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samedi 19 juillet 2014

Trafic d'enfants et syndicats du crime


Kevin Annett met toute son énergie à dénoncer les pires crimes perpétrés par les élites mondiales, religieuses ou non, les abus et meurtres d'enfants. Utopie, pensez-vous ? Peut-être. Mais si personne n'agit, les monstruosités vont continuer au bénéfice des malades qui dirigent la planète.
Vous pouvez suivre ses actions sur son site (en anglais) ICI.


Qui se trouve vraiment derrière le trafic d'enfants ? Suivez l'argent


Rapport exclusif de Kevin D. Annett, 14 juillet 2014


Traduction par Hélios pour le BBB.


"Les cartels se sont transformés en une industrie de contrebande humaine, mettant en prison de prétendus transfuges, leur imposant de lourdes amendes ou demandant à ces transfuges d'agir comme passeurs de drogue ou de se prostituer... L'ancienne banque Wachovia (aujourd'hui Wells Fargo), la Bank of America et Western Union ont gagné ou continuent de gagner des millions grâce à l'argent de la drogue ramassé aux US et envoyé ou reblanchi au Mexique... General Dynamics, Motorola et Raytheon [entreprise de vente de matériel militaire, NdT] font des affaires prospères grâce au développement de la sécurité des frontières (motivée par le trafic humain)." - The Washington Spectator, 1er juillet 2014

"Un syndicat du crime nommé 'Ndrangheta' fournit à la Hollande des enfants pour des meurtres sacrificiels, j'ai été le témoin de certains, incluant des parties de chasse à l'homme. On l'appelle "La Pieuvre" en Hollande. Il est profondément impliqué dans le trafic d'êtres humains moyennant le contrôle de la police et des hommes politiques". Témoignage de "Joséphine", avocate à la retraite et témoin, donné pendant une déposition au Tribunal International de droit commun, Bruxelles, juin 2014

"Ndrangheta est une organisation criminelle apparentée à la Mafia en Italie, l'ex-Cosa Nostra. 'Ndrangheta est actuellement l'organisation criminelle la plus puissante et la plus riche d'Italie et peut-être d'Europe, avec un revenu annuel estimé à au moins 53 milliards d'euros, acquis par le trafic de drogue, l’extorsion et le blanchiment d'argent" - Wikipédia

…………………
Le crime paie : c'est pourquoi il continue. Et rien ne paie aussi bien que la vente d'êtres humains, spécialement les enfants.



Le trafic d'enfants n'est pas seulement une monstruosité : c'est une affaire mondiale et profitable. Et ce simple fait, le massacre systématique d'un grand nombre d'innocents, est trop souvent oublié au profit de la lutte à condamner les individus malfaisants, que ce soit "la royauté à tête de lézard" ou les prêtres et papes violeurs d'enfants.

Des détails de cette industrie mondiale ont fait surface, presque par accident, pendant le procès du "pape François" Jorge Bergoglio et d'autres individus pour trafic d'enfants au Tribunal International de droit commun de Bruxelles.

Commencé comme une poursuite contre les dirigeants d'églises catholiques et anglicanes pour leur implication dans les préjudices infligés aux enfants ou l'aide apportée à ceux qui les pratiquent, le dossier de Bruxelles s'est enrichi depuis mai d'une masse considérable d'informations sur les cartels qui fournissent des enfants en vue de les violer, les torturer et les tuer : et sur leurs liens avec les hommes accusés présentement par le tribunal.

J'ai été contacté le mois dernier par une avocate néerlandaise à la retraite dont l'ancien mari est membre d'un syndicat du crime qui fournit des enfants et des adolescents utilisés pour des "parties de chasse" rituelles en Belgique. Je l'appellerai Joséphine. Nous avons correspondu trois fois par skype et ses déclarations enregistrées se trouvent maintenant dans les archives du tribunal.

