Bistro Bar Blog

mardi 16 septembre 2014

Histoire d'un soldat israélien : Eran Efrati

Une traduction qui se compose d'une compilation de plusieurs articles et de quelques notes. Je publie la vidéo (en anglais, non traduite à ce jour) d'une conférence d'Eran Efrati filmée en mars 2014 à Denver (Colorado). Même si elle est en anglais, et qu'il parle très vite, elle montre l'impact personnel et extrêmement positif du discours d'Eran, bien qu'il dise des choses très graves.



Les différents liens se trouvent en fin d'article.



Des activistes israéliens dénoncent : Gaza, un laboratoire pour le développement d'armes israéliennes.




Traduit par Hélios

Eran et Maya


En ce 4 avril, les personnes présentes à la conférence du Centre Culturel Levantin se sont retrouvées subjuguées, incapables de détacher leurs yeux de l'orateur, Eran Efrati, ancien soldat israélien et sergent d’une compagnie opérant en Cisjordanie, dont le discours a confirmé tout ce qu'elles soupçonnaient sur l'occupation des territoires palestiniens par l'armée d’Israël.

Il y avait une autre oratrice, Maya Wind, qui a passé du temps dans une prison militaire de femmes  pour avoir refusé de s'engager dans les Forces Israéliennes de Défense [Israel Defense Forces, IDF] et qui a travaillé pour Nouveau Profil, un mouvement féministe pour la démilitarisation de la société israélienne et pour Rabbis for Human Rights [organisation rabbinique qui se consacre aux droits humains en Israël et dans les Territoires Occupés]. Tous deux ont représenté l'organisation dissidente AATW (Anarchists Against the Wall, Anarchistes contre le Mur] pour des conférences tenues dans plusieurs villes des États-Unis.





La famille paternelle d'Efrati, originaire d'Irak, a vécu à Jérusalem pendant sept générations. Son père dirige l'unité d'investigation de la police de Jérusalem. La famille de sa mère a émigré de Pologne ; sa grand-mère maternelle est une survivante d'Auschwitz. Il se souvient qu'étant petit garçon il était réveillé par les hurlements de sa grand-mère, revivant dans ses cauchemars l’irruption des nazis dans sa maison d'enfance.

"Mon plus lointain souvenir d'enfant est d'être réveillé au milieu de la nuit par les hurlements de ma grand-mère", nous a dit Eran. "Elle se réveillait et se mettait à hurler en pleine nuit".(Note 1)

Quelques années plus tard, Eran participa à un voyage scolaire en Pologne avec sa classe de collège pour une visite des camps de concentration. Il se retrouva à Auschwitz, près du lit où dormait sa grand-mère. Eran se souvient qu'à ce moment-là, le guide distribua à chaque enfant une lettre que lui avait écrit sa famille. - (Note 2)

Le guide intervint à ce moment personnel en disant à Eran, "Tu comprends ce que ta grand-mère voulait réellement te dire, d'accord ? Si tu ne veux pas voir se reproduire l'holocauste, il faut que tu rentres chez toi, que tu termines tes études et que tu rejoignes la meilleure unité militaire possible".

À l'âge de 18 ans, il rejoignit l'IDF pour protéger Israël d'un deuxième holocauste fomenté par des armées arabes hostiles ; il n'avait jamais entendu parler des Palestiniens.

Il avoue son trouble quand après sept mois d'entraînement, il se retrouva à Hebron, une cité peuplée de 180.000 palestiniens en Cisjordanie, où les troupes israéliennes protégeaient une colonie de peuplement de 800 occupants juifs. Il fut réveillé une nuit par un ami de garde qui craignait d'avoir abattu avec ses compagnons d'arme un garçon palestinien. Eran et son ami furent ensuite appelés pour une opération de recherche de terroristes. En entrant dans le quartier palestinien, l'ami d'Efrati reconnut la maison où le garçon avait été tué. La famille y avait préparé les funérailles du jeune garçon mais ne pouvait sortir à cause du couvre-feu de l'IDF. Désespéré, le père sortit de la maison et demanda à procéder aux funérailles. À la place, on lui passa des menottes et il fut mis en état d'arrestation et placé dans une jeep de l'armée.

À ce moment-là, la mère sortit de la maison. "Je ne comprenais pas l'arabe, mais les hurlements qu'elle adressait aux soldats israéliens étaient les mêmes que ceux de ma grand-mère aux nazis", se souvient Efrati.

