Bistro Bar Blog

jeudi 10 juillet 2014

Les chats de l'Altaï


Salutations de la part de nos chats de l'Altaï


Par Anna Liesowska, Siberian Times


20 juin 2014

Traduit par Hélios pour le BBB.


Svetlana Shupenko [toutes les photos ci-dessous sont d'elle] est partie pour les montagnes de l'Altaï pour recommencer sa vie – et photographier ses chats bien-aimés.






Si vous allez un jour dans les monts magiques de l'Altaï et que vous avez besoin d'un guide, Svetlana pourrait vous aider à visiter ce trésor immaculé de la Russie. Elle possède aussi un autre talent, photographier les chats qui vivent avec elle depuis son départ de la ville et son installation dans le village de Uznezya, il y a 17 ans.

Ses amis félins l'ont accompagnée dès le départ dans sa retraite de montagne, ainsi que ses enfants Lisa et Maksim, âgés aujourd'hui de 19 et 21 ans.

"Je vis dans l'Altaï depuis 17 ans", dit Svetlana, 46 ans, photographe, artiste, guide de montagne et qui fabrique aussi des poupées.

"C'est une très longue histoire mais pour tout dire, je voyais l'Altaï dans mes rêves. Depuis mon enfance, je n'arrêtais pas de voir un certain endroit, mais je n'avais aucune idée de là où il pouvait se trouver. J'ai appris plus tard que les ancêtres de mon père venaient de l'Altaï. C'était donc une sorte "d'appel du sang". Je suis venue voir, j'ai retrouvé l'endroit de mes rêves et l'ai reconnu.

"Je suis rentrée, j'ai demandé le divorce, j'ai pris un sac à dos avec des bottes et une batterie de cuisine et je suis partie à Uznezya avec mes enfants et notre chatte bien-aimée Sonya.

'Je ne sais toujours pas pourquoi et comment c'est possible, mais il a vraiment souri quand il a vu l'appareil photo dans mes mains'



"C'était tout à fait risqué, mais c'était la bonne démarche. Tout s'est déroulé à merveille et nous avions l'impression que l'endroit nous attendait.

"Je pense que les gens devraient vivre où ils le souhaitent. Il me semble étrange de vivre dans un lieu qu'on n'aime pas, quand il y a la planète toute entière autour de nous".

Les chats étaient dans les mêmes dispositions. Elle en a choisi certains ; d'autres l'ont choisie.

"Notre première chatte Sonya protégeait notre maison des souris et autres rongeurs, mais ensuite elle est partie. Comme tous les chats en liberté des montagnes, ils vont et viennent. Nous avons eu une trentaine de chats au long des années."

Et la plupart ont été pris en photo. "Il y a eu un moment où nous avons décidé de ne prendre que des chatons mâles parce que les chattes se reproduisent à une vitesse incroyable et quoi faire ensuite des petits ?

Les chats ne manquent pas dans le village, chaque maison en possède au moins un. Nous essayons donc de n'avoir que des matous maintenant. À une époque, il ne restait que deux chats et j'espérais qu'ils seraient toujours là quand je reviendrais de mon dernier voyage. Ce sont mes favoris, Kokos et Zéfir.


"Les chats disparaissent souvent. Ils vivent en liberté, ils se promènent où ils veulent, je ne peux les garder enfermés".

Ils semblent partager son amour de la fabuleuse nature de l'Altaï.

"Kokos adore faire de l'escalade avec moi. Quand il commence à fatiguer, je le mets dans mon sac à dos.

"J'habite au pied d'une montagne et je pars souvent en escalade. Une fois quelques-uns de mes chats ont décidé de me suivre. Je leur ai d'abord interdit de le faire, en criant après eux, en leur envoyant des mottes de terre et de l'herbe pour leur faire peur. Mais à bien y penser, pourquoi devrais-je le leur interdire ? Que peut-il leur arriver ? S'ils veulent rentrer, ils peuvent rebrousser chemin. Je les ai donc autorisés à me suivre. Ils ont courageusement traversé la forêt et grimpé toujours plus haut.

