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mardi 10 mai 2016

Le faiseur de miracles du Liban (1/2)

À la découverte d'une personnalité influente encore inconnue en occident. Première partie.



Docteur Dahesh : le faiseur de 
miracles du Liban





Traduit par Hélios



En occident, le nom de "Docteur Dahesh" est inconnu de la plupart des gens, mais au Liban il est toujours dans les mémoires, malgré la mort du Dr Dahesh en 1984 à New-York. Au Liban, même de nos jours, il suffit de parler du "Docteur Dahesh" pour que les libanais vous jettent un regard surpris et bouleversé. Pour eux, ce nom renvoie à l'homme le plus extraordinaire qui ait jamais vécu au Liban : certains parlent de lui comme le plus grand magicien de tous les temps ; d'autres disent que c'était un prophète, ou un "Envoyé". D'autres encore affirment qu'il a accompli des milliers de miracles surnaturels grâce à la magie noire. Pourtant tout le monde semble convenir qu'il a réalisé pendant quarante ans, chaque jour, des choses qu'aucun magicien ou saint homme n'a été capable de reproduire.

Docteur Dahesh était le surnom de Salim Mousa Achi, fils de Mousa et Shmooneh Achi, deux chrétiens assyriens qui émigrèrent en Palestine en 1908. Ils venaient de Mossoul en Irak, à l'époque où les turcs gouvernaient l'Irak et la Palestine. Ils arrivèrent sur l'invitation de la tante et de l'oncle de Shmooneh et parce que Mousa, imprimeur de métier, cherchait des opportunités pour mieux gagner sa vie. Son nom de famille était Aleshiyah, ce qui signifie "Élisée" comme le prophète, dont il prétendait descendre. Au 6ème siècle avant notre ère, les Assyriens envahirent le royaume d'Israël et emmenèrent toute la population en Assyrie. Pourquoi ? Le roi d'Israël avait oublié de rendre hommage au roi assyrien.


Le royaume de Judée, nation séparée du royaume d'Israël à l'époque, fut pris ensuite par Babylone après la conquête de l'Assyrie par les babyloniens. Avec l'aide du roi Koresh (Cyrus), les juifs revinrent en Palestine et rebâtirent Jérusalem et le Temple. Mais les israélites qui étaient partis en Assyrie ne revinrent jamais, sauf quelques-uns, qui devinrent connus sous le nom de Samaritains. La plupart des israélites partis en Assyrie furent "perdus" et on parla d'eux comme "les tribus perdues d'Israël". Ce qui n'était pas vrai pour le clan Aleshiyah qui connaissait ses racines israélites et son lien direct avec les prophètes Élisée et Élie.

Quand Mousa et Shmooneh arrivèrent à Jérusalem, ils se heurtèrent à un fort sentiment anti-juif parmi les habitants arabes, qui ne décoléraient pas sur le nouveau mouvement "sioniste", mouvement des juifs en Palestine. Bien que Mousa et Shmooneh soient chrétiens, et non juifs, ils avaient un nom de famille qui sonnait "juif". Mousa décida donc de changer son nom en "Achi" qui signifie "cuisinier" en arabe, car il avait trouvé un emploi de cuisinier à l'hôpital de la mission presbytérienne locale sur les pentes du Mont des Oliviers.

Le Dr Dahesh naquit à Jérusalem en 1909 et on l'appela Salim Moosa Awshee ("cuisinier du bienheureux Moïse"), fils d'immigrants assyriens chrétiens venant de Mossoul en Irak. En 1910, la comète de Halley revenait très près de la Terre et beaucoup de gens pensaient que ce pourrait être la fin du monde ou le "Deuxième Avènement". La comète était visible nuit et jour dans le ciel et les gens avaient peur car la Terre allait traverser la queue massive de la comète. À ce moment-là, le jeune Salim, qui était âgé d'un an environ, tomba très malade. Sa mère, Shmooneh, emmena l'enfant à la clinique de la mission presbytérienne sur les pentes du Mont des Oliviers. Elle expliqua au médecin américain de la mission que l'enfant "agissait bizarrement" et produisait d'étranges sons. Selon les "Daheshistes" [ceux qui suivent l'enseignement du Dr Dahesh], le médecin américain examina l'enfant et dit à sa mère en arabe : "Je ne sais pas ce qui se passe avec cet enfant !". À ce moment-là, selon le récit, l'enfant se mit à parler en un parfait anglais et dit : "Donnez à l'enfant telle et telle médecine et il guérira". Shmooneh et le médecin américain furent stupéfaits, mais le médecin donna quand même les médecines demandées et le jeune Salim guérit.