"Ses hurlements étaient si forts et si profonds", dit Eran. "Et j'ai reconnu ces hurlements. C'était les mêmes que ceux que j’entendais proférer chaque matin par ma grand-mère quand j'étais gamin. Et ils provenaient du même sentiment."

Les jours suivants, Eran tomba sur un rapport de l'IDF disant qu'un terroriste avait ouvert le feu sur des soldats d'Hebron et que son unité s'était défendue en tuant le terroriste.

Eran courut trouver son père pour lui dire qu'ils avaient dû faire une erreur, que cela ne s'était pas passé comme ça. Son père l'encouragea à ne rien dire – cela inquiéterait sa mère et il y avait un système en place qui finirait par arranger les choses. Quelques jours plus tard il lut la même histoire dans Israel Today – à l'époque un nouveau journal gratuit.

Frustré, Eran reçut rapidement un appel pour raconter son histoire à Breaking the Silence [Briser le Silence], un groupe de soldats de l'IDF qui partageaient leur expérience et réflexions sur les horreurs de l'occupation en Palestine. Mais après avoir donné 150 interviews et avoir mis toute sa passion à partager l'histoire avec la presse, Eran découvrit que même Breaking the Silence ne pouvait faire ce que son nom annonçait – l'armée israélienne avait le pouvoir de censurer tout ce qui se rapportait à ses opérations - (Note 3).

"C'est à peu près à la même époque que j'ai réalisé qu'il n'y avait rien de gratuit dans la vie", nous a dit Eran. Il avait appris que le journal – aujourd'hui le plus lu en Israël – était financé par Sheldon Adelson.
"C'est le même gars qui tient les rênes de la politique, qui dirige le parti républicain".

Efrati était devenu un homme différent. Cette différence se renforça ensuite quand son père exprima sa fierté envers son unité pour avoir capturé un "terroriste" à Hebron – en réalité le père du garçon assassiné.

Après avoir refusé au début de prendre part aux manifestations hebdomadaires de Bil'in [petite ville de Cisjordanie, près de la barrière de séparation israélienne] contre le mur de "séparation" – il ne voulait pas faire partie de "ces anarchistes, de ces hippies avec leurs boucles d'oreille" – Efrati rejoignit les manifestants de AATW (anarchistes contre le mur). Il vécut les aspersions de gaz lacrymogènes et passa son année et demie suivante à l'IDF à fournir clandestinement les palestiniens en médicaments qui leur étaient refusés par le biais de tracasseries administratives aux postes de contrôle (Note 4) et il commença à interviewer des soldats pris de remords de conscience en vue d'une brochure pour un livret édité par Breaking the Silence - (Note 5).

Extrait de la conférence d'Eran Efrati :

"Et pendant cette période je découvre quelque chose d'étonnant. Plus j’avance dans les recherches sur l'occupation, plus je trouve des histoires d'argent. Et je ne comprends pas, donc j'approfondis de plus en plus et en 2010 je tombe sur une histoire très intéressante sur la façon dont le gouvernement israélien et l'armée israélienne vendaient un nouveau type de grenade à gaz lacrymogène à la police et au gouvernement des habitants de Singapour. Ils vendent des grenades de gaz pour combattre leurs propres manifestants dans leur pays. Et pendant ce temps je regarde et je me dis "Israël vend des grenades de gaz lacrymogène ?!"

Je vais voir sur le site du ministère de la sécurité d'Israël et je découvre que ce qu'ils disent : est qu'"Israël vient juste de conclure un accord avec le gouvernement de Singapour pour vendre les meilleures cartouches de gaz lacrymogène jamais fabriquées et testées par l'armée israélienne". Et plusieurs lignes plus loin il est mentionné que ces cartouches s'étaient avérées "les plus meurtrières jamais produites" (Note 6).

Et je repars et me dis, "Attends...Testé des grenades lacrymogène ? Qui accepterait de subir des tests … ?" Et alors je comprends. Ils testent les armes tous les jours. Pas dans des laboratoires, mais sur le terrain. Ils essaient leurs armes... moi-même je faisais des essais de leurs armes à Bil'in, à Ni'lin, à Hebron, dans Jérusalem-Est (et dans d'autres communautés palestiniennes), nous testons les armes tous les jours et ensuite nous les vendons à l'étranger.