"À la fin, il ne restait que deux chats à m'avoir accompagné jusqu'au bout. Près du sommet, ils ont commencé à se douter que quelque chose clochait. Ils pensaient manifestement : Où Svetlana nous a-t-elle emmenés ?

"Mais pas question de faire demi-tour, je les ai donc encouragés en les appelant. Nous avons finalement atteint le sommet. Incroyable comme ils ont regardé la vue de là-haut, vers la vallée géante de Katun. Ils n'en revenaient pas. Je n'avais pas d'appareil photo cette fois, juste mon téléphone portable, je n'ai donc fait que quelques photos.

"J'étais vraiment surprise de voir ces chats escalader la montagne. Les chiens, d'accord, ils peuvent le faire, mais des chats ? Je n'avais jamais entendu parler de ce genre de choses."

Svetlana prise en photo pendant une inondation récente des monts de l'Altaï


Il existe des dangers pour les chats dans les montagnes.

"De temps en temps, certains disparaissent. Il y a une route carrossable près de notre maison, les touristes roulent comme des fous. Ils ne pensent pas qu'il y a des villageois avec des enfants, des moutons, des chevaux et des chats. Je pense donc que certains de mes chats ont été tués par des voitures.

"Ils se promènent en liberté, ils rendent visite à leurs "petites amies". Je suis heureuse s'ils ne s'éloignent pas trop de la maison quand ils rendent visite aux autres chats, mais je ne peux les en empêcher.

"Par ailleurs, ils se battent constamment avec les autres chats et sévèrement. C'est la nature.

"Parfois des touristes volent des chats ; une fois nous en avons même vu un passer par-dessus la barrière, sauter dans sa voiture et s'enfuir avec.

"Je n'ai aucune idée de la raison qui les pousse à faire cela. Ils viennent dans l'Altaï pour se détendre, pourquoi donc voler des animaux ?"

'En voyant mes chats vivre ici, je ressens une grande pitié pour les animaux enfermés dans un appartement'

Chaque chat a son propre caractère et sa propre histoire.

"Il y a eu une époque où je prenais des chats à des endroits où ne devrait vivre aucun chat. Par exemple, j'ai récupéré Zefir dans un endroit perdu près du mont Belukha. Un autre chat, Mergen (son nom signifie "chasseur" dans la langue de l'Altaï) provenait d'un camp en montagne.

La chatte était là et un mâle, presque un chat sauvage, venait la retrouver. Les gens du coin l'appelaient 'Raptor', parce qu'il était horrible – plein de balafres, avec juste la moitié de la queue. Il venait surtout la nuit pour rencontrer sa femelle, manger quelque chose et redisparaître dans la nature.

"J'ai pris un chaton venant de ces parents-là. Ce genre de chat qui vit dans la nature a un caractère et un comportement très différent des autres. Prenez les habitudes alimentaires : ce chaton avait appris à boire dans les ruisseaux de la montagne et il n'a jamais voulu boire autre chose que de l'eau courante. C'est certainement le meilleur chasseur.

"C'est avec Mergen que j'ai remarqué pour la première fois qu'ils pouvaient sourire. Je ne sais toujours pas pourquoi et comment c'est possible, mais il est clair qu'il a souri quand il a vu l'appareil photo dans mes mains.

"J'ai réalisé ensuite qu'un autre chat, Zefir, était également capable de sourire.

"Ils attrapent tous des souris et parfois des oiseaux – pas pour les manger, juste pour me montrer. À l'automne, je manque de marcher sur eux quand je sors.

"En voyant mes chats vivre ici, je ressens une grande pitié pour les animaux enfermés dans un appartement".


Son chat Kokos est un siamois tabby point.

"Il est très intelligent, je pense que c'est le plus intelligent de tous les chats, le plus futé et le plus malin. Il a eu une fracture de la patte un jour et je me suis vraiment attaché à lui pendant le temps de son rétablissement. Il savait comment utiliser sa blessure pour obtenir encore davantage d'attention.

"Je communique avec Kokos non comme avec un chat, mais plus comme avec un humain. Nos liens sont très spéciaux."

