dimanche 30 décembre 2018

L'arnaque de la fausse panique de "La Guerre des Mondes"

Un auteur invité de Miles Mathis revient sur cette entourloupe de 1938, où le jeune Orson Welles récite un extrait du roman de H.G. Wells, célèbre auteur de science-fiction (mais aussi d'un livre intitulé "Le Nouvel Ordre Mondial"...). Si vous souhaitez écouter ce "monument" radiophonique, je vous mets le LIEN vers une vidéo.

La Guerre des Mondes
Un nouveau regard sur une ancienne arnaque


Par les Self-Righteous Brothers
Traduit par Apolline

"Ce n'était qu'une tempête dans un verre d'eau"
- Jack Parr
Vous vous souvenez peut-être de la légendaire adaptation radio par Orson Welles du roman de H.G. Wells, La Guerre des Mondes, diffusée dans la soirée du 30 octobre 1938 sur CBS avec la troupe du théâtre Mercury. L'émission a acquis sa célébrité en causant une panique générale en Amérique car les auditeurs ont cru à un réel compte-rendu d'invasion extraterrestre – ou pour le moins nazie – dans le New Jersey. Cet événement perdure à ce jour comme le testament du pouvoir des médias de masse à nous mystifier. Et c'est exact, mais pas de la manière dont vous pourriez le penser.

Voyez-vous, les médias – PBS et Radiolab inclus – continuent de se focaliser sur "l'hystérie collective" catalysée par l'émission de Welles, comme si cela démontrait le pouvoir des médias. Dans cette interprétation toujours en vogue, les citoyens américains des années 1930 nous apparaissent comme un troupeau naïf de gogos abrutis alors que nous, habitants éclairés de l'Amérique du 21ème siècle, affirmons notre avance et supériorité sur nos ancêtres moutonniers. Comme ils ont été stupides, ces millions d'Américains, d'avoir cru à une invasion martienne en l'entendant simplement à la radio ! Jamais nous ne serions tombés dans ce panneau, disons-nous.


Mais c'est nous qui sommes les dindons de la farce car nous continuons de croire à une hystérie collective qui ne s'est jamais produite. Wikipédia l'admet dans le tout premier paragraphe de sa page sur l'événement :
L'épisode devint célèbre pour avoir entraîné une panique chez les auditeurs mais l'ampleur de cette panique est discutée car le programme n'a eu que relativement peu d'auditeurs.
Un exposé de Slate en 2013 déclare carrément :
La prétendue panique a été si minime qu'elle en fut pratiquement non mesurable lors de la nuit de l'émission… Presque personne n'a été dupe de la radiodiffusion de Welles.
Autant pour nous qui nous croyons supérieurs à nos parents. Il s'avère que nous sommes bien plus crédules qu'eux.

En fait, d'après une remarque ultérieure de Frank Stanton, président de CBS, il n'y eut presque personne à écouter l'émission cette nuit-là. Ce qui contredit directement une étude de l'événement, publiée en 1940 par Hadley Cantril, professeur à Princeton, qui calcula que 6 millions de gens avaient écouté l'émission et que 1,7 million d'entre eux avaient cru à de vraies informations. On penserait qu'une étude publiée quelques années après et sortie d'une université si renommée serait quelque peu plus objective que les compte-rendus immédiats, mais des historiens ont conclu plus tard que l'étude de Cantril présentait de "sérieuses failles". Elle était en fait totalement bidon. Cantril n'avait pas fait la distinction entre les personnes interrogées qui croyaient l'événement réel et celles qui savaient que c'était fictif et il ne fit que regrouper dans ses résultats tous les gens sondés qui disaient avoir été "excités", "perturbés" ou "effrayés" dans la catégorie des "paniqués". "Paniqués" est un mot qui prête délibérément à confusion car il implique de croire à une chose réelle – sinon, pourquoi paniquer ?