Et j'avais du mal à croire ce que j'avais sous les yeux, donc je continue de chercher et j'ai réalisé ensuite...vous vous souvenez de ces gars, les jeunes qui jetaient des pierres au début des manifestations ? Ce n'étaient pas des Palestiniens. C'était en fait une unité secrète de l'armée d’Israël, des gars comme moi, des juifs arabes, déguisés en palestiniens qui déclenchaient des émeutes  dans ces villages, pour que l'armée israélienne ait une bonne excuse pour commencer à "nettoyer" l'endroit et tester les armes !

Et plus j'avance et plus j'ai du mal à réaliser, est-ce que c'est pour de vrai, depuis combien de temps ça dure, quelle somme d'argent nous gagnons ? Je creuse de plus en plus et alors je trouve. Depuis 30 à 40 ans – et la liste est vraiment très, très partielle – c'est une liste des dictatures et des régimes avec lesquels le gouvernement israélien, l'armée israélienne fait du commerce d'armes. Leur vend du savoir-faire, de la technologie ou entraîner leurs soldats dans ces pays. Ces quarante dernières années nous avons été impliqués dans les pires dictatures et régimes du monde. Et nous faisons un carton avec ça. Littéralement. Nous gagnons tellement d'argent avec ce commerce. Et alors j'ai compris.

Ce n'est pas une occupation. C'est un laboratoire. Parfois en tant que soldat j'allais distribuer du poison aux Palestiniens. Parfois en tant que manifestant je m’enfuyais avec les palestiniens et j'étais un rat de laboratoire. Mais pendant tout ce temps, nous testions des armes et les vendions à l'extérieur. C'est la base de tout. Ce n'est pas une religion, ce n'est pas un pays, c'est beaucoup, beaucoup d'argent, et je comprends que je me trouve au mauvais endroit.

Et je quitte Jérusalem pour aller à New York, c'est un gros changement. Et pendant les trois dernières années à New York je cherche un lien entre notre armée et la vôtre. Notre gouvernement et votre gouvernement. Et tout l'argent qui coule entre les deux."

Il continue en évoquant une conversation avec un officier de police du Maryland qui lui a ajouté une autre perspective. Quand Eran a dit qu'il venait d’Israël, l'officier de police a répondu :

"Oh, vous les mecs, vous êtes trop forts, vous savez comment réduire au silence les opposants, vous savez comment vous y prendre, personne ne vous désobéit, vous êtes les meilleurs !"

Et je réponds :

"Je pense que vous ne connaissez pas grand-chose de l'armée israélienne, donc, vous savez, laissez tomber..."
Il dit, "Oh non non, je viens juste de rentrer de là-bas".
Je dis "Ah bon ? Comme touriste ?"
Il répond, "Non, avec la police du Maryland, nous venons de rentrer d'une formation avec votre armée et votre police."
Je dis, "Quoi ?"
Il dit, "Vous savez, toute la police chez nous aux US va passer quelques semaines en Israël pour s'entraîner avec votre armée et votre police".

(…) avant de sortir du véhicule de l'officier de police, je lui demande, "Connaîtriez-vous Shlomo Efrati par hasard ? Mon père, le chef des investigations à la police de Jérusalem ?"

Et le gars sort son téléphone portable et fait défiler ses photos et il trouve une photo de mon père, en pleine nuit, dans l'état de Washington et je suis soufflé, je sors de la voiture et j'appelle mon père à Jérusalem et je lui dis, "Papa, c'est quoi ce b***el ?!" Et mon père me répond, "Oh allons Eran, ne sois pas naïf ! Tu sais bien que la police de New York a un bureau à Tel Aviv, d'accord ? Tu sais que nous avons un bureau à New York, d'accord ? Allons, nous travaillons ensemble pour te protéger".

Et alors je comprends. Ce n'était pas la première fois, mais c'est là qu’une page s’est tournée pour moi. Depuis des années, on fait ce genre de conférences, des genres de conférences très différentes,  et on parle ici aux US aux communautés en disant aux gens que tout ce qu'ils ont à faire est de prendre soin de leur communauté et que tout se passera bien.

