Bistro Bar Blog

dimanche 23 novembre 2014

L'effet miroir

Jeu de miroirs

Un article du site e-ostadelahi.



Pour compléter et affiner mon autoportrait, j’avais décidé d’utiliser les autres comme miroir, autrement dit, observer le comportement des autres à mon égard et essayer d’en tirer des informations sur ce que je suis et des directions pour mon travail de perfectionnement spirituel. Ayant pris cette résolution, le matin, je me suis préparée pour aller au travail. J’ai sorti ma voiture du garage mais au moment de prendre la route, j’ai réalisé que j’avais oublié mon téléphone. J’ai laissé ma voiture en épi face au portail et j’ai foncé chercher mon téléphone. Quand je suis retournée à la voiture moins de deux minutes plus tard, j’ai aperçu la vieille dame grincheuse du quartier donner un grand coup de canne dans la jante de la roue avant. « C’est systématique, me suis-je dit, à chaque fois que je laisse la voiture deux minutes devant le portail, elle arrive comme par hasard et balance un coup de canne dedans ! » Cette fois-ci, mon sang n’a fait qu’un tour et je lui ai dit plutôt vertement ce que j’en pensais : « je ne reste jamais plus de deux minutes, il ne faut pas exagérer, c’est devant chez moi, etc. »

Énervée, j’ai démarré et allumé la radio histoire de me calmer un peu. À ce moment-là, j’ai entendu l’animateur dire « Et vous, qu’avez-vous pris comme bonne résolution aujourd’hui ? ». Et là, je me suis figée… J’avais totalement oublié le jeu du miroir. J’ai alors essayé de voir ce que la scène qui venait de se dérouler pouvait m’apprendre sur moi, mais j’avais beaucoup de mal, j’étais encore passablement énervée : « quand même, cette bonne femme exagère, elle fait des histoires pour rien, je n’ai laissé ma voiture qu’une minute sur le trottoir, elle peut bien la contourner quand même, ça lui prend trois secondes et elle n’a que ça à faire. Non, il n’y a aucun élément de connaissance de soi à tirer de cette histoire ». En dépit de cette belle conclusion, je n’étais pas tranquille. Je revoyais la mamie qui, même avec l’aide de sa canne, a du mal à marcher. Je revoyais la rue étroite où certaines voitures déboulent à toute vitesse. Je revoyais ma voiture qui a obligé la vieille dame à descendre sur la chaussée pour la contourner… C’est à ce moment que suis arrivée au travail et que le fil de mes pensées a été interrompu.



À peine étais-je dans le hall que la standardiste m’a remercié chaleureusement d’avoir bien voulu la remplacer dix minutes hier pour qu’elle aille à la banque. « Tu es vraiment serviable, c’est rare. » J’avais déjà oublié ce service rendu. C’est vrai que tout le monde me dit que je suis serviable. Me souvenant de ma décision du matin, j’ai décidé de rajouter la serviabilité à la liste de mes qualités. Dans l’ascenseur, j’ai réfléchi quand même un peu pour examiner le degré de sincérité de ma serviabilité. Dans le cas de la standardiste, j’ai accepté spontanément de rendre service, sans me demander où était mon intérêt à moi. Ensuite, j’ai oublié le service rendu et je n’ai pas attendu qu’elle me remercie. Je me suis donc dit que je pouvais tranquillement rajouter ma serviabilité à la liste, tout en me disant que je devrai analyser d’autres situations du même genre afin de voir si j’agis toujours de manière aussi désintéressée, quelle que soit la situation.

Arrivée à mon bureau, j’ai été happée par les tâches de la journée et m’y suis consacrée totalement. Le soir, quand j’ai repris la voiture, je me suis sentie trop fatiguée pour revenir sur le comportement des autres et en tirer des indices pour mieux me connaître moi-même. J’ai allumé la radio pour écouter le flash info et là, j’ai entendu que beaucoup de piétons renversés le sont sur la chaussée, juste au bord du trottoir. Et soudain, bang, j’ai revu la vielle dame, toute petite et voûtée, avançant à pas de fourmi avec sa canne ; je me suis imaginée à sa place, faible, fragile, lente à réagir, obligée de descendre sur la chaussée sans savoir si un chauffard ne va pas soudain débouler au coin de la rue, tout cela parce que son irresponsable de jeune voisine a la flemme de faire un créneau, acte de civisme élémentaire dans cette rue où beaucoup de mamans sortent avec un bébé dans une poussette. J’étais morfondue. Sans compter l’angoisse à l’idée des conséquences de ce qui aurait pu arriver. Et j’ai découvert un nouveau défaut en moi : l’égocentrisme. Ou, soyons positifs, une nouvelle qualité à cultiver : me mettre à la place des autres.