Dahesh passait les mois d'été à Bethléem en Palestine, avec sa tante et son oncle. Il résidait le reste de l'année à Beyrouth au Liban, ville qui devint son lieu privilégié de vie pendant presque toute sa vie d'adulte. Même à Bethléem et à Beyrouth, alors qu'il était enfant puis adolescent, on le connaissait comme un faiseur de miracles. À l'âge de 17 ans, un groupe de chrétiens d'Assyrie venant d'Irak visitait Bethléem et cherchait un guide pour les emmener aux "Piscines de Salomon", série de réservoirs à l'extérieur de Bethléem. Le jeune Salim se porta volontaire avec ses amis adolescents, dans l'espoir de partager la nourriture gratuite lors du pique-nique des assyriens. Selon les Daheshistes, l'un des assyriens dit à un autre, "Si Jésus était ici aujourd'hui, il marcherait sur cette eau !" Entendant cela, le jeune Salim dit, "Oui, oui, je peux le faire !" et il se mit à marcher sur l'une des piscines. Des hommes assyriens sautèrent dans la piscine pour découvrir le "mur" sur lequel Salim avait dû marcher mais n'en trouvèrent aucun. Quand on rapporta ce fait au groupe, les assyriens crièrent "DAHESH ! DAHESH !" Le mot "Dahesh" signifie "merveilleux" ou "extraordinaire" en arabe ; dès lors, le jeune Salim fut connu sous le nom de "Dahesh".

Situées au sud-ouest de Bethléem, les piscines de Salomon sont alimentées par des aqueducs et servent à fournir en eau les villes de Bethléem et Jérusalem. Les trois grands bassins à ciel ouvert qui constituent ces piscines mesurent chacun plus de 100 mètres de long, 65 mètres de large et 10 mètres de profondeur.

Dahesh s'installa à Beyrouth à l'âge de 18 ans et continua à y vivre jusqu'en 1975. Dans les années 1930, il se mit à écrire des livres – beaucoup de livres, environ 150 en tout. La plupart sont des récits en forme de "paraboles", mais certains sont des commentaires sur la société de son époque ; d'autres sont des poèmes ou des récits en prose. Cinq de ses livres seraient selon Dahesh des révélations venant de Dieu. Ce sont Mon Testament, Les Évangiles de l'Amour, Paradis, L'Enfer et Le Livre du Guide Divin. Ces livres sont toujours en arabe et pas encore publiés en anglais. De longs extraits de ces livres seront bientôt publiés en arabe et en anglais sous le titre de Le Livre du Daheshisme.

Le temple de Jupiter à Baalbek au Liban

Dahesh fut le premier écrivain (à ma connaissance) à explorer le phénomène des OVNI dans la Bible, il écrivait que les "trois hommes" qui apparurent à Abraham, deux d'entre eux allant voir ensuite Loth et détruisant Sodome, étaient en fait des hommes d'une autre planète. Dahesh écrivait aussi que "des gens d'autres planètes évoluées" étaient responsables de l'évolution humaine, qu'ils avaient même, à certaines époques, pris pour femmes des humaines. Dahesh écrivait aussi que la "roue" d’Ézéchiel était en réalité un véhicule d'une autre planète. Des écrivains occidentaux ont pu suggérer ces choses avant Dahesh, mais je n'en ai pas connaissance. Il écrivait également au début des années 30 que l'ancien temple de Baalbek au Liban, avec ses pierres pesant des dizaines de milliers de tonnes, avait été construit par des extraterrestres.