Selon Joséphine, son ex-mari et d'autres membres de "La Pieuvre" – le terme argotique local pour Ndrangheta, la Mafia renée de ses cendres – ont fourni au printemps de l'année 2000 et 2004 dix enfants et adolescents qui ont été pourchassés et tués et ensuite mutilés par des hommes fortunés dans des forêts près de Oudergem en Belgique.

"J'étais là, j'ai tout vu. On m'a dit que c'était des enfants provenant de centres de détention pour la jeunesse de Bruxelles. Ils étaient lâchés nus dans la forêt, pourchassés et abattus. Parmi les tueurs il y avait le prince Friso de Hollande et l'ami de sa femme, le milliardaire George Soros, le premier ministre hollandais Mark Rutte et le prince Albert de Belgique. Après avoir abattu les jeunes ils coupaient le pénis des garçons et les brandissaient comme des trophées, criant et applaudissant".

Bien que confirmés par d'autres dénonciateurs initiés, ces épouvantables récits peuvent détourner de l'histoire réelle et des motifs derrière le crime. Le syndicat 'Ndrangheta, par exemple, trouve ses contingents d'enfants par l'intermédiaire de sa profonde implication avec l'église catholique romaine et les officiels du Vatican, tous kidnappeurs d'enfants. Selon Matteo Macceo, membre du parti radical au parlement italien,

"La Mafia moderne sont les mêmes gens qui dirigent l'église catholique et le gouvernement italien. Ils sont impossibles à distinguer, ils font tous partie du même club. Et leur principal souci ce sont les revenus acquis par leur lien avec le crime organisé : drogues, trafic d'armes et d'humains". (déclaration faite à l'auteur en avril 2010 à Rome)
L'église catholique est clairement le plus grand trafiquant de bébés de l'histoire humaine, gagnant des milliards chaque année par la vente de nouveau-nés catholiques à des orphelinats, des agences de famille d'accueil et dans des soirées secrètes. Dans la seule Espagne, l'église a organisé le trafic de 300.000 enfants entre 1940 et 1980, engrangeant plus de 20 milliards de dollars (témoignage d'Antonio Barrero). Et le pape François lui-même présentement inculpé a organisé un tel marché d'enfants, ceux de plus de 30.000 prisonniers politiques argentins, à l'époque où il dirigeait la junte militaire de ce pays dans les années 70 et 80 (témoignage du témoin n° 32).

Ce marché officiel d'esclaves est en rapport direct avec des groupes criminels comme 'Ndrangheta, fréquent fournisseur du trafic catholique, qui vend les bébés par l'intermédiaire de maisons d'hébergement contrôlées par le syndicat, et procure une protection politique et juridique à leurs associés du Vatican.

"Pour chaque prêtre violeur d'enfant ou religieuse revendeuse de bébés, il y a 10 autres personnes qui les protègent, huilent les rouages, payent les pot-de-vin pour que tout se déroule sans incident, dans la plus grande discrétion. Et 'Ndrangheta dresse toujours sa tête hideuse derrière toutes ces affaires" a déclaré un membre du bureau du procureur de Bruxelles, qui s'occupe du dossier de Jorge Bergoglio et des autres.

Et pourtant 'Ndrangheta fait lui-même partie d'un cartel mondial plus important spécialisé dans un vaste trafic d'esclaves humains financé par de grandes banques complices avec leur classique blanchiment d'argent de la drogue pour la mafia. On trouve parmi ces banques Bank of America, J.P. Morgan et HSBC, qui a récemment admis blanchir plus de 2 milliards de dollars d'argent de la drogue pour les syndicats mexicains du crime.

Cet empire économique, où la drogue et le trafic d'humains sont si intimement liés, est renforcé politiquement par l'utilisation continue de la prostitution d'enfants par les agences d'espionnage nationales pour faire chanter et contrôler les hommes politiques et les dirigeants. "La CIA a admis dans une déclaration de 2008 s'intéresser personnellement au trafic d'enfants et que depuis la guerre du Vietnam ils gèrent à Bangkok et Séoul des "réseaux pousse-au-crime" de prostitution d'enfants pour piéger leurs opposants au Congrès" (Rock Creek Free Press, Washington)

En définitive, la récente révélation sur l'implication de la royauté et de l'église dans les rituels sacrificiels d'enfant semble pourtant une autre partie émergée du proverbial iceberg des crimes en haut lieu. Mais le fait d'une présence commune de 'Ndrangheta dans de si nombreux crimes contre les enfants et les propres liens directs du syndicat avec le Vatican, ont donné un nouvel élan aux poursuites contre le pape François et les autres qui, comme les inculpés nazis de Nuremberg, sont le symbole d'un système entier de corruption et de mort à abattre.


