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mardi 6 octobre 2015

La larme à l’œil

Pleurer est l'apanage de l'être humain (même si certains pensent que des animaux puissent le faire aussi). L'expression physique de l'émotion liée aux pleurs se manifeste par les larmes, le liquide qui baigne les yeux.

On trouve beaucoup de locutions du langage courant où figurent le mot "larme" (comme "pleurer à chaudes larmes", "rire aux larmes", "fondre en larmes") et on peut pleurer dans de très différentes circonstances émotionnelles. Mais saviez-vous qu'à chaque émotion correspond une larme d'apparence différente ?

Vues au microscope, les larmes 
diffèrent en fonction des émotions


 

Extrait d'un article du Dr Mercola

Traduit par Hélios

Notre corps produit trois types différents de larmes. Il y a les larmes de base, prévues pour lubrifier et protéger les yeux. Elles sont constamment sécrétées en toute petite quantité (un gramme environ par période de 24 heures) et balayent l’œil quand on cligne des yeux.

Nous produisons aussi des larmes réflexes. C'est une autre forme de protection et des larmes sont libérées en réponse à une irritation, comme le vent, la poussière, la fumée ou quand vous épluchez des oignons. Le troisième type de larmes – créées sous le coup d'une émotion ou larmes "psychiques" comme on les appelle parfois – sont sans doute celles dont on parle le plus et ce sont les plus mystérieuses.

Les larmes, peu importe sous quelle forme, sont une combinaison d'eau salée, de substances huileuses, d'anticorps et d'enzymes. Mais l'examen au microscope fait apparaître chaque type de larme comme infiniment différent.

D'intrigantes photos révèlent une "topographie des larmes"

Dans un projet appelé "Topographie des larmes", la photographe Rose-Lynn Fisher a utilisé un microscope pour étudier ce à quoi ressemblait de près les larmes humaines. Elle a examiné pendant plusieurs années plus d'une centaine de larmes, les siennes, celles de volontaires et même celle d'un nouveau-né, en les passant sous un microscope.

Il en a résulté une belle collection d'images extrêmement différentes, plusieurs donnant l'aspect de paysages à grande échelle. Elle les a décrites comme "des vues aériennes du terrain des émotions". Voici ce qu'elle en dit :
"Je trouve curieux la ressemblance des modèles de la nature, quelle que soit leur échelle… On peut voir des modèles d'érosion imprimés dans la terre au cours de milliers d'années et quoi qu'il en soit ils ressemblent beaucoup aux motifs cristallins ramifiés d'une larme sèche qui n'a demandé qu'un instant pour se former.
Les larmes représentent le moyen le plus primaire d'exprimer un langage dans des moments aussi intenses que la mort, aussi basiques que la faim, et aussi complexes que les rites de passage… C'est comme si chacune de nos larmes charriait un microcosme de l'expérience collective humaine, comme une goutte dans l'océan."
Comme on dit, une image vaut mille mots, voici donc quelques photos extraites du site de Rose-LynnFisher. [Les larmes sont séchées sur une lame, puis photographiées au microscope, note d'Hélios]

Humecter les yeux : un microclimat


Passer du rire aux larmes

Larmes pendant l'épluchage d'oignons

Larmes de chagrin

Larmes du changement

Larmes du désir ardent de libération

Larmes de joie à un moment charnière
Larmes de retrouvailles surprise

Larmes de soulagement

Rire aux larmes

Larmes d'un début et d'une fin

Larmes d'une possibilité, d'un espoir

Le plus intrigant peut-être, ce sont les multiples formes que prennent les larmes en fonction des émotions et des situations vécues. Les larmes quand on "rit jusqu'à en pleurer", les larmes de chagrin, les larmes de douleur, les larmes pendant l'épluchage d'oignons, toutes apparaissent comme remarquablement différentes.

Les émotions changent-elles la structure de nos larmes ?
Tout ceci m'évoque le travail du Dr Masaru Emoto aujourd'hui décédé, un chercheur visionnaire japonais, qui a étudié l'impact de la conscience humaine sur l'eau et son arrangement cristallin.