Chacun de nous prendra soin de sa communauté, mais il faut que vous sachiez que ce qui se passe en Palestine, c'est une crise humanitaire. Et je me déplace ici et là et je leur dis que j'ai appris que quelque chose se prépare. Nous tous voulons nous trouver au bon endroit au bon moment quand l'histoire frappe à la porte. Et l'histoire frappe à la porte en ce moment. Elle frappe très fort en Palestine et il ne vous reste qu'à être du bon côté dans cette question humanitaire. Mais si vous vous désintéressez des Palestiniens après cette conférence, peu m'importe. Et si vous vous désintéressez de nous Israéliens qui demandons votre aide pour stopper le régime d'apartheid en Israël, ça me va bien aussi.

Mais il faut que vous le sachiez, les gars : vous êtes les prochains en ligne de mire. Les prochains qui mourront d'une grenade lacrymogène aussi bien à Denver, qu'à Oakland, ou San Francisco...

Cela se passe déjà comme ça ici. Ça arrive à des gens différents, aux gens de couleur (Note 7), aux immigrants, ça arrive déjà, vous êtes les prochaines cibles. Le prochain à mourir de brutalité policière sera l'un de vos fils ou l'une de vos filles, pendant une manifestation. Parce qu'ils s'entraînent mutuellement. Votre police s’entraîne avec notre armée.

Notre armée les forme pour savoir comment s'occuper de "l'ennemi". Parce que les Palestiniens sont notre "ennemi". Mais quand ils rentrent, c'est vous, leur ennemi. Pendant tout ce temps, quand nous nous occupons de notre communauté – je prenais soin de la mienne, et vous avez essayé de prendre soin de la vôtre – ils (le gouvernement, la police) s'organisent entre eux, au niveau mondial, pour nous opprimer. Nous devons commencer à nous organiser au niveau mondial pour leur résister. Et cela commence en ce moment en Palestine. En stoppant l'entraînement là-bas, nous le stopperons ici. C'est pourquoi j'ai rejoint en 2005 Civil Society Call (Note 8) pour les Palestiniens, pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions à l’encontre de l'état d’Israël, en démarrant à la source. De manière pacifique. En supprimant l'argent de l'équation. Combien de vies pouvons-nous sauver ?"

(fin de l'extrait de la vidéo)

"Il me paraît clair que nous avons besoin de l'aide de gens comme vous pour mettre fin à cette occupation," a conclu Eran pour nous. "J'ai besoin de votre aide. Je vous demande de rejoindre l'appel du BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions)."

À ce jour, la grand-mère d'Eran reste le seul membre de sa famille à lui adresser la parole. Au début quand il lui a relaté ses expériences quand il était engagé dans l'IDF, elle ne le croyait pas. Mais au fil des découvertes, disait-il, sa grand-mère en est venue à dire, "ce n'est pas ce sionisme-là que je veux".

Pendant la séance de questions-réponses, Eran a répondu à une question que j'avais posée sur la manière dont les sionistes et leurs adeptes des campus américains prétendent que le BDS est une offense pour eux en tant que juifs, en tant qu'Israéliens ou en tant qu'alliés d’Israël. J'ai noté que ces gens invoquent fréquemment une culpabilité de l'holocauste et une peur des autres qui seraient antisémites, comme moyen d’intimider ceux qui discutent de justice en Palestine.

"Le mouvement sioniste n'a pas envahi que la Palestine," disait Eran. "Il a tué mes traditions de juif non-européen (Note 9). Le sionisme ne représente pas la majorité des gens qui vivent sur ce territoire entre fleuve et océan".

Eran faisait remarquer que sa famille venait d'Irak et du Maroc et que les juifs mizrahim sionistes se déguisaient en arabes et bombardaient les synagogues pour inciter à une émigration juive vers la Palestine historique.

Pendant son emprisonnement pour avoir définitivement refusé de servir dans l'IDF, Maya Wind a dit qu'elle a eu le temps de se poser des questions. Pourquoi était-elle à peu près la seule juive ashkénaze (européenne) en détention ? Pourquoi le gouvernement israélien et la direction de l'armée étaient-ils composés presque exclusivement de juifs ashkénazes et non de juifs séfarades (orientaux) ? Pourquoi les juifs d’Israël vivaient-ils au Moyen-Orient s'ils avaient choisi de vivre séparés des arabes et des musulmans ?

Sur la cheville ouvrière de l'économie israélienne, Wind nota que son industrie d'armement était la quatrième plus puissante du monde, générant 7 milliards de dollars annuels dans les exportations. De plus, l'élite militaire israélienne prend sa retraite à un âge relativement jeune et prétend à des salaires exorbitants pour assurer l'entraînement d'armées au Nigeria, en Birmanie, en Roumanie, en Colombie, en Afrique du sud, en Éthiopie, au Panama, dans la république démocratique du Congo, en Argentine et en Chine.