8 commentaires:

  1. 1° PARTIE
    La banque qui aimait (trop) l’argent sale
    De 2004 à 2007, la banque américaine Wachovia a blanchi 378 milliards de dollars pour le compte de cartels mexicains. En ignorant délibérement les multiples alertes lancées par l’un de ses salariés.

    En 1986, l’agent des Douanes Robert Mazur infiltre la BCCI en se faisant passer pour un narcotrafiquant. Au bout de deux ans, il prouve que cette banque, fondée par un financier pakistanais et enregistrée au Luxembourg, a sciemment blanchi l’argent des cartels colombiens de la cocaïne. Robert Mazur raconte cette histoire dans The Infiltrator (Ed. Little, Brown and Company, 2009, non traduit en français).

    Le 10 avril 2006 au coucher du soleil, un DC-9 atterrit à Ciudad del Carmen, ville portuaire du golfe du Mexique. Les soldats mexicains qui l’attendaient trouvent à son bord 5,7 tonnes de cocaïne – il y en a, à l’époque, pour 100 millions de dollars. Mais la re­constitution des circonstances de l’achat de l’appareil par le cartel de Sinaola va déboucher sur une découverte bien plus importante.

    Au terme d’une enquête de vingt-deux mois menée par la Drug Enforcement Agency [agence américaine chargée de faire appliquer la loi sur les stupéfiants], l’Internal Revenue Service [le fisc américain] et d’autres agences fédérales, il apparaît que les trafiquants ont payé l’avion avec de l’argent blanchi par l’une des plus grosses banques américaines, Wachovia – qui sera rachetée en 2008 par le groupe Wells Fargo. Les enquêteurs mettent au jour des versements de plusieurs milliards de dollars, sous forme de virements, de chèques de voyage et de liquidités sur des comptes de Wachovia par des casas de cambio (CDC), des bureaux de change mexicains. Fait extrêmement significatif, le début de ces opérations remonte à 2004, période où s’est amorcée à la frontière américano-mexicaine l’escalade de la violence qui a engendré les actuelles guerres de la drogue.

    Des procédures criminelles sont ou­vertes contre la banque – sans viser personne en particulier –, mais l’affaire ne passe jamais en jugement. En mars 2010, Wachovia règle par une transaction “à l’amiable” la plus grosse action jamais intentée dans le cadre de la loi américaine sur le secret bancaire : la banque verse 110 millions de dollars aux autorités fédérales, devant le tribunal du district de Miami, pour avoir hébergé des transactions liées au trafic de stupéfiants, et une amende de 50 millions de dollars pour n’avoir pas contrôlé l’argent utilisé pour financer le transport de 22 tonnes de cocaïne.

    Plus choquant et plus important, la banque a été sanctionnée pour avoir omis de mettre en place [du 1er mai 2004 au 31 mai 2007] des mesures antiblanchiment appropriées pour des transferts totalisant 378,4 milliards de dollars (une somme ­équivalante au tiers du PIB mexicain), effectués sur des comptes en dollars à partir de prétendues casas de cambio avec lesquelles la banque travaillait. “Le mépris flagrant de Wachovia à l’égard de nos réglementations bancaires a quasiment donné carte blanche aux cartels internationaux de la cocaïne pour financer leurs opérations”, a déclaré Jeffrey Sloman, le procureur fédéral. Pourtant, le total des pénalités ne représente même pas 2 % des 12,3 milliards de dollars de bénéfices réalisés par la banque en 2009.

