matière et s'ouvre à sa dimension spirituelle. Si cette ame n'avait pas ce choix d'incarnation, cette femme n'aurait jamais entamé une quête spirituelle.
    Alors, je pose la question. Que savons nous du choix des ames ? Peut on juger avec nos connaissances en lien avec nos conditionnements sociaux, nos croyances ? ...
    Et la théorie de la race pure, quel danger...
    Cassandre

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