Bistro Bar Blog

dimanche 11 octobre 2015

"High Hitler"


On voit sur certains documentaires une des mains d'Hitler trembler. Est-ce la maladie de Parkinson ou un état de manque ?


High* Hitler

* Jeu de mots intraduisible en français. Dans l'expression "Heil Hitler", Heil est remplacé par "High" qui signifie en anglais populaire "défoncé".

Aperçu d'un mégalomaniaque accro aux 
drogues
  



Par AndreaMaurer

Traduit par Hélios

Vers la fin, désormais terré dans son bunker humide et sombre sans son Eukodal bien-aimé, le dictateur se retrouvait dans un état précaire. Il n'avait plus de dents, il bavait et avait des hallucinations. Hitler, l'homme qui croyait à ce qu'il appelait la "race aryenne supérieure", a fini drogué.

Dans son livre, Der totale Rausch: Drogen im Dritten Reich [Euphorie totale, la drogue sous le 3ème Reich, livre sorti en Allemagne en septembre 2015, note d'Hélios] Norman Ohler attribue la chute d'Hitler aux drogues, à l'Eukodal [ou oxycodone] principalement, un dérivé de l'héroïne. De temps en temps, coulaient aussi dans les veines du végétarien strict des stéroïdes anabolisants extraits de porcs. Et son "dealer" n'était autre que son médecin personnel, Theodor Morell. 

 
Dans un livre qui bouscule l'histoire du troisième Reich, Ohler explique que plusieurs Nazis de haut rang étaient accros aux drogues opiacées, pendant que les soldats du front prenaient de la Pervitine, une forme de méthamphétamine sous forme de comprimés. Avant la bataille finale de la seconde guerre mondiale, les Nazis étaient à la recherche d'une drogue miracle qui transformerait les "hommes en prédateurs", écrit Ohler, citant Gerhard Orzechowski, un pharmacologue de la Wehrmacht. Selon le livre, le troisième Reich était un empire sous le règne de la drogue ; "Ce livre oblige à une totale révision du régime Nazi", reprend l'historien allemand Hans Mommsen dans l'épilogue, "cette dimension du régime nazi n'a pas été suffisamment prise en considération". Jusqu'à aujourd'hui – mais quelle fut la motivation de Ohler ?

"J'ai un ami berlinois proche qui m'a dit un jour que les Nazis prenaient des tas de drogues. J'ai eu du mal à y croire.", m'a dit la semaine dernière Ohler, un journaliste et romancier allemand maintes fois récompensé. De 2009 à 2014, il a effectué des recherches aux archives fédérales de Coblence, aux archives militaires de Fribourg et à Washington, DC. Il a également analysé les rapports personnels du Dr Morell, dont le rôle dans la vie d'Hitler a été largement ignoré par les historiens.

"Beaucoup d'historiens pensaient que s'intéresser au médecin personnel d'Hitler était un thème de presse à scandale", explique Ohler, en parlant du journalisme populaire. Il souligne que les notes du Dr Morell ont été aussi largement incomprises : "Après la seconde guerre mondiale, les américains qui capturèrent Morell traduisirent le mot 'Eukodal' en 'Enkodal'. Ils imaginèrent que c'était un traitement médical légitime donné selon une posologie". Ohler continua à fouiller et découvrit des gens qui avaient usé de l'Eukodal. Il a inclus leur témoignage dans son récit – "Les gens ressentaient ce à quoi ils avaient toujours aspiré : splendides, d'un calme souverain et la tête claire ; c'était une sensation grisante" – pour illustrer comment ce cousin pharmaceutique de l'héroïne avait été "une drogue parfaite pour le Führer".

Le livre d'Ohler s'ouvre sur les années 20 quand les Nazis commencent à faire campagne contre la cocaïne et la morphine dans la république de Weimar. Les auto-proclamés "maîtres de l'univers" condamnaient l'abus de drogues comme de la "juiverie" et quand ils arrivèrent au pouvoir, ils déportèrent les accros à la drogue en camps de concentration. Le vrai "allemand aryen" était supposé fort et l'esprit éveillé. Hitler prétendait jouer le rôle de modèle : abstinent, ascétique et ardent végétarien.

"Mais le changement de pouvoir ne se traduisit que par un changement de substances", révèle Ohler. Une compagnie pharmaceutique de Berlin-est, Temmler Werke, mit au point une nouvelle pilule pour la méritocratie nazie : la pervitine, une méthamphétamine et ancêtre de ce que nous connaissons aujourd'hui comme la "meth". Ils la brevetèrent en 1937 et en firent une large publicité, même comme bonbons pour les femmes : "Une seule pilule vous garde alerte pendant des heures. Vous augmentez votre confiance en vous et faites disparaître vos doutes", promettaient-ils. "Les gens étaient euphoriques", dit Ohler. La pervitine a créé "une ambiance rappelant celle d'avant-guerre".

