Bistro Bar Blog

lundi 24 novembre 2014

Histoires de pieds ... chaussés


Les pieds de l'humanité dite "civilisée" ont souvent souffert d'emprisonnement. Quelle que soit leur forme, elles privent l'homme de son branchement indispensable à la terre.

Avant d'aborder l'histoire des talons hauts, un petit détour vers la coutume barbare et invalidante du bandage de pied des chinoises, qui aurait démarré au 10ème siècle.


Début 1900


"Le bandage des pieds commençait vers l’âge de quatre ou cinq ans. La mère tirait les quatre petits orteils sous le pied, vers le talon, le gros orteil étant laissé libre. La marche forcée sur le pied enveloppé dans des bandages de plus en plus serrés cassait les os des orteils. Dans un deuxième temps, le pied était cassé transversalement sur un cylindre de cuivre, afin d’en faire se rejoindre l’avant et l’arrière, à l’exception du gros orteil, et d’accentuer la courbure de la voûte plantaire. Le but recherché était d’obtenir un pied aussi petit que possible, entre neuf et dix-sept centimètres à l’âge adulte, mais aussi d’une forme très particulière : un gros orteil proéminent, une voûte plantaire en forme de cavité arrondie.




Outre les souffrances infligées par cette torture lente s’étalant sur toute la durée de la croissance ; outre l’infirmité à vie due à ces pieds dysfonctionnels, qui ne permettaient qu’une marche à petits pas, sautillante, limitant, bien sûr, les déplacements et confinant ces femmes à la maison, les pieds ainsi mutilés exposaient celles-ci aux ankyloses, surinfections, atrophies musculaires, paralysies…"

Lire la suite ICI.


******************

L'origine des talons hauts – un accessoire naguère essentiel pour les hommes


Anciens Origins

Traduit par Hélios

La chaussure à haut talon est aujourd'hui un modèle de chaussures porté presque exclusivement par les femmes. L'histoire des talons hauts nous montre pourtant que ce ne fut pas toujours le cas. Les talons hauts furent, à diverses époques, portés aussi par les hommes. De plus, alors que les talons hauts sont portés aujourd'hui dans un but esthétique, il n'en a pas toujours été ainsi dans le passé, car ils avaient à certains moments une destination pratique. 


On ne sait pas vraiment de quand datent les premiers talons hauts, mais il semble qu'ils étaient utilisés dans l'antiquité par les acteurs grecs. Les "cothurnes" étaient des chaussures portées dès 200 avant J-C, des semelles en liège surélevaient le pied du sol sur une hauteur de 8 à 10 cm. On disait que la hauteur des chaussures servait à différentier la classe sociale et l'importance des divers personnages qui défilaient sur scène. Cette forme de chaussure surélevée n'avait un but ni pratique, ni esthétique, car c'était un élément de la tenue porté exclusivement par les membres d'une certaine profession, les acteurs de théâtre dans cet exemple, dans l'exercice de leur fonction.

Cothurnes


On retrouve plus tard les talons hauts dans l'Europe du Moyen-âge. Durant cette période, les hommes et les femmes portaient une sorte de chaussure appelée socque. 
Socques turques




Les rues de nombreuses cités médiévales européennes étaient boueuses et sales, alors que la chaussure de l'époque était fabriquée à partir d'un matériau fragile et coûteux. Pour éviter d'endommager ces accessoires, les hommes et les femmes portaient des socques, qui étaient des "sur-chaussures" élevant le pied au-dessus du sol.