Je ne vous ai rien appris jusqu'ici qui ne soit déjà connu. Vous pouvez lire tout ceci sur Wikipédia ou sur l'article de Slate ou à des dizaines d'autres endroits. Ce que vous ne lirez pas ailleurs, c'est que l'intégralité de l'événement a été mis en scène – pas seulement l'émission, mais également la fabrication d'une panique collective dans les journaux, la réaction de Welles aux faux compte-rendus et la couverture médiatique de Welles en réponse à ces compte-rendus. L'ensemble était prévu comme un test ; ils voulaient évaluer s'il était faisable de convaincre le public d'un événement à grande échelle qui ne s'était pas produit. Souvenez-vous que nous étions en 1938. L'Amérique était sur le point d'entrer en guerre, où un grand nombre de fausses morts, de faux bombardements et autres atrocités ont été mis en scène [traduction du BBB : ICI et ICI].

Dans le cas présent, le test ne s'est-il pas prouvé un échec ? Uniquement si vous pensez que le test était l'émission elle-même, qui certes n'a trompé personne. Mais le vrai test était le reportage d'une panique collective. Personne n'est allé se coucher le 30 octobre en pensant que le New Jersey avait été envahi par des Martiens ou des Allemands, mais tout le monde s'est réveillé le 31 octobre en croyant que le pays entier était tombé sous l'emprise de l'hystérie et du chaos. Les dates supportent cette interprétation bien entendu. Le Renseignement adore accomplir ses projets au moment d'Halloween, pas le jour précédent. L'émission n'était que la préparation au réel projet, qui démarra le lendemain.

Après l'émission du soir, on nous dit que Welles et l'ensemble des acteurs du Théâtre Mercury passèrent une nuit blanche à répéter leur nouvelle pièce radiophonique, La Mort de Danton. Aux premières heures du matin d'Halloween, Welles se trouvait fort opportunément toujours dans le studio, où déboula un groupe de journalistes et de photographes qui voulaient lui tendre une embuscade. Retournez au début de l'article et regardez la photo d'un Welles "surpris". Avez-vous déjà vu une photo "prise sur le vif" aussi joliment mise en scène ? Welles fait penser à un Christ égocentrique se sacrifiant sur l'autel des médias. On peut dire par son expression qu'il sait déjà que ce "coup de pub" le propulsera vers la gloire comme ce fut en fait le cas. Il n'avait que 23 ans à l'époque mais il avait déjà été choisi, c'est pourquoi il semble si suffisant ici (et le sera le restant de ses jours). Nous savons déjà que Welles était privilégié et je ne parle pas seulement de son arrière-arrière grand-père sénateur. Je parle de lui en tant que membre des Familles gouvernantes, apparenté à tous ces gens fameux depuis des siècles. Ce qui inclut, bien sûr, H.G. Wells, que nous pouvons supposer proche parent d'Orson et raison du choix de La Guerre des Mondes. (En remontant deux générations en arrière, la famille d'Orson s'écrit Wells sans "e".) Mais tous les membres d'une Famille n'obtiennent pas de participer à un tel projet de choix. Beaucoup d'enfants des Familles sont trop stupides, incompétents ou paresseux pour être engagés dans ces projets, mais Welles avait un réel magnétisme, sinon un vrai talent. Citizen Kane est un chef-d’œuvre technique à plusieurs égards, malgré l'échec complet de son symbole central – le traîneau "bouton de rose" – à susciter toute réelle émotion. Il sonne faux, comme de nombreuses scènes-clé. Mais il savait comment créer une ambiance dramatique, ce qui l'autorisa à décrocher cette toute première mission.

Revenons à la nuit de l'émission, où nous remarquons plusieurs choses. Tout d'abord la photo de Welles manifestement mise en scène. Puis ces autres photos de Welles la nuit de l'émission :

Notez-vous quelque chose ? Sur la première photo, Welles (en haut à droite, debout et montrant quelque chose du doigt) porte un costume gris clair avec pantalon et blazer assortis. Dans la photo de son "embuscade" par les journalistes [photo en tête d'article], il porte un blazer très foncé à fines rayures qui n'est pas assorti à son pantalon très clair. Regardez maintenant la troisième photo et notez sa cravate très foncée unie. Sur les deux autres photos il porte une cravate à rayures. En d'autres mots, aucune photo n'est cohérente. Étrange, n'est-ce pas ?