En 1939, les soldats d'Hitler emportèrent de la pervitine sur les champs de bataille. Le magazine Spiegel fut le premier à en parler en 2005 et Ohler a poursuivi avec son livre. Otto Ranke, physiologiste militaire, a évalué la pervitine comme "une substance très précieuse en temps de guerre". En 1940, avant l'attaque sur la France, l'armée allemande commanda 35 millions de comprimés de pervitine pour ses soldats. Les conducteurs de chars dopés demeuraient actifs jusqu'à l'arrêt des moteurs ; les troupes marchaient nuit et jour sans une pause. Ohler estime que la Blitzkrieg a été "pilotée par la méthamphétamine".

La pervitine fut probablement la seule drogue qu'Hitler n'essaya pas. "Il était plus du genre à consommer des drogues opiacées", continue Ohler. En 1936, Hitler fit la rencontre de Theodor Morell à Munich, qui avait jusque-là exercé avec succès sur le Kurfürstendamm [avenue de Berlin équivalente aux "Champs-Élysées" parisiens]. Il maitrisait les injections comme nul autre" et il devint le médecin privé du Führer – ainsi que son dealer. Des années plus tard, le Dr Morell se vantait d'avoir été "le seul à avoir vu le Führer chaque jour depuis 1936". Dans les archives de Morell, l'intimidant dictateur figurait simplement comme le "patient A".

Le Dr Morell avec Hitler (capture d'écran d'un documentaire - lien en fin d'article)

"Le Dr Morell occupait une position très importante dans le régime nazi", poursuit Ohler. "De Josef Goebbels à Alfred Speer, tous les nazis importants allaient chez le Dr Morell pour diverses injections. Être suivi par lui vous faisait gagner la confiance d'Hitler. Si vous n'y alliez pas, vous pouviez immédiatement tomber en disgrâce auprès d'Hitler."

En 1941, Hitler tomba malade. Il avait de la fièvre, de la diarrhée et des douleurs des membres et le Dr Morell ne savait pas comment l'aider. Il créa un cocktail composé de vitamines et y ajouta des anabolisants stéroïdes à base de porc – " se comportant en médecin dopeur", dit Ohler. Morell fit même installer une usine de production de stéroïdes en Ukraine et devint ce qu'Ohler appelle une "pharma-industrie à lui tout seul".

Hitler devint un dictateur sous drogue, un végétarien strict utilisant des hormones animales. "Afin de garder son bras tendu pour le salut nazi, Hitler s'entraînait aux extenseurs et s'injectait plein de vitamines", explique Ohler. "Avant chaque grand discours, le Führer s'offrait une seringue d'anabolisants" pour tenir le coup.

Mais après 1941, Hitler changea. Le bunker n'abrita plus qu'un dictateur au teint blafard. Cela rendit pendant des années perplexes les historiens, mais Ohler dit qu'il en trouva la raison dans les notes du Dr Morell : "X".

Le "X" fait référence à l'Eukodal ; Ohler en est sûr. Morell a rapporté avoir fait 800 injections à Hitler sur une durée de 1340 jours, la première en 1943, quand les américains atterrirent en Sicile et au moment où Mussolini, le Duce d'Italie, pensait annuler son alliance avec Hitler. Le Führer étant incapable de se rendre en Italie en raison de fortes douleurs à l'estomac, Morell lui injecta donc une substance qu'il avait évité jusque-là : l'Eukodal. Un Hitler radicalement transformé convainquit le Duce de prolonger l'alliance et ne jura plus que par l'Eukodal.

La tentative d'assassinat par le comte de Stauffenberg en juillet 1944 occasionna des blessures importantes à Hitler et il eut besoin plus que jamais de son médecin-dealer. Il supplia le Dr Morell de lui injecter de l'Eukodal. L'hiver suivant, Hitler "avait perdu depuis longtemps sa légendaire sobriété", écrit Ohler. Pire, "les réserves du Dr Morell étaient en diminution" et le 17 avril 1945, un Hitler rendu fou menaça de tirer sur le Dr Morell. Le médecin prit la fuite, mais fut intercepté par les américains et longuement interrogé. Il mourut à Munich deux ans plus tard, victime de troubles mentaux.

