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samedi 23 septembre 2017

Les couches, bébé peut s'en passer...


Un sujet peu abordé, mais qui intéressera les futurs parents ou ceux qui ont de tout petits enfants. Cet article des magazines Néosanté n° 69 et 70 va peut-être changer en vous l'idée préconçue que les bébés ne sont propres qu'après 2 ans au minimum (idée qui arrange bien les fabricants de couches et produits d'hygiène), et vous faire faire d'importantes économies. Lisez donc...


LES COUCHES, bébé peut s’en passer… (N° 69 de Néosanté)


Par Emmanuel Duquoc

Un bébé peut être propre dès un an ! Certes, dans nos contrées civilisées, la plupart des pédiatres affirment le contraire. Et pourtant, partout où les couches-culottes sont un luxe inaccessible – c’est-à-dire sur la majeure partie de la terre, la propreté est acquise dès la première année de vie, au même moment que la marche... Père d’un enfant qui semblait rétif à cet apprentissage, j’ai expérimenté l’une des méthodes possibles. Avec un succès immédiat...

En France, presque tous les pédiatres et la majorité des sites spécialisés dans l’éducation des bébés l’affirment : la propreté s’acquiert entre deux et quatre ans, pas avant ! Question de maturité physiologique et psychique, avancent-ils... Sauf qu’en Chine, comme le détaillait la journaliste américano-taïwanaise Mei Ling Hopgood dans son best-seller Comment les Eskimos gardent les bébés au chaud, les petits utilisent couramment le pot dès l’âge de six mois et sont tous propres à un an. Le truc des bébés chinois ? Des pantalons fendus qui leur permettent de se soulager quand et où ils en ont envie. Normal. La plupart des habitants de l’Empire du Milieu n’ont pas les moyens de se payer des couches. Seuls les Occidentaux sont prêts à y consacrer le budget moyen de 1100 € par enfant ! Et puis en Chine, la tradition fait que même les familles aisées évitent de mettre des couches à leurs bébés trop longtemps. Même observation au Vietnam où des chercheurs suédois de l’Université de Göteborg ont constaté que l’apprentissage de la propreté commençait dès l’âge de trois mois, grâce à une communication parents-enfant. Mais peut-être ces habitudes sont-elles aussi à mettre en lien avec une certaine décontraction vis-à-vis des fluides du corps, des excréments et de la perspective qu’ils s’écoulent sur le sol de la maison…

L’été propice

En l’absence d’une tradition et de vêtements appropriés, les beaux jours peuvent être l’occasion d’un apprentissage accéléré, et ce dès un an si certaines conditions sont réunies : beau temps, sol lavable et décontraction... C’est la méthode que j’ai mise en œuvre un peu par hasard au profit de mon fils. En septembre 2004, alors qu’il avait deux ans et un mois, la nounou nous indiqua qu’il était temps de lui apprendre la propreté. À heure fixe, sitôt terminé le repas de midi, elle retirait sa couche et le mettait sur le pot et lui expliquait que c’était là l’endroit et le moment où l’on doit faire caca. Ayant tout juste terminé la lecture du célèbre ouvrage Tout se joue avant six ans, publié en 1970 par Fitzhug Dodson, je lui passai le livre ouvert à la page où le psychologue américain alertait précisément le lecteur quant aux méfaits de cette méthode.

On pouvait y lire que mettre l’enfant sur le pot à heure fixe crée un conflit entre les discours de l’adulte et les messages du corps de l’enfant. En effet, le côlon ayant toutes les chances de ne pas se contracter pour l’évacuation des selles à ce moment précis, imposer le pot revient à dire : « Ton corps se trompe. Fais ce que je te dis. » Conséquence, expliquait le psychologue américain : soit l’enfant va se couper des messages de son corps, perdre sa confiance en lui et développer une forme d’inhibition, soit il va se rebeller, considérer le discours adulte avec défiance et développer une résistance à ses avis, donc aux apprentissages. Dans les deux cas, cela compliquera la suite de son éducation... En dépit de cet avertissement, la nounou persista.