De l'eau sur laquelle était imprimée de l'amour, de la gratitude et de l'appréciation répondait en développant une complexe beauté et de l'eau qu'on maltraitait par des intentions négatives devenait désordonnée et perdait ses magnifiques motifs. Quelque chose de similaire se produit peut-être pour les larmes… on sait, par exemple, que les larmes contiennent des substances uniques selon ce qui les produit.

Les larmes d'émotion contiennent de la leucine-enképhaline, un analgésique naturel [endorphine] que produit le corps en réponse au stress. Il existe cependant d'autres explications au fait que des larmes séchées prennent une apparence particulière sous le microscope. Comme le raconte Rose-Lynn,
"… Comme les structures qu'on voit sous le microscope sont en grande partie du sel cristallisé, les circonstances pendant lesquelles la larme sèche peuvent conduire à des formes et des arrangements radicalement différents, deux larmes "psychiques" avec exactement la même composition peuvent apparaître très dissemblables de près.
Il existe tellement de variables – la composition chimique, la viscosité, la disposition, le taux d'évaporation, et le réglage du microscope."
Pleurer permet de se sentir bien mieux… à terme
La recherche est partagée quant à savoir si pleurer est bon pour notre santé émotionnelle. Certaines études ont montré que pleurer améliore l'humeur alors que d'autres suggèrent que cela a un effet négatif. Une récente recherche publiée dans Motivation et Émotion pourrait expliquer cette ambiguïté, car une étude sur les pleurs a découvert qu'ils peuvent conduire aussi bien à une aggravation qu'à une amélioration de l'humeur, en fonction du moment où on la teste.

La recherche impliquait 60 personnes visionnant un film émouvant dont on évaluait l'humeur immédiatement au bout de 20 minutes et après 90 minutes. Ceux qui pleuraient durant le film voyaient leur humeur s'aggraver manifestement, alors que celle des "non-pleureurs" restait inchangée.

Lors de la mesure suivante, l'humeur des "pleureurs" était revenue à sa ligne de base, mais, chose intéressante, au moment de la mesure finale, ils avaient non seulement recouvré leur humeur mais elle s'était aussi améliorée comparée à celle mesurée avant le film. Donc, même si pleurer fait se sentir plus mal au début, cela booste finalement l'humeur. Explication des chercheurs :
"Après une détérioration initiale de l'humeur suite à des pleurs observés dans les études de laboratoire, il faut apparemment du temps pour que l'humeur redevienne non seulement bonne, mais aussi pour qu'elle devienne encore moins négative qu'avant l'événement émouvant, ce qui correspond aux résultats d'études rétrospectives."
Une recherche séparée a également suggéré que pleurer avec quelqu'un auprès de qui s'épancher (comme un(e) ami(e) proche) fera probablement ressentir davantage de mieux-être. Pleurer peut aussi améliorer l'humeur si cela aide à une nouvelle compréhension de la situation ou si c'est dû à un événement positif.

Pleurer tout seul ou en compagnie d'une autre personne pourra aider alors que pleurer parmi des gens indifférents ou pleurer en se sentant gếné, aura tendance à faire empirer l'humeur.
Les larmes constituent une importante forme de communication
Pleurer est une forme de communication particulièrement importante chez les petits enfants, dont les larmes servent à manifester un besoin de confort ou d'attention. Les larmes sont aussi vecteur d'émotions chez les adultes. Non seulement elles ont tendance à amplifier un masque de tristesse, mais elles peuvent aussi déclencher chez les autres une envie de consolation. Comme rapporté par l'Association Américaine de Psychologie (AAP) :
"Les larmes ajoutent de la valeur et des nuances à la manière de percevoir les visages. Elles deviennent une sorte de lubrifiant social qui aident à assurer le fonctionnement tranquille d'une communauté en aidant les gens à communiquer".
Fondre en larmes peut être "utile" pour construire et renforcer une relation personnelle en signalant aux autres que nos défenses sont affaiblies, qu'on est moins menaçant, et cela peut susciter des sentiments d'empathie chez les autres. Le chercheur Oren Hasson explique :
"Mon analyse suggère qu'en brouillant la vision, les larmes abaissent les défenses et fonctionnent comme de fiables signaux de soumission, un appel à l'aide, et elles montrent aussi la preuve d'un attachement mutuel et d'une cohésion du groupe."
Et, c'est intéressant, pleurer peut même jouer un rôle d'aide pour identifier ses propres sensations.

