Bistro Bar Blog

mardi 9 décembre 2014

Sept fois foudroyé : l'homme paratonnerre

Certains humains ont des affinités avec l'orage, au point d'attirer semble-t-il la foudre et se comporter comme une sorte de paratonnerre. Mais on peut se demander comment on peut survivre à sept foudroiements...



Étranges dimensions électromagnétiques : la science de l'inexplicable


Extrait d'un livre de Louis Proud



Traduit par Hélios



Sur la liste du livre Guinness mondial des Records figure un homme du nom de Roy Cleveland Sullivan. Né en Virginie le 7 février 1912, il est reconnu pour avoir été foudroyé bien plus de fois que tout autre être humain. Chose incroyable, au cours de ses 71 années de vie, Sullivan a subi sept coups de foudre – aucun ne l'ayant sérieusement blessé. C'est presque comme si la foudre avait une attirance pour son corps. Sullivan fut surnommé le "l'homme paratonnerre", titre dont se serait bien passé cet homme si malchanceux.  Une photo de Sullivan montre une personne qui ressemble à l'acteur Gene Hackman, visage large, cheveux courts et solidement bâti. Il porte son uniforme de garde-forestier, avec un chapeau montrant les dégâts occasionnés par la foudre. On pourrait dire que ses yeux expriment un soupçon de tristesse.

Les sept coups de foudre subis par Sullivan se sont produits quand il était adulte et ont été documentés officiellement. Il a pourtant déclaré avoir vécu sa première rencontre avec la foudre quand il était enfant. Pendant qu'il faisait la moisson avec son père, la foudre frappa la lame de sa faux, ce qui mit le feu au champ. Bien qu'indemne, on ne sait pas si son corps aurait reçu de l'électricité. Même si Sullivan n'a pas été touché par la foudre, s'en trouver aussi près l'aurait exposé à ses puissants champs électromagnétiques.

La longue carrière de Sullivan en tant que garde-forestier du parc national de Shenandoah [en Virginie, NdT] débuta en 1936. En 1942, il eut la malchance de se trouver dans une tour de guet au moment d'un gros orage. La foudre adore les tours et les structures élevées en général et cette tour-là ne fit pas exception. Plus grave encore, cette tour récemment érigée n'avait pas été pourvue d'un paratonnerre. Comme l'a dit Sullivan, "Elle a été touchée sept ou huit fois et du feu circulait partout, j'ai donc décidé de battre en retraite. Je venais de faire quelques pas dehors et tout d'un coup, vlan ! Le feu a pris sur toute ma jambe droite et a mis à l'air mon gros orteil. Ma botte était pleine de sang, qui giclait par un trou de la semelle.

National Park Shenandoah (Virginie)



Quelques dizaines d'années plus tard, en juillet 1969, Sullivan descendait en camion une dangereuse route très ventée du parc, quand Thor décida de le prendre de nouveau pour cible. Heureusement pour nous automobilistes, une voiture vitres remontées agit comme une sorte de cage de Faraday, dans laquelle le métal de la carrosserie offre une protection contre l'intrusion de l'énergie électromagnétique. Quand une voiture est donc touchée par la foudre, l'électricité va circuler à travers le métal de la carrosserie et se diriger vers le sol au lieu de pénétrer dans le véhicule. Cette fois-là, Sullivan conduisait avec les deux vitres avant baissées. Après avoir frappé les arbres alentours, la foudre entra dans la cabine du camion. L'impact fit perdre connaissance à Sullivan et carbonisa une grande partie de ses cheveux ainsi que ses cils et sourcils. La mort lui fut épargnée grâce au fait que son camion s'immobilisa juste avant d'atteindre le bord de la falaise.

Le foudroiement numéro trois se passa en juillet 1970, alors que Sullivan se trouvait dans son jardin. Un éclair frappa le transformateur d'à-côté. De là il se précipita sur son épaule gauche, faisant décoller Sullivan de plusieurs dizaines de centimètres dans les airs. Il s'en sortit avec quelques brûlures mineures.