    Cette affaire illustre le rôle du secteur bancaire légal dans le blanchiment de centaines milliards de dollars issus du ­meurtrier trafic de la drogue, au Mexique et ailleurs – un secteur bancaire que les contribuables ont été contraints de renflouer [après la crise financière de 2008].

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  2. suite1
    The Observer s’est procuré des documents transmis, bien avant l’ouverture de l’enquête officielle, aux autorités de réglementation financière. Ils démontrent que Wachovia avait été très tôt mise en garde par un de ses employés londoniens, Martin Woods, l’un des plus remarquables lanceurs d’alerte [whistleblower] de notre temps. Au cours d’une série d’entretiens avec The Observer, Martin Woods a détaillé la manière dont Wachovia s’est retrouvée au cœur de l’une des plus grosses affaires de blanchiment d’argent sale au monde. Originaire de Liverpool, Martin Woods, qui a aujourd’hui passé la quarantaine, avait été embauché par la branche londonienne de Wachovia en février 2005 comme l’un des responsables du service antiblanchiment. Il avait auparavant servi dans la brigade des stupéfiants de la police britannique. Au sein de la National Crime Squad, il avait notamment enquêté sur les ramifications britanniques du scandale de blanchiment d’argent par la Bank of New York à la fin des années 1990.

    Aujourd’hui encore, Woods s’exprime comme un officier de police – au meilleur sens du terme : rigoureux, précis, avec un humour malicieux et une haute tenue morale. C’était une recrue idéale pour une banque désireuse de mener une politique efficace de gestion du risque et de lutte contre le blanchiment de l’argent sale.

    Woods a l’œil exercé et l’instinct d’un officier de police – pas ceux d’un banquier. Cela a influencé sa méthode, mais aussi sa mentalité. “Je pense qu’il y a des tas de choses plus importantes que l’argent et cela vous met à part dans la culture qui semble prévaloir dans de nombreuses banques du monde”, observe-t-il. Sa spécialité était d’appliquer la technique policière du “connaissez votre client” (CVC). “CVC, souligne-t-il, est une approche fondamentale dans la lutte contre le blanchiment, l’évasion fiscale et le financement du terrorisme. Qui sont vos clients ? Les renseignements fournis sont-ils exacts ? Une activité bancaire correcte et responsable a toujours été tributaire de la connaissance ses clients, et ce principe est encore valable aujourd’hui.”

    La première chose que re­marque Woods à Wachovia est que l’information CVC est déficiente. Et parmi les premiers rapports adressés à ses supérieurs au siège de la banque situé à Charlotte, en Caroline du Nord, figurent plusieurs observations concernant l’insuffisance des renseignements CVC recueillis par la filiale londonienne de Wachovia, insuffisance à laquelle il entreprend de remédier. Parallèlement, il met en œuvre un programme de surveil­lance renforcée des transactions consistant à rassembler des informations sup­plémentaires sur les clients dont l’argent, en livres sterling ou en euros, transite par les services londoniens de la banque. Dès août 2006, Woods identifie plusieurs transactions suspectes en provenance de clients liés aux casas de cambio. Le b.a.-ba du métier Ces opérations concernent principalement des dépôts de chèques de voyage libellés en euros. Ces titres comportent des numéros qui se suivent, représentent des sommes bien supérieures à ce dont un voyageur normal peut avoir besoin, comportent des informations CVC vagues ou inexistantes et portent des signatures douteuses. “C’est le b.a.-ba du métier, explique Woods. Des questions évidentes restaient sans réponse : la transaction est-elle réelle, ou semble-t-elle artificielle ? Le chèque de voyage répond-il au protocole ? Avons-nous tous les renseignements et, dans le cas contraire, pourquoi ?”