Parmi les gens atteints du syndrome de Sjögren *, qui rend difficile la production de larmes, 22 % ont déclaré qu'ils avaient largement plus de difficulté à identifier leurs propres sensations que le groupe contrôle. Le chercheur notait que, "La capacité à pleurer freinée chez les patients avec un syndrome de Sjögren peut affecter la manière de gérer leurs émotions."
* Le syndrome de Gougerot-Sjögren primitif (SS) est une pathologie autoimmune chronique qui se caractérise par une destruction progressive des glandes salivaires et lacrymales conduisant à une perte des fonctions de sécrétion des glandes, avec comme principale conséquence l'installation d'une sécheresse des yeux et de la bouche.
Pourquoi les femmes ont-elles tendance à pleurer plus que les hommes ?
Il y a des différences aussi entre les pleurs et le sexe. Les femmes pleurent de 30 à 64 fois par an, comparées à 6 à 17 fois chez les hommes. Les femmes ont aussi tendance à pleurer environ deux fois plus longtemps que les hommes lors d'un épisode (environ 6 minutes chez les femmes et deux ou trois minutes chez les hommes).

La raison pour laquelle les femmes pleurent plus souvent que les hommes est peut-être purement physiologique. La plupart des femmes ont un canal lacrymal plus superficiel que celui des hommes, ce qui veut dire que les larmes débordent plus vite et plus facilement que chez les hommes.

Il a été également suggéré que des différences hormonales pourraient être les responsables ; la testostérone semble inhiber les pleurs alors que la prolactine, trouvée en niveaux plus élevés chez les femmes, les encouragent. Il y a aussi des différences culturelles marquées quant au fait de pleurer. Selon l'AAP
"Une étude sur les gens de 35 pays a montré que la différence de fréquence des pleurs entre hommes et femmes peut être plus prononcée dans les pays qui autorisent une plus grande liberté d'expression et de ressources sociales. Les habitants de pays riches peuvent pleurer davantage parce qu'ils vivent dans une culture qui l'autorise, alors que les gens de pays pauvres – qui sont présumées pleurer davantage – ne le font pas en raison de normes culturelles qui désapprouvent l'expression d'une émotion".

8 commentaires:

  1. Commentaire de Korrigan :

    Les femmes disposent de deux armes redoutables : le fard et les larmes. Heureusement pour les hommes elles ne peuvent pas s'en servir en même temps disait l'une d'entre elles.

    Dès lors de quel oeil doivent-elles pleurer lorsqu'elles sont myopes d'un oeil, presbyte de l'autre et qui louchent par surcroît, impardonnables selon Pierre Dac de ne pas voir ce qui se passe autour d'elles ?

    Passer larme à gauche ou selon une autre (Mme Du Deffand) être encore plus forte lorsqu'elle s'arme de faiblesse ?

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    1. Sacré Korrigan, il m'a "coupé" l'herbe sous les pieds ! Intéressant ce post ! Merci, il ne
      reste plus qu'à peindre les dessins, cela ferait de beaux tableaux... mais les faire peindre par qq'1 d'heureux hé ! pas un qui pleure, sans Jean qui rit, pour le décès d'un ou d'une qui a passé larme à gauche ... ;-)

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    2. J'avais pensé comme titre pour l'article : "le choix des larmes"...

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  2. https://www.youtube.com/watch?v=ZIRiuUxadTg&feature=player_embedded

    Les mots sont inutiles....

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  3. https://www.facebook.com/mireille.philbois/videos/418581304878525/


    La Mamé....

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  4. HS

    http://www.crashdebug.fr/index.php/dossiers/6159-docu-les-nouveaux-chiens-de-garde-complet

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  5. http://www.feroce.co/amanda-scarpinati-susan-berger/

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