Au moment de son quatrième foudroiement, en 1972, Sullivan était de service au poste d'accueil du camping du parc. Au début il pleuvait tranquillement, sans aucun signe d'orage dans le voisinage. Le moment d'après, Sullivan entendit un énorme coup de tonnerre – "le truc le plus fort que j'ai entendu de ma vie" – et il a vu "du feu traverser le poste en rebondissant". Ses oreilles ayant fini de tinter, il prit conscience d'un bruit de crépitement – ses cheveux étaient en feu. Sullivan se servit de sa veste pour étouffer les flammes. "J'avais tellement chaud à la tête, c'était terrible. Je voulais la mettre sous le robinet, mais ça ne passait pas et j'ai dû utiliser des serviettes en papier mouillées." Après l'accident, Sullivan confessa : "Je n'ai jamais été un trouillard. Mais je dois confesser que lorsque j'entends maintenant le tonnerre, je suis tout tremblant."


Roy Cleveland Sullivan dans son uniforme de garde-forestier. La marque de brûlure sur son chapeau provient de son septième foudroiement.


Convaincu qu'une force invisible le poursuivait pour le détruire et que le prochain éclair allait le tuer, Sullivan commença à se montrer extrêmement prudent pendant les orages. Toutes les fois où il se retrouvait au milieu d'une tempête en conduisant son camion, il se garait sur le côté de la route et s'allongeait sur le siège avant, pétrifié de peur jusqu'à ce que l'orage soit passé. En homme pratique, il s'assurait d'avoir toujours avec lui un bidon d'eau à l'arrière du camion, au cas où la foudre déclencherait un incendie. Il pensait que, comme l'impliquait son surnom, la foudre se focalisait sur lui. "Je peux me tenir dans une foule, mais c'est sur moi qu'elle tombe", déclara-t-il un jour. "Je suis tout simplement allergique à la foudre".

Le bidon d'eau se révéla utile quand, le 7 août 1973, la foudre le frappa pour la cinquième fois,  mettant de nouveau le feu à ses cheveux. "En fait j'ai vu l'éclair qui m'a touché", raconte-t-il". Sullivan n'était pas en patrouille quand l'accident se produisit. Pour lui, c'était comme si le nuage d'orage responsable de la foudre l'avait littéralement poursuivi. Il semble qu'il ait rapidement quitté les lieux après avoir vu le nuage d'orage se former, ne sortant de son véhicule que lorsqu'il pensait être hors de sa portée. C'est à ce moment-là que l'éclair le frappa.

Le foudroiement numéro six, qui arriva l'année suivante, mit en scène ce qui ressemblait à un énième nuage d'orage "à tête chercheuse", laissant cette fois Sullivan avec une blessure à la cheville. Le septième et dernier foudroiement se passa un samedi matin de 1977, alors que Sullivan pêchait dans un étang. Après avoir frappé le haut de sa tête et roussi ses cheveux, la foudre descendit le long de son côté droit, laissant des brûlures à la poitrine et au ventre sur son passage. Tout en trébuchant pour regagner son véhicule, Sullivan se retrouva nez à nez avec un ours qui tentait de voler la truite de sa canne à pêche. Mais l'animal ne faisait pas le poids face à un homme endurci par une vie au grand air ; il réussit à l'effrayer en le frappant avec une branche.

L'apparente capacité de Sullivan à attirer la foudre eut un effet préjudiciable sur sa vie sociale. Il y a eu des moments où les gens, craignant d'être aussi frappés par la foudre, gardaient leurs distances. "On m'évitait, bien sûr," raconta-t-il une fois. "Par exemple, je marchais un jour avec le garde en chef quand des éclairs se produisirent. Le chef m'a dit, "On se voit plus tard".

Sullivan et sa femme étaient un jour en train d'étendre du linge dans leur jardin quand un orage les surprit et un éclair jaillit du ciel. Ironiquement, il ne toucha pas Sullivan, mais sa femme. On se demande si l'éclair était prévu en fait pour lui.