Il y a ensuite cette meute de journalistes prête à couvrir l'événement juste après minuit. Ce qui paraît improbable. Puis la voix de l'acteur Ray Collins qui parle d'une descente de police dans le studio peu de temps après la première pause programmée.

La pièce fut bientôt remplie de policiers et une grande bagarre s'ensuivit entre la police, les assistants de production et les représentants de CBS, qui tentaient d'empêcher les flics de se ruer à l'intérieur et de stopper l'émission.

Il n'y a pas eu de bagarre, bien sûr. Soit la police avait un mandat pour pénétrer dans le studio soit elle n'est pas entrée et si elle l'a fait, les assistants n'auraient certainement pas pris le risque de se faire arrêter en les repoussant. Mais par-dessus tout, il n'y a pas eu de bagarre parce que la police n'est pas venue du tout. Comme nous savons que la panique collective n'a pas eu lieu et que les lignes téléphoniques de la police n'ont jamais été submergées d'appels hystériques, il n'y avait aucune raison pour que la police tente d'arrêter la diffusion de l'émission.

Puis on nous dit que Paul White, directeur de CBS News, a été appelé au studio, où, selon ses propres mots :
Le standard téléphonique, toutes ampoules allumées, ne pouvait gérer qu'une fraction des appels. Un Welles exténué était assis dans un coin, complètement déprimé. "C'est fini", se lamentait-il, "Je suis fichu". Je n'ai pas pris la peine de répondre à son auto-dénigrement largement injustifié. J'étais trop occupé à rédiger des explications pour rassurer les auditeurs qu'ils ne risquaient rien.
Encore une fois, sachant qu'il n'y a eu aucune panique collective, le standard téléphonique ne devait pas avoir "toutes ses ampoules allumées". Ni qu'un Welles de 23 ans baisse la tête de désespoir, en disant qu'il était "fichu". Sans la panique, la totalité du récit qu'on nous donne de cette nuit-là devient une fiction. Mais alors que la panique collective a été fabriquée par les journaux, la narration du studio est donnée par des acteurs et des scénaristes, ce qui veut dire qu'ils étaient "dans le coup" pour ce canular médiatique, et les médias aussi. Nous ne pouvons que conclure à une fabrication coordonnée ; non seulement l'émission, mais l'histoire après-coup dans le studio, les compte-rendus publiés dans les articles du matin et la conférence de presse du jour suivant avec Welles faisaient tous partie du même script. Ce fut bien le cas, car tous les gens impliqués ont corroboré le même faux récit d'une panique collective.

Notez que j'ai omis le fait que tous les grands journaux d'Amérique ont publié à la une un événement qui ne s'est jamais produit. Ils ont parlé d'embouteillages monstres, d'émeutes et de suicides dans les cités et grandes villes du pays, toutes choses n'ayant jamais existé. Nous acceptons que la presse nous ait sans arrêt menti à grande échelle sur la totalité de l'histoire de notre nation jusqu'à, apparemment, aujourd'hui. Mais la presse ne nous ment pas maintenant ?