Efrati a été témoin de l'opération Cast Lead [Plomb Durci] effectuée par Israël [guerre de Gaza] entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. "Pendant une semaine, ils ont fait pleuvoir des bombes sur les centres civils de Gaza avant de pénétrer". Ils y ont essayé leurs bombes au phosphore, leurs gaz lacrymogènes meurtriers et d'autres armes expérimentales. Ce n'est pas une occupation – c'est un laboratoire."

******************

Liens des différents articles compilés :

http://www.wrmea.org/2014-june-july/southern-california-chronicle-gaza-a-laboratory-for-israeli-weapons-development-israeli-activists-charge.html

http://postcardsfrompalestine.com/post/58462263860/nothing-in-life-is-free-former-israeli-soldier-speaks

http://cassiopaea.org/forum/index.php/topic,35542.msg510745.html#msg510745

 
Note 1: "J'ai compris très jeune qu'il y avait quelque chose de très mauvais dans la guerre. J'ai grandi en sachant que quelque chose de si terrible était arrivé que la prochaine fois qu'une pareille chose arriverait... je serais présent au bon moment au bon endroit".


Note 2 : La lettre, écrite par sa grand-mère, disait à Eran : "Eran, tu es un enfant très sensible, c’est vrai que tu dois savoir ce qui s’est passé pendant l’holocauste, mais ne le prends pas tant à cœur, je ne veux pas que tu te sentes responsable, je suis inquiète pour toi."

Note 3 : " Nous brisons le silence que la censure nous autorise à briser ".

Note 4 : L’administration donne des autorisations destinées aux Palestiniens à Médecins sans Frontières, mais l’armée empêche les volontaires de MSF de passer dans les territoires occupés pour les délivrer aux malades. Pendant cette période, sa mère se meurt d’un cancer à Jérusalem et il voit les femmes palestiniennes mourir de cancer.

Note 5 : À la publication du livret, il s’aperçoit que tous les témoignages qu’il a recueillis ont des parties essentielles manquantes : ils ont été caviardés par la censure de l’armée israélienne. De même auparavant, lorsque le journal Haaretz, " le plus à gauche"» d’Israël, avait vérifié ses récits et lui avait promis un article en couverture, aucun article n’était paru, et il avait obtenu la même réponse : la censure avait supprimé l’article.

Note 6 : Les paroles d’Eran dans la vidéo.

Note 7 : Ferguson récemment.

Note 8 : Civil society's global Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) - Campagne mondiale de la société civile pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions.



Note 9 : Le grand-père d’Eran, dont la langue était l’arabe comme tous les juifs palestiniens, a été forcé d’adopter l’hébreu.

Un grand merci à Brigitte...


10 commentaires:

  1. AÏE !
    "ON" l'avait pas vu venir celle là !
    Et pourtant on aurait pu s'en douter ...
    Mais les plus gros mensonges sont ceux qui passent le mieux ...
    Heureusement un simple grain de sable suffit pour les foutre à terre .
    "Notre" ministre de l'intérieur suit-il des cours particulier, là-bas ou ici sur place avec un entraineur particulier, aux frais de la République bien sur ?

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  2. Je suis bouleversée !!!
    Merci !!!!
    Juive profondément anti sioniste et élevée dans la culpabilité, le silence, le "retiens toi " de ma mère.
    Oui, merci pour tout !!
    Catherine

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  3. Ciao Helios je suis sans paroles, mais Eran est l 'EROE, le chevalier du courage e dell'onestà. Auguro a cet article de faire le tour du monde pour ouvrir les yeux a tous e toute le gens
    Ciao Loriana

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  4. ... on peut se demander quel est, ou quels sont, les véritables motifs de ces juifs qui détestent le seul Etat "hébreu" au monde d’une façon si virulente ? Est-ce par haine de soi ? Est-ce pour devenir une "vedette" en Europe (comme Shlomo Sand) ? Ou tout simplement pour gagner de l’argent en vendant par milliers des livres de propagande ?
    Donnez-vous la peine de lire la suite :
    http://actualitechretienne.wordpress.com/2013/10/30/breaking-the-silence-un-nouvel-outil-de-propagande-contre-israel/

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  5. En écoutant Eran moi aussi j'ai pensé que ses paroles allaient faire le tour du monde et arrêter toute guerre.