Le Roi Soleil sur ses talons hauts


Alors qu'on utilisait principalement la socque dans un but pratique, un autre genre de chaussure européenne assurait une fonction autant pratique que symbolique. La "chopine" était un type de chaussure qui ressemblait à la socque, et elle fut populaire parmi les femmes de la classe la plus haute de la société vénitienne entre le 15ème et le 17ème siècle. Plus les chopines avaient de la hauteur, plus le statut de celle qui les portait était élevé, avec des exemples de chaussure atteignant une hauteur de 50 cm. Comme on le devine aisément, ce n'était pas exactement le genre de chaussure le plus pratique pour se promener. Ce qui voulait dire que les femmes qui portaient les chopines avaient besoin de serviteurs pour les aider à se tenir en équilibre. Peut-être que l'étalage de la richesse et du statut ne dépendait pas uniquement de la hauteur de la chopine, mais aussi par le fait qu'il fallait des serviteurs qui n'étaient là que pour assister la femme riche dans sa promenade.

Chopines. Plus c'est haut, mieux c'est ! Marcher avec est une autre histoire.


Alors que la socque et la chopine surélevaient le pied de son propriétaire, elles faisaient davantage penser à des chaussures à plate-forme qu'à des talons hauts. Pour trouver des chaussures ressemblant aux talons hauts d'aujourd'hui, il faut quitter les rues de l'Europe médiévale et se diriger vers l'est, en Perse. On ne sait pas exactement quand les talons hauts se répandirent dans l'est, mais une image d'un cavalier sur un bol en céramique perse suggère qu'ils se portaient dès le 9ème siècle. Les talons hauts étaient utilisés par les cavaliers perses car ils étaient très pratiques pour garder les pieds dans les étriers. À la fin du 16ème siècle et au début du suivant, des diplomates furent envoyés en Europe par le Shah de Perse, Abbas Ier, afin de rechercher des alliances contre l'ennemi commun, les turcs ottomans. On prétend qu'en voyant les talons hauts des perses, les aristocrates européens les adoptèrent rapidement car ils étaient un symbole de masculinité, en dehors de leur côté pratique pour monter à cheval, et un symbole de statut.

Chaussures cavaliers perses (17ème siècle)



Au 17ème siècle, les femmes portaient aussi des talons hauts, car il y aurait eu un engouement des femmes pour la mode masculine. On peut l'interpréter surtout comme un phénomène de mode ou comme un effort conscient de la part des femmes de s'approprier un pouvoir masculin et réaliser une égalité, mais ceci est une autre histoire. Le Siècle des Lumières n'a pas uniquement apporté un changement dans la manière de penser, mais également dans la manière de s'habiller. L'image de l'homme, en tant qu'être "rationnel" se reflétait dans son habillement austère. Les talons hauts, le maquillage et les parures extravagantes, qui étaient considérés comme irrationnels, furent donc abandonnés.

Chose intéressante, les femmes arrêtèrent aussi finalement de porter des talons hauts, car c'était sans aucun doute une forme peu pratique de chaussure. Cela ne dura pourtant pas très longtemps, car les talons hauts revinrent dès le milieu du 19ème siècle. Parmi les premiers à adopter l'invention de la photographie, il y avait les pornographes. Les modèles de photos ne portaient apparemment aucun vêtement à part une forme "moderne" (selon les normes actuelles) de talons hauts. Cela peut correspondre au début de l'association talons hauts-sexualité féminine. Le reste, comme on dit, appartient à l'histoire...

Si on réfléchit bien, ni confortables ni physiologique, mais un symbole

Les semelles rouges sont de retour (à droite création Christian Louboutin)

2 commentaires:

  1. Bien, très bien même, mais en y réfléchissant plus que bien, je me sens plus stable....avec les tongs :-) bien que, parfois... Je plains ces petites chinoises... seules les paysannes avaient de la chance, pas besoin de petits pieds pour aller aux champs, ni "besoin" de chaussure d'ailleurs !

    A t'on les statistiques des chutes avec les socques et les chopines ?... ;-)

    RépondreSupprimer
  2. http://www.amnesty.fr/Mobilisez-vous/Bougez/Journee-internationale-des-droits-de-homme-le-10-decembre-2014-la-Gaite-lyrique-13232?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=2014-11-26-j-7-10JPS&utm_term=snowden

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.