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  3. Suite2

    Woods fait part de ses doutes au responsable antiblanchiment de Wachovia pour les activités de correspondant bancaire, qui estime que les chèques dis­simulent peut-être une fraude fiscale. Woods se lance alors dans ce que le monde bancaire appelle une “rétrospective”, passant au peigne fin les précédentes transactions, et, au terme de ses recherches, il transmet plusieurs rapports faisant état d’activités suspectes aux autorités britanniques et à ses supérieurs à Charlotte. Dans ce cadre, il recommande le gel des opérations de plusieurs parties nommément désignées et le blocage de longues séries de chèques de voyage en provenance du Mexique. Au cours de l’année 2006, il établit toute une série de signalements d’activités suspectes, dont une cinquantaine concernent des casas de cambio. A sa grande stupéfaction, le bureau de Wachovia à Miami, qui supervise les opérations en Amérique latine, ne lui apporte aucun soutien – c’est le moins qu’on puisse dire.

    Martin Woods a pourtant vu juste. A l’époque, la justice commence à s’intéresser de près aux activités de Wachovia au Mexique. La banque reçoit de nombreuses demandes d’information sur ses opérations dans ce pays. Woods apprendra plus tard que Wachovia avait reçu plus de 6 000 assignations. “C’est insensé, commente-t-il. A quel moment un haut responsable commence-t-il donc à réaliser que quelque chose ne tourne vraiment pas rond ?” En avril et mai 2007, sous la pression croissante dont elle fait l’objet de la part du ministère de la Justice, Wachovia commence à rompre ses liens avec certaines casas de cambio. Mais, au lieu de diligenter une enquête interne sur la base des alertes lancées par Woods, la banque met tout simplement sur la touche son propre expert antiblanchiment. Les documents montrent que, durant l’année 2007, Woods “a continué à adresser des signalements d’activités suspectes concernant les casas de cambio”.

    En juillet 2007, les dix derniers bu­reaux de change mexicains qui continuaient à opérer par l’entremise de la branche londonienne de Wachovia cessent brusquement de le faire. Quelques mois plus tard, lorsque les médias financiers américains commencent à parler de l’enquête, la banque met fin à ses relations avec toutes les casas de cambio. La situation personnelle de Woods est devenue intenable. Le 16 juin, le responsable antiblanchiment de Wachovia lui signifie que son dernier rapport d’activités suspectes n’était pas nécessaire, qu’il n’avait aucun pouvoir juridique pour enquêter sur une affaire concernant l’étranger et qu’il n’avait aucun droit ­d’accès à des documents détenus à l’étranger, même s’ils étaient entre les mains de la banque. Woods traverse alors une période difficile. Il prend un congé maladie pour entrer à l’hôpital afin de se faire soigner un disque déplacé, mais la banque l’informe qu’il n’a pas fait sa demande dans les règles. Lorsqu’il reprend son travail en août 2007, après trois semaines d’absence, une lettre du responsable de la réglementation in­terne l’attend sur son bureau. Ce courrier énumère plusieurs “exemples spécifiques de [son] incapacité à accomplir [son] travail à un niveau acceptable”. Au bord de la dépression, Woods est mis en arrêt maladie par son médecin ; par la suite il suit un traitement psychiatrique, s’inscrit à un programme de gestion du stress et doit prendre des médicaments. Fin 2007, Martin Woods est invité à une réception organisée par Scotland Yard en l’honneur de collègues américains. A cette occasion, il rencontre un représentant de la Drug Enforcement Agency et discute avec lui des casas de cambio, de ses rapports d’activités suspectes et de la réaction de ses employeurs. A la suite de cette rencontre, des responsables de la Réserve fédérale et d’autres autorités de surveillance financière se mettent à éplucher les rapports que Woods avait adressés à sa hiérarchie, à Charlotte. “Ils m’ont recontacté peu de temps après et nous avons alors commencé à rassembler les pièces du puzzle”, se souvient-il.