8 commentaires:

  1. Très belles photos, et texte. merci. cependant, il n'y a pas que des voitures qui tuent les chats en maraude. En liberté, il y a tous les prédateurs... à 2 pattes, à 4 pattes ou avec des ailes ! Pourquoi plaindre un animal en appartement ? A nos yeux, ils sont à plaindre puisqu'ils ne profitent pas de la liberté totale, qui, il faut le reconnaître, peut avoir un prix très cher à payer... quant aux animaux , là chats, en appartement , ils sont choyés, vivent plus longtemps , sont soignés, et comme ils n'ont jamais eu l'opportunité de faire la différence entre la liberté totale de l'Altaï et celle dans l'appartement, ils ne peuvent en souffrir. Il serait judicieux de cesser de se projeter dans le comportement des animaux par rapport au nôtre. L'humain peut élever et rendre les animaux encore plus intelligents que ce qu'ils sont. Eux nous comprennent dans notre langage, nous ne comprenons pas le leur, nous ne leurs donnons que des connotations par rapport à ce que nous sommes, et en plus, en fonction de notre caractère... (autre sujet à débattre) Belles photos merci Soleil ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, Dany, un grand débat pour les amis des animaux. Le chat en appartement est-il aussi heureux qu'un chat qui peut se promener en liberté ?
      Bises

      Supprimer
    2. Ils viennent de montrer une étude scientifique sur la vie des chats la nuit.
      Une centaine de chats étaient équiper de caméras et d'émetteurs GPS.
      Certain matous allaient défier un congénère à des lieues à la ronde et rentrait à son domicile. D'autres allaient bouffer dans les gamelles du voisin ! Enfin certain restaient peinard chez ses maîtres, alors qu'ils pouvaient errer toute la nuit dans la campagne, en liberté ? ? ?

      Supprimer
    3. Oui, voir ici :

      http://bistrobarblog.blogspot.fr/2014/06/la-double-vie-des-chats.html

      Supprimer
  2. Ils en ont de la chance ces minous. Ils sont bichonnés, câlinés, nourris, dorlotés etc etc etc....
    Beaucoup d'êtres humain aimeraient en avoir autant.

    RépondreSupprimer
  3. Et beaucoup d'Êtres humains qui en ont autant aimerai avoir cette liberté !

    RépondreSupprimer
  4. Un coup de coeur pour la photo du chat prisonnier entre les deux coussins ! Trop génial !
    Sans oublier celle du chat à la patte cassée et les minous entassés dans la caisse.
    Vaste débat que celui abordé sur "en appartement" ou "en liberté". Il y a quelques années, j'avais un chien et j'habite en appartement. Le matin je partais travailler "le coeur gros", peinée de le laisser seul jusqu'au soir. J'ai arrêté de me lamenter lorsque je me suis retrouvée au chômage, nous étions alors "obligés" de partager l'appartement tous les deux et j'ai constaté que ma présence le dérangeait, il avait ses petites habitudes et soupirait d'aise lorsque je partais en courses en s'installant confortablement sur l'oreiller de mon lit et me regardait de travers en étant contrarié lorsque je revenais, il espérait certainement être tranquille plus longtemps. Tout ça me faisait beaucoup rire et m'a fait relativiser, la notion de temps n'est pas la même pour l'humain et l'animal et je pense qu'il y a des animaux qui s'acclimate très bien soit à une vie cloîtrée ou à une vie plus libre.
    Ce qui compte, c'est peut être aussi l'amour que son maître et sa maîtresse lui porte, être enfermé et avoir plein d'amour ou être libre mais ne pas avoir de câlins ni de bisous...
    Encore un joli reportage, merci Hélios !

    RépondreSupprimer
  5. nadia bougoslavsky11 juillet 2014 à 21:01

    C EST VRAIMERNT BEAU ET TOUCHANT LES CHATS SONT DES ETRES A PART ENTIERE MERCI POUR CE BEAU REPORTAGE J AI BIEN ENVIE DE PARTIR POUR L ALTAI

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.