Avant ce qui deviendrait la Bataille Finale de la seconde guerre mondiale, l'armée allemande commença à chercher une drogue miracle pour mobiliser de nouveau ses troupes. Gerhard Orzechowski concocta un mélange d'Eukodal, de cocaïne, de pervitine et de dicodid et créa la plus puissante substance au monde au nom de code D-IX. Mais les soldats qui la testèrent tombèrent immédiatement malades : paralysie, suées, vertiges. La Marine l'administra malgré ces réactions et "la mission se transforma en fiasco". Les SS continuèrent leur recherche d'une drogue miracle en faisant cette fois des essais dans les camps de concentration. Ils fabriquèrent un chewing-gum à base de cocaïne pure. "Malgré la faim et leur frêle constitution, les prisonniers des camps de concentration se transformèrent en vraies machines à défiler", écrit Ohler. La quête d'une drogue miracle avait dégénéré en expériences perverses sur des humains.

Qu'advint-il de tous les accros à la pervitine après la guerre ? "Il n'y a pas eu de recherches suffisantes sur les profondes répercussions de la pervitine dans l'Allemagne d'après-guerre", dit Ohler. "Des éléments indiquent que la pervitine a beaucoup contribué au miracle économique allemand et que les femmes qu'on a surnommées les 'Trummerfrauen', les 'femmes des décombres' n'auraient pu accomplir ces performances sans la pervitine", ajoute Ohler. "Épuisée, la population allemande de l'après-guerre avait un réel besoin de pervitine pour se remettre sur pied".
Les allemandes qui déblaient les décombres
Les allemands n'ont pas été les seuls accros à la drogue, ni les seuls à avoir mené une guerre sous l'effet de drogues. "Les britanniques ont utilisé des amphétamines pendant la seconde guerre mondiale et la guerre de Corée en 1950 fut "une guerre sous amphétamine avec les pilotes (américains) dopés." Ohler conclut, "l'histoire contemporaine devrait davantage se pencher sur les abus de stupéfiants".

Qu'en conclure pour Hitler ? "La drogue a probablement offert à Hitler une option pour rester dans l'état d'illusion nécessaire pour commettre des crimes aussi monstrueux", mais cela ne l'excuse pas. "Je crois au principe 'actio libera in causa' ["Mise en état d’irresponsabilité par un acte de libre volonté"] – quiconque a planifié un crime s'en rend coupable." Il n'y a aucun doute sur la culpabilité d'Hitler ; il a planifié le massacre de six millions de personnes bien avant d'avoir commencé à user de drogues. "L'euphorie totale", la perte de contact avec la réalité et la mégalomanie ont toujours fait partie de son état d'esprit – l'état d'esprit d'un meurtrier végétarien ayant fini sa vie en "junkie" souffreteux.


*******************
Pour aller plus loin, un documentaire de 46 minutes (en anglais, désolée) intitulé "Hitler's Hidden Drug Habit: Secret History" d'où j'ai tiré la capture d'écran du Dr Morell.


5 commentaires:

  1. Commentaire de Korrigan :

    Aïe Hitler ?? C'était le "bon temps", nous en avons aujourd'hui une douzaine sur la planète.
    Et donc mes biens chers frères, mes bien chères soeurs, en ce dixième dimanche avant le Père Noël, un chant d'espérance et de confiance dans l'avenir pourri qui nous attend.

    Veni, creator Spiritus,
    Mentes tuorum visita,
    Imple superna gratia
    Quae tu creasti pectora

    Hostem repellas longius
    Pacemque dones protinus;
    Ductore sic te praevio
    Vitemus omne noxium.

    J'aurais pu ajouter le Tantum Ergo de Saint Thomas Taquin

    Que celles et ceux qui chantent faux nous fassent la grâce de se taire ou de continuer à faire mine de fredonner (la majorité du choeur planétaire, égarée dans cet universel saint-frusquin).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu aurais pu mettre la traduction du latin...

      Supprimer
    2. Merci à Korrigan pour la traduction...

      Viens, Esprit Créateur,
      Visite la pensée de tes fidèles,
      Emplis de la grâce d'En-Haut
      Les cœurs que tu as créés.

      Repousse au loin l'Ennemi,
      Donne-nous la paix sans délai ;
      Que sous ta conduite qui nous ouvre la voie,
      nous évitions toute nuisance.

      Supprimer
  2. Il est malheureux de constater que sur des blogs de chercheurs de vérités, l'on continue de faire le jeu de la propagande anti-National Socialiste. Informez-vous, bon sang !
    https://m.youtube.com/watch?v=Z3cGLqJNHEk

    RépondreSupprimer
  3. J'aime de plus en plus Adolf, car il s'avère qu'il avait raison sur bien des points ! C'était un visionnaire !

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.