Bistro Bar Blog

mardi 23 décembre 2014

Le bleu égyptien, premier pigment artificiel connu


Ce fameux bleu égyptien qui voulait retrouver la couleur du lapis-lazuli et qu'on voit sur de nombreuses œuvres égyptiennes antiques. Son mode de fabrication était jalousement gardé.
J'assortis la couleur du texte au sujet traité.





Le pigment artificiel le plus ancien connu: le bleu égyptien


Traduit par Hélios 


Le bleu égyptien, également appelé silicate de cuivre calcique, est l'un des premiers pigments artificiels à avoir été utilisé par l'homme.





Le plus ancien exemple connu de ce magnifique pigment remonterait à environ 5000 ans, on l'a découvert sur une peinture tombale datant du règne de Ka-Sen, le dernier pharaon de la première dynastie.



Il est dit ailleurs que la plus ancienne preuve de l'usage du bleu égyptien remonte à la quatrième dynastie et au Moyen Empire, il y a environ 4500 ans.



Néanmoins, à l'époque du Nouvel Empire, le bleu égyptien était pleinement utilisé comme pigment pictural et on le voit sur des statues, des fresques tombales et des sarcophages.





Le bleu égyptien servait de plus à produire un émail céramique appelé faïence égyptienne.





Sa couleur bleue caractéristique, provenant de l'un de ses principaux composants – le cuivre – est plus ou moins claire en fonction des différents procédés de fabrication et de sa composition.

Si le pigment est moulu grossièrement, il donne un bleu foncé riche, alors que très finement moulu, le pigment produit un bleu pâle éthéré.

Coffret d'Aménophis III, musée du Caire

Il est fabriqué en chauffant un mélange de calcium (habituellement du carbonate de calcium), un composé à base de cuivre (limaille ou malachite), du sable très chargé en silice et de la soude ou de la potasse comme catalyseur, aux alentours de 850-950°C.

Le bleu dans la croyance des égyptiens était considéré comme la couleur des cieux et donc de l'univers. Il était également associé à l'eau et au Nil. Le bleu était ainsi la couleur de la vie, de la fertilité et de la renaissance.




L'une des matières naturellement bleue à laquelle les égyptiens avaient accès était le lapis-lazuli, une pierre semi-précieuse d'un bleu profond, qu'on pouvait réduire en poudre, bien qu'il soit un article de luxe qu'on devait importer d'Afghanistan.


Lapis-lazuli



Il ne sera donc pas surprenant que les égyptiens aient cherché à produire un pigment synthétique qui servirait de substitut au bleu lapis-lazuli.





La fabrication du bleu égyptien s'est finalement répandue au-delà des frontières de l’Égypte et on peut en voir tout autour de la Méditerranée. On le trouve sur de nombreux objets grecs et romains, comme les statues du Parthénon à Athènes et les peintures murales de Pompéi. 

Malgré sa large utilisation dans le domaine artistique, le bleu égyptien cessa d'être employé et sa méthode de fabrication tomba dans l'oubli dès la fin de l'époque romaine [les romains le nommaient "bleu céruléen"].



Au 19ème siècle, on redécouvrit le bleu égyptien. Les fouilles de Pompéi révélèrent de nombreuses peintures murales comportant du bleu égyptien, ce qui incita les scientifiques à faire des recherches sur l'exacte composition de ce pigment.

Depuis lors, les chercheurs ont acquis une plus grande compréhension de ses propriétés uniques. Des expériences ont permis de découvrir que le bleu égyptien possède la qualité hautement inhabituelle d'émettre une lumière infrarouge quand on dirige un faisceau lumineux rouge dessus.

Cette émission est extraordinairement puissante et d'une grande longévité, mais on ne peut la voir à l’œil nu, car la vision humaine ne s'étend pas normalement dans la gamme infrarouge du spectre lumineux.

Chasse dans les marais, chapelle funéraire de Nebamun. Les parties blanches sur la photo du dessous correspondent au bleu égyptien quand on y applique un faisceau lumineux rouge


De plus, les scientifiques ont découvert de manière inattendue que le bleu égyptien se scinde en "nanostrates" – un millier de fois plus fines qu'un cheveu humain – s'il est mélangé pendant plusieurs jours à de l'eau chaude.

Les scientifiques pensent aujourd'hui que ses propriétés uniques permettent d'adapter le bleu égyptien à diverses applications modernes.

Le bleu égyptien peut servir un jour dans le domaine des communications, car sa longueur d'onde ressemble à celle qu'on utilise dans les télécommandes et les systèmes de communication.

De plus, il pourrait être utilisé dans l'imagerie biomédicale avancée, son rayonnement proche de l'infrarouge peut plus facilement pénétrer les tissus que les autres longueurs d'onde.

En tant que solution d'encre, le bleu égyptien ouvre de nouvelles voies d'introduction dans les appareillages modernes, comme le développement de nouveaux types d'encre de sécurité et peut-être de colorant dans le domaine biomédical.

Bien que l'utilisation du bleu égyptien dans des applications modernes high-tech n'en soit encore qu'à ses débuts, il semble bien que son avenir soit prometteur.



******************

Pour les lecteurs patients, je propose une VIDÉO (50') du CNRS, intitulée "couleur et beauté au temps des pharaons", qui explique de A à Z et en menus détails le bleu égyptien, de sa fabrication à la réalisation de peinture.

1 commentaire:

  1. Super à savoir quand on sait peindre...et apprécier , mais je suis sans autant de patience 50 mn ;-) J'espère seulement qu'il sera trouvé comment fabriquer du lapis lazuli ; ou qu'il sera trouvé des veines importantes de cette pierre gemme !!!

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.