Il disait que cette planète avait vécu de nombreuses civilisations avant celle-ci, mais que ces civilisations avaient été détruites de diverses façons. Certains de ses livres sont des "récits" de ce type de civilisations pré-adamiques et expliquent comment et pourquoi elles eurent une fin infortunée.

"Paradis" par le Dr Dahesh
 
Dans son livre Paradis, Dahesh décrit certains "mondes paradisiaques", qui sont des planètes bien plus évoluées que la Terre. Pour lui, le "royaume des cieux" n'est pas un nuage sur lequel des anges jouent de la harpe, mais bel et bien un groupe de planètes réelles où résident des civilisations très avancées – civilisations dont les habitants ont la capacité à voyager vers d'autres planètes, dont la Terre.

Dans le livre L'Enfer, Dahesh décrit plusieurs "mondes infernaux" inférieurs. Dahesh pensait que la Terre est un monde infernal et qu'il existe 149 niveaux "plus bas" que celui de la Terre. Il déclare que la Terre est "le type le plus élevé de monde infernal, au seuil du Paradis". C'est toujours un lieu de punition pour les anges rebelles. Pour Dahesh, les humains sont des corps animaux qui ont évolué, mais nos âmes sont des anges rebelles, envoyés sur Terre et d'autres mondes infernaux comme forme de punition. Nos âmes restent piégées dans le monde infernal, dans un cycle sans fin de réincarnations dans la Roue des Renaissances, jusqu'à ce que et "à condition" que nous suivions LA VOIE, et échappions ainsi aux réincarnations sans fin et ascensionnons vers notre foyer d'origine dans le Royaume des Cieux – les planètes célestes où n'existe pas de crime, de maladie, de guerre, de violence, de difformité, de tyran et sans vieillissement ou "mort" tels que les connaissons. Dahesh enseigne LA VOIE dans son ouvrage, Le Livre du Guide Divin.

"L'enfer" par le Dr Dahesh

À partir des années 30 et jusqu'en 1975, selon les Daheshistes, Dahesh réalisa des milliers de miracles surnaturels. Il est dit qu'il guérissait les malades, ressuscitait les morts, rendait l’ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la parole aux muets et il chassait les démons. Il y a en fait aujourd'hui toujours de nombreux Daheshistes encore en vie affirmant avoir été témoins en personne de ces miracles. Cela devint un rite de passage pour les journalistes libanais d'aller en visite à la "Maison Dahesh" au Liban, dans le but d'assister de leurs propres yeux à un miracle et d'en faire le récit dans leur journaux. 

Logo de la Noble Foi Spirituelle du Daheshisme

En 1942, le Dr Dahesh mit en place sa religion, "La noble foi spirituelle du Daheshisme". Pendant un temps, il y eut peut-être 40.000 Daheshistes au Liban, mais en raison d'un certain nombre de facteurs comme la guerre civile, il n'y en a plus que 2000 en vie aujourd'hui. En 1944, le président du Liban, Al-Khouri, avait fait arrêter Dahesh et l'avait banni du pays. Pourquoi ? Il était accusé de pratiquer le spiritisme : un crime au Liban à l'époque. Mais Dahesh n'était pas médium – il ne "canalisait" pas avec l'au-delà ; il "matérialisait" plutôt les disparus devant les gens, en pleine lumière. Il y avait beaucoup de membres du clergé catholique maronite et des imams qui voulaient faire partir Dahesh. Trop de ses disciples appelaient Dahesh un "prophète" ou un "envoyé". Dahesh fut donc conduit à la frontière de la Syrie et sommé de marcher. Selon les Daheshistes, Dahesh marcha et marcha jusqu'à ce qu'il arrive en Iran. Des journaux de Beyrouth rapportèrent que Dahesh avait été tué par un peloton d'exécution près de Tabriz en Iran, au motif d'espionnage, car il n'avait pas de papiers, ni aucune bonne raison de se trouver là ; des photos du cadavre de Dahesh furent même publiées. Ses plus proches disciples se rassemblèrent à la Maison Dahesh de Beyrouth pour organiser ses funérailles ; mais Dahesh fit son entrée et demanda à la ronde pourquoi on pleurait.