Si, elle nous a menti sur la panique de La Guerre des Mondes en 38, sur les usines allemandes fabriquant du savon à partir des cadavres pendant la première guerre mondiale (l'article d'actualité s'est avéré plus tard avoir été écrit par le Renseignement britannique). Elle nous a raconté des mensonges et des demi-vérités sur la seconde guerre mondiale, le Vietnam, la Baie des Cochons, le Watergate, le 11 septembre et la Corée du nord, mais tout cela est (presque) du passé. À partir de maintenant, il n'y aura plus de désinformation. Ou s'il y en a, nous verrons au travers. Parce que nous sommes modernes, éclairés et maîtres de nous-mêmes. À cela, je ne peux que répondre avec les premières phrases de l'émission de Welles :
Nous savons maintenant que depuis les premières années du 20ème siècle, ce monde a été observé de près par des intelligences, supérieures à celle de l'homme et pourtant mortelles comme lui. Nous savons maintenant que lorsque les humains vaquaient à leurs occupations, ils étaient scrutés et étudiés, peut-être d'aussi près qu'un homme avec un microscope peut scruter les créatures transitoires qui pullulent et se multiplient dans une goutte d'eau.
Jack Parr a dit de la débâcle de La Guerre des Mondes que c'était une "tempête dans un verre d'eau", mais une métaphore plus pertinente serait une boîte de Pétri. C'était une expérience contrôlée et les "intelligences" nous étudiant n'étaient pas d'origine martienne, mais "Langleyenne" [à Langley, siège, entre autres, de la CIA]. Le siècle entier fut une expérience contrôlée perpétrée par le Renseignement pour voir jusqu'à quel point le public pouvait avaler les tromperies et la propagande.

[Miles : Il s'avère que c'est bien pire que tout ce qu'ils ont pu imaginer. Il s'avère que nous sommes comme ces poissons abyssaux à la large bouche qui ingurgitent des milliers de litre d'eau à la fois ou comme les chèvres qui mangent n'importe quoi, y compris les boites de conserve et les cannettes de soda. Pensez au passager d'une voiture qui garde sa tête au dehors comme les chiens, les yeux fermés et la bouche ouverte aussi largement que possible, avec les mouches et tout le reste qui lui entrent dans le gosier sans discrimination. Pensez maintenant à cette personne affichant un sourire, heureux d'avaler de la boue, des crottes d'oiseau, des cochonneries provenant des camions ou les effluents tombant des avions au-dessus de sa tête et vous avez une image à encadrer du citoyen moderne du monde. En fait, vous pouvez l'imprimer et l'encadrer et le citoyen moderne du monde l'achètera et l'accrochera fièrement au-dessus de son lit.]

7 commentaires:

  1. J'aurais plutôt titré l'arnaque de la fausse panique de "la guerre des mondes" :)

    En tout cas c'est admis sur la page wiki fr; les plus charlots diront juste que les journaux ont menti pour l'argent alors que tout était prévu à l'avance dont l'arrestation bidon et les fausses excuses de Wells.

    "La mémoire collective a retenu que l'émission aurait causé un vent de panique à travers les États-Unis, des dizaines de milliers d'auditeurs croyant qu'il s'agissait d'un bulletin d'informations et qu'une attaque extraterrestre était en cours. Mais il s'agit d'une légende forgée par les journaux de l'époque et encore davantage exagérée au fil du temps".

    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Guerre_des_mondes_(radio,_1938)

    "une légende forgée par les journaux de l'époque"

    Olala mais c'est fini au 21e siècle nous sommes vigilants hein.

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  2. Au passage dans le même genre, sur le délire des banquiers qui se jettent dans le vide après le krach de 1929 : http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.rue89.com%2Fdemonte-rumeur%2F2008%2F09%2F16%2Fcombien-de-suicides-par-chute-en-1929-peut-etre-zero

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  3. Dans le même genre, on a aussi l'expérience de Milgram (popularisé en France dans le film I comme Icare) où des gens ordinaires sont supposés avoir été capables d'administrer des décharges électriques aussi puissantes que 450 volts simplement parce qu'un professeur leur ordonnait de le faire et qu'il représentait l'autorité.

    Franchement, comme si l'argument de l'autorité du scientifique valait quoi que ce soit face à la peur du gendarme. Les gens auraient certainement pensé qu'ils risquaient d'être inculpés de meurtre. Et ce n'est pas l'autorité du scientifique, ou le fait qu'il disait qu'il prenait tout sur lui qui aurait pu y changer quoi que ce soit. L'expérience ne se situait pas dans un univers parallèle, mais aux USA dans les années 60, où, jusqu'à nouvel ordre, la loi contre le meurtre et la torture s'appliquait. Et le scientifique ne pouvait absolument pas protéger les participants de l'autorité de la police et de la justice. Et ça, les sujets de l'expérience en auraient forcément été conscients.