Ma conclusion de cette journée est que l’attitude des autres à mon égard peut être un outil très précieux dans la connaissance de soi, un révélateur de comportements que j’adopte sans en avoir toujours conscience ou en me trouvant toutes les justifications du monde. Non pas que les autres aient systématiquement raison, mais dans tous les cas, cela ne me coûte rien de me retourner vers moi-même pour voir quel a été mon comportement, quelles ont été mes pensées et mon intention. Au contraire, il me semble que c’est là une des clefs de la connaissance de soi.

L’un des pièges est de refuser d’utiliser les autres comme miroir, dès lors qu’ils sont antipathiques ou qu’ils ont des torts. Comme je trouvais la vieille dame antipathique et agressive (les coups de canne sur ma voiture !), je ne voyais aucune raison de me remettre en question, alors que mon comportement à moi était potentiellement bien plus préjudiciable que le sien.

Par ailleurs, je me suis rendue compte que lorsque je suis attentive, beaucoup de choses peuvent se révéler des indices et des coups de pouce, comme des paroles entendues au hasard à la radio. En élargissant, j’ai l’impression qu’il n’y a pas que le comportement ou les paroles des autres qui peuvent me servir de révélateurs. Pratiquement chaque événement devrait pouvoir tenir ce rôle. Par exemple, je me cogne la tête. Si je m’arrête à cet instant pour me demander s’il n’y a pas là pour moi une occasion de progression, il est possible que j’en vienne à prendre conscience que j’étais en train de cultiver des pensées négatives… Et l’analyse de ces pensées me permettra peut-être d’avancer dans la connaissance de moi-même.


Pour compléter et affiner mon autoportrait, j’avais décidé d’utiliser les autres comme miroir, autrement dit, observer le comportement des autres à mon égard et essayer d’en tirer des informations sur ce que je suis et des directions pour mon travail de perfectionnement spirituel. Ayant pris cette résolution, le matin, je me suis préparée pour aller au travail. J’ai sorti ma voiture du garage mais au moment de prendre la route, j’ai réalisé que j’avais oublié mon téléphone. J’ai laissé ma voiture en épi face au portail et j’ai foncé chercher mon téléphone. Quand je suis retournée à la voiture moins de deux minutes plus tard, j’ai aperçu la vieille dame grincheuse du quartier donner un grand coup de canne dans la jante de la roue avant. « C’est systématique, me suis-je dit, à chaque fois que je laisse la voiture deux minutes devant le portail, elle arrive comme par hasard et balance un coup de canne dedans ! » Cette fois-ci, mon sang n’a fait qu’un tour et je lui ai dit plutôt vertement ce que j’en pensais : « je ne reste jamais plus de deux minutes, il ne faut pas exagérer, c’est devant chez moi, etc. »
Énervée, j’ai démarré et allumé la radio histoire de me calmer un peu. À ce moment-là, j’ai entendu l’animateur dire « Et vous, qu’avez-vous pris comme bonne résolution aujourd’hui ? ». Et là, je me suis figée… J’avais totalement oublié le jeu du miroir. J’ai alors essayé de voir ce que la scène qui venait de se dérouler pouvait m’apprendre sur moi, mais j’avais beaucoup de mal, j’étais encore passablement énervée : « quand même, cette bonne femme exagère, elle fait des histoires pour rien, je n’ai laissé ma voiture qu’une minute sur le trottoir, elle peut bien la contourner quand même, ça lui prend trois secondes et elle n’a que ça à faire. Non, il n’y a aucun élément de connaissance de soi à tirer de cette histoire ». En dépit de cette belle conclusion, je n’étais pas tranquille. Je revoyais la mamie qui, même avec l’aide de sa canne, a du mal à marcher. Je revoyais la rue étroite où certaines voitures déboulent à toute vitesse. Je revoyais ma voiture qui a obligé la vieille dame à descendre sur la chaussée pour la contourner… C’est à ce moment que suis arrivée au travail et que le fil de mes pensées a été interrompu.
À peine étais-je dans le hall que la standardiste m’a remercié chaleureusement d’avoir bien voulu la remplacer dix minutes hier pour qu’elle aille à la banque. « Tu es vraiment serviable, c’est rare. » J’avais déjà oublié ce service rendu. C’est vrai que tout le monde me dit que je suis serviable. Me souvenant de ma décision du matin, j’ai décidé de rajouter la serviabilité à la liste de mes qualités. Dans l’ascenseur, j’ai réfléchi quand même un peu pour examiner le degré de sincérité de ma serviabilité. Dans le cas de la standardiste, j’ai accepté spontanément de rendre service, sans me demander où était mon intérêt à moi. Ensuite, j’ai oublié le service rendu et je n’ai pas attendu qu’elle me remercie. Je me suis donc dit que je pouvais tranquillement rajouter ma serviabilité à la liste, tout en me disant que je devrai analyser d’autres situations du même genre afin de voir si j’agis toujours de manière aussi désintéressée, quelle que soit la situation.
Arrivée à mon bureau, j’ai été happée par les tâches de la journée et m’y suis consacrée totalement. Le soir, quand j’ai repris la voiture, je me suis sentie trop fatiguée pour revenir sur le comportement des autres et en tirer des indices pour mieux me connaître moi-même. J’ai allumé la radio pour écouter le flash info et là, j’ai entendu que beaucoup de piétons renversés le sont sur la chaussée, juste au bord du trottoir. Et soudain, bang, j’ai revu la vielle dame, toute petite et voûtée, avançant à pas de fourmi avec sa canne ; je me suis imaginée à sa place, faible, fragile, lente à réagir, obligée de descendre sur la chaussée sans savoir si un chauffard ne va pas soudain débouler au coin de la rue, tout cela parce que son irresponsable de jeune voisine a la flemme de faire un créneau, acte de civisme élémentaire dans cette rue où beaucoup de mamans sortent avec un bébé dans une poussette. J’étais morfondue. Sans compter l’angoisse à l’idée des conséquences de ce qui aurait pu arriver. Et j’ai découvert un nouveau défaut en moi : l’égocentrisme. Ou, soyons positifs, une nouvelle qualité à cultiver : me mettre à la place des autres.
Ma conclusion de cette journée est que l’attitude des autres à mon égard peut être un outil très précieux dans la connaissance de soi, un révélateur de comportements que j’adopte sans en avoir toujours conscience ou en me trouvant toutes les justifications du monde. Non pas que les autres aient systématiquement raison, mais dans tous les cas, cela ne me coûte rien de me retourner vers moi-même pour voir quel a été mon comportement, quelles ont été mes pensées et mon intention. Au contraire, il me semble que c’est là une des clefs de la connaissance de soi.
L’un des pièges est de refuser d’utiliser les autres comme miroir, dès lors qu’ils sont antipathiques ou qu’ils ont des torts. Comme je trouvais la vieille dame antipathique et agressive (les coups de canne sur ma voiture !), je ne voyais aucune raison de me remettre en question, alors que mon comportement à moi était potentiellement bien plus préjudiciable que le sien.
Par ailleurs, je me suis rendue compte que lorsque je suis attentive, beaucoup de choses peuvent se révéler des indices et des coups de pouce, comme des paroles entendues au hasard à la radio. En élargissant, j’ai l’impression qu’il n’y a pas que le comportement ou les paroles des autres qui peuvent me servir de révélateurs. Pratiquement chaque évènement devrait pouvoir tenir ce rôle. Par exemple, je me cogne la tête. Si je m’arrête à cet instant pour me demander s’il n’y a pas là pour moi une occasion de progression, il est possible que j’en vienne à prendre conscience que j’étais en train de cultiver des pensées négatives… Et l’analyse de ces pensées me permettra peut-être d’avancer dans la connaissance de moi-même.
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4 commentaires:

