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mercredi 29 juillet 2015

La magie du rangement (2ème partie)



Après l'expérience, il y a quatre ans, du rangement de sa maison , David Cain nous explique comment s'y prendre au mieux pour que cette tâche devienne magique !


Hors de la vue ne veut pas dire hors de la tête

Par David Cain (Raptitude)


Traduit par Hélios




En 2011, pendant une brève période, chaque chose a eu sa place. J'ai jeté plus de la moitié de mes possessions, dans l'idée de ne rien posséder qui n'ait son crochet, son emplacement ou son étagère. Une fois chaque chose à la bonne place, je pouvais tout ranger en cinq minutes et découvrir un espace net et garder un esprit clair.

Cela a pris environ un mois pour le faire – et environ 6 mois pour le défaire. Quand j'ai mis ma réussite par écrit, je lui ai donné le titre ambitieux de ''Chaque chose à sa place, définitivement et pour toujours''. Les choses retournèrent à un désordre tolérable. Plus de tas de vêtements par terre en pagaille, mais il y a des objets sur la table de la salle à manger qu'on n'utilise jamais pour manger et des livres qui gisent à des endroits autres que les rayons de la bibliothèque.

Je n'ai jamais oublié l'étrange paix qui se dégage d'une maison débarrassée de son chaos. C'est une expérience domestique totalement différente, libérée d'une certaine forme de tension qu'on ne remarque que lorsqu'elle a disparu. Tous les objets qui subsistent à la fin demeurent un problème en suspens, aussi bien dans le monde réel que dans l'esprit. Ils donnent à votre vie quotidienne un sentiment d'indécision perpétuelle, comme d'hésiter au travail entre améliorer un logiciel ou le remplacer par un neuf.



J'ai maintenant l'intention, quatre ans après, de m'y remettre, mais c'est un énorme travail et les bénéfices semblent s'estomper trop vite. À moins d'être organisé de naissance, faire du tri est un combat contre la gravité et l'entropie et peut-être aussi contre certaines autres lois cosmiques inaliénables.

Le problème, c'était ma méthode. Je pensais que ranger revenait à rendre les choses plus sympathiques. Pendant que je courais d'un placard à l'autre, éliminant et remettant en place, un petit bout de femme japonaise mettait au point une science autour de l'idée de ''chaque chose à sa place''. Elle en est maintenant à un million de livres vendus et la liste d'attente pour obtenir ses services est de trois mois.

Son nom est Marie Kondo et elle dit que nos notions conventionnelles de rangement conduisent à une rechute inévitable. Quand nous étions enfants, on nous disait de ranger notre chambre, ce qui voulait dire, nous le savons, ''ramasse tout ce que est par terre et mets-le hors de vue'', et en général nous ne poussons pas plus loin le concept de ''rangé''.

Marie dit que le rangement est une chose à accomplir d'un seul et unique effort rigoureux et qu'il doit durer toute la vie, parce que c'est un réagencement aussi bien de sa philosophie que de sa maison. Notre maison – et par conséquent notre vie – est en désordre parce que nous éprouvons des relations de peur malsaines vis à vis de nos possessions. Où vous gardez les choses est important, mais c'est moins important que le genre de choses que vous gardez, comment vous vous sentez par rapport à elles et pourquoi vous les avez gardées.


Marie Kondo
Quelqu'un de ma famille m'a offert son livre, The Life-Changing Magic of Tidying Up [en français, La magie du rangement] et j'ai démarré sa méthode. Les prescriptions de Kondo contredisent presque tout ce que j'ai fait en commençant le nettoyage de mon appartement.

Voici quelques-uns de ses grands principes :

Visez la perfection, d'un seul coup – arrêtez de vouloir en faire un petit peu tous les jours. Un chapitre s'intitule, ''Rangez un peu chaque jour et vous passerez votre vie à ranger''. Le rangement doit être spectaculaire et minutieux, car il représente un changement énorme, pas seulement dans vos possessions, mais dans la manière dont vous êtes liés à ce que vous possédez. Pour être quitte de votre rangement, chaque objet en votre possession aura été auparavant manipulé et examiné.

Rangez par type de possession, et non par pièce. Jusque-là, j'allais de pièce en pièce, de placard en placard, en enlevant tout, en éliminant les choses dont je pouvais me passer et en remettant ensuite soigneusement en place ce que je gardais. Cette méthode fait place nette (pendant un temps) mais elle se concentre trop sur ce à quoi ressemble l'aperçu de chaque pièce et pas assez sur la raison qui nous fait conserver les objets et ce que nous ressentons en les possédant. Dans la méthode de Marie, cela passe d'abord par les vêtements, puis par les livres, les papiers, les souvenirs et ainsi de suite. Regroupez tous les livres de la maison au même endroit avant de décider lesquels garder. 
 