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  4. Suite 3
    Le texte de l’accord de règlement amiable passé entre Wachovia et le tribunal du district de Miami en mars 2010 donne un aperçu saisissant de la façon dont fonctionne le blanchiment de l’argent de la drogue. Mais il souligne aussi la “coopération considérable [de la banque] et les mesures énergiques qu’elle a prises pour remédier à la situation” après son rachat par Wells Fargo. “Au vu des mesures prises par Wachovia, conclut le procureur, les Etats-Unis recommanderont à la cour […] que les poursuites engagées contre Wachovia en fonction des informations établies […] soient reportées de douze mois.” Ce sursis est une forme de mise à l’épreuve à l’issue de laquelle, si la banque se conforme à la loi pendant un an, les poursuites seront abandonnées. C’est ainsi que, en mars dernier, ­Wachovia a retrouvé sa virginité.

    Le cliquetis des menottes

    A l’époque où le procureur est saisi du dossier, Martin Woods est tenu à l’écart et abandonné à son propre sort. A la veille de Noël 2008, ses avocats assignent ­Wachovia pour harcèlement et comportement préjudiciable envers un whistleblower. En mai 2009, alors que Woods a le sentiment d’être “la personne la plus toxique de la banque”, un accord est trouvé : Wachovia accepte de lui verser de l’argent en contrepartie de son départ de la banque. La justesse de sa démarche sera enfin formellement reconnue, non pas par Wachovia, mais par le contrôleur de la monnaie John Dugan [l’un des responsables américains de la réglementation bancaire]. “Je vous écris personnellement pour vous exprimer ma gratitude pour le rôle que vous avez joué dans les actions engagées contre la banque Wachovia en raison de ses violations de la réglementation relative au secret bancaire […]”, déclare-t-il dans une lettre datée du 19 mars 2010 – soit trois jours après la conclusion de l’accord de Miami. “Non seulement les informations que vous avez fournies ont facilité nos investigations, mais vous avez fait preuve d’un grand courage et d’une grande intégrité en dénonçant ces malversations. Sans les efforts de personnes telles que vous, des actions comme celle qui a été menée à l’encontre de Wachovia ne seraient pas possibles.”

    Mais la transaction à l’amiable par laquelle Wachovia a mis fin aux poursuites engagées contre elle laisse à beaucoup – et en premier lieu à Woods lui-même – un arrière-goût amer. Robert Mazur est l’un des principaux responsables de la formation des agents chargés de lutter contre le blanchiment. Cet ancien agent des Douanes a réussi, à la fin des années 1980, à infiltrer la banque BCCI et à prouver son implication dans le blanchiment de l’argent de la drogue du cartel colombien de Medellín. Mazur, dont la société Chase & Associates travaille en lien étroit avec les services répressifs, a suivi de près l’affaire Wachovia. Selon lui, “la seule chose qui puisse rendre les banques plus vigilantes est la perspective d’entendre cliqueter les menottes dans la salle du conseil d’administration. Nombre de personnes chargées de l’application de la loi ont été déçues par la conclusion d’un règlement à l’amiable. Mais je sais que des circonstances extérieures ont joué en faveur de Wachovia, la moindre n’étant pas que le système bancaire américain était au bord de l’effondrement.”

    “Je forme chaque année des milliers d’agents de lutte contre le blanchiment, poursuit Mazur. Et je leur dis : ‘Voyez grand. Les gros titres qui feront la une des journaux dans sept ans seront le résultat du travail que vous accomplissez aujourd’hui.’ Dans l’affaire de la BCCI, nous avons passé deux années à construire le dossier, deux années à accomplir un travail sous couverture, et encore deux années pour amener l’affaire devant les tribunaux. Si l’on veut faire quelque chose d’ambitieux, comme retracer l’origine de l’argent, c’est le temps qu’il faut prendre.

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  5. Suite 4

    Pourtant, conclut-il, le système d’avancement des carrières dans ce secteur n’incite pas à chercher d’où vient l’argent. Les gens sont mutés tous les deux ou trois ans. La Drug Enforcement Agency s’intéresse plus au trafic de stupéfiants qu’au blanchiment de l’argent sale. Cela permet d’obtenir des résultats plus rapidement. Elle veut juste arrêter les trafiquants et saisir leurs biens. Mais c’est comme vouloir traiter une plante malade en coupant quelques rameaux – il en pousse aussitôt de nouveaux. Trouver d’où vient l’argent, c’est couper la plante à la racine – mais c’est plus difficile et ça prend plus de temps.” Selon Antonio Maria Costa, qui a di­rigé l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Unodc) de mai 2002 à août 2010, “la connexion entre le crime organisé et les institutions financières s’est établie entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, au moment où la mafia s’est mondialisée.”