    Par ailleurs, la plupart des citadins ne seraient pas capables de tuer un lapin ou un poulet eux-mêmes pour le manger. Ça leur semble horrible. Alors torturer ou tuer un homme, là, les types tomberaient dans les pommes au bout de 30 secondes.

    En fait, il est clair que cette expérience à servi à justifier encore une fois la Shoananas. Il fallait expliquer pourquoi les gens avaient été capables de tuer autant de juifs ou de simplement participer à leur déportation. Ça a servi à expliquer ça (avec d'autres éléments de propagande, comme les livres d'Hannah Arendt : "Eichmann à Jerusalem : rapport sur la banalité du mal", 1963, et "les origines du totalitarisme", 1951).

    En fait, quand on se renseigne, on découvre qu'ils avouent carrément que l'expérience a été faite pour expliquer l'holocauste lors du procès Adolf Eichmann. Donc, ils se sont à peine cachés sur les vraies raisons de l'expérience :

    "Les expériences ont commencé en juillet 1961, trois mois après le début du procès du criminel de guerre nazi allemand Adolf Eichmann à Jérusalem. Milgram a conçu son étude psychologique pour répondre à la question : "Eichmann et ses complices de l'Holocauste ont-ils eu une intention commune, du moins en ce qui concerne les objectifs de l'Holocauste ?" En d'autres termes, "Y avait-il un sens mutuel de la moralité parmi les personnes impliquées ?" Les tests de Milgram ont laissé entendre que les millions de complices ne faisaient peut-être que suivre les ordres, même s'ils violaient leurs croyances morales les plus profondes."

    Il est donc clair que cette expérience est complètement bidon et n'a certainement jamais eu lieu. C'est un hoax complet. Ça n'a été qu'un outil de propagande lors du procès Eichmann et après, pour culpabiliser les goys.

    Petite subtilité de cette pseudo expérience ; ça permettait de culpabiliser tout le monde. En effet, la conclusion était que presque n'importe-qui pouvait devenir un tortionnaire, pour peu qu'il soit mis dans des conditions de soumission à une autorité qu'il respecte. Donc, d'un seul coup, tous les goys étaient susceptibles d'être des ordures qui auraient pu tuer des juifs durant la guerre. Tout le monde était potentiellement coupable et plus seulement les gens qui étaient supposés y avoir participé.

    Bien sûr, il y a eu d'autres expériences du même genre par la suite. C'était simplement de la maintenance du hoax. Elles sont toutes aussi bidon que celles de Milgram.

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    1. Très bonne analyse, Hexzane. J'ai récemment eu l'occasion de revoir un extrait de l'expérience de Milgram, et il est vrai que les participants donnent l'impression d'être des comédiens. Il y avait beaucoup d'intérêts à la clé avec cette expérience.

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    2. Bien vu pour l'expérience Milgram. Je n'y avais pas repensé. Dans mes souvenirs en tout cas l'argument de l'eau-low-cost revient en premier pour expliquer l'intérêt de cette expérience. Comme tu le précises aussi très bien, on peut ainsi englober l'ensemble des peuples blancs comme coupables, déjà qu'on nous fait le coup depuis 1945 et encore plus depuis la déclaration de Chirac en 1995 comme si des français eux mêmes avaient foutu des petits juifs vivants dans les fours...

      En parlant d'autres expériences du même genre, récemment un cas a été considéré/officialisé comme fake. Un truc avec des étudiants dans les années 70 qui devaient chacun à leur tour jouer le rôle du maton tortionnaire. Cela aurait été annulé au bout de deux semaines car des participants y prenaient vraiment goût... Sauf qu'enfaite c'est maintenant admis comme "contreverse" sur la page wiki en question.