Le Dr Dahesh en 1942


Plusieurs Daheshistes racontent qu'ils virent jusqu'à six Dahesh en même temps, au même endroit. Dahesh déclarait qu'il possédait un seul corps physique, mais aussi six corps "spirituels" qu'il nommait ses "personnalités célestes". Il disait que c'était l'une de ses personnalités célestes qui avait été tuée en Iran et non son soi physique. Sa secrétaire, une femme nommée Hilda Nassib, partit aux USA après 1975 pour travailler à l'ambassade saoudienne à Washington. Elle prétend que Dahesh vint la voir un jour à l'ambassade et qu'ils discutèrent pendant environ une heure, après quoi il repartit. Immédiatement après son départ, elle téléphona à Beyrouth pour parler de la visite aux Daheshistes qui vivaient à la Maison Dahesh ; mais quand elle appela, Dahesh répondit au téléphone. Elle lui dit, "Mais vous venez de me rendre visite ici en Amérique, comment pouvez-vous donc être revenu à Beyrouth ?" Dahesh répondit : "Oh, c'est l'une de mes personnalités célestes qui vous a rendu visite ! Je n'ai jamais quitté Beyrouth !" D'autres Daheshistes rapportent des événements semblables.

Le Dr Dahesh en 1971


En 1975 débuta la sanglante et violente guerre civile libanaise ; chrétiens contre musulmans, musulmans contre Druzes ; une faction contre une autre. Il y eut plusieurs milliers de morts et de nombreux quartiers de Beyrouth se transformèrent en décombres. Beaucoup de libanais se servirent de la guerre comme d'un prétexte pour pratiquer des vendettas et Dahesh devint une cible. Dans la société libanaise, abandonner une religion était pire que d'être un traitre et des milliers de gens avaient abandonné l'église catholique maronite, ou l'Islam, pour devenir Daheshistes. Les familles étaient outragées et réclamaient vengeance ; Dahesh décida donc qu'il était temps de partir. Il emporta sa vaste collection d'art (c'était un grand collectionneur de l'art européen du 19ème siècle), ses livres et certains de ses plus proches disciples vers New-York, où il allait résider pendant les neuf dernières années de sa vie.

Ses adeptes connaissent Dahesh en tant que "Docteur Dahesh" ; mais il ne fut jamais médecin, n'ayant reçu que trois mois d'instruction scolaire et il ne possédait aucun diplôme d'aucune sorte. Ils l'appelaient "Duktur Dahesh", ce qui veut dire en arabe "Maître des Merveilles" ou "Conseiller merveilleux".

À suivre.

2 commentaires:

  1. J'attends la suite avec impatience ! Merci pour vos traductions qui respectent le plus possible l'article /l'écrit original.

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  2. Je ne connaissais pas l'existence de ce frère Duktur Dahesh. Je souhaite aussi connaître la suite et plus particulièrement le kérygme de son enseignement. Etait-il un frère pénitent ? C'est-à-dire aimer tous les hommes, pardonner jusqu'à ses ennemis, faire la paix, libre de développer une intelligence du coeur capable de créer dans la Beauté tout en étant libre de toutes peurs et de tous préjugés. Etait-ce un frère de cette trempe ou plus grand encore ?
    Il est en France à l'age de 86 ans un prophète vivant dans son corps physique : Michel Potay. Usez de votre saine liberté, allez à son contact par le moyen que vous voudrez, il est accessible. Son miracle est d'avoir été témoin et messager du Créateur de l'univers apparu sur le lieux d'Arès au nord du Bassin d'Arcachon. Son miracle est d'avoir eu le courage de répondre à l'Appel du Ciel au dessus des cieux ; à se mettre debout pour se mettre en marche et à trouver les hommes de Bien croyants ou non croyants qui changeront le monde en Bien, au-delà de la dualité du bien et du mal. La Vérité est celle-ci, le monde doit changer, en Bien. Nous avons la force de recréer l'Éden.
    Tony de Touraine

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