    Catherine, le documentaire israélien ci-dessous, ainsi que les carnets de Moshe Sharett, devraient vous libérer à tout jamais. Quelques liens sur la piste de ce qu'Eran Efrati ne dit pas dans la vidéo :

    • KHAZARS CONTRE SEPHARADES : une guerre à mort
    http://karaimes.abcwx.ru/khazars/khazars-contre-les-sepharades-videos/
    -----Extrait :
    « pourquoi a-t-on liquidé Ariel Sharon ? Parce qu’il avait changé de politique ?
    Non, il ne faut pas se fier aux apparences. Il y a gros à parier que le personnage avait, sur la fin de sa vie, compris une nuance essentielle entre les Sépharades et les Khazars.
    Il avait probablement compris que les Khazars, ces faux Hébreux dont parle justement Benjamin H. Freedman (voir numéro 103), cherchent à DÉTRUIRE ISRAËL.
    L’élite de ces faux Hébreux, ou descendants du royaume des Khazars, sont les exécutants du plan d’Albert Pike et de Mazzini, de 1870.
    Ils plantent le décor pour le déclenchement d’une Troisième Guerre mondiale… »

    • DOC Exclu! LA COLLABORATION ENTRE SIONISTES ET NAZIS DURANT L'HOLOCAUSTE
    https://www.youtube.com/watch?v=KJTjjbC63A8
    Ajoutée le 20 août 2014
    Documentaire israélien sur la vraie nature du sionisme.
    (il y est dit explicitement pourquoi les sionistes triaient les juifs qu’ils acceptaient de sauver des camps de concentration allemands et de laisser immigrer en Palestine, privilégiant les athées.)

    • EMPIRE MONDIAL DES KHAZARS vidéo
    http://karaimes.abcwx.ru/khazars-videos/empire-mondial-des-khazars-video/

    • LE DOSSIER DU TERRORISME ISRAELIEN (2004) (en français sous l'anglais) Retrace les réalités derrière les promesses de façade et résume les importants carnets de Moshe SHARETT : on voit comment un homme politique, même relativement conscient des conséquences, est capable de laisser un individu emmener progressivement tout son peuple à sa perte... comme dans un "jeu" télévisé ?)
    http://archive.org/stream/LeDossierDuTerrorismeIsralien/terris_djvu.txt

    ------Extraits:
    UNE CORRUPTION MORALE
    « L'assassinat de Bernadotte souligna une des principales différences de politique à l'époque entre les USA et Israël, c'est-à-dire le sort des réfugiés palestiniens...
    Stephen Green indique les preuves montrant que le gouvernement israélien lui-même fut directement implique dans l'assassinat....

    LES CARNETS SHARETT
    La biographie de Moshe Sharett indique qu'il fut chef du département politique de l'Agence juive (1933-48), premier Ministre des Affaires Étrangères d'Israël (1948-56), et son second Premier Ministre (1954- 55).
    Le journal fut publié, en hébreu seulement, en 1979.
    II aurait sans doute reçu peu d’attention hors d'Israël sans LIVIA ROKACH. Fille d'Israël Rokach, le ministre de l'intérieur dans le gouvernement du Premier Ministre Moshe Sharett, Livia Rokach partit ensuite pour Rome, ou elle s'identifia plus tard comme une " écrivaine italienne d'origine palestinienne ».

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  6. Au début des années 80, elle traduisit des extraits du journal de Sharett et les mit dans un livre intitule LE TERRORISME SACRE D'ISRAËL: Une étude basée sur le journal personnel de Moshe Sharett et sur d'autres documents...

    Le gouvernement israélien comprenait qu'il lui fallait transformer le jeune État en une puissance régionale afin de CONQUÉRIR LE RESTE DE LA PALESTINE ET AUSSI DES TERRITOIRES DE SES VOISINS ARABES. Rokach déduit du Journal de Moshe Sharett que les directions politiques israéliennes ne crurent jamais sérieusement a une menace arabe sur l'existence d'Israël...
    D'âpres Rokach, " LE TERRORISME ET LA VIOLENCE DEVAIENT MAINTENANT ÊTRE GLORIFIES COMME LES NOUVELLES VALEURS MORALES... et MÊME SACRÉES, de la société israélienne "...