 

Nous n’eûmes pas le courage d’aller au conflit. Or au bout de quelques semaines, tout se passa comme Fitzhug Dodson le disait. Non seulement notre garçon ne devint pas propre comme elle le voulait, mais il se montra de plus en plus récalcitrant vis-à-vis des adultes. Chaque midi, notre enfant refusait catégoriquement de faire caca et sa nounou finissait par lui crier dessus. Après quelques mois de ce régime, Pâquesapprochant, je confiai cette difficulté à mon beau-frère. Il avait vécu enfant à l’île de la Réunion.

«Tu n’as qu’à le faire à la réunionnaise », me dit-il. « Là-bas, les enfants étaient propres à un an ».
– Un an ? Mais tous les pédiatres indiquent qu’avant deux ans, les enfants n’ont pas la maturité pour maîtriser leurs sphincters !
– Les pédiatres n’ont qu’à aller à la Réunion.

Quand le bébé a un an, la maman réunionnaise ne lui met plus rien sous les fesses. Au début, le petit se fait pipi et caca dessus. Ça lui glisse entre les jambes. Ça tombe par terre. Il n’aime pas ça. La maman n’en fait pas une affaire. Elle ramasse simplement sans gronder ni faire de commentaire et elle montre le pot. À chaque pipi ou caca, elle recommence, tranquille. Ça dure entre une et trois semaines. Ça ne sent pas bon.

Et au bout de trois semaines, le bébé se maîtrise et est définitivement propre.

À la réunionnaise

Je pressentis la sortie de l’impasse. Pâques promettait d’être chaud. À l’occasion des vacances, nous employâmes la méthode réunionnaise. Nous décidâmes, à l’instar des mamans de l’île, de ne pas nous faire des nœuds à la tête avec des principes d’hygiène occidentaux. Et puis nous avions un sol facile à nettoyer... Lors du premier jour à la maison, notre enfant urina, laissa tomber une crotte entre ses jambes et se mit à pleurer. Nous fîmes comme indiqué. Le jour même, il était propre, définitivement.

Certes, nous aurions pu obtenir le même résultat plus tôt et sans conflit ni stress, si nous avions connu l’hygiène naturelle infantile que mettent en œuvre, sans le savoir, la plupart des parents d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud.

Dans le prochain numéro de Néosanté, je vous parlerai de cette méthode d’apprentissage de la propreté sans couche que l’on peut initier dès la naissance.

Emmanuel Duquoc

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LES COUCHES, bébé peut s'en passer (Extrait de Néosanté N° 70) par Emmanuel Duquoc

Indispensables, les couches ? 60 % des bébés du monde n'en portent pas. Et ce n'est pas une question de moyens. De culture, plutôt. À l'heure où ces protections sont soupçonnées de perturber le système endocrinien, pourquoi ne pas s'inspirer de ces familles où les bébés font leurs besoins comme tout le monde, au-dessus d'un pot ? Le point sur l'Hygiène Naturelle Infantile (HNI), une méthode simple, mais qui demande présence consciente et décontraction.

En Occident, c’est encore un scoop mais en Afrique, en Asie et dans l’ensemble des sociétés traditionnelles, tout le monde le sait : dès la naissance, les nourrissons sont conscients de leurs besoins d’élimination. Ils n’apprécient pas de se souiller et expriment leurs besoins par différents signes que les parents attentifs peuvent reconnaître.Dans ces cultures, lorsque le bébé a besoin d’évacuer, la maman, aussitôt avertie, le place dans une position adéquate pour qu’il le fasse proprement.
Le secret ? Une connexion étroite avec l’enfant permettant de percevoir les besoins de celui-ci . De fait, la plupart des bébés du monde font leurs besoins (presque) comme les adultes, c’est-à-dire au-dessus d’un pot ou du sol, et pas dans des couches .
Heureusement, des voyageuses occidentales se sont inspirées de ces méthodes traditionnelles et ont fait passer l’information . Parmi elles, Ingrid Bauer, une Canadienne, maman de trois enfants qui a progressivement appris à élever ses petits sans couches. Dans son ouvrage «Sans couches, c’est la liberté ! »*, réédité en 2016, elle indique les principes de l’Hygiène Naturelle Infantile . En voici un bref résumé .