      Il y'a aussi le délire de la nouvelle vague avec les jeunes écoliers qui deviennent des petits nazillons. Et là aussi il y'a eu un film là dessus...

      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=134390.html

      Comme c'est bien commode, à chaque fois le même message : "attention à la perversité du blanc si il n'est pas contrôlé car sinon on se retrouvera dès demain avec un nouvel Auschwitz".

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  4. @Erikson,

    Oui, il s'agit de l'expérience de Stanford (réalisée par Philip Zimbardo en 1971). D'un côté on avait des étudiants qui jouaient le rôle de gardiens de prison, de l'autre, des étudiants qui jouaient le rôle de prisonniers.

    Le problème, c'est qu'avec les mouvements de contestations de la fin des années 60 (hippies, flower power, printemps de Prague, mai 68, contestation de la guerre du Vietnam aux USA, etc...), l'expérience de Milgram devenait tout simplement ridicule. Comment continuer à dire que les gens étaient tellement soumis à l'autorité qu'ils en étaient capables de tuer sous la seule pression d'un professeur, alors que par ailleurs, on assistait à une contestation de l'autorité un peu partout ? Ça n'était plus crédible du tout*.

    Donc, il fallait refaire une expérience apportant les mêmes conclusions qu'avant (à savoir que l'être humain est une ordure, spécialement le mâle blanc), mais remise au gout du jour. Cette fois, plus question de soumission aveugle à l'autorité, mais mise en place d'une organisation qui aboutit à l'émergence d'un côté de tortionnaires et de l'autre des victimes. Parce que, bien sûr, pour que les conclusions soient les mêmes que l'expérience de Milgram, il fallait qu'une bonne partie des gens outrepassent leur rôle de simples gardiens. Sinon, il n'y aurait eu aucune conclusion défavorable possible. Donc, ici, évidemment, on a eu un tiers des gardiens qui ont dépassé leur simple rôle coercitif et ont développé des comportements carrément sadiques. Et ça alors qu'il est dit que les 18 participants avaient été choisi pour leur stabilité et leur maturité. Ce qui entraine l'idée subliminale que si ça avait été des gens "normaux" (pas particulièrement stables ni matures), là, on aurait pu avoir au moins deux tiers de sadiques.

    Donc, dans l'expérience de Zimbardo, le cadre se suffit à lui-même pour obtenir des bourreaux à partir de gens plutôt plus équilibrés que la moyenne. Et ça, sans qu'il y ait d'enjeux particuliers pour les participants (argent, carrière, sexe, gloire, menace importante genre prison, amendes, exécution, etc...). Donc, exit le problème de l'obéissance à l'autorité qui n'est plus crédible en 1971, et place à l'idée qu'il suffit de confier un rôle coercitif à une personne normale pour qu'elle devienne une ordure, même sans incitation réelle et importante.

    Détail du truc, l'expérience de Stanford permet de laisser entendre que les dirigeants n'exigent pas des comportements dégueulasses de la part des exécutants, mais que ce sont ces derniers qui sont des psychopathes qui outrepassent les ordres qu'on leur a donnés. Autrement dit, l'élite qui nous dirige est gentille, c'est le peuple qui est constitué de dingues sadiques.

    Au final, si sur le court terme, l'expérience de Stanford a en partie remplacé celle de Milgram, sur le long terme, elle l'a au contraire complétée et plutôt renforcée. Maintenant, les gens ne se disent pas que l'expérience de Milgram est bidon et que c'est celle de Zimbardo qui est la bonne. Ils se disent que les deux sont justes et que l'être humain est bien une ordure.


    * D'ailleurs, l'expérience de Milgram a été faite entre 1960 et 1963, à une période de grande paix sociale. Chose qui est maintenant notée en tête de la page Wikipédia qui en parle (ce qui n'était pas le cas il y a 8 ou 9 ans, comme j'ai pu le vérifier sur la page que j'avais sauvée à l'époque). Si ça avait été fait quelques années plus tard, tout le monde se serait moqué de Milgram.

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