Faites-le en deux phases distinctes : débarrassez, puis rangez. Dans la méthode conventionnelle pièce par pièce, nous débarrassons et rangeons en même temps. On choisit une chose qu'on veut garder, on la met sur l'étagère. On choisit une chose qu'on veut jeter, on la met dans un sac. À la place, passez individuellement en revue chaque catégorie de possession, en donnant tout ce que vous ne gardez pas. Une fois chaque catégorie triée de cette manière, passez-les toutes de nouveau en revue et assignez à chaque objet un emplacement.

Ne gardez que des objets qui évoquent la joie. Pour chaque objet de chaque catégorie, prenez-le dans vos mains et voyez s'il déclenche une quelconque joie en vous. Si ce n'est pas le cas, il porte atteinte à votre vie à la maison. Donnez-le. Ce critère semble flou, mais il est de loin supérieur à ceux qu'on a coutume d'utiliser : éliminer des choses qui ne fonctionnent plus, qui n'ont pas servi pendant un an, ou qui ne sont plus ''utiles ou belles''. Aucun de ces tests ne fonctionne en tout cas, parce que nous gardons différentes sortes de possessions pour différentes raisons. Vais-je me débarrasser des albums photos que je n'ai pas regardé pendant l'année ? Dois-je garder un vieux vase juste parce qu'il est toujours beau ? Le ''critère-joie'' semble répondre à la question plus large de la place donnée à l'objet dans notre vie.

Méfiance en rangeant. Lorsque nous conservons quelque chose qui n'ajoute aucune joie à notre vie, c'est soit un attachement malsain au passé ou une peur malsaine de l'avenir, selon Miss Kondo. Une pièce qui semble rangée mais qui est remplie d'objets indésirables stockés dans des cartons apparaîtra toujours en désordre, tout au moins pour le propriétaire de ces objets. Désencombrer est une sorte d'examen de conscience – qui nous oblige à prendre des décisions concernant nos valeurs et nos attentes – et le fait de stocker est une manière d'esquiver cet important travail.

Le test de la joie

Il y a bien d'autres choses dans le livre, mais le commandement central est d'appliquer le test de la joie à chaque objet, jusqu'aux post-its de votre ardoise pense-bête.

Autrement, nous en arrivons avec trop de possessions qui évoquent des émotions négatives : honte, culpabilité, regret, dégoût. Quand vous regardez dans la penderie, il y a des chances que la moitié des vêtements vous rendent mal à l'aise pour une raison ou pour une autre. Ou bien vous ne les portez jamais, ou ils sont moches sur vous, ou ils coûtent cher mais ne vous vont pas ou ce sont des cadeaux que vous n'aimez pas. Ces trucs sont de purs fardeaux et nous en gardons partout, pas uniquement dans nos penderies, mais sur les rayons de livres, dans le garage, sur nos murs et dans nos armoires. Couper le lien avec ces objets émotionnellement chargés est une sensation incroyable.

Le critère-joie semble s'appliquer à bien d'autres choses dans la vie. Je regarde soudain tous mes choix de cette manière. Si je dois choisir entre travailler pour X ou Y, je prends celui qui évoque le plus de joie pour moi. Quel programme de remise en forme dois-je suivre ? Comment planifier ma journée ? Que dois-je commander au restaurant ? Dois-je continuer de travailler ou aller me promener ?
Les réponses sont étonnement pragmatiques pour une méthode basée sur l'intuition. Mais elle est sensée, car le test de la joie mène directement à vivre selon nos valeurs et non selon nos habitudes. Vous penserez que c'est ce que nous faisons déjà, une recherche de joie par défaut, mais nous fonctionnons souvent à partir d'une autre motivation qui ne nous rend pas toujours service sur le long terme : le familier, la peur, la gratification ou le besoin de contrôler.

Certains objets sont nécessaires, même s'ils ne semblent pas susciter une quelconque joie. Les relevés d'imposition, par exemple. Mais le critère-joie est suffisamment vaste pour fonctionner ici aussi – je sais que je préférerais avoir mes relevés d'impôts classés soigneusement par année, dans des chemises bien nettes que de les voir tristement tous rassemblés en tas, entourés d'un élastique, dans un grand classeur à tiroirs. Le test de la joie clarifie l'effet émotionnel de chaque possession.

Je vais tout expérimenter de cette façon pendant les six prochaines semaines : vêtements, livres, outils et ustensiles, papiers, souvenirs et même les produits alimentaires. J'en ai terminé pour l'instant avec mes livres et c'est merveilleux de regarder ma bibliothèque et de ne voir que des livres qui m'apportent de la joie. Je n'avais pas réalisé quel effet ont mes possessions sur la manière de me sentir chez moi. Je veux que toute la maison ressemble à ma bibliothèque.

Quel est l'état des possessions chez vous ? En êtes-vous au stade où vous avez une place pour chaque chose ? Quel est votre idéal ?

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