L'histoire de Roy Cleveland Sullivan se termina tragiquement. Il mourut le 28 septembre 1983 après s'être tiré une balle. Il laissa derrière lui sa femme, Patricia Morris. Son mariage avec elle, en 1962, alors qu'elle avait 19 ans et lui 50, était le quatrième. Soit Sullivan se suicida à cause d'une dépression causée par des difficultés dans son mariage avec Patricia, ce qui cadre avec l'hypothèse d'un cœur brisé, ou il a été assassiné par Patricia et son crime n'aurait pas été démasqué. C'est cette dernière possibilité qui est évoquée dans un article du Washington Post de 2013. On peut supposer aussi que la peur de subir un autre foudroiement l'a fait passer à l'acte.

Le cas de Sullivan est intrigant, car il présente un défi à la science orthodoxe. Comment est-il possible à un être humain d'être frappé autant de fois par la foudre ? Un scientifique et auteur australien, le Dr Karl Kruszelnicki, a calculé qu'il y avait environ 1 chance sur 3000 d'être foudroyé aux USA, sur une durée de vie de 80 ans. D'autres sources comme le site web de la météorologie nationale, parlent d'une chance sur 10.000. Un professeur de statistiques  de l'université George Washington a calculé un jour que les chances pour qu'une personne soit foudroyée sept fois est de 4,15 chances sur 1000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.

Même en tenant compte du rôle joué par son occupation qui présentait un risque plus important que la moyenne d'être touché par la foudre, l'obligeant à passer beaucoup de temps dehors, il subsiste toujours un énorme mystère. Kruszelnicki, qui est un franc sceptique quand on en vient aux OVNI, au "psy" et autres phénomènes inexpliqués, tente de résoudre le mystère comme suit : "Si la géographie locale d'un paysage dirige comme dans un entonnoir les orages selon un chemin particulier et que vous travaillez dans ce couloir particulier (disons comme garde-forestier), alors vous êtes plus susceptible d'être frappé par la foudre, c'est ce qui s'est passé pour… Sullivan".

Kruszelnicki a probablement raison de suggérer que Sullivan travaillait dans un couloir propice à une activité orageuse. Il semble pourtant avoir négligé le fait que de nombreuses personnes travaillant dans ce genre de couloirs n'ont jamais été touchées. Devrions-nous conclure que tous les garde-forestier de Shenandoah, aussi bien passés que présents, sont victimes de la foudre ? Il y a un autre fait négligé, car les foudroiements de Sullivan ne se sont pas tous produits dans le parc de Shenandoah. À une occasion, il était dans son jardin. Et qu'en est-il du foudroiement qu'il aurait subi étant enfant ?

Il est clair que si nous voulons expliquer les multiples foudroiements de Sullivan, il faut étudier le mystère selon une perspective entièrement différente. Bien qu'il détienne le record du plus grand nombre de foudroiements subis par un être humain, il existe de nombreux cas où des gens, en général des hommes, ont été frappés de multiples fois par la foudre. Il semble que lorsqu'une personne a été touchée une fois, ses chances d'être touchée de nouveau augmentent de manière exponentielle, ses expériences l'ayant transformée en "paratonnerre humain".

4 commentaires:

  1. H.S

    Help,

    Pourquoi je ne reçois plus la news ???

    Par contre, je peux de nouveau poster...:-)

    RépondreSupprimer
  2. Un autre plutôt bon dans le genre, assez connu, deux fois d'affilée et filmé :

    https://www.youtube.com/watch?v=q0HyjMw2Zq0

    Je suis malheureusement obligé d'ironiser face à tant de malchance, ça doit être nerveux.

    RépondreSupprimer
  3. Merci pour votre article qui m'a servi de source d'inspiration pour faire une vidéo sur cet homme hors du commun, si ça vous interesse c'est par ici ==> https://www.youtube.com/watch?v=gVh6uIBpRrM

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.