    Sharett le " modéré " allait remplacer Ben Gourion pour que l'Ouest ne s'alarme pas des intentions d'Israël....
    Le moment de la période sabbatique de Ben Gourion indique que déjà quatre ans âpres la guerre de 48-49, l'appareil sécuritaire se focalisait sur une STRATÉGIE DE DÉSTABILISATION RÉGIONALE. SON MODE OPÉRATOIRE ÉTAIT LA POLITIQUE MILITAIRE CONNUE SOUS LE FAUX NOM DE " REPRÉSAILLES "...

    Stephen Green présente une vision encore plus cynique de hauts dirigeants israéliens qui débutèrent l'opération terroriste pour SABOTER les négociations en cours et en bonne voie entre le Premier Ministre Sharett et le président égyptien Gamal Abdel Nasser...
    ...un grand journaliste israélien prédit les pertes israéliennes qui seraient dues à un " assassinat ciblé ". Le 23 novembre 2001, les Israéliens assassinèrent Mahmud Abu Hunud, un haut dirigeant du Hamas. Deux jours plus tard, le journaliste israélien Alex Fishman, dans un article a la une, expliqua qu'avant l'assassinat de Hunud il existait un accord mutuel « secret » entre le Hamas et l'Autorité Palestinienne en vertu duquel « le Hamas éviterait dans le proche futur » les attentats suicide en Israël.

    Comme l'écrivait Fishman: « Ceux qui ont décide de la liquidation d'Abu Hunud SAVAIENT D'AVANCE « que l'accord avec le Hamas serait » mis en miettes...
    Mais les Israéliens ne donneraient PAS leur accord a une initiative américaine de pacte de sécurité parce que, comme Sharett l'écrivit: « Nous n'avons pas besoin [a dit Dayan] d’un pacte de sécurité avec les USA...UN TEL PACTE NE SERAIT QU'UN OBSTACLE POUR NOUS....Le pacte de sécurité nous liera les mains et nous privera de la liberté d'action dont nous avons besoin dans les années à venir. Les ACTIONS DE REPRÉSAILLES que nous ne pourrions pas faire si nous étions lies par un pacte de sécurité sont notre lymphe vitale... ELLES NOUS PERMETTENT DE MAINTENIR UN NIVEAU DE TENSION ÉLEVÉ DANS NOTRE POPULATION ET DANS L'ARMÉE »
    Sharett indique les implications des vues de Dayan avec ses propres mots dans ses notes du 26 mai 1955: « Et avant tout ESPÉRONS UNE NOUVELLE GUERRE avec les pays arabes, pour que nous puissions finalement nous débarrasser de nos problèmes et ACQUÉRIR NOTRE ESPACE » ----------------FIN de l'extrait

    • ISRAEL'S SACRED TERRORISM, BY LIVIA ROKACH
    Le livre entier
    https://archive.org/details/IsraelsSacredTerrorism
    (ce livre en anglais contient les carnets de Moshe Sharett, malgré de nombreuses pressions pour empêcher sa publication. Livia Rokach a été assassinée après la sortie du livre en anglais.)

    Deux dossiers sur le BBB sont aussi en lien avec l'action d'Eran :
    • La Palestine, de 1880 à 1991
    http://bistrobarblog.blogspot.fr/2014/08/la-palestine-de-1880-1991.html

    • Qui a réellement déclenché la première guerre mondiale ?
    http://bistrobarblog.blogspot.fr/2014/08/qui-reellement-declenche-la-premiere.html

    Brigitte

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    1. Fausse manoeuvre, je voulais poster mes précisions en lien avec ce commentaire, mais elles apparaissent ci-dessous comme commentaire séparé ce qui est moins clair.

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  7. Concernant la video
    "LA COLLABORATION ENTRE SIONISTES ET NAZIS DURANT L'HOLOCAUSTE "
    -Il y a quand même une certaine liberté d'expression et même d'esprit en Israël car il n'est pas sur qu'ici quelqu'un aurait assez de poils au pattes pour produire une doc sur ce sujet.
    -D'après ce que j'ai compris par ailleurs, le nouveau judaïsme religieux est devenu à son tour une bombe à retardement, car sa lecture littérale de la torah, c'est à dire lu sans considération du contexte historique, lui fait revendiquer la terre allant du fleuve de Misraïm au grand fleuve, en termes actuels, du Nil à l'Euphrate, et ils sont soutenus en cela par certaines "églises de réveil", américaines surtout, noyau dur des néo-cons (prononcez le s svp!)