Bébé propre en pratique

Les débuts
Dans les sociétés traditionnelles, l’hygiène naturelle infantile est mise en œuvre dès la naissance car le repérage des signes d’élimination est transmis de générations en générations. En Occident, où cette transmission s’est interrompue, beaucoup de parents commencent entre deux à quatre mois. À cet âge, ils ont déjà commencé à repérer les signaux émis par leur bébé, tandis que ce dernier a acquis de la force musculaire pour se tenir. Jusqu’à ce moment, le bébé peut porter des couches ou rester nu.

Commencer l’HNI après six mois est plus difficile, le bébé ayant déjà commencé à ignorer ses besoins d’élimination.

Le matériel 

Une écharpe porte-bébé est plus efficace que le berceau ou le landau. Outre le sentiment de sécurité, le contact étroit entre le bébé et le parent favorise en effet la communication, ce qui permet de mieux repérer les signes que l’enfant émet lorsqu’il va éliminer. Des alèses permettent de protéger la literie et l’écharpe porte-bébé .
Bols, bassines, toilettes et lavabos permettent de recueillir les éliminations.
Dans les premiers jours, tant que le volume des selles et des urines est restreint, on peut utiliser un lange au-dessus duquel on tient le bébé . Des pantalons fendus (désormais disponibles dans certaines boutiques de puériculture) évitent de déshabiller le bébé .

Repérer les signes


Le bébé manifeste son besoin d’éliminer par différents signes : grimaces, bruits, pause dans les activités ou au contraire agitation, froncement des sourcils, regard appuyé, raidissement des jambes, etc. Les bébés portés sur le dos de leur mère poussent sur leurs jambes. Un signal très bien compris par les mamans d’Afrique ou d’Inde comme une tentative d’éloigner leur corps de celui de la maman. Autrement dit : une évacuation imminente. Un bébé plus âgé signalera ses besoins de manière plus élaborée, par exemple en venant vers ses parents, en appelant avec insistance, en montant dans les bras pour être porté jusqu’aux toilettes, en essayant de sortir de l’écharpe porte-bébé, du siège auto, etc., en mettant la main sur ses parties génitales, etc .

Tenir le bébé


Quand le bébé a besoin d’évacuer, tenez-le dos contre votre ventre, genoux relevés en position accroupie. Les mains soutiennent le bébé sous les cuisses ou les genoux au-dessus d’un en-droit où il peut éliminer : bidet, lavabo, WC, pot, sol extérieur... Si vous arrivez trop tard, essayez quand même de tenir le bébé dans cette position pour l’habituer à celle-ci .

Signaler l’élimination


Dans le monde, beaucoup de mamans font « Psss » quand le bébé fait pipi et émettent un grognement quand il défèque. Le bébé associe alors le son à l’élimination et prend progressivement l’habitude d’attendre ce signal avant d’évacuer et de relâcher ses sphincters lorsqu’il entend le son . Par la suite, le son suggestif permettra d’inciter un bébé à relâcher ses sphincters même quand il ne l’a pas sollicité, par exemple avant un trajet en voiture ou une sortie, ce qui évite les accidents. Si le bébé signale son refus ou qu’il n’élimine pas au bout d’une minute ou deux, on n’insiste pas...

Repérer les moments privilégiés

Il existe des moments privilégiés pour évacuer Le réveil par exemple. Déshabiller et mettre le bébé en position pour faire pipi dès son réveil amène de premiers résultats rapides et motivants. Beaucoup de parents remarquent que les bébés défèquent le plus souvent dans la matinée . Ensuite, les parents apprennent à repérer les moments privilégiés où le bébé élimine . Après une sieste, durant ou après les tétées par exemple .

Pratiquer le co-dodo


Le fait de dormir dans le même lit que le bébé ou dans la même chambre permet aux parents de se réveiller facilement pour répondre à ses besoins . La mère peut tenir le bébé au-dessus du pot tout en l’allaitant, avec le récipient sur ses genoux ou à côté d’elle sur le lit. C’est beaucoup moins fatigant que de changer un bébé souillé ou souffrant d’érythème qui pleure en pleine nuit... En Afrique, le co-dodo est la règle et paraît favoriser la confiance et l’autonomie des enfants.

Suivre son intuition


Avec l’habitude, des mamans qui pratiquent l’HNI ressentent le moment où leur bébé a besoin d’éliminer. Elles y pensent simplement, même si elles n’ont pas repéré de signes émis par l’enfant. Cela vient tout seul, avec l’expérience .

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