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vendredi 5 septembre 2014

Mille milliards de dollars

Un film d'Henri Verneuil sorti en février 1982.

Intéressant à plus d'un titre. Voici ce qu'en écrit l'auteur des Chroniques du cinéphile stakhanoviste :

Journaliste à "La Tribune", Kerjean apprend que l'homme politique Benoit Lambert a reçu un pot de vin pour faciliter une transaction internationale. Après son article, Benoit Lambert se suicide, en apparence. La rumeur était fausse. Comprenant qu'il a été manipulé, Kerjean se cache en province, d'où il entend faire éclater la vérité.

Mille Milliards de Dollars est une belle réussite de grand thriller politique subversif et paranoïaque à la française. L’intrigue complexe et ambitieuse est toujours d'actualité dans sa dénonciation du capitalisme sauvage à travers les méfaits d'une multinationale américaine aux agissements des plus douteux sous couvert de profits. Ce démantèlement du capitalisme est un des aspects les plus intéressant du film avec pas mal de moments forts comme l'interview entre Patrick Dewaere et Mel Ferrer (fabuleux en grand patron cynique) où deux visions du monde s'opposent, la réunion des directeurs de filiale tremblant de trouille devant un Ferrer les humiliant comme des enfants quand les objectifs ne sont pas remplis.

Le côté très démonstratif que peuvent avoir les scènes de révélations (avec de longs tunnels de dialogues) est tempéré par les rebondissements constamment surprenants, la petite histoire de pots de vin de départ nous emmène finalement très loin jusqu'à la Deuxième Guerre Mondiale et les origines douteuses de la multinationale.

Henri Verneuil (également auteur du scénario et qui signe un de ses meilleurs et plus ambitieux films, prolongement de son excellent I comme Icare) fait preuve d’une inventivité constante pour éviter toute lourdeur avec de nombreux flashback ou encore de fausses images d'archives dans un traitement glacial qui confère toutes la crédibilité nécessaire à cette grande machination internationale. Patrick Dewaere est parfait en journaliste tenace et jusqu'auboutiste, et son jeu décalé amène un peu de légèreté et d'humanité (d'ailleurs la conclusion relativement optimiste surprend) dans un univers faisant froid dans le dos, d’autant que l’actualité récente montre que rien n’a changé, bien au contraire.

Vous pouvez le voir en plusieurs épisodes de 20 minutes sur Dailymotion, les séquences s'enchaînent toute seules les unes après les autres.



Le film est ICI.

(Merci à Pierre)

4 commentaires:

  1. UN GRAND MERCI POUR CET ARTICLE ET LE LIEN DU FILM .... UN FILM D'ACTUALITE ! ! ! !

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  2. La scène des patrons de filiales est d'une indiscutable authenticité, même si le trait est un peu accéléré pour les besoins de la mise en scène. N'étant pas à ce niveau, je n'en n'ai pas vécu, mais j'en ai entendu des récits de participants.
    Le scénario des matières (du tissus, je crois) transitant par la Suisse est AU DESSOUS de la réalité, car dans la pratique actuelle, les facturations seules, et non les produits physiques, transitent par les paradis fiscaux.
    Application concrète: quel est le premier exportateur mondial de bananes (c'est à dire de facturation de bananes):

    réponse: Jersey.

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  3. A propos de ce film, et parlant couramment le Haddock, j'offre gracieusement mes services à Hélios et lui propose traduction ou adaptation aux zévènements de l'instant.

    MILLE MILLIARDS DE MILLE SABORDS

    Le "milsabord" étant la nouvelle monnaie de la misère, bientôt de la colère, se substituant lentement mais sûrement à cette désastreuse et ultime monnaie fiduciaire qu'est le" dollar" entraînant inéluctablement par le fond les esquifs de tous bois et de tous genres.

    Dans ce futur naufrage annoncé, le capitaine en question traitant sa naupathie au pur malt lèvera son verre n'en doutons pas à la santé de tous ces bachi-bouzouks, troglodytes et autres doryphores dont le juste épilogue sera de disparaître noyés dans une quelconque eau salée irradiée.

    A chacun sa bouée...Santé !

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  4. nadia bougoslavsky6 septembre 2014 à 12:38

    J AI VU CE FILM ET J AI BEAUCOUP APPRECIE CE SCENARIO

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