    En cherchant, j'ai trouvé une version complète de la video (1h25) qui parle davantage de Herzl au début, sur l'autre, il manque les 16 premières minutes.

    Le titre est moins polémique
    Théodore Herzl - Le Père Fondateur du Sionisme
    https://www.youtube.com/watch?v=LD5YU8yJjj4

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  8. Sur votre premier point :
    Nous ne savons pas en quelle année ce documentaire a été tourné. Aucune date n'y figure mais il ne semble pas récent.
    À l’heure actuelle, les dissidents israéliens non connus internationalement font l’objet d’agressions en pleine rue et leurs agresseurs ne sont jamais retrouvés. Le journaliste Gideon Levy de Haaretz s'est fait agresser en août, et comme il reçoit des menaces de mort depuis, il est obligé désormais de se déplacer avec un garde du corps.
    http://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/07/gideon-levy-journaliste-critique-d-une-societe-israelienne-malade_4467830_3218.html

    Quant à Anat Kan et Uri Blau, voici leur situation en 2011, malgré le passage obligatoire par la censure militaire :
    http://fr.rsf.org/israel-uri-blau-journaliste-a-haaretz-10-11-2011,41372.html

    Remontant plus loin en arrière, les carnets de Moshe Sharett avaient d’abord été publiés par son fils en hébreu (l’hébreu permet d'éviter que que le reste du monde accède en direct à ce qui se dit dans la colonie). Mais quand Livia Rokach a publié son livre en anglais, contenant les mêmes carnets, elle a été assassinée.

    En contrepartie de la « liberté d’expression » lorsqu’elle existe, il y a le blocage des carrières, l’élimination professionnelle, et d'abord la vindicte diffusée sur les cibles par voie de presse, qui fait monter la pression sur ceux qui osent dire la vérité, qualifiés de traitres ou de malades mentaux. Et comme vous l’avez entendu confirmé par Eran, actuellement L’ARMÉE CENSURE TOUT CE QU’ELLE VEUT.
    Donc non il n’y a pas de liberté d’expression.

    2e point :
    Les religieux dont il est question dans le documentaire sont les juifs pacifiques d’antan, non sionistes (ceux dont ne voulaient justement pas les "pères fondateurs" athées d'Israël), qui voulaient conserver une moralité dans ce pays.
    Ils ont été remplacés ensuite par d’autres : les faux religieux militaristes, racistes et haineux qui endoctrinent l’armée aujourd’hui et corrompent la jeunesse. Comte tenu du niveau de leur haine, il semble que leur livre de référence soit plus le Talmud que la Torah. On trouve leurs citations dans le document de Max Blumenthal que j’ai recopié dans le sujet « histoire de la Palestine » sur BBB.

    Brigitte

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  9. Sur la liberté en Israël: je voulais tout simplement dire que ce n'est pas pire qu'en France ou un certain nombre d'universitaires ou journalistes se sont fait dézinguer à cause de leurs opinions politiques ou même de leurs travaux, le cas le plus significatif étant celui de Sylvain Guggenhaim qui a eu me malheur d'expliquer que la tradition intellectuelle grecque s'était transmise par les monastères chrétiens et pas seulement par les philosophes arabes et a déclenché une polémique disproportionnée.

    Sur les Juifs religieux pacifiques, il faut savourer certaines parties du documentaire avec une longue cuillère. Le nom d'un intervenant, -celui qui compare le sort la législation sur la religion avec celle sur l'écologie - me disait quelque chose, c'est Yuval Steinitz, qui a un peu vieilli depuis la video, député puis ministre Likoud. Sans chapeau ni redingote, il se montre très décontracté dans le film, à l'époque ou il militait à Peace Now, années 1980. Depuis, il apparaît que la colombe était en réalité un poussin de faucon. Membre du Likoud, il a été plusieurs fois ministre.


    http://en.wikipedia.org/wiki/Yuval_Steinitz

    Logique: un lecture fondamentaliste de la Torah conduit à la doctrine du Grand, et même du très Grand Israël.
    Il se trouve qu'il avait fait un esclandre sur l'Esplanade de la Discorde à Jérusalem au moment ou mon groupe de pelerins s'y trouvait. (j'appelle ainsi l'Esplanade des Mosquées qui est celle du Temple de Jérusalem)

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