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vendredi 13 mars 2015

Le pont en fibres de la tradition inca

Photos et vidéo de ce savoir ancestral à préserver. Rien que des herbes tressées pour faire ce pont. Le résultat est étonnant.



Le spectaculaire pont péruvien en fibres, le dernier en son genre, perpétue une tradition Inca



Traduction par Hélios




Chaque année, les communautés rurales du Pérou mettent en pratique une tradition ancestrale qui remonte à l'époque de la civilisation inca. En tant qu'expression sacrée d'un rituel, d'une histoire et d'un renouveau, les péruviens passent trois jours par an à tresser le pont de singe Q'eswachaka pour traverser l'un des nombreux précipices du système routier des anciens incas. Un pont unique en son genre.



Le dangereux processus consistant à suspendre un pont de singe au-dessus du vide doit être répété annuellement, mais il structure la vie des communautés participantes tout au long de l'année, établissant une communication, un renforcement des liens séculaires et en réaffirmant leur identité culturelle.





Les communautés de langue quichua se réunissent chaque année près de la gorge de la rivière Apurimac au sud des Andes [près de Cuzco, au sud, voir carte]




Les gorges de l'Apurimac (photo Brian Dougherty)

Elles rassemblent les matériaux de base – fibres naturelles et végétation locale – qui sont tordues et tressées pour former de solides cordes. Les cordes sont ensuite torsadées et transformées en câbles qui seront par la suite laborieusement étendus de chaque côté de la gorge et grâce à leur savoir-faire les hommes iront tresser les nombreuses cordes pour en faire un passage et des garde-corps, en démarrant à chaque extrémité pour se rejoindre au milieu. Le pont, bien que fabriqué à partir d'herbes, de paille et de morceaux de bois, se balance fièrement au-dessus de la gorge et supporte le passage des habitants et le trafic de troupeaux, comme c'est le cas depuis des centaines d'années.





La structure suspendue se situe à 3,7 km au-dessus du niveau de la mer et fait 28 mètres de long. Chaque famille va fabriquer approximativement 70 mètres de corde pendant la manifestation.






Une fois le pont terminé, une fête de célébration est organisée. Le processus doit se répéter tous les ans, car le pont de fibres s'affaisse et demande à être remplacé. Les habitants conservent les techniques artisanales et la tradition du pont en transmettant le savoir de génération en génération – les méthodes remontant à l'empire inca.



Le travail des communautés et l'importance de ce pont traditionnel ont été reconnus en 2013 par le gouvernement péruvien et la technique, les connaissances et les rituels de construction du pont font maintenant partie du patrimoine culturel de l'humanité.



Le pont suspendu se situe sur l'itinéraire inca, un système de communication d'une longueur de plus de 32.000 kilomètres dans l'Amérique du sud pré-colombienne. Les ponts de fibres enjambaient les canyons, les rivières et les gorges et étaient parfaitement adaptés aux piétons et au bétail, car les incas n'utilisaient pas le transport sur roues. Les chemins et les ponts étaient une nécessité pour les communautés et leurs bêtes, mais ils étaient aussi empruntés par les bergers et leurs lamas et alpagas qui transportaient des marchandises, ainsi que par les coureurs à pied, les "Chasqui".



Les Chasqui étaient des coureurs entraînés extrêmement athlétiques, ils parcouraient de grandes distances en courant sur des milliers de kilomètres de routes et de ponts, allant de relais en relais. Ils transportaient des messages ou des marchandises légères, comme du poisson. Ils portaient un coquillage en forme de conque qui leur servait de trompette.





Suspendre et garder ces ponts en état était, et l'est toujours, une activité risquée. Les morts n'étaient pas rare parmi les artisans-constructeurs.



Il est clair que la mise en place du pont de fibres Q'eswachaka est une œuvre d'amour et de respect dans le but d'honorer les ancêtres, le lien entre communautés et la perpétuation des anciennes traditions.





La ministre de la culture du Pérou, Diana Alvarez, a commenté la signification du statut du pont suspendu et des communautés impliquées au rang de patrimoine mondial de l'humanité en disant, "Je pense que votre activité depuis des années est quelque chose de primordial. Ce savoir a été préservé pour nous péruviens. Le Pérou n'arrêtera jamais de nous surprendre avec ses traditions, sa culture et la majesté de ce lieu où les indigènes ont choisi de faire un pont – et vous êtes une source de grande fierté pour nous tous".

Vidéo de la fabrication du pont suspendu (en espagnol):


5 commentaires:

  1. J'avais oublié de publier la vidéo de la construction du pont. Erreur réparée, vidéo en fin d'article.

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  2. Que de belles photos !
    Merci Hélios.
    Bondimanche

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  3. HS

    http://www.petit-fichier.fr/2013/07/12/pierre-rabhi-vers-la-sobriete-heureuse-texte-original-2/pierre-rabhi-vers-la-sobriete-heureuse-texte-original.pdf

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  4. Bonjour, je souhaiterais utiliser l'une de vos photos sur mon site internet (agence de voyages). Pourriez vous me contacter par email ? chloe_prune@hotmail.com

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    1. Il est possible d'utiliser toutes les photos de cet article. Cordialement.

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