    Jusqu’alors, l’argent du crime circulait principalement sous forme de cash et les autorités procédaient régulièrement à une grosse saisie ou à des arrestations spectaculaires. A l’époque où Costa était directeur pour l’économie et la finance à la Commission européenne [de 1987 à 1992] des mesures ont été prises contre le blanchiment par les banques, et “l’argent du crime est sorti du système financier. C’est alors que plusieurs événements sont survenus : la crise financière en Russie, après l’émergence de la mafia russe, puis les crises de 2003 et de 2007-2008. Le secteur bancaire s’est alors trouvé à court de liquidités et les banques se sont elles-mêmes exposées aux syndicats du crime, qui détenaient du cash.” Dès 2009, Costa affirmait que “des prêts interbancaires [avaient été] financés par l’argent de la drogue. Tout [laissait] à penser que certaines banques avaient été sauvées de cette manière.*”

    Corruption à grande échelle

    Antonio Maria Costa met en doute la vo­lonté des gouvernements et des autorités de régulation de contrer cette corruption à grande échelle de l’économie mondiale : “Les responsables de la réglementation ont montré de quoi ils étaient capables quand le problème est brusquement devenu celui du blanchiment d’argent par des organisations terroristes – là, d’un seul coup, ils sont devenus sérieux et ont changé d’attitude.”

    “Les gens de Wachovia connaissaient mon CV, ils savaient qui j’étais, reprend Martin Woods. Mais ils ne voulaient pas savoir ce qui se passait. Wachovia est le plus grand scandale de blanchiment d’argent sale de notre époque. Et pourtant, personne n’est allé en prison. En quoi ce règlement amiable contribue-t-il à la lutte contre les cartels ? En rien. Il ne facilite pas le travail de la police et de la justice et il encourage les cartels et tous ceux qui veulent gagner beaucoup d’argent en blanchissant les dollars du crime. Où est le risque ? Il n’y en a aucun. Est-il de l’intérêt du peuple américain d’encourager ainsi les cartels et les banques ? De celui du peuple mexicain ? C’est simple : si vous ne voyez pas le rapport entre le blanchiment de l’argent sale et les 30 000 per­sonnes tuées au Mexique, c’est que vous n’avez vraiment rien compris.”

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  6. FIN

    Woods ne se repose pas sur ses lauriers. Le cabinet de consultants qu’il a créé, Hermes Forensic Solutions, expose aux banques les dangers qu’elles courent à blanchir de l’argent criminel et leur explique comment le repérer et le neutraliser. “New York et Londres, assure-t-il, sont devenus les deux plus grands centres mondiaux du blanchiment de l’argent du crime et de la drogue. Les plus grands paradis fiscaux du monde ne sont pas les îles Caïman, ni l’île de Man, ni Jersey. Le blanchiment à grande échelle s’effectue à la City de Londres et à Wall Street. Ce qui s’est passé à Wachovia, conclut-il, illustre l’échec de tout le système réglementaire. Il n’a pas su mettre en œuvre le type de bonne gouvernance et de gestion du risque qui aurait pu empêcher non seulement le blanchiment de l’argent du sang, mais aussi la crise financière mondiale.”
    Note : * Dans un article publié en décembre 2009 par The Observer.

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    1. Merci pour ces éléments sur Wachovia, j'aurais aimé qu'on parle aussi de leur trafic d'enfants...

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  7. Nos "chers collègues" de TRACFIN ont encore de très beaux jours devant eux... si nos gouvernants actuel et les prochains... ne les réduisent pas à néant, pour nous et autres pays... en ce qui concerne les enfants ; https://www.facebook.com/maxence.ferary/posts/10203419406259687

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