  1. Quand je me cogne la tête , j'ai un réflexe systématique de m'adresser au ciel en disant un peu irrité : - "Qu'est-ce que j'ai encore fait !"

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  2. Sympa cette histoire qui porte à réfléchir...
    Réfléchir aussi que nous sommes envahis par de l’agressivité et qu'il est "marrant" "rigollot" ;-( de constater que si nous sommes cui - cui (serin) face à ces agressifs, ils le deviennent encore plus. Pas d'effet jeu "miroir" ...
    Vrai que si nous sommes... "sympa", ceux là passent leur chemin plus facilement...
    Et l'effet miroir de Léonard DE VINCI pour ses peintures, sans parler de son écriture spéculaire voilà une idée en miroir ! autre sujet !!!

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  3. En cas de choc, Ho-Pono Pono :
    Pardon la tête, pardon le meuble, je vous aime merci; on respire un coup et rapidement focalisé sur autre chose, la douleur s'en dissipe et on guérit mieux. Surtout on reste de bonne humeur, le traumatisme physique est suffisant, pas besoin de rajouter un souvenir pénible d'autant plus durable que cristallisé dans l'acte de râler, le penser est déjà trop...
    Et si ça ne suffit pas je suggère une ou deux scéances d'EFT ( réalisées en moins de 10 minutes). [ EFT: Emotionnal Freedom Technique, je vous laisse choisir la methode qui vous convient le mieux, la technique de base ayant évolué depuis sa "création"...
    http://www.youtube.com/results?search_query=L%27EFT+pour+tous+++Genevi%C3%A8ve+Gagos+++Partie+13
    (explorez la page)
    Sinon la pratique de la double attention (Gurdjieff) évite souvent de se cogner, de tomber etc.
    Avec un peu d'empathie, on comprend aussi plus facilement le pourquoi des choses ce qui assouplit notre tolérance.-Dans une certaine mesure...- ;-)

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    1. LOL ;-) et pour les vieilles articulations... Ho-Pono Pono et Gurdjieff , elles s'assouplissent aussi ? ;-)

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